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Que célèbre-t-on à Yule?
Sur notre calendrier actuel, le Solstice d’Hiver marque, comme son nom le laisse supposer, le début de l’hiver. Pour les Païens (et les Néo-Païens) en revanche, il indique que l’on a parcouru la moitié de la Saison Sombre (l’Hiver) et que l’on se dirige lentement mais sûrement vers la Saison Lumineuse, c’est-à-dire l’Été. C’est pourquoi le Solstice d’Hiver, le plus souvent connu en tant que Yule, est aussi appelé Midwinter, qui signifie « milieu de l’hiver ».
S’il est un sabbat empreint de magie et de féerie, c’est bien celui-ci ! C’est très certainement ce qui en fait non seulement l’un des sabbats les plus connus même en dehors des cultures néo-païennes, mais aussi l’un des préférés de ceux qui observent les fêtes qui ponctuent la Roue de l’Année. En outre, tout le monde (ou presque) célèbre Yule d’une manière ou d’une autre car la symbolique et les traditions liées à cette fête ont été absorbées par les célébrations plus modernes d’une part (comme par exemple Noël) ou se retrouvent sous certains aspects dans des cultures très différentes de celles du monde occidental d’autre part. Tout le monde, en effet, accueille le retour de la lumière de manière festive et se rassemble autour de coutumes qui se font écho.
Situé au cœur de l’hiver, Yule est un moment propice à l’introspection dans une atmosphère chaleureuse et douce que viennent parfumer les épices de la saison. Mais au fait : que célèbre-t-on exactement à Yule ? Je vous propose ici de découvrir ce que représente ce sabbat sur le plan mythique et quels sont les principaux aspects qu’il met en avant.

Yule et la Roue de l’Année
Sur la Roue de l’Année, Yule est l’exact contrepoint de Litha, le Solstice d’Été. Ces deux sabbats sont donc à la fois à l’opposé l’un de l’autre et complémentaires.
Symbolique générale
De l’obscurité la plus sombre…
Si le Solstice d’Été marque le jour le plus long de l’année et le début de la période qui voit le temps d’ensoleillement diminuer, Yule est quant à lui le jour le plus court de l’année et marque le retour de la lumière.
Aujourd’hui, le Solstice d’Hiver est, comme son nom l’indique, le début de l’hiver. Cependant, il n’en demeure pas moins le cœur de la Saison Sombre. La Nature est en sommeil et la Terre se repose, et l’obscurité omniprésente invite des Êtres Surnaturels tous plus intimidants (voire effrayants, pour certains !) les uns que les autres à arpenter le Monde. C’est pourquoi le folklore regorge de créatures et d’esprits. Par exemple, en Allemagne et en Autriche, Krampus précède Saint Nicolas. En Islande, la terrible Grýla, qui mange les enfants qui n’ont pas été sages, habite le Dimmuborgir avec ses treize enfants (les jólasveinarnir, des lutins espiègles qui viennent durant les jours précédant Noël pour jouer des tours et faire des farces aux humains) et l’impressionnant Jólaköttur (le Chat de Yule) qui erre à la recherche de personnes qui n’ont pas reçu de vêtements neufs à porter la Veille de Noël. On pourrait aisément multiplier les exemples, mais rassurez-vous, le folklore de Yule (et de Noël) fera l’objet d’un article à part entière, car il faut bien cela pour lui faire honneur !
Cette période de l’année est celle de tous les dangers car en s’aventurant dans l’obscurité, on ne sait jamais à quoi on s’apprête à s’exposer. De plus, la Terre ne donnant plus de nourriture, on vit des trois récoltes que l’on a fêtées au cours des trois sabbats précédents. Ce sommeil profond est vécu comme une mort symbolique – celle du Soleil –, qui atteint son point le plus profond à Yule.
… au retour de la lumière
Si Yule marque le jour le plus court de l’année, il est aussi un point de basculement important. En effet, une fois le solstice passé, les journées commencent à rallonger, lentement mais sûrement, et par conséquent les nuits raccourcissent progressivement. La lumière gagne donc du terrain sur l’obscurité, et les festivités sont en grande partie dédiées à la célébrer, voire à l’appeler et à l’aider à renaître à travers divers rituels et coutumes. C’est pourquoi on cherche par exemple à créer chez soi un cocon chaleureux et confortable au sein duquel la lumière occupe une place centrale. Ainsi, les bougies et les feux allumés au cœur de l’hiver invitent la lumière à revenir et l’y encouragent en lui donnant symboliquement de la force.
À travers ces traditions, on participe activement à la renaissance de la lumière et, par conséquent, à celle de la Nature bien qu’elle ne soit pas encore visible à l’œil nu puisque cette dernière est encore en sommeil pour se régénérer. Ainsi, on contribue tant bien que mal à tenir à distance les effrayants esprits de l’Hiver et l’on accueille ceux qui apportent la lumière, la répandent ou l’incarnent.
Comme on peut le constater, l’obscurité et la lumière se confrontent durant la période entourant le Solstice d’Hiver, et la lumière finit par l’emporter. Ces deux aspects complémentaires se retrouvent en les figures de la Déesse et du Dieu, qui sont les deux forces qui incarnent et régissent la Nature.
La Déesse au Solstice
À Yule, la Déesse se manifeste simultanément sous deux aspects. Elle est à la fois la Terre Mère qui se repose et se régénère, et celle qui donne naissance au Dieu, qui lui-même incarne le soleil renaissant.
De la Terre Mère qui se repose…
Comme évoqué plus haut, le Solstice d’Hiver est situé au cœur de la Saison Sombre, période durant laquelle la Terre est en sommeil et se repose. C’est pourquoi les animaux hibernent et les végétaux cessent de fleurir et de donner des fruits. Pendant ce long sommeil, c’est la Nature tout entière qui se régénère afin de reprendre suffisamment de forces pour pouvoir démarrer un nouveau cycle de vie, exprimer toute sa fertilité et s’épanouir pleinement.
Cet aspect de la Nature repliée sur elle-même et en train de se régénérer de l’intérieur transparaît dans l’une des phases de la Déesse. Cette Nature qui ne donne plus rien car elle a consumé presque toute son énergie est, métaphoriquement, très âgée et proche de la mort. À ce titre, l’état de la Terre au Solstice d’Hiver trouve son incarnation en l’Aïeule, qui n’est autre que la forme âgée de la Déesse. Si sa force physique est limitée, l’Aïeule fait néanmoins preuve d’une immense sagesse. De plus, elle représente une force tranquille et intérieure qui lui vient de son expérience, des connaissances qu’elle a acquises, et des qualités introspectives qu’elle a développées.
Autour du Solstice d’Hiver, la Nature apparaît donc à son image : apparemment mourante, mais bien vivante en profondeur. La vie continue sous terre, à l’abri des regards, et son repos est favorisé par l’obscurité ambiante qui le protège.
… à la Mère qui donne naissance au Dieu
Dans le cycle mythologique qui raconte l’évolution du Dieu et de la Déesse, c’est à Yule que cette dernière donne naissance au Dieu. Celui-ci grandit en elle depuis le Grand Rite de Beltane et naît au Solstice d’Hiver.
En le mettant au monde le jour le plus court de l’année, la Déesse permet au Soleil – et donc à la lumière – de renaître et d’apporter les énergies nécessaires au futur réveil de la Nature. En mettant un terme à sa gestation, c’est elle qui donne l’impulsion nécessaire au commencement d’un nouveau cycle de vie. C’est pourquoi à partir de Yule, la Nature sort progressivement de sa torpeur et évolue en harmonie avec le rythme du soleil qui gagne peu à peu en force, jusqu’à son épanouissement maximal au Solstice d’Été.
Le Dieu au Solstice
La naissance du jeune Dieu
Le Solstice d’Hiver voit la lumière et l’espoir revenir grâce à la naissance du Dieu. Cela vous rappelle quelque chose ? C’est normal : le mythe du retour de la lumière et de l’espoir, associé à celui de l’incarnation du Dieu dans le Monde à ce moment de l’année a été absorbé par des religions plus récentes lorsque celles-ci ont entrepris de convertir les Païens. Le Christianisme, par exemple, a assimilé ces idées, ce qui a donné naissance à la fête de Noël, qui est largement célébrée quelques jours après le solstice.
La naissance du Dieu au Solstice est une métaphore de la renaissance du Soleil, qui met un terme à la progression de l’obscurité. Avec la montée en puissance progressive du Soleil, celle-ci recule peu à peu et les menaces qui rôdaient au cœur de la Saison Sombre perdent du terrain. La lumière qui grandit à nouveau est porteuse de joie et d’espoir pour les humains car elle redonne de la force à la Nature en l’aidant à aller vers son épanouissement, ce qui signifie que la Terre va à nouveau pouvoir jouer son rôle de mère nourricière, permettant ainsi aux humains de bénéficier de l’abondance qu’elle leur offre, notamment pour s’alimenter et prospérer.
En d’autres termes, le tout jeune Dieu représente la promesse de jours meilleurs faits de récoltes abondantes, et où s’exprime la fertilité du bétail ainsi que celle de la Nature. Cette naissance est l’impulsion qui entraîne la Nature vers la manifestation concrète des énergies de vie qui s’incarneront dans la luxuriance de la flore et dans l’épanouissement de la faune.
Le combat du Roi Houx et du Roi Chêne
Sur la Roue de l’Année, le Solstice d’Hiver se trouve à l’opposé du Solstice d’Été, qui lui est le jour le plus long de l’année. Les deux solstices étant en miroir l’un de l’autre, ils ont un mythe en commun. Celui-ci comporte deux grandes parties, dont l’une se déroule à Litha, et l’autre à Yule.
Le Combat du Roi Houx et du Roi Chêne, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est constitué de deux actes qui se répètent de cycle en cycle et qui mettent en scène deux aspects complémentaires du Dieu : l’un vieillissant et l’autre, jeune et vigoureux, qui gagne le duel et défait son aîné. Chacune de ces deux incarnations du Dieu représente le Soleil à un moment donné du cycle.
Ainsi, à Yule comme à Litha, le Roi Houx et le Roi Chêne se rencontrent et combattent pour déterminer lequel des deux régnera d’un Solstice à l’autre. Si à Litha le Roi Houx sort vainqueur car il est le vieux Soleil déclinant (car à partir du Solstice d’Été les forces du Soleil s’amenuisent puisque les journées raccourcissent), à Yule en revanche le Roi Houx est défait par le Roi Chêne car il est à bout de forces, comme le démontre le temps d’ensoleillement qui est au plus faible à ce moment de l’année. Le Roi Chêne est quant à lui tout jeune (il vient de naître), vigoureux, et en pleine croissance. De plus, il est le Soleil qui renaît et à ce titre, il chasse l’obscurité incarnée par le Roi Houx. Il gagne donc le combat pour cette fois puisque la lumière l’emporte, et il le perdra au prochain Solstice d’Été lorsque l’obscurité installera sa domination.
Le Combat du Roi Houx et du Roi Chêne est une métaphore poétique destinée à illustrer le cycle solaire. Ce mythe personnifie les deux événements astronomiques que sont les deux solstices de façon à faciliter la compréhension de ce qu’ils manifestent dans le cycle de la Nature. Les figures du Roi Houx et du Roi Chêne comptent parmi les plus connues sur la Roue de l’Année encore aujourd’hui et elles font partie des plus appréciées et des plus représentées lors des célébrations des solstices.
Quelques aspects à explorer au cours des célébrations
Les célébrations de Yule, de même que celles des autres sabbats, s’organisent autour de deux grands axes principaux. D’une part on rend hommage au cycle de la Nature en honorant le Dieu et la Déesse tels qu’ils sont à ce moment de l’année, et d’autre part on se met en accord avec la saison de façon à mettre en valeur ce qu’elle nous apporte au niveau de notre évolution personnelle.
Rendre hommage au cycle de la Nature
Si la période qui entoure le Solstice d’Hiver est riche en légendes et en créatures issues du folklore, elle l’est également en ce qui concerne les traditions et les coutumes qui ponctuent les semaines qui précèdent et qui suivent Yule. En ces temps où l’obscurité est la plus profonde, il est important de répandre la lumière pour compenser son absence et de rendre son intérieur confortable et chaleureux, notamment en le décorant et en préparant de bonnes choses à boire et à manger.
Créer un cocon chaleureux chez soi
À l’image de la Terre qui sommeille et qui apparaît recroquevillée sur elle-même, l’humain passe beaucoup de temps en intérieur pour se mettre à l’abri du froid et de l’obscurité ou rôdent des créatures légendaires qu’il vaut mieux éviter de croiser. Cette configuration invite naturellement à faire de son chez soi un cocon chaleureux et confortable dans lequel on aime se réfugier dès que l’on y revient une fois les tâches quotidiennes extérieures terminées.
Ainsi, on prend le temps de s’adonner à des activités qui nourrissent l’esprit et la réflexion telles que la lecture ou l’écriture, et l’on occupe ses longues soirées près de l’âtre en pratiquant le tricot, le crochet et la broderie. La saison favorise également les réunions en petits groupes durant lesquelles on prépare des gâteaux, des biscuits et du pain d’épices avant de s’assoir près du feu pour partager un moment musical (instrumental et/ou chanté) en soirée, lequel peut être l’occasion pour qui se sent l’âme d’un conteur de divertir l’assemblée avec des histoires et des légendes de saison. Fantômes et Êtres Surnaturels issus des contes et du folklore s’invitent alors à ces réunions… mais en restant inoffensifs, cette fois !
Le rôle des épices
La période de Yule est aussi propice à la confection de gâteaux, de biscuits, de plats et de boissons divers et variés, tous ont un point commun qui embaume la maison : les épices. Si le doux parfum de ces dernières est agréable et renforce l’atmosphère chaleureuse que l’on crée dans les habitations, là n’est pas le seul rôle des épices !
Par exemple, saviez-vous qu’elles sont utilisées dans la nourriture et les boissons en raison des effets qu’on leur attribue au niveau de la santé (et parce qu’il est facile de les conserver) ? Selon la coutume, les mélanges que l’on retrouve dans les multiples variétés de pains d’épices, le vin chaud, les thés et infusions hivernaux, et certains plats cuisinés, protègent l’organisme des coups de froid et aident le système immunitaire à résister aux maux de la saison.
De la même manière, créer une pomme d’ambre que l’on garde dans la pièce à vivre permet, dit-on, d’assainir l’air intérieur et de chasser les maux de l’hiver. Créer une pomme d’ambre est très facile : il suffit de prendre une orange (ou parfois un citron) et d’y planter des clous de girofle pour en recouvrir la surface ou pour créer un motif. Une fois l’ouvrage terminé, il ne reste plus qu’à poser le fruit habillé de clous de girofle dans une coupelle que l’on disposera où bon nous semble. Quelques gouttes de jus peuvent s’échapper de l’orange (d’où la coupelle), mais cela ne dure que quelques jours car les clous de girofle vont assécher le fruit, qui peut ainsi être conservé aussi longtemps qu’on le souhaite. Non seulement une pomme d’ambre est ludique à confectionner, mais elle parfume agréablement l’espace qu’elle occupe (à condition d’apprécier les clous de girofle, bien sûr !).
Par ailleurs, l’odeur forte des épices a la réputation d’éloigner les mauvais esprits et les créatures effrayantes qui rôdent dans l’obscurité et qu’il vaut mieux éviter. Ainsi, en imprégner l’air ambiant aide à se protéger et à faire de son intérieur un sanctuaire sécurisé puisqu’on tient à distance les dangers qui nous menacent au cœur de l’hiver.
Apprécier l’obscurité tout en aidant la lumière à revenir
Bien que cette période de l’année présente certains dangers et difficultés, on a vu que l’obscurité pouvait néanmoins être appréciée et donner lieu à la création d’un cocon chaleureux et réconfortant dans lequel on aime passer du temps. Si l’on profite de l’obscurité et du rythme plus lent qu’elle impose, l’un des grands enjeux de Yule n’en reste pas moins le retour de la lumière. C’est pourquoi bon nombre de traditions réunissent ces deux aspects en contribuant à embellir l’obscurité, notamment en y apportant de la lumière.
L’une des façons largement répandues d’embellir l’obscurité est de décorer son habitation afin d’y apporter un peu de couleur et de la rendre plus lumineuse et chaleureuse. Ainsi, les intérieurs se parent de guirlandes de houx et de conifères (deux types de végétaux qui, contrairement aux autres, restent vert en cette période de l’année), et l’on allume des bougies, sans oublier de réchauffer l’atmosphère grâce aux épices. Ces habitudes évoquent non seulement la continuité de la vie de la Nature malgré le profond sommeil dans lequel elle est plongée (on insiste sur la verdure qui perdure) et le Soleil qui s’apprête à renaître à Yule, mais elles sont aussi une manière d’éloigner les créatures et les esprits dangereux qui rôdent dans l’obscurité et d’inviter les bons esprits de l’hiver à nous rendre visite.
Parmi les coutumes anciennes (et païennes) que l’on observe encore aujourd’hui, celle de la décoration du sapin est connue de tous. Traditionnellement, on se rend en forêt pour couper un sapin que l’on ramène chez soi. Une fois installé dans la pièce de vie, on décore l’arbre afin de l’embellir et de mettre en valeur ce qu’il symbolise. Si aujourd’hui on l’orne de boules, de guirlandes et de sujets suspendus divers et variés, on y accrochait à l’origine des friandises, des fruits, des biscuits et des fleurs, qui symbolisaient l’abondance que le Soleil est sur le point de ramener à son retour. Ainsi, grâce à l’Arbre de Yule, on célébrait à la fois la vie de la Nature qui ne s’éteint jamais complètement, et l’abondance que l’on s’apprêtait à retrouver grâce à la naissance du Soleil.
Une autre tradition païenne a traversé le temps, mais en changeant de forme cette fois. Si de nos jours la bûche se mange en dessert sous forme de gâteau, il n’en a pas toujours été ainsi. Originellement, on allait dans les bois où l’on ramassait une grosse bûche que l’on disposait dans un endroit bien en vue pour lui faire une place de choix au cœur de son habitation. On la décorait ensuite avec des branches de sapin et du houx, et l’on creusait un trou en son milieu afin d’y poser une bougie que l’on allumait.
Les décorations et la lumière que l’on créait permettaient ainsi de rendre hommage à la Nature, d’embellir l’obscurité afin de mieux l’apprécier, et d’aider le Soleil à revenir en l’appelant. Toutes ces traditions perdurent aujourd’hui quoiqu’elles aient changé de forme et perdu en grande partie leur signification première (sauf pour les Néo-Païens).
Renaissance et transition personnelles
Le Solstice d’Hiver est un moment particulier dans les traditions païennes et néo-païennes. Propice à l’introspection comme l’ensemble de la Saison Sombre, c’est avec lui que celle-ci atteint son point le plus profond. À l’image de la Terre qui apparaît recroquevillée sur elle-même, on se replie sur soi pour aller regarder à l’intérieur de soi, au plus profond, et pour constater les changements que cette période apporte en nous.
Ainsi, on prend le temps d’observer ce qui décline en nous, ce qu’on laisse derrière soi, et l’on se tourne ensuite vers ce qui grandit, ce qui gagne en puissance. On reconnaît-là la métaphore de la naissance du Dieu et le Combat du Roi Houx et du Roi Chêne, qui évoquent la période de transition entre obscurité et retour de la lumière.
Si l’on souhaite travailler sur les éléments révélés par nos observations, notamment afin de se défaire de ce qui nous est devenu inutile ou d’abandonner ce qui ne nous convient plus, la période de Yule est d’une grande aide. De même, elle aide à cultiver ce qui croît en nous afin de le développer et de pouvoir se réaliser à travers cela dans les projets et les aspirations que l’on nourrit. De la même façon que la Nature connaît une importante transition à travers sa renaissance, on renaît intérieurement en acceptant de laisser derrière soi ce qui nous encombre pour se tourner vers ce qui grandit en nous et effectuer une transition vers ce qui ne demande qu’à s’épanouir.
Pour aller plus loin
Un peu de lecture
Envie de vous plonger dans l’atmosphère de Yule et de faire plus ample connaissance avec le Solstice d’Hiver ? Parmi la multitude d’ouvrages qui existe sur le sujet, je vous recommande vivement ceux-ci :
PESZNECKER Susan. Yule: Rituals, Recipes & Lore for the Winter Solstice. Woodbury (MN): Llewellyn Publications [Llewellyn’s Sabbat Essentials], 2015.
CLEGG Sarah. The Dead of Winter: The Demons, Witches and Ghosts of Christmas. London: Granta Books, 2024.

Si vous aimez les légendes, les contes et les histoires de fantômes, je vous recommande tout particulièrement de découvrir :
Le poème médiéval Sir Gawain and the Green Knight. L’édition présente sur la photo est la traduction en anglais contemporain de J.R.R. Tolkien, mais vous trouverez aisément des éditions françaises. L’histoire commence lorsqu’à la Cour du Roi Arthur, les célébrations de Yule sont troublées par l’intrusion du mystérieux Chevalier Vert, qui lance un défi que Gauvain relèvera. Si vous aimez la féerie, ce magnifique poème vous fera passer un agréable moment ! De plus, si vous aimez le cinéma, peut-être aurez-vous la curiosité de regarder le film « The Green Knight » avec Dev Patel et sorti en 2021, qui raconte le poème à sa manière.
Si vous aimez les histoires de fantômes, je ne peux bien sûr que vous recommander de (re)lire les Christmas Books de Charles Dickens. Dans ce volume, vous retrouverez le très célèbre « A Christmas Carol », mais aussi d’autres récits merveilleux tels que « The Chimes », « The Cricket on the Hearth », « The Battle of Life », et « The Haunted Man ».
En cette période hivernale, les histoires de fantômes de l’auteur anglais M.R. James sont également très appréciées. Vous les trouverez facilement sous forme de recueils, comme par exemple sur la photo. Si vous ne les connaissez pas, jetez-y un œil, vous ne serez pas déçus!
Quelques jeux divinatoires
Si vous appréciez les beaux jeux divinatoires et souhaitez utiliser des tarots et des oracles dont l’esprit s’accorde bien avec la saison de Yule, vous trouverez quelques suggestions en vous (re)plongeant dans les thés découverte qui se sont tenus en décembre 2015, 2016, et 2017, respectivement intitulés « Voyage en Féerie : Yule, le solstice d’hiver », « La magie des contes de fées », et « Entre mythologie et féerie : l’univers enchanté de Lisa Hunt ».

Aux jeux présentés dans les thés découverte peuvent aussi s’ajouter par exemple le magnifique Enchanted Earth Oracle (Jessica Lahoud, Amanda Clark), qui vous emmènera au cœur de la forêt, et le féerique Tarot of the Golden Wheel de Mila Losenko, inspiré des contes et des traditions russes (voir photo).
[Sur la photo : Enchanted Earth Oracle (Jessica Lahoud, Amanda Clark) ; Madame Endora’s Fortune Cards (Christine Filipak, Joseph Vargo) ; Fairy Tale Tarot (Lisa Hunt) ; Tarot of the Golden Wheel (Mila Losenko) ; Wiccan Cards: the Dance of Life (Nada Mesar, Chatriya Hemharnvibul).]
Connaissez-vous les Consultations des Sabbats ?
Envie d’apporter un peu de magie à vos célébrations de Yule ? Pensez aux Consultations de Yule !
Chaque année en période de Solstice d’Hiver, je vous propose d’explorer ce que vous apporte ce très joli sabbat à l’aide d’une consultation spécialement conçue pour l’occasion. Ces consultations sont entièrement composées de tirages mis au point par mes soins autour des traditions, des mythes et des légendes propres à la saison.
Si vous souhaitez célébrer Yule de façon originale et profiter de sa magie, pensez-y !
(© Morrigann Moonshadow, le 21 décembre 2025. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)




