Vie Sorcière

Mabon 2016: sous le signe de la corne d'abondance

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

L'équinoxe d'automne est toujours un moment très spécial pour moi. En franchissant ce seuil, on entre dans la période de l'année que je préfère, celle qui mène vers la saison sombre et vers l'hiver. La nature change pour se parer de ses plus beaux atours, le temps est aux moments confidentiels passés autour d'une boisson chaude et de gourmandises. Au lieu de réchauffer le ciel, le soleil qui se repose passe le relai à la chaleur humaine qui habite les cœurs, donnant ainsi lieu à de beaux moments de partage entre amis ou en famille.

À n'en pas douter, Mabon est sans doute mon sabbat préféré avec Samhain. Bilans, introspection, Thanksgiving des sorcières, mise en avant des richesses qu'offre la nature, tous les éléments sont réunis pour faire de cette période l'une des plus belles à mes yeux. Chaque année à l'équinoxe d'automne, je regarde ce qui a été accompli et ce qui m'a été apporté depuis Mabon dernier et le moins que l'on puisse dire, c'est que lorsque je me retourne pour prendre la mesure de l'année passée, je me rends compte que d'importantes évolutions se sont mises en place et que le chemin parcouru est plutôt conséquent.

C'est pourquoi en ce qui me concerne, ce Mabon est placé sous le signe de la corne d'abondance. Voilà qui d'une certaine façon est amusant, car ce symbole s'est imposé à moi comme une évidence pour le dernier tirage spécial que j'ai mis au point ! Lorsque j'ai effectué ce tirage pour moi afin le tester avant d'aller au bout de sa conception et de le mettre en ligne, ce qu'il a mis en évidence s'est révélé d'une impressionnante pertinence. Il m'a aidée à dresser le bilan de la période qui s'achève et à envisager ce vers quoi je me dirige avec sérénité et confiance.

 

L'année passée a été très riche, que ce soit en émotions, en belles rencontres et expériences humaines, ou en termes d'évolution pour mes activités professionnelles. Sur ce dernier plan, le blog et le site ont connu d'importants changements. Courant mars-avril, le déménagement du blog fut au centre de mon attention, et si ce travail fut fastidieux, il était pourtant nécessaire de s'y atteler pour la continuité du bon fonctionnement de cet espace et vous permettre une expérience de navigation améliorée... et toujours dénuée de publicité ! Aujourd'hui, je suis très heureuse du résultat et me réjouis de vous trouver de plus en plus nombreux à visiter ces pages. Je vous remercie pour votre fidélité, car elle m'encourage encore et toujours à continuer cette aventure commencée il y a plus de dix ans !

Côté site, l'année a été consacrée à la mise en place progressive depuis Samhain dernier des Consultations des Sabbats, qui vous permettent de bénéficier d'explorations personnalisées qui exploitent les dynamiques et les thèmes véhiculés par les huit fêtes de la Roue de l'Année. Afin de rendre ce service fonctionnel et complet, je me suis penchée de manière plus approfondie sur chaque sabbat, ce qui a été un enrichissement incroyable : bien que je connaissais déjà ces fêtes qui sont intégrées à mes pratiques depuis de nombreuses années, j'ai eu l'immense plaisir de développer encore plus ces connaissances en allant plus loin dans mes recherches et en multipliant les sources mythologiques, folkloriques, littéraires, historiques et académiques. J'aime apprendre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai été servie ! Ces recherches et ce travail de longue haleine m'ont permis de mettre au point un certain nombre de tirages spéciaux qui vous sont désormais proposés dans ce type de consultations. Je suis très heureuse de cette avancée dans le développement de mon entreprise car cela représente pour moi une étape importante dans la construction de son identité et dans l'harmonisation de mes pratiques personnelle et professionnelle. Avec la mise en ligne des consultations de Mabon il y a deux semaines jour pour jour, le cycle est désormais complet. Bien sûr, cela ne m'empêchera pas de continuer à concevoir ce type de tirages car je sais que vous les appréciez, et ceux à venir figureront eux aussi parmi ceux proposés dans le cadre des différentes consultations des sabbats !

Sur le plan humain, là encore, l'année fut riche en expériences, que mon tirage a là aussi su mettre en relief. J'ai fait de très belles rencontres grâce à des consultants et des élèves dont l'ouverture d'esprit m'a souvent impressionnée, tandis que les liens qui existaient déjà avec d'autres se sont consolidés, révélant des affinités parfois surprenantes. Mes amis ont également joué un rôle important en m'apportant leur soutien en toutes circonstances, en particulier dans les moments de doute. J'ai la chance d'avoir auprès de moi de véritables amis, qui sont là non pas uniquement lorsque tout va bien, mais aussi – et surtout – lorsque le moral n'est pas au plus haut et lors des périodes difficiles, et je m'en réjouis. Je les remercie du fond du cœur pour leur présence qui compte bien plus qu'ils ne l'imaginent !

D'un côté de belles rencontres, des liens qui se nouent ou que l'on entretient, de l'autre des liens qui se défont et des chemins qui se séparent. Le principe des vases communicants s'applique également dans le domaine des relations humaines et si certains liens deviennent de plus en plus forts avec le temps, d'autres se dénouent, parfois peu à peu, parfois soudainement. Ainsi, il arrive que l'on prenne des directions différentes et que les chemins s'écartent pour finalement se séparer totalement. S'il est toujours triste de voir des amis partir vers d'autres horizons et sortir peu à peu de notre vie, il est toutefois important d'accepter ce qui est tantôt une affaire de choix, tantôt une simple évolution dans une vie. Certains chemins se séparent d'eux-mêmes, simplement parce que le moment est venu. À ceux et celles qui ont pris des voies différentes : je vous souhaite bonne route, beaucoup de succès dans vos entreprises futures et de bonheur en général. Quant à moi, je garde les moments que nous avons partagés comme des souvenirs précieux qui me réchaufferont doucement le cœur lorsque je penserai à vous.

 

À travers tout ce qu'il m'apporte, cet équinoxe d'automne me permet de me réjouir de l'année écoulée depuis Mabon dernier et d'aborder la suite avec curiosité et enthousiasme. J'ai déjà hâte de construire les mois à venir, de mettre au point de belles nouveautés – déjà en préparation ! – et de faire encore de belles rencontres. En attendant de vous retrouver au prochain équinoxe d'automne pour dresser le bilan de ce qui aura été accompli, je vous souhaite un magnifique Mabon !

Et vous ? Que vous apporte cet équinoxe d'automne ? Que trouvez-vous dans la corne d'abondance ?

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 septembre 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Mabon: l'heure des bilans!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Mabon est la fête de la Deuxième Récolte. On l'appelle aussi le « Thanksgiving des Sorcières », car c'est le moment propice aux bilans, à l'introspection et à la gratitude envers ce que la vie nous a apporté. On prend un moment pour regarder l'année qui vient de s'écouler et visualiser ses accomplissements, sans oublier de se montrer reconnaissant envers ce qui nous arrive, car toute expérience constitue une expérience enrichissante. C'est également le moment des remerciements destinés aux personnes qui ont rendu cette évolution possible.

Le moins que je puisse dire, c'est que cette année fut très enrichissante et a vu d'importants changements se mettre en place. Non seulement j'ai la chance d'être entourée de personnes formidables au quotidien, sur qui je peux compter et qui m'apportent leur soutien indéfectible, mais j'ai aussi la chance de compter parmi mes amis des personnes avec lesquelles des liens se sont tissés au fil du temps, malgré la distance et parfois les océans qui nous séparent. Je suis heureuse de pouvoir compter parmi celles-ci des personnes qui m'ont apporté une aide considérable en contribuant, à travers une passion commune et leur grand talent artistique, au développement de certains aspects de mon entreprise. Je les remercie de faire partie de cette magnifique aventure qui a encore de belles années devant elle.

Sur le plan professionnel, je me réjouis de voir que l'entreprise que j'ai créée il y a maintenant plus de trois ans se consolide d'année en année, devenant ainsi mon activité principale (et unique !). Bien sûr, cela ne s'est pas fait tout seul, en un claquement de doigts, mais toute l'implication engagée dans cette structure porte ses fruits et me montre qu'à force de régularité, de constance dans les efforts, de passion et de travail consciencieux, il est possible de réaliser de belles choses. Je suis heureuse de pouvoir pratiquer ma passion au niveau professionnel et de pouvoir la partager avec d'autres passionnés, que ce soit en consultation, en cours, lors des thés découverte ou à travers ce blog et les articles que j'y publie. Voilà qui me permet de faire de très belles rencontres, et ce fut encore le cas cette année ! Je remercie sincèrement tous ceux et celles qui m'accordent leur confiance quotidiennement, me confient des morceaux de leur vie ou sollicitent mes compétences pour apprendre à pratiquer la cartomancie de façon saine, encadrée par des connaissances solides et une éthique à laquelle ils/elles peuvent se fier en toute circonstance. Les expériences humaines sont très importantes dans mon métier, et celles que je vis jour après jour me confortent dans la sensation d'avoir trouvé ma voie et d'exercer l'activité qui me convient.

Même si, malgré la légende, être son propre patron ne signifie pas « faire ce que l'on veut quand on en a envie », même s'il est indispensable de s'imposer chaque jour une grande rigueur pour réussir à rendre son activité viable, j'apprécie énormément ce que je fais. Non seulement parce que la cartomancie est l'une de mes passions, mais aussi parce que l'aspect créatif que revêt la gestion et le développement d'une entreprise m'intéresse et me stimule. Je suis donc heureuse aujourd'hui d'avoir ma propre structure, indépendante, que je gère moi-même de A à Z. Bien, sûr, cela ne convient pas à tout le monde (loin de là !), mais j'y trouve tout ce que je pouvais espérer de mieux au niveau professionnel, sans oublier mon épanouissement personnel.

Comme je me réjouis d'avoir rempli ce fameux dossier et de l'avoir envoyé ce 1er avril 2012 ! Grâce à ce clic, ma vie a changé et je me sens à ma place. Je suis consciente d'avoir beaucoup de chance de vivre de ma passion, de passer au pied de la belle Notre Dame plusieurs fois par semaine, de retrouver mes consultants et élèves dans l'un des plus beaux quartiers de la capitale, accueillie par la très sympathique équipe de « La Fourmi Ailée », et je vais tout faire pour que toutes ces belles choses continuent encore longtemps !

 

Je vous souhaite à tous un bel équinoxe d'automne et un joyeux Mabon, en espérant que l'année qui s'est écoulée depuis Mabon dernier vous ait apporté autant de belles choses qu'à moi !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 septembre 2015. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

"Freya's Cauldron": une superbe boutique à découvrir!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Début mai, j'ai découvert par hasard la boutique en ligne Freya's Cauldron. J'ai tout de suite été attirée par l'atmosphère sorcière qui se dégage du magnifique décor qui donne au site son identité visuelle (la bannière a été élaborée par Lisa Parker elle-même, s'il vous plaît !), mais aussi par les produits originaux que l'on y trouve. En effet, « Freya's Cauldron » propose à la vente un certain nombre d'exclusivités, ce qui n'est pas pour déplaire à bon nombre d'amateurs d'objets sorciers d'une part et de l'art de Lisa Parker d'autre part.

L'identité wiccane de la boutique est affichée dès le slogan (« The Wiccan supply store ») et réaffirmée sur la page d'accueil avec un « Merry Meet » qui souhaite la bienvenue au visiteur et qui ne peut que contribuer à créer un environnement amical et agréable pour quiconque s'y aventurera. La visite du site est un moment magique où l'on clique de merveille en merveille, découvrant des objets d'une grande qualité, sélectionnés et préparés avec soin par Sherrilyn (aidée par la féline Freya !). Que ce soient des objets rituels, des bijoux ou des décorations, tout y est ! Impossible, par exemple, de passer à côté des pendentifs et des montres (sautoirs) de Lisa Parker, dont certains modèles ne se trouvent nulle part ailleurs ! Que dire également des pendules montés en pendentifs si ce n'est qu'ils sont magnifiques ?

Le moins que l'on puisse dire est que cette boutique est tenue par une passionnée... et cela se ressent dès que l'on arrive sur le site ! Sherrilyn a à cœur de tout faire pour prendre soin de ses clients, et c'est fort appréciable ! C'est ainsi qu'elle a fait tout ce qu'elle a pu pour rendre possible ma commande, car les transactions entre l'Angleterre et la France obéissent parfois à des règles particulières. Elle y a passé du temps et nous avons échangé un nombre non négligeable de courriels fort sympathiques, qui ont contribué à trouver une solution au problème. Désormais, il est possible de commander sans aucun souci à partir de la France (et d'autres pays européens), et ce même sans détenir un compte PayPal.

Ma commande est arrivée ce lundi sans aucune anicroche. Non seulement la livraison a été très rapide, mais les objets sont tous arrivés intacts grâce à la qualité de l'emballage. Après les avoir contemplés en photo sur le site, je peux désormais les apprécier « en vrai ». Est-il besoin de préciser qu'ils sont encore plus beaux entre mes mains que sur l'écran ?

C'est donc avec un immense plaisir que je rédige cet article car il m'est important de faire découvrir des personnes passionnées telles que Sherrilyn, qui ont à cœur de proposer un service irréprochable. Si vous ne connaissez pas encore cette superbe boutique, n'attendez plus : ce que vous cherchez s'y trouve certainement !

Thanks a lot, Sherrilyn, for running this shop the way you do, and for your patience and devotion to get things done in the best conditions. I am very happy with my experience with "Freya's Cauldron" and will definitely order again! I also know a lot of people around here who will be delighted to know about this beautiful shop you have! Blessed be )O(

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 mai 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Sortir du placard à balai et faire face au regard des autres

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Parmi les questions que l'on me pose le plus souvent lors des consultations, des cours ou des rencontres, la plus fréquente est très certainement celle de savoir comment mon entourage et les personnes que je rencontre réagissent au fait que j'exerce la cartomancie. Ces interrogations sont souvent motivées par le fait que je sois à l'aise dans mon activité et que je ne cherche pas à éviter les questions si l'on m'en pose. Au contraire, j'y réponds avec plaisir car je sais combien il peut s'avérer difficile de faire accepter comme « normale » des pratiques que beaucoup regardent de travers ! Car malheureusement, nombreux sont les cartomanciens, amateurs comme professionnels, qui se trouvent désarmés lorsqu'ils sont confrontés à ce genre de réactions.

S'il est juste – car prudent – d'appliquer le principe du « pour vivre heureux, vivons cachés », il faut bien avouer que dans la pratique, cet adage trouve rapidement ses limites et que, dans bien des cas, ce qui était au départ un sage conseil finit par se retourner contre celui qui l'adopte. En effet, toute chose dissimulée est considérée comme suspecte car en règle générale, ce que l'on ne dit pas est inavouable et tient du secret honteux, cachant forcément des pratiques douteuses, voire répréhensibles. Or, est-ce le cas en cartomancie ? Non, puisque depuis une vingtaine d'années, elle est reconnue légalement comme une activité autorisée. Alors pourquoi se cacher ? Pourquoi se sentir coupable de pratiquer cette passion ? La réponse tient malheureusement en quelques mots : pour éviter d'essuyer les railleries de personnes qui aimeraient bien ridiculiser le passionné à grands coups de « ah bon, tu crois à ces âneries ? » (pour rester polie !) et autres réflexions tout aussi sagaces et pertinentes. Cette attitude cache en réalité non une hostilité catégorique, mais bel et bien la peur qu'éprouve l'interlocuteur face à des pratiques qu'il ne comprend pas. En effet, l'ignorance et la peur mènent au mépris et à la méchanceté, car il est beaucoup plus facile d'être dans le rejet plutôt que dans la curiosité et la remise en question. L'être humain est ainsi fait que peu avoueront qu'ils n'y connaissent rien mais souhaiteraient que l'on éclaire leur lanterne !

Faut-il pour autant se résigner et se dire que l'on n'a d'autre choix que d'accepter les remarques désobligeantes sans rien dire ? Pas du tout ! Toutes les personnes qui pratiquent les arts divinatoires ont, à un moment de leur vie, eu affaire à des gens qui les ont rabaissés, n'hésitant pas à essayer de les faire passer pour des erreurs de la Nature ou pour de risibles bêtes de foire. Ceux qui se voient ainsi désignés sous le doux sobriquet de « monstres », profondément peinés, ne savent généralement pas réagir tant la peine est grande.

C'est ce genre d'attitude qui tend à nous faire accepter cette condition comme étant « anormale ». Pourtant, il n'y a rien d'anormal ni d'extraordinaire à pratiquer ce genre d'activité ! Or, tant que l'on ne réussit pas à s'en convaincre soi-même et à regarder cette passion comme « légitime », comment les autres pourraient-ils les considérer comme telles ? C'est là qu'intervient toute la difficulté de faire preuve de confiance en soi et d'assurance.

 

J'ai commencé à lire les cartes vers l'âge de 12 ans et j'ai eu la chance inouïe que mes parents n'y voient rien de « diabolique ». Ce qui a démarré comme un jeu – je voulais savoir comment cela fonctionnait - s'est rapidement installé comme une passion qui ne me quitterait pas. En quelques années, je tirais même les cartes à mes camarades de lycées et à mes professeurs, médusés de voir leur vie étalée sous leurs yeux. À cette époque, je ne me suis jamais posé la question de savoir si ce que je faisais était « bien » ou « normal », et ce pour une raison très simple : je n'imaginais pas que cela puisse être « mal vu » tellement cette activité me semblait naturelle ! J'ai donc continué à développer mes connaissances et ai multiplié les supports, animée par une passion grandissante.

Ce n'est que bien plus tard, lorsque j'ai changé d'environnement dans le cadre de mes études universitaires, que les cercles de personnes que je côtoyais se sont élargis et que, alors que je m'attendais à trouver une certaine ouverture d'esprit auprès de gens (très) instruits, que mes points de repère ont été chamboulés : je me suis rendu compte pour la première fois que certains condamnaient ces pratiques et les rejetaient catégoriquement. Je n'ai pourtant jamais tenté de les imposer à qui que ce soit, mais certaines réactions frisaient la peur panique ! Voilà qui m'étonna grandement, parce qu'encore une fois, je ne voyais pas ce qu'il y avait de dangereux ou de condamnable là-dedans : cela faisait partie de moi et je ne faisais rien de mal puisque j'apportais par ce biais l'aide dont bien des personnes – y compris moi-même ! – avaient besoin. Ce type de réaction m'a montré que certaines personnes étaient fermées à ce genre de choses qu'elles refuseraient en bloc, quoi que l'on fasse. D'autres pouvaient s'y ouvrir malgré leur peur initiale, si tant est que les arguments adéquats étaient trouvés pour entamer la discussion. Il suffisait alors de commencer par essayer de comprendre d'où venait cette peur et de les rassurer en expliquant les choses de façon rationnelle afin qu'elles voient qu'il n'y avait rien de « magique » et encore moins de « divin » là-dedans ! Une fois la preuve apportée qu'il n'y a aucun « don » et que le « devin » n'est autre que quelqu'un qui a travaillé et acquis un savoir et des techniques, l'attitude de l'interlocuteur changeait et ce qui était d'abord de la peur se transformait en curiosité.

Les véritables comportements hostiles arrivèrent surtout de la part de personnes dont je ne m'attendais pas à ce type de bassesses. Les pires expériences sont liées à des gens qui se sont d'abord montrés curieux et fascinés lorsqu'ils ont su que je manipulais les cartes mais qui, dès qu'ils ont vu à quel point leurs secrets pouvaient potentiellement être percés à jour, ont pris peur et se sont mis à me traîner dans la boue, disant que je n'étais qu'un freak (une bête de foire, une aberration de la Nature), qu'un « monstre ». Il serait mensonger d'essayer de prétendre que ce genre de remarques et les regards emplis de mépris, de dédain et de dégoût qui les accompagnent ne blessent pas profondément, au risque d'anéantir une personne. Cela dit, les moments les plus difficiles sont souvent ceux où l'on est pris d'une sorte de fort instinct de survie et où l'on se raccroche à ce que l'on a de plus cher, à ce qui nous fait avancer. C'est ce qui s'est passé, et contrairement à ce à quoi ces personnes s'attendaient, leur attitude m'a, au final, confortée dans mes convictions... et dans mon identité ! C'est à ce moment-là que je me suis aperçue à quel point ces activités faisaient partie de moi, n'en déplaise aux mauvais esprits. Je crois d'ailleurs que c'est à partir de là que j'ai repris mes cartes pour de bon et que j'ai pratiqué plus régulièrement et de manière plus approfondie !

 

Aujourd'hui, lorsqu'on me demande comment j'arrive à « assumer » ce que je fais « aussi bien », je réponds qu'en réalité, il n'y a rien à « assumer » : on est ce que l'on est, et ceux et celles à qui cela déplaît n'ont qu'à tourner la tête et regarder de l'autre côté de la route. Bien sûr, les choses sont plus complexes que cela, mais la vie m'a appris que s'il était malheureusement parfois préférable de « rester caché » (on y revient !) pour des raisons de bon sens selon les circonstances, il était préjudiciable de se cacher à outrance et d'agir ainsi en éternel coupable.

Ainsi, lorsqu'on me pose des questions sur mes activités, j'y réponds du mieux que je le peux, toujours en rationnalisant, car cela permet d'évacuer certaines peurs et idées reçues chez mon interlocuteur. Lorsque je rencontre une personne qui s'étonne de mes activités, je m'étonne de son étonnement afin de lui montrer que si l'on ne croise pas de cartomancienne tous les jours, l'activité en elle-même n'en est pas pour autant si surprenante ou « décalée ». Ce n'est qu'une façon de montrer que j'ai intégré cette activité comme étant quelque chose de naturel, une partie intégrante de mon monde et de mon identité.

Bien sûr, il est hors de question d'imposer ma vision des choses ou mes activités à qui que ce soit, et je peux tout à fait comprendre que selon sa culture ou son éducation on puisse être totalement réfractaire à ce genre de choses, comme je le suis certainement moi-même à d'autres. Aussi, lorsque j'ai un doute sur la tolérance d'une personne par rapport à cela, je ne lui en parle pas, tout simplement... à moins qu'elle ne me pose la question ! C'est ainsi que certains de mes amis de longue date n'ont découvert mes activités que très récemment !

Ceci dit, on est souvent étonné du nombre de personnes qui est en réalité intéressé par le sujet sans oser le dire ! À ce titre, de nombreuses personnes, dans mon entourage ou non, m'ont beaucoup surprise lorsque j'ai découvert qu'elles s'y intéressaient ou qu'elles étaient curieuses d'en apprendre davantage sur le sujet ! De telles réactions se rencontrent à peu près n'importe où : autour de soi, dans un café lorsqu'on sort son jeu de cartes, dans un salon (sans pour autant que les gens soient venus spécifiquement pour cela !), en bibliothèque, etc. Elles mènent souvent à de fascinantes discussions !

 

Vous l'aurez compris, le but de ce témoignage n'est pas de donner des réponses toutes faites ni de dicter les réactions à avoir absolument face à l'hostilité que l'on peut rencontrer, mais plutôt de proposer des pistes de réflexion aux personnes qui en souffrent ou qui se trouvent désarmées face aux remarques. Le seul véritable conseil que je pourrais donner au lecteur serait sans doute celui-ci : ce n'est qu'en intégrant ce type de pratiques comme étant « normal » et « naturel » pour soi-même que l'on prend la confiance en soi et l'assurance nécessaires pour la présenter en tant que telle à autrui. Pour preuve, lorsqu'on me demande la nature de l'activité parallèle que je mentionne sur mon C.V., je réponds sans détour, ce qui a pour effet de crédibiliser l'activité en question. Mon interlocuteur ne remet jamais en question le sérieux ou la validité d'une activité qui lui est présentée sérieusement et avec assurance !

J'espère que cet article permettra à certains lecteurs de trouver les « stratégies » qui leur conviennent !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 17 novembre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

A Witch Like Me

"A Witch Like Me: the Spiritual Journeys of Today's Pagan Practitioners"

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cet ouvrage rassemble des textes compilés par Sirona Knight. Ces articles, écrits par des Sorcières* reconnues par l'ensemble des communautés néo-païennes, sont des témoignages relatant les expériences personnelles de chacun en tant que Wiccan. L'accent est mis sur l'aspect personnel et unique des récits ainsi que sur les parcours d'auteurs qui ont en commun d'être des précurseurs au sein de la Wicca, chacun à sa manière.

 

Les contributeurs
Le volume compte treize contributeurs auxquels s'ajoute Sirona Knight, l'instigatrice du projet. On retrouve donc :

- Dorothy Morrison (auteur, entre autres, de « The Whimsical Tarot », à découvrir prochainement ici !) ;
- Phyllis Curott (auteur de Witch Crafting et Book of Shadows) ;
- Raymond Buckland (est-il besoin de présenter ce pilier de la tradition ?) ;
- Gerina Dunwich (auteur de maints ouvrages, dont A Witch's Halloween, brièvement évoqué ici) ;
- Z. Budapest ;
- Marion Weinstein ;
- Patricia Telesco ;
- Raven Grimassi ;
- Lady Sabrina ;
- Skye Alexander ;
- A.J. Drew ;
- Silver Ravenwolf (auteur notamment de Halloween, brièvement évoqué ici) ;
- Timothy Roderick.

 

L'auteur
A Witch Like MeElle-même sorcière et auteur d'une dizaine de livres et de nombreux articles sur la Wicca, Sirona Knight est aujourd'hui l'une des figures marquantes de ce mouvement. La spiritualité qu'elle expose est bien sûr wiccane, et orientée vers les cultures celtiques et druidiques. À travers cet ouvrage, elle a souhaité réunir les témoignages de personnalités emblématiques qui ont, chacune à leur manière, contribué au développement – et à l'acceptation, même s'il reste encore du chemin à faire de ce côté-là ! – de cette religion.

 

La démarche
Cet ouvrage étant un recueil de témoignages relatant autant d'expériences dont la diversité met en évidence la richesse, il était a priori ardu d'établir une forme de fil conducteur pour uniformiser l'ensemble. Pourtant, celui-ci est bien présent puisque Sirona Knight a eu la bonne idée de soumettre à chaque auteur le même questionnaire, qui a donc servi de base pour la rédaction des articles. Les contributeurs ont pu s'en inspirer pour mettre en évidence ce qui leur semblait être les points clés de leurs parcours de sorcières.

À ce titre, il est intéressant de constater que certains événements, qu'ils soient ou non déclencheurs de la « vocation » sorcière de chacun, se retrouvent dans plusieurs témoignages avec des colorations et des points de vue différents. Voilà qui donne au lecteur la possibilité de comparer entre elles les expériences qu'il découvre, mais aussi de les comparer avec la sienne. Il est très fréquent qu'au cours de la lecture de cet ouvrage, un sourire s'échappe, accompagné d'une pensée pour un événement qui aurait été vécu par le lecteur !

 

Remarques
Cet ouvrage fournit un tour d'horizon éclectique de ce qu'est la Wicca. Il est donc idéal pour toute personne désireuse d'avoir un premier contact avec cette religion ou qui souhaiterait en approfondir sa connaissance à travers des expériences authentiques qu'elle pourra mettre en regard de la sienne.

La Wicca qui est présentée ici est donc très loin de la vision « lisse » que l'on trouve parfois dans d'autres ouvrages. L'un des principaux intérêts de celui-ci est de faire ressortir les différents points de vue théoriques, mais aussi la multitude de manières de vivre des expériences pourtant communes à chacun.

Par exemple, la « loi du triple retour » (tout ce que l'on fait nous revient au triple) est souvent au centre des débats, et ce volume ne déroge pas à la règle. Certains auteurs y croient et l'adoptent dans leurs pratiques, d'autres non... et les raisons des uns et des autres sont tout aussi valables puisqu'elles s'inscrivent dans les pratiques personnelles liées à une expérience personnelle et donc unique. Ainsi, certains expliquent que pour eux, la loi du triple retour est une conception valide car elle permet à la sorcière de cadrer ses pratiques et en quelque sorte de rester sur un « terrain sécurisé ». D'autres la considèrent comme invalide et caduque car ils n'y voient qu'une manière pour la sorcière d'échapper à une partie de ses responsabilités : agissant comme une épée de Damoclès, la loi du triple retour mêle le « destin » ou le divin aux activités de la sorcière en en faisant un juge des agissements de celle-ci. Lorsque ses actes sont peu louables, la sorcière subit alors les « foudres » liées à ce qu'elle a fait et se retrouve punie. Pour les personnes ne reconnaissant pas la loi du triple retour, ce principe est contraire à ce que prône la Wicca, à savoir que chacun est pleinement responsable de ses actes puisqu'il en décide en son âme et conscience. Par conséquent, c'est seule face à sa conscience que la sorcière doit agir et se comporter. En d'autres termes, elle doit s'assurer d'être en accord avec sa conscience en toute circonstance et assumer pleinement les conséquences (humaines et autres) de ses actes, et non attendre ou craindre quelconque punition (ou récompense) qui viendrait de l'extérieur. Ce type de conception appartient à d'autres conceptions du Monde que la vision wiccane.

 

Un autre point souvent mis en avant au sein des débats qui animent les discussions sorcières est de savoir si la pratique de la Wicca en solitaire est aussi valable que la pratique au sein d'un coven. Si la pratique en solitaire a été défendue comme acceptable dès les débuts de la Wicca par d'éminents auteurs tels que Doreen Valiente, elle est largement rejetée par d'autres, et ce encore aujourd'hui. Il est donc normal, dans un ouvrage comme celui-ci, de trouver des opinions diverses à ce sujet. Ici, chacun des contributeurs qui abordent cette question parfois épineuse présente un raisonnement fondé sur son expérience personnelle en avançant des arguments qui lui sont propres. Le lieu n'est pas au débat ou à la confrontation de points de vue, mais simplement à l'exposition de différentes conceptions qui viendront enrichir la réflexion du lecteur.

 

Outre ce type de préoccupations, cet ouvrage montre une grande diversité au niveau des expériences puisqu'il en présente autant qu'il y a de contributeurs. Cet aspect est sans conteste l'un des plus intéressants du livre car il met en relief la relation personnelle et individuelle que le Wiccan vit avec sa spiritualité. En effet, contrairement à bon nombre de systèmes spirituels ou religieux, la Wicca n'est pas un système dogmatique, c'est-à-dire qu'à aucun moment on y impose une ligne de conduite ou un mode de vie avec son lot de rituels, de prières et d'obligations. Ceci est illustré avec brio dans les contributions rassemblées par Sirona Knight car on se rend compte à la lecture que l'on nous soumet des visions et des expériences aussi variées que le sont les chemins de vie des contributeurs. Si l'on retrouve dans l'ensemble des témoignages des trames communes dans la prise de conscience des affinités des auteurs avec les traditions wiccanes, chaque parcours est résolument différent... et unique ! Ceci montre que la Wicca est avant toute chose une expérience individuelle et personnelle, qui est ressentie différemment par chacun. Ainsi, il n'y a ni « bon » ni « mauvais » parcours : seul le parcours vécu et ressenti compte.

Bien sûr, la trame commune aux expériences reste très présente, mais celle-ci est souvent liée aux différentes étapes de la découverte de leurs affinités wiccanes par les contributeurs et de leur affirmation au sein de cette religion. Voilà qui ne manque pas de temps à autre d'arracher un sourire au lecteur qui se souvient d'avoir vécu des épisodes similaires. Certains sont cocasses et amusants tandis que d'autres peuvent être représentatifs des réactions humaines de certains membres de l'entourage.

 

Tout ceci met en relief des points de vue différents mais complémentaires qui permettent au lecteur curieux de se faire une idée de ce qu'est la Wicca. L'accent est mis sur l'impressionnante richesse de cet ensemble de traditions tout en montrant que ce qui peut être perçu alors comme un ensemble d'éléments disparates est en réalité une tradition qui s'exprime sous la forme d'une sorte de mosaïque dont chaque élément est une expérience individuelle. Chaque morceau fait partie du même tout et, bien que chacun soit en apparence indépendant, tous sont reliés par des dynamiques et des mentalités communes.

 

À qui ce livre s'adresse-t-il ?
Ce livre s'adresse à toute personne désireuse d'en apprendre un peu plus sur la Wicca à travers des expériences de vie. Ici, point de théories ou de « manuel du parfait Wiccan » : le lecteur est plongé directement dans la vie de personnes dont la crédibilité n'est plus à démontrer. Grâce à ce procédé, certains « fantasmes » tombent rapidement, quitte à décevoir les esprits les plus avides d'histoires « sensationnelles » : si certains témoignages mentionnent le goût de leurs auteurs pour des séries télévisées telles que « Ma Sorcière Bien-Aimée » ou « Charmed », ils s'empressent de préciser que si divertissants que soient ces programmes, la sorcière de la vie réelle ne doit pas s'attendre à voir des événements aussi trépidants que ceux que vivent au quotidien Samantha Stephens ou les sœurs Halliwell survenir dans sa vie uniquement parce qu'elle est une sorcière ! Le contraste entre fiction et vie réelle est affirmé avec humour, mais sans jamais dénigrer l'aspect divertissant et « atypique » que revêt souvent la figure de la sorcière de nos jours.

La vision hétéroclite qui est présentée ici intéressera tout autant les Wiccans « confirmés » qui cherchent à élargir leur champ de recherche. Ils se reconnaîtront dans les récits qu'ils liront, ce qui leur permettra de se situer de manière plus précise et de prendre confiance en leur propre tradition.

 

Référence exacte
KNIGHT Sirona [ed. & author]. A Witch like Me: the Spiritual Journeys of Today's Pagan Practitioners. Franklin Lakes, NJ: New Page Books [The Career Press], 2002. [ISBN : 978-1-56414-539-0]

 

Pour aller plus loin
Outre les ouvrages cités au début de cet article, qui souhaite faire plus ample connaissance avec les contributeurs qui ont participé à ce volume peut visiter les sites Internet de quelques-uns d'entre eux :

- Sirona Knight
- Dorothy Morrison
- Phyllis Curott
- Raymond Buckland
- Gerina Dunwich
- Z. Budapest
- Raven Grimassi
- Skye Alexander
- Silver Ravenwolf

 

* Le terme sorcières est employé ici comme le veut la tradition pour désigner des personnes pratiquant la Wicca, indépendamment de leur sexe. En effet, en anglais, on utilise le mot witch à la fois pour les hommes et pour les femmes dans ce contexte.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 18 juillet 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)