Vie Sorcière

Autumn Equinox, Ellen Dugan

Mabon, l'équinoxe d'automne

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Mabon, by The Ink WitchL'été se termine aujourd'hui pour laisser place à l'automne.

Mabon est la fête de la Deuxième Récolte (« second harvest festival », la première étant Lughnasadh et la troisième Samhain), toute en introspection et en méditation. En ce jour l'heure est venue d'être reconnaissant pour ce que l'on a (amis, nourriture, et toutes les « petites » choses que la vie nous offre, Mabon est en quelque sorte le Thanksgiving des sorcières !) et de se préparer aux longues heures d'obscurité à venir. À partir de maintenant, les journées diminuent de façon visible et l'on entre dans la période sombre et froide de l'année.

Mabon, est aussi l'occasion de travailler sur son équilibre personnel, de se reconnecter à la nature, au monde, à soi-même. Les rituels d'équilibre sont donc tout à fait adaptés, d'autant plus qu'aujourd'hui, la durée du jour est égale à celle de la nuit.

Corne d'AbondanceLa tradition veut que les repas lors de Mabon soient composés des produits de saison et de récolte, tels toutes sortes de noix, pommes, de raisin bien sûr, mais aussi de citrouille, etc., et soient placés sous le signe de la sobriété, en prévision des jours difficiles à venir, et en symbole de la non-infinité des ressources que nous offre la terre. On a emmagasiné le fruit des récoltes pour l'hiver, il s'agit désormais de maintenir cette abondance pour traverser la saison froide. C'est pour cette raison que l'on utilise souvent une corne d'abondance pour représenter Mabon.

C'est également l'occasion de se souvenir de certains dieux et déesses, qui sont associés à ce jour (et à cette période). Par exemple, Perséphone, fille de Demeter, épouse d'Hadès et déesse grecque du printemps et reine des Enfers, est « condamnée » à passer une moitié de l'année aux Enfers et l'autre à la surface. On dit que Mabon et l'entrée en période sombre que ce jour symbolise est le jour où la déesse redescend aux Enfers chaque année. Pomona, la déesse romaine des pommes et des vergers est aussi associée à cette fête, de même que le dieu Bacchus/Dionysos (vendanges, vin, raisin). Chez les Gallois, le dieu Mabon (qui est né deux fois, selon la légende) est honoré, ainsi que sa mère Modron (d'où les noms de ce sabbat). On fait également appel à Morgane la Fée, prêtresse de l'île d'Avalon. Mabon est aussi l'occasion de célébrer des entités qui représentent la nature, telles l'Homme Vert (=> le « Green Man »), symbole de la végétation et gardien de la forêt, ainsi que Herne le Chasseur, autre dieu étroitement lié à la nature et la végétation. Comme son nom l'indique, il est le dieu de la chasse, mais aussi du cerf.

Autumn Equinox, Ellen DuganMabon est aussi connu sous les noms de Cornucopia (=> « corne d'abondance »), Modron, Fête d'Avalon, ou encore « Winter Finding » (=> l'arrivée de l'hiver, l'entrée dans la saison hivernale).

Pour terminer, voici un livre (en anglais) dont la lecture pourrait intéresser ceux et celles qui souhaiteraient en apprendre davantage sur cette fête encore souvent méconnue des sorcières elles-mêmes, bien qu'elle renferme de grandes richesses et offre un large éventail de possibilités :

Ellen DUGAN. Autumn Equinox: the Enchantment of Mabon. Woodbury, MN: Llewellyn, 2005.

 

Joyeux Mabon à tous !!!

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 septembre 2008. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

 

 

 

Halloween: bref retour aux origines

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

En cette nuit très particulière du 31 Octobre au 1er Novembre, je souhaite à tous ceux et toutes celles qui s'arrêteront ici un Joyeux Halloween !

On entend beaucoup de choses, ici et là, sur Halloween... Selon certains, cette fête nous vient tout droit des USA, selon d'autres, il s'agit d'une fête démoniaque, satanique, blasphématoire. Que ceux qui en doutent se rassurent : non, Halloween, ce n'est pas cela ! Et heureusement !

Il faut se replonger en des temps reculés et forts anciens pour comprendre ce qu'est vraiment cette fête. En effet, les Celtes, alors païens, fêtaient la nouvelle année durant la nuit du 31 octobre au 1er novembre, lors du festival de Samhain, qui marquait le début de l'hiver, de la période sombre de l'année. On croyait alors que pendant la nuit du 31 octobre au 1er novembre, la porte séparant le monde des vivants (notre monde) et celui des morts (l'Autre Monde) s'ouvrait, et que les morts pouvaient errer librement dans notre monde. Seulement, tous les esprits n'étant pas bénéfiques et sans danger, il fallait bien se protéger des esprits malins et mauvais, sans quoi on attirait la malchance sur soi, sa famille, ses cultures et son bétail pour l'année qui commençait. Les Celtes revêtaient donc des costumes effrayants, dans le but de faire peur aux mauvais esprits et de les faire fuir, les éloignant ainsi de leur maison. Célébrer les morts durant le festival de Samhain n'avait rien de « malsain » ou de « morbide » comme certains peuvent le penser : il s'agissait plutôt de les honorer en faisant appel à leur protection.

Avec le temps et la christianisation qui passa par-là, Samhain devint All Hallow's Eve (la veille de la Toussaint), puis Hallowe'en, pour enfin arriver à la forme que nous connaissons aujourd'hui : Halloween. Dans le calendrier chrétien, le 1er novembre est le jour de la Toussaint, jour de la commémoration des morts, un jour associé au deuil. Le 2 novembre, « Jour des Morts » dans ce même calendrier, est en revanche plus joyeux (ou du moins l'était-il à l'origine), puisque c'est ce jour-là que l'on est censé se rendre au cimetière le cœur léger pour honorer ses morts, dans un esprit somme toute proche de celui des anciens Celtes lors du festival de Samhain.

Quant aux pseudo « origines américaines » d'Halloween, il faut savoir que ce n'est qu'au XIXème siècle que cette fête est arrivée outre-Atlantique. Lorsque les Irlandais ont quitté leur pays en masses, ils ont emporté avec eux leurs traditions, notamment celles des fêtes, dont Halloween. La communauté irlandaise étant très représentée aux USA, il est logique, et donc normal, que la fête s'y soit répandue et perpétuée.

On trouve d'ailleurs des traces d'Halloween dans la littérature américaine de cette époque, notamment dans la magnifique nouvelle de Washington Irving, The Legend of Sleepy Hollow.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 31 octobre 2006. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)