questions générales

Chaudron

Les dangers de la cartomancie

Par Le 23/02/2015

La cartomancie est-elle dangereuse ? Voilà une interrogation qui revient souvent, que ce soit de la part de néophytes qui aimeraient apprendre à pratiquer cette discipline ou de personnes qui souhaiteraient consulter mais qui sont retenues par la peur de l'inconnu.

Les enfants et les cartes: comment répondre à leurs questions?

Par Le 24/11/2013

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Faut-il ou non répondre aux interrogations des enfants lorsqu'ils se montrent curieux de savoir à quoi servent les cartes que nous utilisons ? Voilà une question qui fait débat en matière de cartomancie, car elle ne laisse personne indifférent ! Dès lors qu'elle est posée, impossible de l'ignorer. Plusieurs options s'offrent alors : soit on indique que ce sont « des choses de grandes personnes » et que « les cartes, ce n'est pas pour les enfants », soit on essaie de répondre en expliquant brièvement à l'enfant en quoi cela consiste. Quelle solution choisir ?

En premier lieu, il faut tenir compte d'un point essentiel : en posant des questions, l'enfant fait preuve de curiosité et d'un intérêt certain potentiel pour la discipline. S'il est impossible d'affirmer où cette curiosité le mènera, il n'est pas acquis pour autant qu'il souhaitera pratiquer par la suite... tout comme il n'est pas dit qu'il ne voudra pas approfondir ! La curiosité – bien placée ! – est un gage d'esprit, et il serait dommage de frustrer un enfant qui s'interroge ! Si la curiosité est forte, cela ne ferait que le pousser à aller chercher des réponses par lui-même, et qui sait ce qu'il pourrait trouver ou ce qu'on pourrait lui dire... Ne pas répondre à ses questions peut l'exposer à certaines formes de dangers ou développer des superstitions. Et ceci n'est, bien sûr, pas une approche saine des choses.

Ne vaut-il pas mieux qu'il découvre les choses dans un cadre sécurisé et sécurisant, au fur et à mesure de l'évolution de son intérêt pour les cartes ? Par ailleurs, lui répondre simplement que « ces choses-là ne sont pas pour [lui] » aura au final un effet inverse à celui recherché : au lieu de le « protéger » – de quoi, d'ailleurs ? –, on va créer en lui des craintes voire des peurs plus tenaces qu'on ne l'imagine, car ce qui n'est « pas pour les enfants » est nécessairement dangereux, répréhensible ou choquant. Or, telle est l'image de la cartomancie que l'enfant risque de se construire... et ce n'est pas le but de la manœuvre !

 

Lorsqu'un enfant me pose des questions sur mes cartes, j'y réponds le plus honnêtement possible en donnant des explications simples... mais pas simplistes ! Très souvent, les enfants demandent d'abord si ce sont des cartes « pour jouer », car ils les trouvent belles et sont attirés par les « jolis dessins » qu'ils y voient. Je leur explique alors que ces cartes-ci ne servent pas à jouer, mais plutôt à montrer à celui qui les consulte l'histoire de sa vie ou d'une partie de sa vie. Je leur montre quelques cartes pour leur faire comprendre de quelle manière elles reflètent les événements de la vie. Immanquablement, je suis épatée par la justesse de leurs remarques ! En leur demandant de me décrire la carte et de me dire ce qui arrive au personnage, je m'aperçois à chaque fois qu'ils en saisissent sans trop d'efforts les significations et implications. Au fil des lames, je fais en sorte qu'ils participent à la reconstitution de l'histoire qui se dessine sous leurs yeux.

Les enfants ont une facilité naturelle à faire la relation entre une illustration et les messages qu'elle véhicule car ils sont habitués aux livres d'images. Ce type de métaphore permet donc de rattacher les cartes divinatoires à quelque chose qui leur est déjà familier.

Ensuite, il n'y a qu'un pas à faire pour leur expliquer de quelle manière un jeu de cartes peut raconter l'histoire de chacun. Ainsi, l'enfant comprend les grands principes de la cartomancie de façon rationnelle, sans qu'il y ait besoin d'avoir recours à des effets de manche douteux. Les enfants sont un public jeune, certes, mais surtout très exigeant. Aussi, il est inutile de leur mentir ou de détourner leur attention, car cela ne ferait qu'entacher la confiance qu'ils peuvent avoir en les adultes. À mon sens, il est donc important de répondre à leurs questions autant que faire se peut.

Il est possible que leur intérêt ne soit que ponctuel et passager, tout comme il se pourrait qu'il soit le début d'une grande passion. Dans les deux cas, ils finiront par confronter les informations obtenues dès leur plus jeune âge à celles qu'ils trouveront ailleurs plus tard. Bien encadrés, ils seront un minimum armés pour faire la différence entre les informations fiables et celles qui ne le sont pas. Mal informés, ils seront en proie à toutes les superstitions et aux charlatans, incapables de se montrer critiques par rapport à ce qu'ils entendront ou liront.

 

Chaque fois qu'un enfant me pose des questions sur mes cartes, j'y réponds donc, en essayant de rattacher mes pratiques à des choses qu'il connaît déjà. Si possible, je lui montre un jeu qui exploite l'univers des contes de fées pour illustrer mon propos, car il connaître à coup sûr quelques-unes des histoires auxquelles il est fait allusion et pourra ainsi mieux établir les connexions entre la carte et ses significations.

Bien sûr, je ne suis pas en train de dire qu'il faille automatiquement enseigner à un jeune enfant comment se servir des cartes ! Je garde néanmoins en tête le fait que j'ai moi-même commencé assez tôt et que cela m'a certainement beaucoup aidée à assimiler le langage des cartes de façon naturelle et à l'intégrer. Aussi, si un enfant manifeste une attirance très prononcée pour cette discipline, alors il est toujours possible de l'y initier sous forme de jeu. Ensuite, si l'intérêt persiste, on peut très progressivement commencer à approfondir les choses à mesure que l'enfant grandit. Cela dit, il est indispensable de veiller à bien encadrer les pratiques en associant à l'aspect technique les considérations éthiques qui s'imposent !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 24 novembre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Quelques superstitions et idées reçues sur les cartes et la cartomancie

Par Le 17/05/2012

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Comme la plupart des disciplines ésotériques, la divination par les cartes est souvent entourée d’une aura de mystère, plus souvent par méconnaissance que par dissimulation. Bien sûr, certains cartomanciens aiment se complaire là-dedans et en jouent, ce qui leur ouvre un large champ de manipulation pour duper leurs consultants. Il n’est pas question de ce genre de pratiques ici. Bien au contraire. Cet article vise à tordre le cou à certaines idées reçues sur la cartomancie, qui relèvent plus de la superstition et du fantasme que d’une approche raisonnée et rationnelle. On verra ainsi que ce qui apparaît aux yeux de certains comme des pratiques « suspectes » n’est en réalité qu’un ensemble de techniques et de méthodes bien définies… et à la portée de tous !

La liste présentée ci-dessous en treize points n’est pas exhaustive et ne montre qu’une petite partie des superstitions et idées reçues qui courent sur le sujet. Aussi, il est fort probable que d’ici quelque temps, un autre article du même genre voie le jour !

 

1) Tirer les cartes est un acte magique
Faux. C’est sans doute l’idée reçue la plus répandue. Pourtant, il n’y a rien de « magique » ou de « surnaturel » à la cartomancie. Tirer les cartes ne constitue en rien un acte ou un rituel magique. Pas de magie cérémonielle là-dedans donc, pas plus que de magie évocatoire ou invocatoire. Bien sûr, il est tout à fait possible d’utiliser les cartes – en particulier le tarot – dans de tels contextes, mais on sort alors de la cartomancie, qui est un art divinatoire.

En cartomancie, on travaille sur les symboles présents sur les lames tirées par le consultant. Un symbole est un signe défini qui porte une signification particulière et commune dans la mémoire collective d’un peuple et/ou d’une culture. La cartomancie s’appuie sur le déchiffrage des symboles présents sur les lames tirées, en fonction de l’identité culturelle non seulement de l’interprète, mais surtout de celle que véhicule le jeu ou l’outil employé. Cette pratique n’est donc pas un acte magique en soi au sens commun du terme, à moins bien sûr que l’on ne considère que se connecter à la mémoire collective en soit un. À ce moment-là, il ne s’agit pas de la même magie que celle à laquelle on pense habituellement.

 

2) Un rituel (ou une mise en scène) est indispensable
Vrai… et faux ! Comme précédemment, tout dépend des définitions que l’on donne aux mots. Ici, il convient tout d’abord de revenir sur la notion de « rituel » et d’en évaluer l’utilité dans le cadre d’une consultation. En règle générale comme en magie, un rituel est un ensemble d’actes et de gestes que l’on répète méticuleusement avant d’accomplir quelque chose, et ce dans le but d’assurer le bon déroulement de ce que l’on a à faire. Par exemple, certains artistes refont toujours les mêmes gestes avant d’entrer en scène. Ceux-ci, s’ils n’ont pas d’effet prouvé sur le bon déroulement de la représentation, rassurent le comédien/chanteur/musicien et le mettent dans de bonnes conditions pour son entrée en scène et lui donnent confiance en lui, comme si la répétition de ces gestes lui donnait la force nécessaire à l’accomplissement de sa mission. C’est justement le rôle d’un rituel, magique ou non, que d’assurer à celui qui le pratique qu’il trouvera « la bonne énergie » nécessaire à la réussite de son entreprise.

Oui, mais qu’en est-il de la cartomancie ? On trouve des attitudes très différentes quant à la pratique de rituels : certains ne tirent jamais les cartes sans en effectuer, tandis que d’autres n’y prêtent pas d’attention particulière. Mais si l’on regarde de plus près, il est des rituels subtils qui, s’ils sont discrets, n’en sont pas moins présents. Pour certaines personnes, il est impensable de tirer les cartes sans un rituel de mise en condition. Celui-ci peut être la mise en place d’un autel, la présence de bougies, d’encens, la récitation d’une prière, etc. Pour ceux qui pratiquent ainsi, ce type de rituel « met en marche » le processus divinatoire. En réalité, ceci aide le pratiquant à se concentrer et à « se connecter » à la mémoire collective à laquelle il a besoin d’avoir accès pour pouvoir déchiffrer les symboles et les signes. D’autres ne pratiquent pas ce genre de rituels et de mise en scène, car pour eux la « connexion » se fait naturellement en raison peut-être d’une plus grande facilité à se concentrer pour la lecture des cartes. Dans ce cas, pas besoin de dispositions particulières pour « aider » à la divination.

La nécessité d’un rituel paraît alors discutable. Pour ma part, je n’en effectue aucun car je n’en ressens pas le besoin d’une part, et parce que je ne considère pas que tirer les cartes soit un acte magique d’autre part. Au contraire, je vois cela d’un œil rationnel. Comme je l’ai expliqué, ces rituels servent plus à mettre le cartomancien en confiance par rapport à ce qu’il s’apprête à faire qu’à réellement « mettre en marche » un mécanisme de divination qui serait indépendant du cartomancien. Le rituel n’est donc pas nécessaire en soi et ne doit jamais servir à duper le consultant en voulant lui faire croire que l’on est un grand magicien en contact avec les secrets des dieux ou que sais-je encore. Il est tout à fait possible de tirer les cartes sans préparation particulière, tout dépend de la facilité qu’a le cartomancien à se concentrer.

En d’autres termes, si la présence d’un rituel est définie selon chacun en fonction de ce qu’il juge nécessaire pour se mettre dans de bonnes conditions, elle ne doit en aucun cas servir à faire passer la consultation ou le cartomancien pour ce qu’ils ne sont pas. Comme je l’ai dit plus haut, il est d’autres gestes, très discrets cette fois, qui peuvent aussi constituer des « rituels ». Parmi ceux-ci, on trouve le déroulement général de la consultation, mais aussi le fait, par exemple, de ranger les cartes en les remettant dans l’ordre à la fin d’un tirage ou de la consultation. Ceux-ci sont également symboliques et ont déjà été évoqués ici.

Bien sûr, les clichés sont très résistants et donc difficiles à éliminer, et il arrive fréquemment que les consultants soient un peu déstabilisés lorsqu’ils se trouvent face à un(e) cartomancien(ne) qui aborde la consultation sans mise en scène particulière ou rituel, presque déçus de l’absence de « magie » !

 

3) Quand on tire les cartes, on fait appel aux esprits ou aux dieux
Faux. La cartomancie n’a rien à voir, que ce soit de près ou de loin, avec du spiritisme, et encore moins avec un rapprochement avec le Divin. De la même façon que cette pratique n’a rien de « magique » en elle-même, elle ne fait appel à rien d’autre qu’à la capacité d’analyse de l’interprète et à son habileté à déchiffrer les symboles qu’il rencontre. Les interprétations qu’il fait lui sont propres et ne sont pas dictées par « autre chose » que ce qu’il voit sur les cartes.

Bien sûr, il est tout à fait possible de contacter les défunts et d’obtenir des messages de leur part à travers les cartes, mais ce type de pratique relève, pour le coup, plus du spiritisme que de la cartomancie « classique » à proprement parler.

 

4) Tirer les cartes est dangereux
Faux. Suite à ce qui vient d’être expliqué, il apparaît clairement que la cartomancie ne peut pas être dangereuse en termes d’interférences entre les différents plans. Ne faisant pas appel aux esprits, ne faisant pas intervenir les dieux et n’étant pas un acte magique, cette discipline ne peut présenter de danger à ce niveau pour celui qui la pratique. D’où l’inutilité des rituels de protection effectués par certains avant toute manipulation.

Le seul danger que peut représenter la cartomancie est on ne peut plus terrestre. En effet, il arrive qu’à consulter les cartes trop fréquemment et/ou pour des broutilles, on en devienne dépendant, bien incapable de prendre quelque décision que ce soit sans avoir consulté au préalable. Il y a là bien plus de risques que sur tous les autres plans ! Ici, ce n’est pas l’acte en lui-même qui présente des risques, mais plutôt l’attitude de celui qui consulte et/ou de l’interprète qui ne sait poser certaines limites au consultant.

 

5) Les cartes ne servent qu’à prédire le futur
Faux. Contrairement à l’image immuable – semble-t-il – de la cartomancienne qui dit au voyageur « Tire quelques cartes, et je te dirai ce que l’avenir te réserve ! », la cartomancie connaît des champs d’application beaucoup plus vastes que celui qui consiste simplement à dévoiler le futur. D’ailleurs, « prédire » l’avenir n’est pas nécessairement l’activité principale du cartomancien. En effet, il est bien plus courant de voir des consultants qui cherchent à résoudre un problème présent que des consultants dont la seule préoccupation est de savoir de quoi demain sera fait.

La cartomancie est un formidable outil d’analyse ! Quelle que soit la situation – si tant est, bien sûr, qu’elle soit acceptable selon les termes du code éthique fixé par chacun –, les cartes mettent en valeur un point de vue neutre et amènent le consultant à considérer sa situation sous un autre angle. Ainsi, il obtient de précieux conseils qui lui permettront de démêler la situation présente… et donc d’améliorer son futur !

Afin de se défaire du cliché selon lequel les cartes ne font que prédire le futur, il faut comprendre de quelle manière le futur se construit. Considérer que les cartes prédisent le futur et que ce qu’elles annoncent se réalisera à coup sûr revient à nier le libre-arbitre du consultant et à le déresponsabiliser par rapport à ses actes. Or, c’est aussi nier que le présent et le futur sont étroitement liés ! En effet, le futur est profondément ancré dans le présent puisqu’il est la conséquence de ce que l’on y sème. Il est donc important de « bien » agir par rapport à la situation présente si l’on veut qu’elle se résolve ! Conseiller sur la manière d’agir et mettre en exergue les forces en présence sont justement les principaux rôles des cartes dans une consultation. Qu’importe de connaître l’issue d’une situation si l’on ignore quoi faire pour la provoquer, pour l’atteindre ? À quoi servirait une carte qui ne montrerait au voyageur que le lieu où il doit se rendre sans lui en indiquer le chemin ? Si l’on veut pousser cette comparaison, les cartes sont le tracé du chemin qui relie le voyageur au but qu’il souhaite atteindre. Elles ont un peu le même rôle qu’une boussole qui lui montrerait quelle direction suivre pour atteindre le meilleur endroit possible.

Plutôt que « prédire » l’avenir comme on l’entend communément, les cartes indiquent ce qu’il adviendra si le consultant poursuit dans la voie dans laquelle il est engagé. Elles peuvent bien sûr également lui indiquer un changement de direction, soit en lui montrant pourquoi il va droit dans le mur, soit en lui montrant un chemin qui serait « meilleur ». Par conséquent, les cartes permettent au consultant d’avoir tous les atouts en main pour décider de l’attitude et du comportement qu’il lui convient d’adopter en fonction du résultat escompté. Ainsi, c’est en son âme et conscience qu’il prend ses décisions.

Bien entendu, le futur n’est pas quelque chose de fixe, car il est perpétuellement soumis aux choix qui s’offrent à chacun chaque jour. Par conséquent, les cartes ne peuvent se limiter à de simples prédictions « brutes » qui laisseraient le consultant en dehors (spectateur) de sa propre vie !

 

6) Ce que les cartes prédisent est une fatalité
Faux. Comme on vient de l’évoquer, ceci est totalement faux. Les cartes ne font que montrer les conséquences les plus probables de la situation présente et/ou de la façon dont on l’aborde. Si le consultant décide de changer quelque chose à sa façon d’agir ou à sa stratégie, alors les « prédictions » émises ne se réaliseront pas car les événements seront modifiés en conséquence. On observe également que si l’on effectue un tirage à quelques semaines ou mois d’intervalle pour examiner l’évolution de la même situation, l’issue montrée par les cartes sera différente car elle s’ajustera aux décisions qui auront été prises et aux actions qui auront été accomplies. En d’autres termes, il n’y a aucune fatalité, et même les mauvaises nouvelles annoncées par le plus sombre des tirages peuvent être déjouées, dans la mesure bien sûr où le consultant a un pouvoir d’action sur ladite situation.

 

7) Il n’y a pas de « bonne » ni de « mauvaise » manière de tirer et de lire les cartes
Faux. S’il existe pratiquement autant de manières de tirer les cartes que de cartomanciens, il serait erroné de croire que chacun fait comme bon lui semble et que l’art de la divination par les cartes ne possède ni code ni règle. Si chacun finit par se forger sa propre méthode, celle-ci s’appuie néanmoins sur une base commune, fondée sur l’interprétation des symboles et les structures liées au Monde et au rapport qu’entretient l’Homme avec le Sacré. Sachant qu’un jeu de cartes – tarot ou oracle – est une représentation symbolique du Monde et de ses fonctionnements, il convient par exemple de bien en comprendre la structure pour voir de quelle manière les éléments illustrés par les cartes interagissent. Par conséquent, il convient de tenir compte de ce genre de chose dans sa pratique et de bien maîtriser le langage symbolique propre à chaque jeu. Il est bien entendu hors de question de décider que pour soi, tel symbole signifie telle chose ! La raison en est simple : un symbole s’inscrit dans une culture au sein de laquelle il signifie quelque chose de bien précis, comme un même mot écrit dans un alphabet donné renvoie toujours au même signifié.

Une fois cette base commune apprise et bien ancrée dans l’esprit du cartomancien de même que certaines bases pratiques, il est possible d’agrémenter sa façon de procéder en fonction de sa propre logique et de sa culture. Ainsi, quelle que soit la méthode personnalisée que l’on utilise, on doit être capable d’en expliquer chaque geste de manière raisonnée.

 

8) Les cartes ont une volonté et une vie propres
Faux. Certaines personnes attribuent des qualités anthropomorphiques aux cartes. On peut lire çà et là par exemple que tel ou tel jeu a un « sale caractère », qu’il ne « s’entend pas » avec tel autre, qu’il boude si on le range à proximité d’un autre, ou qu’il refusera de livrer des prédictions si l’on utilise un autre jeu que lui. On lit aussi parfois que les cartes « parlent », et lorsqu’ils ne parviennent pas à déchiffrer leurs tirages, certains disent même qu’« aujourd’hui, les cartes n’ont pas envie de parler ».

En réalité, rien de tout cela n’est vrai. Les cartes n’ont pas plus de volonté et de caractère propres que n’importe quel autre objet. D’ailleurs, ce sont des objets. Les personnes qui leur attribuent des qualités relatives à des êtres vivants se trompent sur leur mode de fonctionnement. Les cartes sont des supports. Comme ce terme l’indique, elles agissent comme des éléments déclencheurs des « prédictions » grâce au langage symbolique qu’elles exposent aux yeux de l’interprète. Ces symboles, qu’ils soient de simples signes ou renvoient à des archétypes particuliers, sont automatiquement associés à des idées et des notions dans l’esprit de celui ou celle qui lit les cartes.

Par conséquent, la seule personne active dans le processus d’interprétation est… l’interprète ! Lorsque celui-ci ne parvient pas à déchiffrer un tirage, inutile donc de blâmer les cartes ! L’explication est bien plus rationnelle : il est possible que l’interprète n’ait pas réussi à se concentrer suffisamment, qu’il ait été fatigué lors du tirage, ou tout simplement qu’il n’ait pas réussi à lire le tirage. Cela peut même arriver à de bons cartomanciens ! Dans ce cas, il est conseillé de noter le tirage, de le laisser reposer et d’y revenir un peu plus tard.

Un tirage « muet » peut également être dû à une question mal posée, ou qui ne s’accorde pas avec le mode de tirage choisi. Il suffit alors de reformuler la question ou de changer de mode de tirage. Là encore, ce ne sont pas les cartes qui ne « veulent » pas « parler », mais bel et bien l’interprète qui, d’une certaine façon, a bloqué le processus de divination.

En résumé, les cartes sont un objet. Elles n’ont à ce titre aucune volonté propre et aucun trait anthropomorphique ne peut leur être attribué. En tant que support, elles sont le reflet de ce que le cartomancien révélera à son consultant, car elles lui permettent de matérialiser et de formuler les réponses aux questions qui lui sont posées. Elles agissent comme un livre ouvert que l’interprète, s’il est suffisamment concentré, pourra lire comme n’importe quel autre livre.

En outre, même si l’on entend communément dire « mon jeu est bloqué, il refuse de me parler », le blocage n’est pas du fait du jeu en question, mais de celui de la personne qui l’utilise. Il arrive parfois que certains cartomanciens soient « impressionnés » par le jeu qu’ils utilisent, qu’inconsciemment ils aient « peur » du jeu ou de se tromper, etc. Tout ceci apporte une pression supplémentaire qui complique ou bloque le processus de lecture. Par extension, si l’on pense son jeu « bloqué » ou même « cassé », il le sera, puisque l’objet n’est que ce que l’on y projette. Si une telle situation se produit, il vaut mieux ranger son jeu et se dire que l’on essaiera à nouveau un peu plus tard, lorsqu’on se trouvera dans de meilleures conditions ou que l’on se sentira plus serein. Mais en aucun cas il ne faut tomber dans le piège de se dire « mon jeu est bloqué », « mon jeu est cassé » ou, pire encore, « mon jeu est fâché/ne m’aime pas » !

 

9) Plus un tirage comporte de cartes, plus il sera précis
Pas nécessairement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, la précision d’un tirage n’a rien à voir avec le nombre de cartes qu’il contient. En fait, tout dépend de ce que l’on cherche à examiner. Parfois, un tirage en trois lames suffit à cerner une situation, et ce bien mieux que d’autres tirages plus complexes ou plus « esthétiques ».

La précision d’un tirage ne dépend donc pas du nombre de cartes qu’il prend en compte, mais plutôt de sa pertinence par rapport à la situation que l’on souhaite examiner. Pour savoir si un tirage est adapté à une situation, il faut d’abord cerner la situation en question et évaluer le type d’information qu’il serait utile d’obtenir. Ceci fait, on trouve le tirage dont la structure se rapproche le plus de ces besoins. Il peut donc se révéler superflu d’effectuer un tirage complexe là où un simple tirage en trois lames ou en croix aurait suffi. Tout dépend des besoins du consultant, mais aussi de la question posée.

 

10) Il est impossible de se tirer les cartes à soi-même
Faux. Il est tout à fait possible de se tirer les cartes à soi-même, bien que la chose puisse sembler difficile de prime abord. Le principal écueil dans lequel il faut éviter de tomber est bien sûr le mécanisme naturel qui consiste à vouloir absolument faire « coller » le tirage à sa propre situation et ce que l’on en connaît, et/ou de lire les cartes selon ce que l’on aimerait qu’elles montrent et non selon ce qu’elles présagent réellement. Pour se tirer les cartes à soi-même, il faut être capable de se considérer comme un objet d’étude, comme un objet extérieur. Or, lorsqu’on commence à s’intéresser à la cartomancie et que l’on fait ses premières manipulations, le premier « cobaye » est bien souvent… soi-même ! En effet, lors des premiers pas de l’apprentissage, on reste le plus souvent « dans son coin », jusqu’à ce que l’on ait acquis assez de technique et d’assurance pour tirer les cartes à autrui. Les premiers progrès que l’on évalue sont alors ceux que l’on fait sur ses propres tirages.

Techniquement, il n’est donc pas impossible de se tirer les cartes à soi-même, puisque la plus grande difficulté réside en la capacité à se distancier de soi-même et donc à se considérer comme un objet extérieur. Il faut alors se retenir de vouloir se servir à tout prix de ce que l’on connaît – ou plutôt de ce que l’on croit connaître – de sa propre situation si l’on veut porter un regard neutre sur les événements, sans quoi le tirage ne sera pas d’une grande utilité. Le meilleur conseil que l’on puisse donner à quelqu’un qui veut se tirer les cartes à lui-même est d’apprendre à dissocier ses sentiments personnels du tirage qu’il a sous les yeux. Cela demande certains efforts, certes, mais ceux-ci mèneront à une grande satisfaction.

 

11) Certains jours de la semaine sont à éviter pour pratiquer la cartomancie
Faux. À en croire certains, il faudrait éviter de consulter les cartes le lundi car c’est le jour où elles « mentent », et il conviendrait de ne pas y toucher non plus le dimanche car ce jour-là elles « se reposent ». À ce compte-là, on peut trouver un prétexte pour n’importe quel jour de la semaine !

Par exemple : le mardi, jours de Mars, les cartes pourraient inciter aux conflits ; le mercredi, régi par Mercure, elles pourraient interférer dans les échanges, le commerce, et entraver la communication ; le jeudi, elles pourraient faire de même dans les domaines de la justice et chambouler les forces qui protègent le consultant ; le vendredi, jour de Vénus, elles pourraient montrer au consultant ses désirs et non la réalité et le samedi, régi par Saturne, elles pourraient créer du retard dans la réalisation de tout ce qu’elles annoncent. Tout ceci semble tiré par les cheveux… et ça l’est ! Les cartes ne « mentent » pas plus le lundi qu’un autre jour. En fait, elles ne « mentent » jamais, d’une part parce qu’elles sont des objets et qu’à ce titre elles n’ont aucune volonté propre, et d’autre part parce que les « erreurs de prédictions » sont en réalité dues à des erreurs de lecture et d’interprétation, et celles-ci sont… humaines ! Nul n’est à l’abri d’une telle erreur, et les causes peuvent être multiples : fatigue, concentration insuffisante ou difficile, etc.

En d’autres termes, il n’y a ni « bon » ni « mauvais » jour pour tirer les cartes. Cela dit, il est possible que l’interprète décide par convention personnelle de ne pas toucher à son jeu certains jours. Dans ce cas, il s’agit d’un temps de repos qui doit être défini rationnellement et d’après les besoins humains ou les interdits religieux éventuels inhérents à certaines croyances. Mais ceci est propre à chacun.

En revanche, travailler en accord avec l’influence que les planètes ont sur les jours de la semaine peut être une bonne idée pour qui s’intéresse à l’astrologie. Ainsi, on peut penser que le lundi est un jour particulièrement propice pour tout ce qui concerne l’intuition et la féminité, le mardi pourrait montrer la voie à suivre pour régler les conflits, le mercredi favoriser les échanges, les questions de commerce et de communication, le jeudi celles en rapport avec la justice et la chance, le vendredi celles sur l’amour et le domaine sentimental, etc. Mais là encore, il ne s’agit que d’un « petit coup de pouce », car au final, toutes ces questions peuvent être abordées n’importe quel jour sans problème et sans risque que la qualité du tirage soit « moindre ».

 

12) Les cartes, cela ne fonctionne que si l’on y croit
Faux. La cartomancie ne fonctionne pas selon le crédit que l’on y porte ou non. Que l’on y croie ou non, le résultat est le même. Bien sûr, si une personne qui veut absolument y croire cherche désespérément à trouver des liens entre sa vie et ce que lui dit le cartomancien, elle en trouvera, de même que la personne qui est dans le déni le plus total. Objectivement, en revanche, l’efficacité du procédé n’est pas proportionnelle au degré de croyance que l’on y porte.

En réalité, le fonctionnement de la cartomancie est simple. Lorsque le consultant mélange le jeu, il crée son « petit chaos », c’est-à-dire qu’il reproduit à travers les cartes son monde à lui, l’existence dans laquelle il évolue et telle qu’elle est au moment du tirage par rapport à la question posée. Ensuite, une fois le jeu étalé devant lui en éventail, vient le moment de choisir les cartes que l’on interprétera. Malgré ce que l’on pourrait croire, ce choix ne se fait pas au hasard, même si les cartes apparaissent face cachée au consultant. Ce qui « guide » le choix des lames à ce moment-là n’est pas très différent de ce qui fait tourner un pendule dans un sens plutôt que dans l’autre. En effet, le conscient lâche prise et l’inconscient prend le relai. C’est ce qui fait que la main du consultant sélectionnera telles cartes plutôt que telles autres, car elles seront mieux appropriées pour lui parler de la situation particulière qu’il souhaite soumettre à leur examen.

Compte tenu de ces quelques éléments, on voit bien que l’argument de la croyance ne tient pas pour expliquer l’efficacité de la cartomancie. On part du principe que le consultant tire toujours les « bonnes » cartes, c’est-à-dire celles qui correspondent le mieux à sa situation. Le reste – l’interprétation – est soumis aux compétences humaines du cartomancien, qui lui-même n’est pas à l’abri d’une erreur de lecture.

 

13) Tant que l’intention est bonne, on ne peut nuire à personne
Faux. Bien que la cartomancie offre en pratique des possibilités illimitées au niveau de ce que l’on peut explorer à travers elle, elle n’est pas pour autant dénuée de toute morale. C’est là qu’intervient l’éthique. Il convient à tout cartomancien de composer un code éthique qui lui est propre. Celui-ci fixe les limites qu’il choisit de ne pas dépasser (ne pas explorer tel ou tel domaine, problème de la lecture pour des tiers, etc.). Bien que la cartomancie soit destinée à aider autrui, mais cela ne signifie pas que l’interprète doive accéder à tous les désirs du consultant, si bonne soit son intention. Si avoir des nouvelles d’une personne qu’il a perdue de vue peut rassurer le consultant, il n’est pas correct en revanche de fouiller dans la vie d’une personne qui n’a rien demandé. Cela revient à faire de l’espionnage et à violer l’intimité d’autrui. Si le consultant souhaite savoir ce qui se passe dans la vie d’un proche, il existe d’autres moyens beaucoup plus directs que la cartomancie !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 17 mai 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)