mythologie

L'Envol du Phénix

L'Envol du Phénix

Endora's face

 

 

 

 

Tirage spécial Endora mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Objet
Aider le consultant à faire face à une situation difficile et douloureuse. L’éclairer sur le chemin à suivre pour se reconstruire et panser ses plaies suite à ces événements.

 

Procédure
Mélanger les cartes, couper et rassembler le jeu. L’étaler devant soi en éventail et tirer treize cartes que l’on dispose de la façon suivante :

L'Envol du Phénix

 

Interprétation
La figure, qui représente le phénix dans les flammes, se décompose en deux grandes parties : les Flammes et l’Oiseau.

Les Flammes
Les cartes 1, 2 et 3 sont les Flammes, ce qui brûle. Elles représentent la situation qui meurtrit le consultant. La carte du centre (la deuxième) montre le noyau du problème, ce qui provoque l’état dans lequel le consultant se trouve. Elle est ce qui mène l’Oiseau à sa mort et ce sur quoi il doit s’appuyer pour renaître, ce dont il doit guérir. Les cartes 1 et 3 qualifient cette lame, elles la précisent. Ce sont les influences qui ont pesé ou qui pèsent encore sur la situation.

L’Oiseau
Les cartes 4, 5 et 6 sont le Corps de l’Oiseau. Elles montrent le consultant face à la situation, la façon dont il l’appréhende et dont elle continue de l’affecter.

Les cartes 7, 8 et 9 sont l’Aile Gauche. Elles indiquent ce que le consultant doit laisser derrière lui pour pouvoir avancer, ce dont il doit se séparer et faire le deuil pour aller mieux. La carte penchée montre ce qu’il peut y gagner.

Les cartes 10, 11 et 12 sont l’Aile Droite. Elles mettent en lumière ce à quoi le consultant doit se raccrocher, ce qu’il doit mettre en avant pour relever la tête. La carte penchée montre ce qu’il peut y gagner.

La carte 13 est la Tête de l’Oiseau. Elle montre la direction à suivre, le cap à tenir. Elle est ce qui permettra de vaincre ce qui affecte le consultant.

 

Remarques
La structure du tirage. Bien qu’elle comporte tout de même un grand nombre de cartes, cette méthode de tirage n’est pas aussi compliquée qu’il y paraît à première vue. En effet, pour en faire une bonne interprétation il suffit de procéder pas à pas et de décortiquer le tirage en fonction des cinq parties qui le composent. De cette façon, on se retrouve avec quatre tirages en trois cartes, mais ceux-ci sont tous liés les uns aux autres par un dénominateur commun (la situation du Consultant). Ces quatre parties permettent d’analyser la situation du consultant tandis que la dernière carte est projective et permet d’entrevoir de quelle façon il sortira de son état.

Cette méthode demande de prendre son temps pour l’analyse afin de bien cerner les interactions entre les différents aspects examinés. Ainsi, l’interprétation peut se révéler très profonde et apporter des éléments qui n’avaient jusque-là pas été considérés ou auxquels on n’avait prêté attention et mener le consultant à prendre conscience de certaines choses.

L’inspiration mythologique. Le phénix est un oiseau fabuleux connu pour se régénérer éternellement en renaissant de ses cendres. Selon les versions, les contes et les légendes disent que cette créature vit pendant 500 ans puis meurt en s’auto-consumant pour renaître ensuite de ses cendres. Ainsi, son bûcher est aussi ce qui le ramène à la vie pour 500 autres années. On raconte aussi selon les traditions qu’une larme de Phénix – extrêmement rare ! – pouvait guérir n’importe quelle plaie et ramener à la vie ceux qui étaient mortellement blessés.

On l’appelle également l’Oiseau de Feu (voir par exemple le conte recueilli par Afanassiev appartenant au folklore russe) car il incarne cet élément et ses propriétés à la fois destructrices, purifiantes et régénératrices. Sa propre chaleur finit certes par le consumer et le tuer, mais elle lui permet aussi de revenir à la vie. De résurrection en résurrection, l’oiseau acquérait une meilleure maîtrise de l’élément Feu, qui était en lui et qu’il diffusait autour de lui.

Le phénix a de tout temps été chargé d’une dimension philosophique, ésotérique et hermétique affirmée. Il symbolise entre autres l’éternel recommencement, le cycle sans fin de la vie, de la mort et de la résurrection, ainsi que l’élévation de l’âme à chaque renaissance. Dans le langage courant, l’expression « renaître de ses cendres » s’emploie pour désigner le fait de se relever plus fort après une épreuve et de se reconstruire.

La relation entre le tirage et la légende. Toutes ces notions sont réunies dans ce tirage, qui aide le consultant à cerner ce qui lui donnera les moyens de passer une épreuve ou d’aller de l’avant face à une situation difficile et douloureuse. La structure s’inspire donc du moment où l’Oiseau renaît par le feu car on cherche à mettre en valeur ce qui permettra au consultant de grandir à nouveau. On représente donc la situation d’un point de vue ascendant pour le consultant.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 12 août 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

 

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Fabriquer ses runes soi-même

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cette année, Mabon tombe en même temps que la pleine lune : comme la nature est bien faite ! Joyeux Mabon à tous et toutes ! Puisse la dernière fête de l’année sorcière vous apporter quiétude et réaliser vos souhaits !

L’article de ce soir n’est pas consacré au sabbat, mais les quelques astuces que voici raviront je l’espère ceux et celles qui se demandent comment fabriquer facilement ses propres runes. Au passage, des runes peuvent faire un joli cadeau de Mabon pour une personne envers qui l’on est reconnaissant…

La méthode qui suit a été testée (et approuvée) par mes soins, et les premiers jeux ont été terminés à temps pour Mabon. Je ne transcris que la procédure « technique » de fabrication, car pour l’aspect rituel qui l’accompagne, chacun(e) fait en son âme et conscience. Cependant, il est vivement conseillé d’entreprendre ce travail en phase de lune croissante afin de terminer aux alentours de la pleine lune. Bien qu’il existe plusieurs supports possibles tels que le bois, la pierre (semi-précieuses, galets), les coquillages, etc., j’ai choisi l’argile auto-durcissante, car celle-ci ne nécessite aucune cuisson et est facile à manipuler.

 

Matériel
- argile auto-durcissante (pas chère, on en trouve dans n’importe quel magasin spécialisé dans les loisirs créatifs) ;

- peinture acrylique (se trouve aussi dans les magasins pour loisirs créatifs ; sert à peindre les motifs) + pinceau pour peinture acrylique (le choisir fin !) ;

- vernis acrylique transparent (se trouve là encore dans les magasins pour loisirs créatifs) + pinceau pour vernis acrylique) ;

- papier sulfurisé + plaque à pâtisserie (ou planche) ;

- bâtonnet en bois pour dessiner les motifs sur l’argile (on en trouve dans les rayons manucure) ;

- lime à ongles en carton (pour polir les runes en douceur une fois l’argile sèche) + un petit pinceau type blush pour enlever les poussières.

 

Procédure
Une fois tous ces éléments réunis, il faut s’armer de patience et être prêt à y travailler plusieurs soirs de suite.

ÉTAPE 1 : façonner les runes et les dessiner
Prendre un peu d’argile dans la main et façonner chaque rune avec les doigts. Il est recommandé de leur donner une forme ovale ou rectangulaire afin de faciliter la lecture du sens (droit ou renversé) dans les tirages (ce que des runes carrées ou rondes rendent impossible). Par ailleurs, veillez également à les faire plutôt petites et assez épaisses, sans quoi elles risquent d’être très fragiles !

Poser chaque rune sur la plaque couverte de papier sulfurisé. Une fois les 25 formes prêtes, se munir d’un bâtonnet en bois type manucure et dessiner chaque lettre sur les morceaux d’argile.

Laisser reposer 24 heures (ou plus, en fonction de l’épaisseur) pour que les runes sèchent. Il est important qu’elles soient bien sèches pour l’étape suivante, car l’argile auto-durcissante est poreuse et doit être protégée de l’humidité. En cas de doute, laisser reposer plus longtemps.

ÉTAPE 2 : polir et peindre les lettres
Le jour (ou le soir) suivant, polir doucement les contours des runes à la lime à ongles pour arrondir les bords. Cela les rendra moins cassants et permettra de leur donner une forme plus régulière. De cette manière, gommer les aspérités, puis épousseter avec le pinceau à blush pour éviter que la poussière ne se mêle à la peinture et complique la tâche suivante.

Ensuite, peindre les symboles en remplissant les sillons creusés la veille. Attention, la patience est de mise, car la peinture acrylique est épaisse et les bavures sont vite arrivées !

Une fois toutes les lettres peintes, bien laisser sécher.

ÉTAPE 3 : vernir les runes
Une fois la peinture sèche (le soir d’après, par exemple), vernir les runes sur la première face. Là encore, bien laisser sécher, puis (le soir suivant, pas sécurité) vernir le dos. Si nécessaire, renouveler cette étape et passer une deuxième couche de vernis.

 

Et voilà, une fois les runes sèches, elles sont prêtes et il n’y a plus qu’à les mettre dans un petit sac ! Bien sûr, le résultat ne sera peut-être pas parfait dès le premier essai, mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron ! Quoi qu’il en soit, un jeu que l’on fabrique soi-même aura une valeur particulière, que ce soit sur le plan divinatoire ou méditatif : le fait de l’avoir façonné crée un lien particulier entre l’artisan et les runes, car celui-ci a eu le temps de faire connaissance avec chacune d’elles durant les différentes étapes de fabrication.

 

Précisions
L’utilisation des runes n’étant pas très répandue, ces outils sont assez méconnus. Par conséquent, on lit souvent d’énormes âneries à leur sujet, que ce soit sur Internet ou dans les livres.

L’une des plus grosses erreurs concerne leur origine : NON, il n’existe rien de tel que des « runes celtiques » ! Les runes sont d’origine nordique, qu’on se le dise ! Je ne vais pas retracer ici toute leur histoire, mais il faut savoir que c’est Odin qui acquit ces lettres sacrées en se sacrifiant : pendu par le pied à l’arbre axe du Monde Yggdrasill durant neuf nuits, il endura maintes souffrances avant que ne lui soit révélé cet alphabet et qu’il puisse le graver. Cet épisode est relaté dans le poème appelé le Rúnatal (ou « Dénombrement des Runes) qui constitue le chant V des Hávamál (« Les Dits du Très-Haut ») dans les Eddas : 

Je sais que je pendis
À l’arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d’une lance
Et donné à Ódinn,
Moi-même à moi-même donné,
- À cet arbre
Dont nul ne sait
D’où proviennent les racines. 

Point de pain ne me remirent
Ni de corne ;
Je scrutais en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, retombai. 

Neuf chants suprêmes
J’appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Ódrerir. 

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
À croire et à prospérer,
- De parole à parole
La parole me menait
D’acte en acte
L’acte me menait. 

Tu découvriras les runes
Et les tables interprétées,
Très importantes tables,
Très puissantes tables
Que colora le sage suprême
Et que firent les puissances
Et que grava le Crieur des Dieux. 

Ódinn parmi les Ases les grava,
Pour les Alfes, ce fut Dáinn,
Dvalinn, pour les nains,
Ásvidr pour les géants,
J’en gravai moi-même quelques-unes. 
 
Sais-tu comment il faut tailler ?
Sait-tu comment il faut interpréter ?
Sais-tu comment il faut teindre ?
Sais-tu comment il faut éprouver ?
Sais-tu comment il faut demander ?
Sais-tu comment il faut sacrifier ?
Sais-tu comment il faut offrir ?
Sais-tu comment il faut immoler ? 

Mieux vaut ne pas demander
Que trop sacrifier.
Qu’il y ait toujours récompense pour don.
Mieux vaut ne pas offrir
Que trop immoler.
Voilà ce que Thundr grava
Avant les origines de l’humanité ;
Là, il ressuscita
Quand il revint.

 

[Voir Régis Boyer (comm. & trad.), L’Edda Poétique, Paris : Fayard, 1992]

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 septembre 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Lebor Gabála Érenn

Venu droit d'Irlande, le Lebor Gabála Érenn est enfin arrivé!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Depuis le temps que j'en rêvais, c’est chose faite : le Lebor Gabála Érenn (ou Livre des Conquêtes d’Irlande) est enfin parvenu jusqu’en mon domaine.

En quelques mots, le Lebor Gabála Érenn constitue la pseudo-histoire de l’Irlande, c’est-à-dire le passé mythico-historique de l’Île Verte. En d’autres termes, sont relatées en cinq volumes les différentes vagues d’arrivée des peuples qui ont vécu en Irlande, des temps bibliques aux Milésiens, aussi connus sous le nom de Gaëls. Entretemps, se sont succédé des Géants, des Dieux, etc., qui se sont affrontés, chassés les uns les autres, chacun ayant au final apporté des caractéristiques particulières à l’Irlande.


Lebor Gabála ÉrennLe Lebor Gabála Érenn est un véritable trésor pour le médiéviste qui s’intéresse à l’Irlande ancienne, car il renferme les bases des grands principes de la mythologie irlandaise. Malheureusement, il est introuvable en France, mis à part à la BNF (en Rez-de-Jardin, accréditation nécessaire pour avoir accès à cette partie de la bibliothèque). Même la médiathèque du Centre Culturel Irlandais ne le propose pas bien qu’ils aient quelques ouvrages de la Irish Texts Society. J’ai toujours été déçue de ne pas pouvoir le consulter là-bas, mais il est vrai que leurs collections s’orientent plus vers des sources modernes, malgré quelques ouvrages traitant de l’époque médiévale et ceux consacrés à la mythologie. Ayant besoin de le connaître et de le consulter régulièrement pour mes recherches, il y avait longtemps que je rêvais de le voir sur mes étagères.


Le Petit Prince en gaélique irlandaisLe souci principal restait le prix exorbitant (98€ minimum par volume !), dû à la rareté de l’ouvrage. L’autre jour, par curiosité, je regarde les prix des volumes, et je constate qu’ils ont baissé. Je m’empresse donc de passer commande en deux fois auprès d’une librairie irlandaise. Je n’ai pas été déçue du voyage ! Hier, un paquet bien emballé et assez lourd m’attendait. En l’ouvrant, je suis allée de bonne surprise en bonne surprise. Après avoir réussi à ouvrir le gros carton (bigre que l’emballage était bien fait !), j’ai découvert, déposé sur l’emballage des livres, un exemplaire du « Petit Prince » de Saint-Exupéry… en Gaélique Irlandais ! Quelle jolie attention ! Du coup, j’étais toute émue en voyant cela…  L’autre surprise, et de taille, fut quand j’ai atteint les volumes : ils étaient non pas à l’unité comme le laissaient supposer mes deux commandes, mais dans le coffret qui va avec l’intégrale du Lebor Gabála Érenn, de couleur verte, assorti à la reliure cuir des volumes et décoré d’entrelacs celtiques sur les côtés ! En un mot : ma-gni-fi-que ! Là aussi, une très belle attention de la part de la librairie, qui a pensé à grouper mes deux commandes ! Du coup, je me retrouve avec une très belle édition version livres de collections, mais en plus j’ai fait des économies considérables !

L’ouvrage tant attendu est donc arrivé à bon port, dans des conditions encore meilleures que celles espérées, avec de belles surprises en prime. Je vais doublement pouvoir me mettre au Gaélique Irlandais, avec le Lebor Gabála Érenn certes, puisque l’édition de R.A.S. Macalister est bilingue, mais aussi avec « Le Petit Prince » qui, dans une langue plus moderne, me permettra d’apprendre (ou de deviner) quelques mots ! D’ailleurs, la librairie irlandaise possède un site web, pour ceux que cela pourrait intéresser…

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 19 novembre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)