La Bibliothèque

B.A.-B.A. Halloween

En préparant Samhain...

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

B.A.-B.A. HalloweenCeux qui me connaissent le savent (et les autres vont l'apprendre !), Samhain est la fête de l'année que je préfère. On a beau entendre les pires choses à son sujet — qui sont injustifiées, la plupart du temps —, j'ai une affection toute particulière pour cette fête et cette période de l'année : l'automne bat son plein, les feuilles des arbres ont changé de couleur, les températures sont douces (enfin... il faut bien avouer qu'elles sont parfois un peu rudes !), et quelque chose de magique flotte dans l'air...

Il reste encore quelques semaines avant Samhain, et en attendant son arrivée, quoi de plus naturel que de fouiner un peu pour voir ce que l'on trouve et qui pourra nous aider à la préparer ? C'est ainsi que l'autre jour, dans une grande librairie à enseigne marron dont je ne citerai pas le nom, je tombai sur un petit livre de la collection B.A.-BA aux éditions Pardès, tout simplement intitulé Halloween. Mon premier réflexe fut d'être méfiante à l'égard du fin volume, ayant déjà eu des déconvenues avec d'autres ouvrages de la collection que j'avais feuilletés. J'ai regardé la table des matières qui m'a semblée fort alléchante, car peu d'ouvrages français pensent par exemple à insister sur le fait que Samhain/Halloween est avant tout une fête des moissons (la troisième du cycle). Intriguée par le sommaire prometteur, je me suis ensuite penchée sur la bibliographie, pour constater qu'elle était très bien pourvue, citant de bonnes références, ne serait-ce que pour le domaine celtique.

C'est alors que je me suis dit « Pourquoi pas ?», pensant que la chose pouvait être intéressante. J'ai donc acheté le volume et ai commencé à le lire. Mes premières impressions se sont confirmées au fil des pages, et l'ouvrage est sérieux, documenté et intéressant. Pour une fois, on insiste sur les aspects qui sont la plupart du temps oubliés dans les autres livres français sur le sujet, rendant ainsi à Samhain/Halloween ses couleurs d'origine, sa joie et toute sa lumière (oui, c'est aussi une fête de la lumière !). Le tout est agrémenté de contes populaires puisés dans les folklores français, irlandais, gallois, etc., ce qui rend la lecture plaisante et ludique.

Bien sûr, l'ouvrage n'est pas parfait, mais il faut aussi tenir compte de sa longueur (119 pages), qui impose parfois de faire des raccourcis pour (trop
 ?) simplifier certains aspects. Cependant, dans un ouvrage de vulgarisation (comme l'indique le nom de la collection : « B.A.-BA »), il convient d'intéresser le lecteur sans le perdre, et de lui proposer des connaissances qu'il peut acquérir sans s'arracher les cheveux. Pour l'instant, c'est un pari réussi. De plus, il faut préciser que les bons ouvrages français sur le sujet sont rares, alors autant en profiter ! Je n'ai pas encore fini ma lecture, mais j'en dévore chaque soir quelques pages avec plaisir.

Si vous le lisez, j'espère que ce court volume vous donnera satisfaction et vous distraira (c'est aussi le but
 !).

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 08 octobre 2008. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

The Historian Elizabeth Kostova

"The Historian", Elizabeth Kostova

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

The Historian Elizabeth KostovaLaissons les Fées pour aujourd'hui pour aller faire un tour du côté de la Roumanie du XVème siècle, aux alentours de 1450.

Dans The Historian, Elizabeth Kostova entraîne ses lecteurs à la poursuite de Vlad Tepes III, dit Vlad l'Empaleur, ou encore Vlad Drakul, plus connu sous le nom de Drakulya ou Drakula, qui inspira (entre autres sources) le Dracula de Stoker.

Dans la bibliothèque de son père, une jeune fille découvre un étrange volume à reliure ancienne, dont toutes les pages sont vierges, exceptées les deux du centre, où est dessiné un mystérieux dragon. Son père, tout d'abord peu enclin à lui dire de quoi il s'agit, commence à lui raconter comment ce livre est entré en sa possession à l'époque où il préparait son doctorat sous la direction du Professeur Rossi, un historien renommé. À l'époque, il découvrit que Rossi avait lui aussi un livre semblable, et qu'en bon universitaire, il avait tenté de faire des recherches dessus.

Puis les événements pour le moins « étranges » s'enchaînent : Rossi disparaît, Paul (le futur père de la jeune fille du début) trouve des indices laissant penser que l'auteur de la disparition n'est autre que Drakula lui-même. Il se lance donc à sa recherche, accompagné de Helen, qui se présente comme la fille de Rossi, ignorée par son père. De bibliothèque en bibliothèque, de ville en ville, de pays en pays, ils vont exploiter toutes les pistes dont ils disposent afin de retrouver Rossi, et vont devoir prendre garde à ne pas se retrouver face aux disciples du Prince.

The Historian comporte en fait trois principaux récits, dont deux sont présentés sous forme de lettres, rappelant ainsi la structure du Dracula de Stoker : celui de Rossi, celui de Paul (plus tard, chronologiquement), et celui de la jeune fille (encore plus tard). Les découvertes se transmettent ainsi à la « génération suivante » de possesseur du « livre au dragon », lui permettant de continuer l'enquête.

Écrit pas une universitaire, ce roman est intéressant à plusieurs niveaux. Tout d'abord, il parle d'une période obscure de l'Histoire, d'une figure légendaire au sujet de laquelle on ne peut affirmer que peu de choses avec certitude, incitant ainsi le lecteur à douter. Ensuite, on en apprend beaucoup sur l'histoire de l'Est, l'Empire Ottoman, la Valachie et leurs chefs, dont la cruauté dépassait parfois toute fiction. Enfin, après l'avoir lu, vous ne verrez plus jamais les bibliothécaires de la même façon !

Certains doivent sans doute penser : « Oh non ! Encore un truc dans la veine du DaVinci Code ! » Eh bien non, justement ! Le DaVinci Machin, lui, ne se base pas sur des faits historiques, mais plutôt sur des spéculations capillotractées de son auteur, qui pour la plupart ne tiennent pas debout. Dans le cas de Drakula, il est permis d'imaginer certaines possibilités, certaines explications, car ce personnage historique est entouré de mystères, de flou, d'incohérences... The Historian est donc un exemple de fiction écrite à partir d'une période sombre de l'histoire, sans pour autant que l'auteur ait la prétention de le faire dans un style « moi je détiens la vérité ». Si les faits historiques de départ sont avérés, le roman, lui, est une fiction et se présente comme tel.

Ce roman a été traduit en français sous le titre L'Historienne et Drakula, et ce titre mérite un petit commentaire. Il est vrai qu'il est très difficile de traduire un titre, d'autant plus quand il est ambigu, comme c'est ici le cas. En effet, en anglais, « The Historian » peut renvoyer à la fois à Rossi, Paul, Helen, la jeune fille, ou..., car tous ces personnages sont historiens de formation. Et à mon avis, sans vouloir trop en dévoiler (bien que ce soit très tentant !), le titre ne concerne en fait aucun de ces personnages. Mais il est vrai qu'il est possible de comprendre ici le choix du traducteur : on a un terme générique, sans précision, qui peut justement faire référence à plusieurs personnages, mais il impossible en français de garder cette ambiguïté sans gâcher le plaisir du lecteur. On choisit donc de préciser le titre, quitte à ce qu'il soit erroné, et puisque l'histoire est racontée du point de vue de la jeune fille (car c'est elle qui sert de lien), on va en faire le personnage principal, et on décide de la faire apparaître dans le titre.

Cependant, je ne dis pas que la traduction française est mauvaise, je ne saurais me prononcer là-dessus, car je n'y ai jeté qu'un rapide coup d'œil.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 03 septembre 2006. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

The Mysteries, Lisa Tuttle

"The Mysteries", Lisa Tuttle

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

The Mysteries, Lisa TuttleTrouvé en flânant dans une librairie, ce roman, qui mêle enquête, conte de fées et mythologie ne m'a pas déçue, bien au contraire. Je l'avais acheté par curiosité, en me disant « pourquoi pas ? », et il fut dévoré en deux jours.

Ian Kennedy, détective privé passionné par et spécialisé dans les affaires de disparition, est un jour contacté par Lausa Lenski, dont la fille Peri, 21 ans, s'est volatilisée, comme envolée, depuis deux ans. Bien que croyant que la disparition de la jeune fille est volontaire, Ian mène l'enquête jusque dans les confins des Highlands écossais. Là, il découvre peu à peu des pistes le conduisant vers l'étrange vérité, une vérité où d'anciens mythes celtes et réalité se rejoignent, lui rappelant ainsi l'affaire qui par le passé a « déclenché » cet intérêt accru pour les cas de disparition. Dès lors, il s'agit pour Ian non seulement de tout mettre en œuvre pour tenter de sauver Peri, mais aussi — et surtout ! — de faire accepter à Laura l'improbable.

Dans The Mysteries, on glisse peu à peu de la grisaille de la ville américaine où vit Ian vers un monde enchanté, insoupçonné, au cœur des Highlands écossais. Les Fées que l'on y rencontre sont bien loin des petits êtres hauts comme mon pouce (à la mode de l'époque victorienne, où la fée perd une grande part de sa dimension mythologique pour être réduite à une petite créature destinée à divertir les enfants — et les adultes — à coups de tours de magie), et suivent le modèle de celles que l'on trouve dans les mythes et contes celtiques, à savoir des Fées qui peuvent certes aider les humains si elles les en jugent dignes, mais aussi se jouer d'eux, se montrer impitoyables et cruelles si l'on a le malheur de provoquer leur courroux. Car si l'on se retrouve au fil des pages dans le monde enchanté des Fées — l'Autre Monde — « enchanté » ne signifie pas « sans danger » pour les humains, et les protagonistes vont en faire l'expérience.

La façon dont The Mysteries amène et traite le sujet ravira sans doute les amateurs de mythes celtes, et quant à ceux qui ne s'y sont jamais penchés, ils auront sans doute envie d'en savoir plus !

N.B. : en revanche, je ne sais pas si ce roman a été traduit en français.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 août 2006. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)