jeux divinatoires

Tarot de Marseille et Rider-Waite Smith Tarot

Tarot de Marseille et Rider-Waite Smith Tarot: comment différencier ces deux traditions divinatoires

Par Le 31/12/2014

On imagine souvent que l’expression « tarot divinatoire » ou le terme « tarot » sont des abréviations désignant le tarot de Marseille. Pourtant, il n’en est rien. Il existe en réalité plusieurs traditions de tarots divinatoires, mais celles-ci sont souvent peu distinguées les unes des autres en France, où l’on tend à oublier que le substantif « tarot » désigne l’outil utilisé en tant qu’objet (type de support divinatoire) tandis que les qualificatifs qui l’accompagnent identifient la tradition à laquelle celui-ci est rattaché (de Marseille, Rider-Waite Smith, etc.).

Coffret

Rachel Pollack, le "tarot de Marseille"... et les éditions Trédaniel!

Par Le 13/01/2014

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

CoffretCet article n'est pas une présentation de jeu, pas plus qu'il ne salue l'initiative d'une maison d'édition, bien au contraire. Mieux vaut prévenir d'emblée : il s'agit d'une mise en garde. Lecteurs, attendez-vous donc dans les lignes qui suivent à trouver ma (très) mauvaise humeur, qui se traduit parfois par un discours cinglant. Vous voilà prévenus !

Je tiens à attirer ici l'attention sur la parution d'un coffret (cartes + livre) tout à fait honteux, tant le travail de l'éditeur relève de l'amateurisme. L'autre jour, une amie m'a signalé avoir vu dans la boutique de l'éditeur un coffret pour le moins incohérent. Voulant en savoir plus et pourquoi pas avoir accès au contenu de la chose, je me rendis à mon tour là-bas, et quelle ne fut pas mon incompréhension lorsque je découvris que la chose défie l'entendement et le bon sens le plus élémentaire !

En effet, la maison d'édition Trédaniel vient de sortir (chez eux, car d'après Amazon la parution de la chose est prévue pour mai 2014) un coffret, très joli esthétiquement parlant, intitulé Le Tarot de Marseille. La boîte contient un livre rédigé par l'admirable Rachel Pollack, internationalement reconnue dans le monde du tarot comme étant l'une des meilleures spécialistes, ainsi qu'un jeu de cartes. C'est là que la profonde déception – oserais-je dire la colère ? – intervient. Si le tout semble alléchant de prime abord, la réalité est tout autre ! Qui connaît vaguement les travaux de Rachel Pollack trouvera d'abord étrange de la voir écrire sur le tarot de Marseille, elle à qui l'on doit une belle série d'ouvrages sur... le Rider-Waite Smith tarot ! Mais nul besoin d'aller si loin dans la réflexion puisque l'habillage graphique du coffret traduit lui-même l'énorme bourde de l'éditeur : sur la boîte figurent bel et bien des cartes provenant du Rider-Waite Smith tarot, et non du tarot de Marseille comme annoncé par le titre ! D'emblée, on trompe le client sur le contenu...

Si les aberrations s'arrêtaient là, on pourrait accorder le bénéfice du doute à la maison d'édition et penser à une méprise... mais pas du tout ! Une fois le coffret ouvert (les exemplaires de démonstration sont très pratiques !), un rapide examen du jeu de cartes fourni confirme la crainte qui planait jusqu'alors : le jeu est bien le Rider-Waite Smith tarot original, mais l'édition présentée ici est la traduction d'AGMÜller qui, on le sait, est erronée ! Et encore un mauvais point pour l'éditeur ! Non seulement cette traduction – la seule existant sur le marché français – ne transcrit pas les multiples différences séparant le Waite du Marseille, mais en outre elle fait un mélange incohérent entre certaines appellations des lames : pourquoi ne pas admettre que dans le système Waite, il n'y a pas de Papesse mais une Grande Prêtresse, pas plus qu'il n'y a de Pape mais un Hiérophante, etc., d'une part, mais traduire « the Tower » (arcane XVI) par « la Tour » et ne pas aller au bout du copier-coller avec le Marseille ? Le jeu tel qu'il est publié en France, que ce soit dans ce coffret ou en dehors, n'est pas conforme à la tradition Waite, qui se démarque du tarot de Marseille par des symboles marquant une différence sans équivoque par rapport à son cousin français ! Il est tout simplement scandaleux que des éditeurs soi-disant spécialisés en ésotérismes ne tiennent pas compte de ces divergences fondamentales alors qu'ils en ont tout à fait conscience !

Quant au livre, il est lui aussi très révélateur. Loin de moi l'intention de remettre en question l'expertise de Rachel Pollack, bien au contraire. En revanche, nul besoin de s'interroger longtemps sur la méticulosité ou l'honnêteté intellectuelle de l'éditeur. L'ouvrage contenu dans le coffret est intitulé Tarot dans la version originale du coffret, publiée en allemand. La version originale du produit, elle, ne trahit ni le travail de Rachel Pollack ni la nature du jeu. L'édition française, en plus de mentir sur le contenu, porte préjudice aux écrits de l'auteur. D'abord par une traduction pauvre, qui montre de manière flagrante que l'on n'a pas pris la peine de tenir compte des particularités de la tradition ésotérique dont il est question, mais aussi en essayant de faire croire à l'acheteur que ce qu'il lit s'applique au tarot de Marseille alors qu'il n'en est rien !

Vous l'aurez compris, ce coffret – dans son édition française – n'est autre qu'un tissu d'âneries à cause de la négligence (ou du manque d'honnêteté intellectuelle ?) de l'éditeur, qui n'hésite pas à mentir sur son contenu et qui a produit un travail fort peu scrupuleux. Au risque de me répéter, je précise à nouveau que je ne remets nullement en cause le travail remarquable de Rachel Pollack. Ici, elle est plus victime qu'autre chose, d'une mauvaise utilisation de ses écrits.

Il est tout simplement honteux de trouver pareil coffret. Comme (trop) souvent, le monde de l'édition ésotérique n'hésite pas à prendre les gens pour des imbéciles qui, par crédulité, vont gober tout ce qu'on leur mettra sous la dent sans broncher, pour peu que l'emballage soit séduisant ! Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et s'entourer de personnes compétentes, qui connaissent ces traditions, pour faire les choses bien ? Par peur que les acheteurs soient « perdus » ? À force de prendre les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont, on finit soi-même par passer pour le fumiste que l'on croit déceler en ses cibles !

Inutile de dire que je ne recommande en rien l'achat de ce « machin », même pour quelqu'un qui souhaiterait découvrir le Waite. En effet, cela reviendrait à encourager les éditeurs à continuer dans cette voie et à récidiver ! Par ailleurs, je ne supporte pas que l'on manque ainsi de respect à un auteur fort compétente et qu'on la fasse mentir !

Lorsqu'on voit comment fonctionne l'édition spécialisée en ésotérisme en France, on ne se demande plus pourquoi les personnes vraiment intéressées par certains domaines (ré)apprennent l'anglais pour aller se fournir outre-Manche et outre-Atlantique !

 

N.B. : le visuel présenté ci-dessus est celui du coffret allemand, paru en 2011. L'éditeur français a reproduit le même objet. Seuls le titre et la langue changent.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 13 janvier 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Qu'est-ce qu'un oracle? Quelques éléments de définition

Par Le 10/10/2012

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Le terme oracle est souvent employé à défaut d'autre chose, car il est courant de le considérer (à tort ou à raison) comme un terme générique désignant tout objet permettant d'obtenir des prédictions. Ceci est à la fois vrai et faux, au sens où ce seul aspect n'est pas pleinement représentatif de ce qu'est un oracle. Ces quelques paragraphes donneront une vision plus complète de cette notion, afin de pouvoir employer ce terme dans ses différentes acceptions tout en évitant les confusions.

  

L'oracle humain
Les sociétés primitives et anciennes (Antiquité, Moyen Âge) étaient organisées selon le principe de la tri-fonctionnalité dumézilienne. En d'autres termes, une société est invariablement divisée en trois classes pour bien fonctionner. Ainsi, on a (par ordre hiérarchique) les paysans et les artisans qui forment la classe ouvrière et productive, les guerriers qui incarnent la classe guerrière, et les représentants du culte et du savoir, qui forment la classe sacerdotale. Les rôles de chacune de ces classes sont définis de manière précise :

- la classe productive fournit tous les éléments matériels nécessaires à la société : la nourriture (agriculteurs et éleveurs), les vêtements (tisserands, etc.), et divers services (artisans) ;

- la classe guerrière regroupe tous ceux dont la fonction est de défendre la société des attaques extérieures. Le guerrier se place au-dessus de l'ouvrier, en cela qu'il le protège et lui permet d'exercer son savoir-faire au sein de la communauté :

- la classe sacerdotale compte tous ceux qui détiennent la Connaissance, qu'elle soit sacrée ou profane. On y trouve ainsi les représentants du culte (moines, druides, etc.) et les détenteurs de la Connaissance, qu'elle soit au niveau religieux, spirituel, artistique ou savant. Par exemple, les poètes et les musiciens étant garants du savoir sacré (à travers la connaissance des mythes) et profane (connaissance historique ou liée au monde humain), ils font partie de cette classe. Il est aussi important de noter que chez les Celtes, les druides détenaient à la fois les savoirs sacrés et profanes, en cela qu'ils dirigeaient le culte (fonction monastique) et que l'on comptait parmi eux plusieurs ordres, dont les guérisseurs, les poètes et musiciens (sg. file, pl. filid), etc.

Ces classes sacerdotales, qu'elles fussent celtes, germano-scandinaves, gréco-romaines ou autres, incluaient les devins, car ceux-ci étaient considérés comme ayant eux aussi la capacité de communiquer directement avec le plan sacré et les Êtres Surnaturels. Parmi ces devins, il y a ceux que l'on vient consulter pour obtenir un conseil quant à la façon de mener une bataille ou pour savoir sous quels augures celle-ci se présente. On les appelle « oracles ». Par exemple, les pythies (comme la Pythie de Delphes) sont des oracles célèbres, de même que la Völuspá chez les Germano-Scandinaves (voir le texte éponyme dans les Eddas). Les oracles intercèdent donc avec le plan sacré et sont capables de transmettre les messages des Êtres Surnaturels aux habitants du plan profane. En ce sens, ils sont à rapprocher de la notion de medium qui, au sens strict, désigne une personne qui se situe à cheval sur les deux plans puisque medium signifie milieu en latin.

L'oracle humain est donc une personne ayant des capacités prophétiques. Généralement, il entre dans un état de transe qui lui permet de recevoir les messages à délivrer. La recherche a établi que ces transes étaient très souvent dues à des substances psychotropes (fumigations, encens, etc.) qui les stimulaient. Ceci est en particulier valable pour les pythies. D'autres n'utilisaient pas de psychotropes et recevaient les informations soit directement, soit par l'intermédiaire d'objets qui pouvaient prendre de multiples formes : os lancés par terre, cauris, etc. Certains, pour obtenir l'avis des « dieux », observaient les présages (augures) qui se manifestaient de façon naturelle (formation du vol des oiseaux migrateurs, rythme des saisons, abondance des récoltes, reproduction du bétail, etc.). Il arrivait même que l'on coupe une pomme horizontalement afin de voir la disposition de l'étoile à cinq branches (pentacle) qui se trouve en son sein (cette pratique a toujours cours dans certaines traditions néo-païennes, en particulier en période de Samhain).

 

L'oracle en tant qu'objet
Lorsqu'on veut définir quel(s) type(s) d'objet(s) on appelle oracle, deux principaux facteurs sont à considérer : la fonction de l'objet d'une part, et sa nature d'autre part.

Anatomie de l'oracle
Comme l'oracle humain, l'objet sert à obtenir des éclaircissements quant à certaines situations. Il peut prendre de multiples formes : jeux de cartes, runes, cauris, os, etc. On utilise un oracle principalement pour trouver un conseil par rapport à un événement. Il permet donc d'analyser les situations pour en avoir un point de vue différent, et par conséquent une meilleure compréhension. La première fonction de l'oracle a donc un but analytique et non projectif. Dans le même ordre d'idées, on l'emploie aussi lorsqu'il s'agit de conduire une introspection, car il reflète ainsi ce qui se passe à l'intérieur du consultant sans que celui-ci en ait clairement conscience. L'oracle permet donc de fournir de précieux éclaircissements dans bien des domaines.

En plus de son rôle premier qui a surtout vocation d'analyse, l'oracle peut aussi dans certains cas émettre des prédictions. On dit alors qu'il est projectif. On notera cependant que la plupart des oracles (dont les runes) n'ont pas au départ de fonction projective. Celle-ci leur a été attribuée récemment, très souvent au cours du XIXème siècle lors des mouvements traduisant un regain d'intérêt pour les anciennes traditions et l'époque médiévale.

Bien sûr, certains oracles peuvent être utilisés à la fois pour leur aspect analytique et projectif lorsque leur nature le permet en combinant les deux fonctions. Cela dit, d'autres ne peuvent être l'un et l'autre à la fois. Dans ce cas, il convient de s'attarder sur l'outil que l'on désire utiliser afin de voir s'il est bien adapté à ce que l'on souhaite faire.

L'oracle analytique
Il ne sert pas directement à obtenir des prédictions, mais à analyser une situation afin de mieux la comprendre... et de donner au Consultant les outils nécessaires pour pouvoir réagir au mieux face à son souci. Il n'est donc pas question de s'attendre à des prédictions ici. On consulte ce type d'oracle pour obtenir un conseil par rapport à une situation donnée.

Par exemple, les runes sont un oracle analytique et non projectif, car à l'origine, elles servent à conseiller, et non à prédire. Ce n'est qu'au XIXème siècle que la fonction prédictive leur a été attribuée. Celle-ci, bien sûr, est erronée car contraire aux utilisations qu'en faisaient les Germano-Scandinaves, qui les utilisaient en tant que conseils, mais aussi en tant qu'outils de guérison (entre autres).

Évidemment, il existe des jeux de cartes dont les utilisations sont en adéquation avec ce qui vient d'être exposé ici. On pensera notamment aux excellents oracles de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith, « Oracle of Shadows & Light » et « Oracle of the Shapeshifters », ou à « Madame Endora's Fortune Cards » de Joseph Vargo et Christine Filipak, qui peuvent également être utilisées de cette façon.

L'oracle projectif
Il sert à obtenir des prédictions concernant les événements à venir. C'est sans doute le type d'oracle le plus couramment utilisé de nos jours, notamment en cartomancie. Bien souvent, après avoir jeté un œil sur le passé et le présent, on regarde de quelle façon les choses sont sur le point d'évoluer compte tenu des éléments préalablement mis au jour. Ainsi, le Consultant peut se projeter dans l'avenir tout en ayant conscience des enjeux de la situation.

Le tarot est-il un oracle ?
Oui... et non ! Dans sa fonction, oui : en tant qu'objet... non. Le tarot a bien une fonction d'oracle puisqu'on peut le consulter pour obtenir un conseil et analyser une situation tout autant que l'on peut s'en servir dans un but projectif et lever le voile sur l'avenir. Pourtant, par nature (en tant qu'objet), le tarot n'est pas un oracle puisqu'il a une structure fixe bien définie (78 lames réparties en 22 majeures et 56 mineures), contrairement aux autres jeux de cartes appelés oracles, qui possèdent chacun leur structure propre.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 10 octobre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Madame Endora's Fortune Cards, deck cover

Le Roi et la Reine: les Piliers

Par Le 06/03/2011

Endora's face

 

 

 

 

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Le Roi et la Reine sont les deux premiers personnages de la Cour Royale, et cette position en fait également les deux figures les plus importantes dans la vie du consultant. Ainsi, ils incarnent parfois le consultant (le Roi pour un homme, la Reine pour une femme) ou son conjoint.

J’ai regroupé ces cartes fortes sous l’appellation « piliers » car c’est l’image qu’ils m’inspirent : une stabilité, une force de caractère, une personne essentielle à la vie du consultant (ou du moins qui au moment du tirage revêt une importance particulière dans les agissements de celui-ci).

 

Le Roi
Nom original: The King
Inspiration/culture/tradition : Égypte ancienne

Mots-clés : autorité, diplomatie, équilibre des forces
Le message de la lame : « Autorité et diplomatie » (« Authority and diplomacy »)

Incarné par un pharaon, le Roi est assis de profil sur un trône de pierre. Il porte le pschent (ou skhemty), la coiffe royale réunissant les deux couronnes d’Égypte (Haute et Basse Égypte), qui montre le souverain comme celui qui rassemble les peuples et veillent sur eux en protecteur. La main droite est levée en signe de paix, d’apaisement et d’autorité. La main gauche tient quant à elle un sceptre et l’Ankh, deux instruments qui attestent de son statut, mais aussi de son pouvoir à agir sur les plans terrestre et céleste. Son sceptre lui assure autorité et commandement dans le monde terrestre, tandis que l’Ankh (ou croix de vie) met en relief sa connexion particulière avec les dieux, le monde céleste et l’après-vie. Il est donc celui en qui les énergies s’équilibrent. On remarque que sur le pied du trône sont gravés deux éléments qui reprennent cette idée : un œil (céleste ?) et un scarabée. L’œil, placé au-dessus du scarabée, est certainement une protection divine. Le scarabée, symbole de chance, assure la protection au niveau terrestre. Ainsi, le Roi est non seulement doté des forces terrestre et divine sur Terre, mais il est l’incarnation même de ces forces : il est le protecteur des Hommes (scarabée) et le gardien des sanctuaires des dieux.

On remarque par ailleurs que le personnage est entouré d’une sorte d’aura lumineuse qui le détache du fond de la carte. Celui-ci est constitué d’un mur de pierre sur lequel sont gravés des hiéroglyphes dont certains (au niveau de la tête) représentent quelques-uns des dieux essentiels de la mythologie égyptienne. Parmi eux, on reconnaît (de gauche à droite) : Sobek (fertilité, protège le pharaon), Râ (ou Rê) le Créateur, Seth (dieu du mal, tente de détruire l’harmonie du monde), Thot le dieu de l’écriture et du savoir, (patron des scribes, grand magicien), et Anubis le protecteur des défunts. On remarque qu’une figure reste invisible, car elle est cachée par le pharaon, qui se tient juste devant. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’Osiris – l’un des principaux dieux de cette mythologie – avec qui le Roi partage d’ailleurs une certaine ressemblance. Cela dit, je n’affirmerai rien de tel, pas plus que je n’assimilerai le pharaon à cette divinité. À mon sens, il faut considérer ce Roi comme une figure générique – une sorte d’archétype – plutôt que l’associer à un personnage précis, car cela permet d’élargir le champ d’interprétation au niveau de la lecture divinatoire.

Interprétations possibles dans un tirage. Le Roi peut représenter le Consultant si celui-ci est un homme, mais ceci n’est pas automatique et se détermine en fonction du tirage. Dans tous les cas, ce personnage incarne un homme qui joue un rôle déterminant dans la vie du Consultant ou de la Consultante, auquel on est attaché au niveau affectif ou familial (conjoint, père, ami proche, etc.). Il s’agit invariablement d’un homme de poids dont les agissements pèsent sur ce qui arrive au Consultant. Il peut donc être également une autorité masculine, homme de loi, supérieur hiérarchique, professeur ou directeur de recherche pour les étudiants, etc.

Il est celui qui tranche, qui tempère et apaise les conflits par son jugement équitable (on pensera au sage Roi Salomon) et est capable de gérer les situations les plus embrouillées en trouvant les mots qu’il faut. C’est un leader, celui dont on écoute la voix et qui fait autorité par sa sagesse. Si le Consultant est en position difficile, le Roi lui conseille de trouver le juste équilibre entre autorité et diplomatie afin de sortir de l’impasse.

Au niveau de la personnalité, cette lame révèle un caractère juste et diplomate, mais aussi une personne qui sait se faire entendre et faire valoir son autorité. Attention toutefois aux cartes qui l’accompagnent, car il est possible que certaines de ces qualités poussées à l’excès ne deviennent des défauts et montrent cette fois un visage autoritaire et un esprit dénué d’ouverture aux autres, voire une tendance tyrannique ou à étouffer son entourage.

Le Roi peut dans certains cas représenter la richesse et l’héritage, puisque son rang et ses biens matériels se transmettent de génération en génération.

Royal Court 1

 

La Reine
Nom original:
The Queen

Inspiration/culture/tradition : Égypte ancienne
Mots-clés : bienveillance, amour, prospérité, fertilité
Le message de la lame : « Amour et prospérité » (« Love and prosperity »)

La lame montre une femme de face, qui porte la coiffe traditionnelle des reines de l’Égypte ancienne. Ses attributs sont dominés par les couleurs jaune et bleue, soient l’or et le lapis-lazuli qui étaient les principaux matériaux utilisés en Égypte. L’or est en effet un symbole de l’énergie solaire tandis que le lapis-lazuli, par sa couleur bleue, rappelle l’élément eau, et par extension tout ce qui véhicule la vie et a trait à la fertilité. La Reine est d’ailleurs fortement liée à la notion de fertilité et de vie, car non seulement elle porte autour du cou la croix de l’Ankh (symbole de la vie éternelle), mais elle se tient également devant une roue en laquelle on voit des fleurs du Nil, ce qui converge avec l’idée de fertilité (lien à l’eau, mais aussi notion de ce qui grandit, qui pousse pour s’épanouir).

En parallèle à la douceur et l’énergie maternelle qu’elle incarne, la Reine est aussi garante d’une forme d’autorité, comme on peut le voir à travers ses bras croisés et son regard droit et fixe. Dans chaque main, elle tient un sceptre d’autorité et de pouvoir comme le heka (ou la crosse) dans la main gauche et le nekhkeh (ou flagellum) dans la main droite. Présentés ensemble, ils symbolisent l’union entre les caractères royal (nekhekh) et divin (heka) du souverain. La Reine est coiffée du némès dont les rayures rappellent les rayons du soleil. Le cobra et le faucon qu’elle a sur le front sont également signe de sagesse (serpent) et d’intermédiaire entre les deux mondes (le faucon fait le lien entre les plans sacré et profane). En cela, elle est bienveillante et protectrice.

Comme le Roi, elle est aussi une incarnation du soleil sur terre, comme peut l’indiquer la roue qui se trouve derrière elle. Par extension, elle représente l’abondance et la richesse des récoltes de la terre, ce que l’on peut voir à travers le grand nombre de fleurs qui ornent la roue.

Le personnage est présenté dans une sorte de fenêtre qui reprend l’esthétique des cartouches égyptiennes. Dorée avec en bordure des symboles hiéroglyphiques, on peut voir à sa base une sphère (l’astre solaire) aux côtés de laquelle deux serpents ailés sont positionnés de profil. Ce symbole fait référence à Râ/Rê (le Soleil).

Interprétations possibles dans un tirage. La Reine est le pendant féminin du Roi tout en lui étant complémentaire : mère, épouse, amie proche, femme de pouvoir, meneuse, protectrice, conseillère. Selon les circonstances, elle peut aussi représenter la Consultante. Elle peut aussi être une femme épanouie incarnant la fertilité et la féminité. Elle est dans tous les cas étroitement liée à la vie du Consultant et joue (ou va jouer) un rôle déterminant dans son existence.

En position favorable, elle apporte une aide bienveillante, une protection et même un réconfort dans les moments difficiles. Dotée d’une grande sagesse, elle prodigue des conseils avisés que le Consultant a tout intérêt à suivre ou du moins à garder à l’esprit. Si elle incarne la douceur dans une certaine mesure, il ne faut pas pour autant oublier qu’elle est une figure d’autorité. Cela dit, cette autorité est tempérée et équilibrée par la bonté qu’elle dispense.

Au niveau de la personnalité, elle montre quelqu’un de rayonnant, d’aimant, de posé, d’équilibré, et dont les idées sont fertiles. C’est une personne qui inspire la confiance et dont la capacité d’écoute rassure, mais qui inspire aussi un profond respect.

Comme pour le Roi, certains de ces traits poussés à l’excès peuvent devenir préjudiciables soit pour le Consultant dans le cas où la Reine ne le représente pas ou pour le Consultant si celui-ci est associé à cette lame. Dans le premier cas, il faut veiller à ne pas s’installer dans une forme de dépendance par rapport à la personne incarnée par la Reine et éviter de se reposer exclusivement sur celle-ci et sur les conseils qu’elle peut dispenser. Dans le second cas, la Reine doit, malgré tout le dévouement dont elle peut faire preuve envers autrui, veiller à garder tout de même une forme de distance afin de ne pas laisser l’empathie la dévorer au détriment de sa propre personne.

En fonction des cartes qui accompagnent la Reine, il est également possible de tomber dans les travers inverses. En effet, la personne représentée par cette lame peut abuser de son pouvoir de conseillère et devenir tyrannique (voire castratrice) ou trop rigide et vouloir tout diriger sans laisser à autrui la liberté de ses décisions.

 

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(© Morrigann Moonshadow, le 06 mars 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Madame Endora's Fortune Cards, deck cover

La Cour Royale: les personnages dominants dans la vie du consultant

Par Le 16/01/2011

Endora's face

 

 

 

 

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Qu'est-ce que la Cour Royale ?
Premier des cinq groupes de cartes, la cour royale présente huit personnages. Chacun d’entre eux peut incarner une personne dont l’influence est importante sur la vie du consultant ou des conseils quant aux attitudes que celui-ci devrait adopter pour agir sur son existence de façon significative. Ils peuvent également représenter des traits de caractère qui animent le consultant ou les personnes qui l’entourent.

S’ils sont tirés en référence à une situation, ils signifient que celle-ci concerne le consultant de près : soit celle-ci fait partie de ses préoccupations principales, soit elle l’affecte (ou va l’affecter) grandement.

Parmi ces figures, on trouve :

Le Roi (« the King »)
La Reine (« the Queen »)
Le Magicien (« the Wizard »)
La Sibylle (« the Seer »)
Le Chevalier (« the Knight »)
La Jeune Fille (« the Maiden »)
Le Ménestrel (« the Minstrel »)
L’Arlequin (« the Harlequin »)

Certaines de ces lames présentant des aspects complémentaires, elles seront couplées pour être traitées ensemble dans un même article.

 

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(© Morrigann Moonshadow, le 16 janvier 2011. Reproduction patielle ou totale strictement interdite.)

Madame Endora's Fortune Cards, deck cover

"Madame Endora's Fortune Cards": introduction

Par Le 11/11/2010

Endora's face

 

 

 

 

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Les cartes de Madame Endora étant publiées aux États-Unis et ne bénéficiant malheureusement pas d’une édition française, elles restent assez peu connues dans nos contrées. De plus, nombreux sont ceux qui se heurtent à la barrière de la langue lorsqu’ils(/elles) réussissent à se les procurer.

Depuis que je possède ce jeu, il m’a toujours fascinée, tant par les illustrations dont se dégage une atmosphère si particulière que par le fait qu’il soit parfait pour tout ce qui concerne les domaines spirituels et intérieurs de l’existence. Un coup de foudre ? Sûrement ! J’ai peu à peu appris à l’utiliser, et il me paraît toujours plus riche dans ses messages, dont on peut tirer beaucoup à condition de réussir à les déchiffrer.

Malgré la complexité reflétée par les différents systèmes et traditions qui l’influencent, il ne s’agit pas d’un oracle très compliqué ou difficile à lire. Il serait donc dommage de ne pas pouvoir l’exploiter et en profiter à sa juste valeur !

Ce jeu constitue une sorte d’exception dans la collection car il semble y avoir pris une place « à part ». En effet, il ne ressemble à aucun autre par ses illustrations ou par ce qu’il dégage et il diffuse un petit quelque chose de plus par rapport aux autres jeux que j’utilise. C’est pourquoi j’ai décidé de lui consacrer une série d’articles dans ces pages. Dans un premier temps, je me pencherai sur l’étude des cartes en prenant comme point de départ les éléments fournis par les auteurs dans le livret (que pour des raisons de copyright je ne traduirai pas ici), pour développer ensuite les significations à l’aide des indices et symboles visibles sur les cartes et des notions sous-entendues par les différents emprunts culturels. Dans un second temps seront présentées certaines utilisations qui peuvent être faites de ce jeu.

 

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(© Morrigann Moonshadow, le 11 novembre 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)