Vie Sorcière

Lammas, Anna Franklin & Paul Mason

Lammas/Lughnasadh: le festival oublié

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Lammas/Lughnasadh est enfin là ! Ce 1er août est le jour de Lammas/Lughnasadh. Ce sabbat marque le temps de la Première Récolte, où les fruits sont mûrs, gorgés de soleil et où les blés sont blonds et prêts à être coupés.

 

Les origines 
Lammas, Anna Franklin & Paul MasonCe sabbat est tantôt appelé Lammas, tantôt Lughnasadh. « Lammas » est un nom dérivé de l'anglo-saxon hlaef-mass, qui peut se traduire aujourd'hui par loaf-mass. Cette expression fait référence à l'imposante miche de pain que l'on confectionne et que l'on partage à cette occasion, en hommage aux diverses récoltes (fruits, céréales) que l'on s'apprête à faire.

« Lughnasadh » est quant à lui un terme gaélique dans lequel on reconnaît le nom du dieu Lugh, reconnu à tort par certains comme l'une des divinités de la lumière. En effet, plusieurs chercheurs ont souligné l'erreur étymologique qui a longtemps consisté à établir un parallèle entre lugh et lux (lumière, en latin) [1]. Pourtant, bien que certains aient voulu faire de Lugh un dieu du soleil [2], il n'en est rien puisqu'il est en réalité une divinité lumineuse et solaire, ce qui ne signifie pas qu'il incarne la lumière ou le soleil mais qu'il en concentre certaines propriétés en son être. À ce titre, Robert-Jacques Thibaud le présente comme « une divinité lumineuse (non le soleil) » [3].

À travers le nom qui lui a été donné, c'est ce dernier aspect de Lugh que fait ressortir cette fête. Le dieu y incarne l'idée de la lumière et de la chaleur du soleil qui vont commencer à diminuer sous peu. On célèbre alors le déclin imminent de l'astre solaire, anticipant ainsi les récoltes suivantes et l'enfoncement progressif dans la période hivernale qui se dessine. Ceci est assez logique puisque les récoltes permettent justement de préparer l'hiver car emmagasiner des victuailles et des ressources est indispensable si l'on veut pouvoir se nourrir convenablement durant cette longue période sombre.

 

La symbolique
Dans le cycle de la Roue de l'Année, Lammas/Lughnasadh est aussi parfois connu sous le sobriquet du « festival oublié » (the forgotten festival). Il est en effet l'un des sabbats les plus méconnus, bien qu'il soit tout aussi intéressant que les autres. Ceci est sans doute dû au fait qu'il tombe au beau milieu de l'été, lors d'une période pendant laquelle on pense le moins au prochain retour de l'hiver qui semble alors bien lointain, du moins aux yeux de notre société contemporaine.

L'image qui domine Lammas/Lughnasadh est celle de la récolte, première du calendrier wiccan. L'heure est à la récolte des fruits, du blé et d'autres céréales, et il n'y a pas grand effort à faire pour que l'esprit à l'imagination fertile voie tous ces éléments réunis dans une corne d'abondance. Par extension, Lammas/Lughnasadh est la période où l'on récolte le fruit de ce que l'on a semé, que ce soit sur le plan spirituel, humain ou matériel. En quelque sorte, le temps est venu en cette première récolte de faire un premier bilan et de compter ses acquis. Ceci fait bien sûr écho au sabbat suivant – Mabon, le Thanksgiving des sorcières – et le préfigure.

 

Les coutumes
Les traditions qui animent Lammas/Lughnasadh sont déjà présentes en filigrane dans les deux principaux noms de cette fête. Pour rendre hommage aux récoltes de fruits et de céréales, il est courant de dresser d'énormes paniers de fruits ainsi que d'énormes miches de pain que l'on partage avec ceux que l'on aime. On confectionne également des figures avec les épis de blé et les feuilles de maïs que l'on appelle corn dollies (poupées de grain). Le soleil peut également être mis à l'honneur à travers des jeux de miroirs comme par exemple en suspendant des pampilles derrière une fenêtre afin de refléter la lumière solaire (sun catchers).

Nombreuses sont les coutumes et traditions qui entourent le sabbat de la Première Récolte. La plupart sont tournées vers la magie culinaire et domestique, la guérison et les bienfaits prodigués par le soleil, etc. Rien n'empêche de se montrer inventif, du moment que l'on reste dans l'esprit de cette fête !

 

Je signale au passage un très bon ouvrage sur Lammas/Lughnasadh, dont la couverture illustre le présent article. Celui-ci offre un panorama très complet sur les origines, les coutumes, la magie, les jeux, etc. en rapport avec ce sabbat. Voici la référence complète :

Anna FRANKLIN, Paul MASON. Lammas: Celebrating the Fruits of the First Harvest. St Paul, MN: Llewellyn Publications, 2001

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NOTES
[1] Voir à ce propos : Robert-Jacques THIBAUD, Dictionnaire de mythologie et de symbolique celte, Paris : Dervy, 1995, p. 245, s.v. « Lug (ou Lugh) »; James McKILLOP, Oxford Dictionary of Celtic Mythology, Oxford: OUP, 2004 [1998], p. 305, s.v. "Lug Lámfhota".

[2] T.W. ROLLESTON, Celtic Myths and Legends, New York: Dover Publications, 1990 [Myths & Legends of the Celtic Race, 2nd and rev. ed., London: G.G. Harrap, 1917], p. 109.

[3] Robert-Jacques THIBAUD, Dictionnaire de mythologie et de symbolique celte, op. cit., p. 245.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 1er août 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Boutiques ésotériques parisiennes à recommander

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Voici quelques adresses de boutiques parisiennes que j’apprécie. Vous y trouverez cartes, pendules, bougies et autres accessoires ésotériques. N’hésitez pas à aller y faire un tour à l’occasion, vous y serez bien accueillis !

 

Mes préférées
Variantes, 29 rue Saint-André-des-Arts (M°4, Saint-Michel).
On commence avec une boutique consacrée au jeu en général. Sans être spécialisée dans l’ésotérisme, Variantes propose un très large choix de jeux divinatoires à des prix défiant toute concurrence ! Leur vitrine de cartes est tout simplement impressionnante, l’une des plus diversifiées de la capitale ! Si vous cherchez un jeu difficile à trouver, c’est là-bas qu’il faut aller. En effet, ils ont souvent des jeux rares ou importés que vous ne verrez nulle part ailleurs ! Et l'accueil y est fort sympathique, ce qui ne gâche rien.

La Maison de la Radiesthésie, rue Godot de Mauroy (M°14, Madeleine).
LA maison historique pour tout ce qui concerne la radiesthésie. Grand choix de pendules et de livres sur le sujet bien sûr, mais aussi un éventail de jeux de cartes assez impressionnant, et des livres sur tous les domaines. Quel que soit le type d'article qui vous intéresse, les prix sont raisonnables et parfois moins élevés qu'ailleurs. Accueil agréable. Pas forcément débordant d'enthousiasme, mais correct, pro, et les vendeurs sont toujours prêts à vous aider et à vous conseiller. Une très bonne référence !

Les Cent Ciels, 196 boulevard de Charonne, 75020 (M°2, Philippe Auguste).
Une boutique que j’aime beaucoup : l’atmosphère y est apaisante et lumineuse. La dame est charmante et toujours à votre disposition pour une aide, un conseil, un renseignement. Belles vitrines de cartes et accessoires, livres sur tous les sujets. On y trouve pas mal d'articles vus nulle part ailleurs. Prix très raisonnables (et un chat adorable). À recommander !

La Librairie du Bonheur, 8 rue Bréa (M°4, Vavin).
Pas plus grande qu'un mouchoir de poche, ce pourrait bien être la boutique de Mary Poppins (un peu comme le sac sans fond que beaucoup aimeraient avoir !) : malgré sa superficie qui dépasse à peine celle d'un bureau (ou d'un placard, c'est comme on veut !), on trouve néanmoins beaucoup de choses. Pendules, runes, cartes, livres, pierres, etc., à des prix défiant parfois toute concurrence (c'est là-bas que j'ai trouvé les oracles Belline les moins chers !). Ambiance boutique de quartier : les deux vendeurs sont fort sympathiques et s'intéressent à leurs clients, n'hésitant pas à engager la conversation. Rien de malsain à cela, pas de curiosité mal placée, mais au contraire, de l'échange sur des méthodes de pratique, du partage d'expérience, d'opinion, de ressenti par rapport à tel ou tel article. Intéressant et très agréable ! 

La Flamme Divine, 99 bis rue de l'Ouest (M°13, Pernety).
Là aussi, ambiance « boutique de quartier » : on y vient avec sa petite liste de fournitures ou pour y promener un œil curieux. Grand choix de bougies de très bonne qualité à prix tout doux ! On y trouve aussi bougeoirs, encens, livres, quelques jeux de cartes, mais surtout des pierres. Celles-ci sont de très bonne qualité et choisies par les propriétaires afin de proposer au client ce qu'il y a de mieux. Accueil discret et sympathique : les propriétaires, s'ils sont attentifs et prêts à répondre à toutes vos questions, ne vous harcèleront pas avec des questions indiscrètes du style « c'est pour faire quoi ??? »

 

Autres boutiques remarquables
Librairie Bussière, 34 rue Saint-Jacques (RER B, Saint-Michel ou Luxembourg).
Accueil sobre mais aimable. Grand choix de cartes et de livres à prix raisonnables. Il ne faut pas hésiter à farfouiller pour trouver une perle !

La Librairie du Graal, 15 rue J.J. Rousseau (M°/RER Châtelet-Les Halles, M°1 Louvre).
Voilà une boutique « à l’ancienne ». Si vous cherchez des livres et revues anciens, c’est l’idéal. Ce n'est pas forcément donné (ancienneté et rareté des volumes obligent !), mais on y trouve toujours quelque chose d'intéressant. On y vend principalement des livres, mais on y trouve aussi des cartes et des pendules, même si l'on sent que c'est plus « pour la forme » qu'autre chose. Le propriétaire est plutôt gentil, prêt à renseigner, à conseiller et à discuter. Il sait ce qu'il a en rayon et a lu ce qu'il vend. Il n'est pas seulement « vendeur », il est passionné.

Librairie Espace Crystal, 77 rue Emile Zola (M°10, Zola ou Charles-Michels).
Un choix varié de livres, cartes, pierres, bougies, le tout à prix correct. Le propriétaire de la boutique connaît bien son domaine et prend le temps d'aiguiller les clients efficacement sans forcément leur proposer ce qu'il y a de plus cher.

 

Cette liste ne donne pas toutes les boutiques ésotériques de Paris, mais seulement celles que j’apprécie particulièrement, tant pour les prix pratiqués que pour le choix proposé. Et bien souvent, l’accueil y est agréable, alors bonnes visites !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 09 mai 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Fabriquer ses runes soi-même

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cette année, Mabon tombe en même temps que la pleine lune : comme la nature est bien faite ! Joyeux Mabon à tous et toutes ! Puisse la dernière fête de l’année sorcière vous apporter quiétude et réaliser vos souhaits !

L’article de ce soir n’est pas consacré au sabbat, mais les quelques astuces que voici raviront je l’espère ceux et celles qui se demandent comment fabriquer facilement ses propres runes. Au passage, des runes peuvent faire un joli cadeau de Mabon pour une personne envers qui l’on est reconnaissant…

La méthode qui suit a été testée (et approuvée) par mes soins, et les premiers jeux ont été terminés à temps pour Mabon. Je ne transcris que la procédure « technique » de fabrication, car pour l’aspect rituel qui l’accompagne, chacun(e) fait en son âme et conscience. Cependant, il est vivement conseillé d’entreprendre ce travail en phase de lune croissante afin de terminer aux alentours de la pleine lune. Bien qu’il existe plusieurs supports possibles tels que le bois, la pierre (semi-précieuses, galets), les coquillages, etc., j’ai choisi l’argile auto-durcissante, car celle-ci ne nécessite aucune cuisson et est facile à manipuler.

 

Matériel
- argile auto-durcissante (pas chère, on en trouve dans n’importe quel magasin spécialisé dans les loisirs créatifs) ;

- peinture acrylique (se trouve aussi dans les magasins pour loisirs créatifs ; sert à peindre les motifs) + pinceau pour peinture acrylique (le choisir fin !) ;

- vernis acrylique transparent (se trouve là encore dans les magasins pour loisirs créatifs) + pinceau pour vernis acrylique) ;

- papier sulfurisé + plaque à pâtisserie (ou planche) ;

- bâtonnet en bois pour dessiner les motifs sur l’argile (on en trouve dans les rayons manucure) ;

- lime à ongles en carton (pour polir les runes en douceur une fois l’argile sèche) + un petit pinceau type blush pour enlever les poussières.

 

Procédure
Une fois tous ces éléments réunis, il faut s’armer de patience et être prêt à y travailler plusieurs soirs de suite.

ÉTAPE 1 : façonner les runes et les dessiner
Prendre un peu d’argile dans la main et façonner chaque rune avec les doigts. Il est recommandé de leur donner une forme ovale ou rectangulaire afin de faciliter la lecture du sens (droit ou renversé) dans les tirages (ce que des runes carrées ou rondes rendent impossible). Par ailleurs, veillez également à les faire plutôt petites et assez épaisses, sans quoi elles risquent d’être très fragiles !

Poser chaque rune sur la plaque couverte de papier sulfurisé. Une fois les 25 formes prêtes, se munir d’un bâtonnet en bois type manucure et dessiner chaque lettre sur les morceaux d’argile.

Laisser reposer 24 heures (ou plus, en fonction de l’épaisseur) pour que les runes sèchent. Il est important qu’elles soient bien sèches pour l’étape suivante, car l’argile auto-durcissante est poreuse et doit être protégée de l’humidité. En cas de doute, laisser reposer plus longtemps.

ÉTAPE 2 : polir et peindre les lettres
Le jour (ou le soir) suivant, polir doucement les contours des runes à la lime à ongles pour arrondir les bords. Cela les rendra moins cassants et permettra de leur donner une forme plus régulière. De cette manière, gommer les aspérités, puis épousseter avec le pinceau à blush pour éviter que la poussière ne se mêle à la peinture et complique la tâche suivante.

Ensuite, peindre les symboles en remplissant les sillons creusés la veille. Attention, la patience est de mise, car la peinture acrylique est épaisse et les bavures sont vite arrivées !

Une fois toutes les lettres peintes, bien laisser sécher.

ÉTAPE 3 : vernir les runes
Une fois la peinture sèche (le soir d’après, par exemple), vernir les runes sur la première face. Là encore, bien laisser sécher, puis (le soir suivant, pas sécurité) vernir le dos. Si nécessaire, renouveler cette étape et passer une deuxième couche de vernis.

 

Et voilà, une fois les runes sèches, elles sont prêtes et il n’y a plus qu’à les mettre dans un petit sac ! Bien sûr, le résultat ne sera peut-être pas parfait dès le premier essai, mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron ! Quoi qu’il en soit, un jeu que l’on fabrique soi-même aura une valeur particulière, que ce soit sur le plan divinatoire ou méditatif : le fait de l’avoir façonné crée un lien particulier entre l’artisan et les runes, car celui-ci a eu le temps de faire connaissance avec chacune d’elles durant les différentes étapes de fabrication.

 

Précisions
L’utilisation des runes n’étant pas très répandue, ces outils sont assez méconnus. Par conséquent, on lit souvent d’énormes âneries à leur sujet, que ce soit sur Internet ou dans les livres.

L’une des plus grosses erreurs concerne leur origine : NON, il n’existe rien de tel que des « runes celtiques » ! Les runes sont d’origine nordique, qu’on se le dise ! Je ne vais pas retracer ici toute leur histoire, mais il faut savoir que c’est Odin qui acquit ces lettres sacrées en se sacrifiant : pendu par le pied à l’arbre axe du Monde Yggdrasill durant neuf nuits, il endura maintes souffrances avant que ne lui soit révélé cet alphabet et qu’il puisse le graver. Cet épisode est relaté dans le poème appelé le Rúnatal (ou « Dénombrement des Runes) qui constitue le chant V des Hávamál (« Les Dits du Très-Haut ») dans les Eddas : 

Je sais que je pendis
À l’arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d’une lance
Et donné à Ódinn,
Moi-même à moi-même donné,
- À cet arbre
Dont nul ne sait
D’où proviennent les racines. 

Point de pain ne me remirent
Ni de corne ;
Je scrutais en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, retombai. 

Neuf chants suprêmes
J’appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Ódrerir. 

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
À croire et à prospérer,
- De parole à parole
La parole me menait
D’acte en acte
L’acte me menait. 

Tu découvriras les runes
Et les tables interprétées,
Très importantes tables,
Très puissantes tables
Que colora le sage suprême
Et que firent les puissances
Et que grava le Crieur des Dieux. 

Ódinn parmi les Ases les grava,
Pour les Alfes, ce fut Dáinn,
Dvalinn, pour les nains,
Ásvidr pour les géants,
J’en gravai moi-même quelques-unes. 
 
Sais-tu comment il faut tailler ?
Sait-tu comment il faut interpréter ?
Sais-tu comment il faut teindre ?
Sais-tu comment il faut éprouver ?
Sais-tu comment il faut demander ?
Sais-tu comment il faut sacrifier ?
Sais-tu comment il faut offrir ?
Sais-tu comment il faut immoler ? 

Mieux vaut ne pas demander
Que trop sacrifier.
Qu’il y ait toujours récompense pour don.
Mieux vaut ne pas offrir
Que trop immoler.
Voilà ce que Thundr grava
Avant les origines de l’humanité ;
Là, il ressuscita
Quand il revint.

 

[Voir Régis Boyer (comm. & trad.), L’Edda Poétique, Paris : Fayard, 1992]

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 septembre 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Films de saison

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Un certain nombre de films reprend des thèmes chers à la fête d'Halloween/Samhain. En voici quelques-uns, dans des genres différents, pour s'émerveiller, rire, et frissonner.

The Nightmare Before ChristmasLe premier et sans doute le plus évident lorsqu'on parle d'Halloween est sans hésitation « The Nightmare Before Christmas » de Tim Burton. On va finir par le savoir, celui-ci est bien placé dans ma liste de films préférés. Au pays des fêtes, Jack Skellington, le « Roi Citrouille » de la Ville d'Halloween, est quelque peu las des festivités d'Halloween. Un jour, il découvre la Ville de Noël et, exalté par ce qu'il voit, il décide que cette année, il s'occupera de la fête de Noël. Il ramène à Halloween Town ce qu'il croit avoir compris de Noël et tente d'expliquer la tradition à la population locale. Trois garnements kidnappent le Père Noël (dont Jack écorche joyeusement le nom : de « Santa Claus », il devient « Sandy Claws »), et tous les habitants s'affairent à préparer les cadeaux de Noël... sans bien avoir saisi le sens de la fête. Et Noël version Halloween, c'est quelque chose ! Ce film est l'un des plus touchants de Tim Burton, et montre entre autres, tantôt avec humour, une grande empathie pour le personnage principal, qui fait de son mieux pour comprendre et s'approprier une fête qu'il ne comprend pas mais aimerait bien partager. Je ne vous cacherai pas non plus que la jolie histoire d'amour entre Jack et Sally tient en haleine tout du long, même si l'on sait pertinemment comment elle va se terminer. La pureté des sentiments que Sally nourrit pour Jack le sauvera à bien des égards.

À noter : la voix chantée de Jack est interprétée par Danny Elfman, le compositeur des musiques !

Autre chose intéressante : le film est né à partir d'un poème écrit par Tim Burton dont il développe les étapes.

Émerveillement garanti !

Sleepy Hollow, Christopher LeeOn a déjà parlé de « Sleepy Hollow » un peu plus tôt dans la semaine, en montrant de quelle façon la nouvelle d'Irvin et le film qu'a fait Burton (eh oui, encore lui !) étaient liés à la fête qui nous préoccupe. Il semble donc logique de faire figurer ce chef-d'œuvre comico-sanguinolant dans la liste des films à voir en cette période. En plus d'un Johnny Depp attendrissant à souhait, on retrouve Christopher Lee dans un petit rôle certes, mais fort bien choisi pour lui : celui du juge qui envoie Ichabod Crane (Johnny Depp) enquêter sur les meurtres de Sleepy Hollow. Joli hommage de la part de Burton à la carrière passée de l'immense acteur (au sens propre comme figuré) dans la peau d'un célèbre vampire. Sa position par rapport au décor semble lui donner des ailes, comme pour rappeler la chauve-souris, et son air inquiétant confirme la ressemblance. Un film parfait en cette période, tant l'ambiance à la fois sombre et comique sied au sujet !

The Curse of the Were-RabbitOn peut croiser des loups garous le soir d'Halloween, certes, mais saviez-vous que l'on peut aussi rencontrer des lapins garous ? Si si, c'est possible ! D'ailleurs, Wallace et Gromit en font l'expérience dans l'unique long-métrage qui leur est consacré : « La malédiction du lapin-garou ». L'histoire est simple : le concours du plus beau légume a lieu dans le village, et chacun prépare son petit bijou, soucieux de le protéger des nuisibles. Wallace et Gromit ont une toute petite entreprise de « nettoyage » et installent des alarmes dans les jardins de leurs concitoyens, en particulier autour des légumes de concours. Entre le régime de Wallace, toujours amateur de fromage, et leur travail de surveillance, par le temps de s'ennuyer pour les deux compères. Les choses se gâtent le jour où l'on déclare avoir vu un immense lapin s'en prendre aux biens les plus chers des habitants. La traque commence. Je n'en dévoilerai pas plus sous peine de gâcher le plaisir, mais je puis dire sans risquer de donner trop d'indices que le résultat est époustouflant. On rit vraiment beaucoup tout au long du film, autant grâce aux deux héros qu'à travers les innombrables clin d'œil à des œuvres cinématographiques bien connues (que je vous laisse le soin d'identifier !). Un excellent moment à savourer, seul ou en famille !

Le saviez-vous ? Le sens du nom loup-garou est plus clair en anglais, où il se dit werewolf. On reconnaît un nom composé, avec d'un côté wolf (« loup »), et de l'autre were, qui semble énigmatique. Pour en trouver le sens, il faut remonter quelques siècles en arrière. En vieil-anglais, were signifie man (« homme »), et le werewolf est donc un homme-loup. Dans les aventures de Wallace et Gromit, on a à faire à un « lapin-garou », soit un were-rabbit en anglais. Le mythe du loup-garou y a été détourné et parodié avec beaucoup de justesse, ce qui contribue en grande partie à le rendre désopilant. Tout y passe, de la musique aux conditions climatiques, en passant par les conventions déjà établies dans les films de loups garous classiques.

Ceux qui veulent absolument se faire peur (quoi de plus naturel en cette période ?) peuvent se tourner vers le grand classique « Halloween », dans lequel la jeune et charmante Jamie Lee Curtis découvre qu'elle a un frère... et quel frère ! Mike Myers, ni plus ni moins ! Sauf que celui-ci est complètement imprévisible, tue à tout-va, porte un masque et ne prononce pas un mot ! Charmant, non ? Étant amatrice de film d'horreur et ayant de l'entraînement face à ce genre, celui-ci reste pourtant l'un de ceux qui m'ont le plus impressionnée. Ce doit être dû au fait que Mike ne parle pas et que l'on ne voit pas son visage... Le titre l'indique, le tout se passe pendant la fête d'Halloween... Inutile de préciser que je fais référence au premier de la série, de John Carpenter, dans les années 1970. Les autres sont décevants, même si le remake récent de Rob Zombie possède ses propres qualités. C'est pour moi une question d'ambiance, car un film m'impressionne autant par ce qu'il montre que par ce qu'il cache.  Et pour cela, « Halloween » est rudement efficace ! Le plus angoissant est de savoir que Mike Myers va frapper sans être capable de dire exactement quand ou comment.

Amusez-vous bien !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Halloween divination candle

Divination et traditions magiques de saison

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Halloween divination candleCette période de l'année est celle qui se prête le mieux à la divination, en raison de l'ouverture de la Porte (ou l'affinement du Voile) entre les mondes. Traditionnellement, on cherche à contacter les morts afin qu'ils nous apportent des messages, et afin d'honorer nos défunts.

L'une des traditions de la saison consiste à allumer des lanternes creusées dans des citrouilles et autres navets derrière les fenêtres afin d'éloigner les mauvais esprits qui errent dehors dans l'obscurité et pourraient être tentés d'entrer dans les maisons pour jouer de vilains tours aux mortels. C'est pourquoi on a conservé la tradition de graver des cucurbitacées en leur donnant des visages effrayants. Ils sont censés protéger les habitations et leurs occupants. D'ailleurs, on dit que durant la nuit d'Halloween/Samhain, il vaut mieux éviter de regarder par la fenêtre, de peur de voir des processions d'esprits et autres créatures de la nuit. En revanche, laisser une bougie seule allumée derrière une fenêtre est un signe pour les défunts que l'on attend leur visite et que l'on est prêt à les accueillir. La lumière agit pour eux comme une sorte de phare qui les guide.

Halloween sleepAinsi, si on leur dit qu'ils sont les bienvenus et qu'on leur adresse quelques mots avant d'aller dormir en les autorisant à nous faire signe, il est possible qu'ils se servent de nos rêves pour nous rendre visite cette nuit-là. À moins que les messages ne viennent d'autres esprits, fées, gobelins ou autres créatures qui se pencheront sur nous durant notre sommeil. Ceci peut résulter en rêves prophétiques ou prémonitoires, où l'on peut voir nos défunts venir vers nous, nous parler, nous emmener quelque part. À moins que ce ne soient des révélations sur des aspects de notre vie, qu'ils appartiennent au futur ou au passé (ils donnent dans ce dernier cas des éclaircissements sur des situations embrouillées).

Halloween mirrorMis à part les cartes et les runes, qui sont très utiles en cette période, il existe une multitude de rituels de divination dont on peut se servir. L'un d'eux consiste à prendre un miroir et une bougie. On s'installe dans une pièce om l'on allume la bougie et éteint la lumière, puis on regarde dans le miroir, en lui demandant de nous montrer le visage de celui que l'on aimera.

La saison de Samhain/Halloween est par excellence celle qui révèle les choses cachées et qui peut donner connaissance de choses habituellement inaccessibles, grâce à la rencontre entre les mondes. Par conséquent, les activités divinatoires sont privilégiées le temps de l'ouverture de la Porte (/de l'affinement du Voile).

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)