tarot

Rejoignez les Détectives aux Arcanes!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

S'il vous arrive de visiter mon site professionnel, vous y avez certainement remarqué il y a quelques semaines l'apparition d'une nouvelle section intitulée « Les Détectives aux Arcanes ». Après plusieurs mois de travail, c'est avec un immense plaisir que je vous présente cette nouvelle activité qui vient s'ajouter aux thés découverte et aux Consultations des Sabbats pour compléter le programme de 2017.

Il y a quelque temps, je me suis rendu compte que lorsqu'on me demandait d'expliquer ce qu'est la cartomancie et en quoi elle consiste, je me référais très souvent à la même image, y compris en cours et en consultation pour en aborder les fonctionnements. Face à ce type de question, la comparaison qui me vient en effet le plus souvent à l'esprit est celle de l'enquête que mène le détective qui, tel Sherlock Holmes ou Miss Marple, observe minutieusement les indices qu'il parvient à récolter et les analyse afin de reconstituer les événements qui le mèneront à résoudre le mystère auquel il est confronté. En ce qui concerne la cartomancie, la démarche est très similaire puisque pour arriver à une bonne interprétation, le cartomancien doit tenir compte de plusieurs éléments qu'il doit croiser et assembler, reconstituant ainsi la situation du consultant. Entrent alors en ligne de compte : la compréhension approfondie des cartes et des symboles qu'elles portent, la connaissance du contexte général dans lequel le consultant évolue ou des bases de la situation qui le préoccupe, la pertinence de la question posée et le choix d'une (ou de plusieurs) méthode(s) de tirage adaptée(s) à l'exploration qui doit être conduite. Ce n'est qu'en réunissant tous ces aspects et en mettant en évidence les liens qui existent entre eux que l'interprète peut produire une analyse construite et efficace. En d'autres termes, effectuer une consultation en cartomancie revient à mener l'enquête et à mettre en relief des indices qui aideront le consultant à sortir des blocages qu'il connaît ou à désamorcer les difficultés qui se profilent à l'horizon. Ainsi, on reconstitue les événements et on les met au jour, de la même manière que le détective interprète les indices qu'il glane au fur et à mesure de ses investigations pour révéler la solution de l'énigme.

En y repensant, j'ai réalisé que cette métaphore m'accompagnait depuis de nombreuses années puisque j'ai toujours, aussi loin que je me souvienne, eu recours à ce type de procédé pour m'entraîner et acquérir de l'expérience. Lorsqu'on apprend la cartomancie, il est souvent difficile de trouver des « cobayes » enclins à nous aider à progresser. On se retrouve alors la plupart du temps à être son propre objet d'étude – ce qui est très formateur, soit dit en passant – ou à travailler sur l'actualité, l'histoire ou  la littérature afin de mieux comprendre les enjeux de telle ou telle situation, les choix d'un personnage historique ou fictif, etc. Il m'est aussi arrivé de nombreuses fois, impatiente que je suis parfois, de vouloir entre autres connaître la suite ou le dénouement d'une fiction télévisée avant qu'elle ne soit dévoilée à l'écran... et d'avoir recours à mes cartes pour cela ! Les résultats obtenus ont toujours été épatants et m'ont toujours éclairée sur les raisons profondes de la survenue de certains événements ou sur ce qui a poussé certains héros à agir comme ils l'ont fait. À chaque fois, mes tirages m'ont révélé l'issue des situations que j'explorais tout en m'apportant les clefs nécessaires à une compréhension approfondie des événements et des comportements.

J'ai donc eu envie de partager ces expériences et de pousser un peu plus loin l'image du détective qui se servirait de ses cartes pour résoudre des mystères. Amatrice de littérature et de fiction policière, les grands détectives m'ont toujours fascinée, de même que les clubs dans lesquels ils se réunissent parfois. C'est ainsi que j'ai souhaité rassembler tous ces aspects dans des ateliers conçus sur le même modèle que les réunions de clubs de détectives au cours desquelles les participants mènent l'enquête sur une affaire dévoilée en début de séance. Tels des « armchair detectives » (i.e. détectives en fauteuil), c'est sans bouger de leur chaise que les participants se confrontent au mystère du jour et font appel aux petites cellules grises chères à Hercule Poirot et à leurs talents de cartomanciens pour résoudre l'affaire qui est portée à leur attention. Ils ont donc pour mission de prendre connaissance du cas à étudier, de bien en identifier les enjeux et les clefs, puis d'apporter des éléments de réponse afin de trouver la solution de l'énigme.

Dès 2017, les réunions des Détectives aux Arcanes se tiendront une fois par trimestre. Durant celles-ci, nous nous retrouverons en petits groupes afin d'enquêter à l'aide d'un support donné sur l'affaire présentée dans le dossier d'investigation qui sera remis à chacun à l'ouverture de chaque séance. Que les plus timides ou les moins confiants en leurs compétences se rassurent toutefois : ces réunions sont ouvertes à tous, que vous soyez débutants ou plus expérimentés ! En effet, elles sont précédées d'une période d'entraînement qui vous permet de réviser et de travailler les bases de l'utilisation du support qui sera à l'honneur lors de la réunion à laquelle vous participez. Quatre semaines avant l'atelier, vous avez accès sur le site à des contenus spécialement destinés aux Détectives aux Arcanes afin que vous puissiez acquérir, réviser ou approfondir les bases des fonctionnements de votre jeu et travailler des méthodes de tirage qui vous aideront au cours de votre enquête. Ainsi, vous serez prêts, le moment venu, à démêler les mystères les plus épais !

L'aventure vous tente ? Alors n'attendez plus et découvrez tous les détails concernant ces réunions sur le site ! Si vous souhaitez rejoindre les Détectives aux Arcanes et participer à l'une des séances de 2017, contactez-moi sans tarder !

Je me réjouis déjà de vous retrouver lors de ces réunions qui s'annoncent d'ores et déjà passionnantes et pleines de surprises. J'espère que vous aurez autant de plaisir à y assister que j'en ai eu à les mettre au point et que j'en aurai à préparer chacune d'entre elle !

À très bientôt,
Morrigann Moonshadow

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 décembre 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Corne d'Abondance

La Corne d'Abondance

Tirage spécial Mabon mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
L'un des principaux symboles de Mabon est la corne d'abondance. À travers cet objet, on fait référence à tout ce qui a été emmagasiné lors de la Deuxième Récolte et à l'abondance des repas partagés lors de l'équinoxe d'automne, qui reflètent à travers les produits de saison toute la diversité des richesses de la Nature grâce auxquelles on traversera confortablement la saison sombre. Bien qu'elle soit généralement bien remplie, la corne d'abondance ne constitue pas pour autant une source infinie. C'est pourquoi elle rappelle qu'en prévision des jours difficiles à venir, il va falloir user des bienfaits offerts par la Nature avec sobriété, de façon modérée et équilibrée si l'on veut maintenir cette abondance suffisamment longtemps pour arriver au bout de la saison froide sans souffrir de quelque manque que ce soit.

Ce tirage utilise la corne d'abondance afin de faire la lumière sur ce sur quoi le consultant pourra s'appuyer pour traverser la période sombre dans laquelle on entre. Les éléments ainsi dégagés lui permettront de se livrer à l'introspection et de conduire la gestation auxquelles cette saison est particulièrement propice, mais aussi d'assimiler et de tranformer ses acquis de manière à poursuivre son évolution de façon constructive.

 

Objectif
Ce tirage se fait sans question. Il met en évidence ce qui est à la disposition du consultant et qui l'aidera à traverser la période sombre de l'année, ce qu'il a acquis depuis Mabon dernier et la façon dont il va le transformer au cours des mois à venir pour pouvoir avancer et progresser, encore et toujours.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire dix cartes que l'on dispose comme suit :

La Corne d'Abondance

 

Lecture et interprétation
Les lames 1, 2, 3 et 4 montrent le chemin parcouru depuis Mabon dernier. Elles mettent en avant ce que l'on a acquis ou entrepris, ce dont on s'est séparé ou ce que l'on a quitté (ou qui nous a quitté), laissé derrière soi pour le meilleur, ce dont on a fait le deuil, ce à quoi on a renoncé.

Les lames 5 et 6 sont le présent. Elles dépeignent les réflexions auxquelles s'adonne le consultant au moment du tirage ou au moment de l'équinoxe. Elles représentent les grandes questions qu'il se pose.

Les lames 7, 8 et 9 symbolisent les ouvertures qui s'offrent au consultant et qui sont héritées des acquis et du chemin parcouru depuis Mabon dernier. Ces trois cartes sont donc ce à quoi le consultant va très probablement travailler durant les mois à venir.

La lame 10 est la synthèse. Elle sort de la corne d'abondance et laisse entrevoir ce qui ressortira de tout ce qui a été dit précédemment. Elle présente le résultat des efforts et l'aboutissement des réflexions du consultant.

 

Remarques
Ce tirage n'est pas difficile à réaliser. Les différentes parties en sont clairement délimitées et qui mettent en relief une évolution logique qui se construit petit à petit, à chaque étape, ce qui permet à l'interprète – même peu expérimenté – d'en tirer des informations intéressantes et utiles.

Pour chacune des parties du tirage, les lames peuvent bien sûr s'inscrire dans la continuité les unes des autres et décrire ainsi l'évolution d'une situation ou d'une idée, mais elles peuvent également être lues séparément si elles dépeignent des événements, des dynamiques, des situations ou des idées différents. Il n'y a pas de règle fixe sur ce point. À l'interprète, donc, de reconnaître le cas de figure auquel il a affaire.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec n'importe quel support, exceptés les jeux Lenormand qui suivent des règles d'utilisation particulières. Les tarots (toutes traditions confondues) et les oracles quels qu'ils soient sont donc tout à fait indiqués. Bien sûr, compte tenu de la période spécifique à laquelle il est attché, il sera encore plus agréable d'utiliser un jeu en relation avec la saison ou avec les cultures néo-païennes et leurs symboles. De la même façon, les jeux invitant à l'introspection sont tout à fait indiqués car ils conviennent parfaitement à ce que représente ce sabbat. Quelques exemples : Madame Endora's Fortune Cards (Christine Filipak & Joseph Vargo), Oracle of Shadows & Light (Lucy Cavendish & Jasmine Becket-Griffith), Chrysalis Tarot (Toney Brooks & Holly Sierra), The Green Witch Tarot (Ann Moura, Kiri Østergaard Leonard), etc.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 septembre 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Avis aux amateurs de tarots: exposition à la librairie l'Antre Monde!

Amateurs de tarots ou simples curieux, en mai et juin, courez à la librairie l'Antre Monde pour y découvrir une exposition fort intéressante sur un tarot fait main par un artiste et cartomancien français passionné de cartes et de techniques de création de jeux !

Les « Triomphes de Paris » sont un tarot qui reprend les 22 arcanes majeurs en s'inspirant du Viéville. Pour arriver au résultat exposé à la librairie (et publié), Bertrand Saint Guillain a utilisé des techniques proches de celles que l'on employait pour la gravure, notamment en s'aidant de tampons encreurs. Ceci donne un certain cachet au jeu et en renforce l'aspect artisanal que bon nombre de publications récentes ont perdu !

L'exposition se tient à la librairie l'Antre Monde du 10 mai au 30 juin 2013. Vous pourrez y admirer des gravures encadrées, liées à la création de ce tarot mais aussi à un projet de Petit Lenormand qui ne verra vraisemblablement pas le jour. Les « Triomphes de Paris » sont disponibles à la vente (en format mini), tandis qu'un autre jeu (taille standard), dont les lames ne sont pas exposées sur les murs, présente une vision et un univers totalement différents du caractère « ancien » qui ressort du premier.

 

Informations pratiques :
Exposition « Triomphes de Paris », du 10 mai au 30 juin 2013
Librairie l'Antre Monde
142, rue du Chemin Vert
75011 Paris
M° Père Lachaise

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 12 mai 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Tirage des Deux Cercles

Le Tirage des Deux Cercles

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Voici un tirage multi-supports qui s'adapte à la fois aux techniques propres aux jeux Lenormand (Petit et Grand) ainsi qu’aux tarots (Marseille et Waite) et oracles courants. Si celui-ci permet de répondre à une question précise, mais aussi d'analyser une situation de manière poussée, il peut aussi être utilisé sans question en tant que tirage général.

 

Avec les jeux Lenormand
Petit Lenormand
Première étape : le choix de la carte référente
Si le tirage concerne un domaine particulier de la vie du consultant ou une situation précise, on prend pour repère la carte référente correspondante.

S’il n’y a pas de question ou si le tirage concerne la situation du consultant en général, on prend comme carte référente le Monsieur ou la Dame.  

Deuxième étape : mélanger, tirer et disposer les cartes
Une fois la carte référente ou la carte consultant définie, on la laisse dans le jeu. On mélange, on coupe et l'on étale le jeu devant soi en éventail, face cachée. On tire une carte, que l'on regarde. Si celle-ci est la carte référente (ou la carte consultant), on la pose devant soi, face visible. On tire alors huit cartes, que l'on dispose face cachée comme indiqué sur le schéma ci-dessous. La lecture peut alors commencer.

Si la carte référente ou la carte consultant n'est pas la première tirée – comme ce sera très souvent le cas ! –, on met la carte tirée de côté (elle ne sera pas utilisée) et on en tire une autre, que l'on regarde. Si celle-ci n'est toujours pas la carte référente ou consultant, on continue de tirer carte après carte, et ce jusqu'à ce que la carte référente ou consultant apparaisse. Une fois celle-ci trouvée, on la positionne devant soi face visible. Les huit cartes tirées ensuite sont disposées selon le schéma ci-dessous :

Tirage des Deux Cercles

Grand Lenormand
Première étape : le choix de la carte référente
Si l'objet du tirage est une exploration générale, on peut opter pour la carte consultant Monsieur ou Dame selon le sexe du consultant. Il est aussi possible de tirer une carte, dont le grand sujet représentera alors la situation générale du consultant.

Si le tirage vise à examiner un domaine ou une situation particulère, la première carte tirée se placera au centre et le grand sujet en représentera le domaine ou la situation tels qu'ils sont au moment où le tirage est effectué.

Deuxième étape : mélanger, tirer et disposer les cartes
On procède comme avec le Petit Lenormand si l'on décide de placer la carte Monsieur ou Dame au centre du tirage. Si en revanche on décide de tirer une carte pour représenter la situation, la carte placée au centre du tirage sera la première tirée.

Troisième étape : interprétation – particularités
Si la définition des deux cercles et des axes ne change pas, la manière de lire les cartes quant à elle suit les particularités du jeu. On se sert en effet des grands et des petits sujets. On déchiffre d'abord les grands sujets, puis on précise les grandes dynamiques ainsi mises au jour à l'aide des petits sujets. Ainsi, les cartes qui composent le cercle intérieur sont lues par rapport à la carte centrale : pour les cartes 1 et 4, on prend en compte le grand sujet et le petit sujet de droite ; pour les cartes 2 et 3, on se concentre sur le grand sujet et sur le petit sujet de gauche. En ce qui concerne le cercle périphérique, on lit le grand sujet et le petit sujet de droite pour les cartes 5 et 8, et le grand sujet et le petit sujet de gauche pour les cartes 6 et 7.

 

Avec un tarot ou un oracle
Si l'on utilise un tarot ou un oracle (hors jeux Lenormand), toutes les cartes sont tirées, y compris celle qui se trouve au centre. Celle-ci représente alors le consultant (ou sa situation, le domaine que l'on explore) tel qu'il est au moment où l'on effectue le tirage.

Pour effectuer le tirage, on mélange les cartes puis on coupe, après quoi on tire neuf cartes que l'on dispose selon le schéma ci-dessus, la première étant notée CS puisqu'elle représente le consultant ou sa situation. On lit ensuite le tirage en s'appuyant sur les axes temporels. On commence par le passé, qui montre ce qui a mené le consultant à être ce qu'il est aujourd'hui. La carte 5 évoque ce qui est le plus loin du consultant dans le passe tandis que la carte 1 est le passé récent. Ces cartes, qui décrivent le plan conscient, sont complétées respectivement par les cartes 8 et 4, qui révèlent quant à elles ce qui s'est passé sur le plan inconscient. On y voit les dynamiques sous-jacentes, celles qui ont été les moteurs de ce qui a été vécu sur le plan conscient. On procède de la même manière pour l'axe de l'évolution probable.

 

Interprétation
Par sa structure, ce tirage offre de multiples niveaux de lecture, fondés d'une part sur un jeu de symétrie entre les différents axes, et d'autre part sur un effet de résonances entre certaines lames. Ainsi, on obtient en huit cartes une analyse poussée de la situation du consultant.

Les deux cercles. Comme son nom l'indique, ce tirage est composé en deux cercles. Le premier est appelé « cercle intérieur ». Il contient les lames 1, 2, 3 et 4. Lorsqu'on utilise le Petit Lenormand, on considère que ces quatre cartes sont « proches » de la carte consultant/référente puisqu'elles la jouxtent. Elles représentent les préoccupations les plus présentes à l'esprit du consultant ou ce qui est d'une importance déterminante dans la situation examinée. Le second cercle, qui contient les lames 5, 6, 7 et 8, est appelé « cercle périphérique ». Les cartes qui le composent précisent celles dans le prolongement desquelles elles se trouvent : la carte 5 précise la 1, la 6 complète la 2, la 7 prolonge la 3 et enfin, la 8 précise la 4.

Lorsqu'on utilise un autre support que les jeux Lenormand, les cartes les plus proches de la carte consultant représentent ce qui est le plus près de lui dans le temps (passé proche, évolution probable proche) tandis que les cartes appartenant au cercle périphérique se réfèrent à ce qui est le plus éloigné de lui.

Les axes symétriques. Ce tirage se compose de deux axes principaux, l'un horizontal et l'autre vertical. Ceux-ci ont pour point de jonction la carte consultant/référente.

L'axe vertical est un axe temporel : il sépare le passé et le futur. Ainsi, les cartes qui se situent à gauche de la carte consultant/référente évoquent le passé, ce qu'on laisse derrière soi, ce dont on se détache, tandis que celles situées à sa droite font allusion au futur, à l'évolution des choses, à ce vers quoi l'on se dirige, à ce à quoi on aspire.

L'axe horizontal sépare les deux aspects de la pensée humaine. Les cartes qui se trouvent au-dessus de la carte consultant/référente montrent ce dont le consultant est conscient tandis que celles se trouvant en dessous évoquent ce dont il n'est pas conscient ou ce qu'il refuse de voir.

Les résonances entre les lames. Pour obtenir un niveau de lecture supplémentaire, il est possible de pousser le jeu de symétrie encore un peu plus loin. Ainsi, les lames résonnent avec leur « reflet » : la lame 1, qui évoque le passé, trouve son reflet futur en la lame 2 sur le plan conscient. De la même façon, les lames 5 et 6 se répondent. Ceci est valable également pour les cartes 4 et 3 et 8 et 7 sur le plan de l'inconscient. Les résonances intervenant sur l'axe vertical indiquent des correspondances entre le passé et le futur sur le plan conscient.

Si l'on suit l'axe horizontal en revanche, on s'attache aux résonances qui s'expriment entre les plans conscient et inconscient. Ainsi, la lame 5 résonne avec la 8, la 1 avec la 4 (pour le passé), le 2 avec la 3, et la 6 avec la 7 (pour le futur). Ici, les lames indiquent les racines inconscientes des choses qui se manifestent et dont le consultant a conscience.

Ces différents niveaux de lecture permettent une interprétation croisée, c'est-à-dire qu'une même carte aura nécessairement plusieurs valeurs à la fois. Ceci offre la possibilité d'une analyse poussée et détaillée.

 

Remarques
Avec ou sans question ? Ce tirage peut se faire avec ou sans question. S'il répond à une question, il fournit une analyse fouillée qui s'appuie sur la résonance des événements, situations et états d'esprits situés dans les différents niveaux examinés (conscient/inconscient, passé/évolution probable).

Dans le cas où il est effectué sans question, il fait office de tirage général et montre alors l'évolution du consultant et/ou de son existence ou d'une situation qui le concerne. En début de consultation, c'est un très bon tirage d'introduction.

Que faire si certaines positions restent vides faute de cartes ? Si l’on procède avec un jeu Lenormand, il peut arriver pour des raisons évidentes que la carte référente ou consultant se manifeste tardivement dans le tirage et que par conséquent, il reste moins de huit cartes à tirer dans l'éventail. Le tirage n'est alors pas complet. Dans ce cas, on comprend que certains aspects ne sont pas pertinents par rapport à la situation examinée, qu'ils sont sans intérêt ou qu'ils n'existent tout simplement pas.

 

Supports à privilégier
Ce tirage a été créé spécifiquement pour les jeux Lenormand car il en suit les méthodes particulières. Il est donc à effectuer en priorité avec ceux-ci. Cependant, il est tout à fait possible de le pratiquer avec un tarot ou un oracle car les résultats sont tout aussi saisissants. Par exemple, j’apprécie particulièrement l’utilisation de « Madame Endora’s Fortune Cards ».

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 09 décembre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite)

 

Dernière mise à jour : 19 avril 2016.

Qu'est-ce qu'un oracle? Quelques éléments de définition

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Le terme oracle est souvent employé à défaut d'autre chose, car il est courant de le considérer (à tort ou à raison) comme un terme générique désignant tout objet permettant d'obtenir des prédictions. Ceci est à la fois vrai et faux, au sens où ce seul aspect n'est pas pleinement représentatif de ce qu'est un oracle. Ces quelques paragraphes donneront une vision plus complète de cette notion, afin de pouvoir employer ce terme dans ses différentes acceptions tout en évitant les confusions.

  

L'oracle humain
Les sociétés primitives et anciennes (Antiquité, Moyen Âge) étaient organisées selon le principe de la tri-fonctionnalité dumézilienne. En d'autres termes, une société est invariablement divisée en trois classes pour bien fonctionner. Ainsi, on a (par ordre hiérarchique) les paysans et les artisans qui forment la classe ouvrière et productive, les guerriers qui incarnent la classe guerrière, et les représentants du culte et du savoir, qui forment la classe sacerdotale. Les rôles de chacune de ces classes sont définis de manière précise :

- la classe productive fournit tous les éléments matériels nécessaires à la société : la nourriture (agriculteurs et éleveurs), les vêtements (tisserands, etc.), et divers services (artisans) ;

- la classe guerrière regroupe tous ceux dont la fonction est de défendre la société des attaques extérieures. Le guerrier se place au-dessus de l'ouvrier, en cela qu'il le protège et lui permet d'exercer son savoir-faire au sein de la communauté :

- la classe sacerdotale compte tous ceux qui détiennent la Connaissance, qu'elle soit sacrée ou profane. On y trouve ainsi les représentants du culte (moines, druides, etc.) et les détenteurs de la Connaissance, qu'elle soit au niveau religieux, spirituel, artistique ou savant. Par exemple, les poètes et les musiciens étant garants du savoir sacré (à travers la connaissance des mythes) et profane (connaissance historique ou liée au monde humain), ils font partie de cette classe. Il est aussi important de noter que chez les Celtes, les druides détenaient à la fois les savoirs sacrés et profanes, en cela qu'ils dirigeaient le culte (fonction monastique) et que l'on comptait parmi eux plusieurs ordres, dont les guérisseurs, les poètes et musiciens (sg. file, pl. filid), etc.

Ces classes sacerdotales, qu'elles fussent celtes, germano-scandinaves, gréco-romaines ou autres, incluaient les devins, car ceux-ci étaient considérés comme ayant eux aussi la capacité de communiquer directement avec le plan sacré et les Êtres Surnaturels. Parmi ces devins, il y a ceux que l'on vient consulter pour obtenir un conseil quant à la façon de mener une bataille ou pour savoir sous quels augures celle-ci se présente. On les appelle « oracles ». Par exemple, les pythies (comme la Pythie de Delphes) sont des oracles célèbres, de même que la Völuspá chez les Germano-Scandinaves (voir le texte éponyme dans les Eddas). Les oracles intercèdent donc avec le plan sacré et sont capables de transmettre les messages des Êtres Surnaturels aux habitants du plan profane. En ce sens, ils sont à rapprocher de la notion de medium qui, au sens strict, désigne une personne qui se situe à cheval sur les deux plans puisque medium signifie milieu en latin.

L'oracle humain est donc une personne ayant des capacités prophétiques. Généralement, il entre dans un état de transe qui lui permet de recevoir les messages à délivrer. La recherche a établi que ces transes étaient très souvent dues à des substances psychotropes (fumigations, encens, etc.) qui les stimulaient. Ceci est en particulier valable pour les pythies. D'autres n'utilisaient pas de psychotropes et recevaient les informations soit directement, soit par l'intermédiaire d'objets qui pouvaient prendre de multiples formes : os lancés par terre, cauris, etc. Certains, pour obtenir l'avis des « dieux », observaient les présages (augures) qui se manifestaient de façon naturelle (formation du vol des oiseaux migrateurs, rythme des saisons, abondance des récoltes, reproduction du bétail, etc.). Il arrivait même que l'on coupe une pomme horizontalement afin de voir la disposition de l'étoile à cinq branches (pentacle) qui se trouve en son sein (cette pratique a toujours cours dans certaines traditions néo-païennes, en particulier en période de Samhain).

 

L'oracle en tant qu'objet
Lorsqu'on veut définir quel(s) type(s) d'objet(s) on appelle oracle, deux principaux facteurs sont à considérer : la fonction de l'objet d'une part, et sa nature d'autre part.

Anatomie de l'oracle
Comme l'oracle humain, l'objet sert à obtenir des éclaircissements quant à certaines situations. Il peut prendre de multiples formes : jeux de cartes, runes, cauris, os, etc. On utilise un oracle principalement pour trouver un conseil par rapport à un événement. Il permet donc d'analyser les situations pour en avoir un point de vue différent, et par conséquent une meilleure compréhension. La première fonction de l'oracle a donc un but analytique et non projectif. Dans le même ordre d'idées, on l'emploie aussi lorsqu'il s'agit de conduire une introspection, car il reflète ainsi ce qui se passe à l'intérieur du consultant sans que celui-ci en ait clairement conscience. L'oracle permet donc de fournir de précieux éclaircissements dans bien des domaines.

En plus de son rôle premier qui a surtout vocation d'analyse, l'oracle peut aussi dans certains cas émettre des prédictions. On dit alors qu'il est projectif. On notera cependant que la plupart des oracles (dont les runes) n'ont pas au départ de fonction projective. Celle-ci leur a été attribuée récemment, très souvent au cours du XIXème siècle lors des mouvements traduisant un regain d'intérêt pour les anciennes traditions et l'époque médiévale.

Bien sûr, certains oracles peuvent être utilisés à la fois pour leur aspect analytique et projectif lorsque leur nature le permet en combinant les deux fonctions. Cela dit, d'autres ne peuvent être l'un et l'autre à la fois. Dans ce cas, il convient de s'attarder sur l'outil que l'on désire utiliser afin de voir s'il est bien adapté à ce que l'on souhaite faire.

L'oracle analytique
Il ne sert pas directement à obtenir des prédictions, mais à analyser une situation afin de mieux la comprendre... et de donner au Consultant les outils nécessaires pour pouvoir réagir au mieux face à son souci. Il n'est donc pas question de s'attendre à des prédictions ici. On consulte ce type d'oracle pour obtenir un conseil par rapport à une situation donnée.

Par exemple, les runes sont un oracle analytique et non projectif, car à l'origine, elles servent à conseiller, et non à prédire. Ce n'est qu'au XIXème siècle que la fonction prédictive leur a été attribuée. Celle-ci, bien sûr, est erronée car contraire aux utilisations qu'en faisaient les Germano-Scandinaves, qui les utilisaient en tant que conseils, mais aussi en tant qu'outils de guérison (entre autres).

Évidemment, il existe des jeux de cartes dont les utilisations sont en adéquation avec ce qui vient d'être exposé ici. On pensera notamment aux excellents oracles de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith, « Oracle of Shadows & Light » et « Oracle of the Shapeshifters », ou à « Madame Endora's Fortune Cards » de Joseph Vargo et Christine Filipak, qui peuvent également être utilisées de cette façon.

L'oracle projectif
Il sert à obtenir des prédictions concernant les événements à venir. C'est sans doute le type d'oracle le plus couramment utilisé de nos jours, notamment en cartomancie. Bien souvent, après avoir jeté un œil sur le passé et le présent, on regarde de quelle façon les choses sont sur le point d'évoluer compte tenu des éléments préalablement mis au jour. Ainsi, le Consultant peut se projeter dans l'avenir tout en ayant conscience des enjeux de la situation.

Le tarot est-il un oracle ?
Oui... et non ! Dans sa fonction, oui : en tant qu'objet... non. Le tarot a bien une fonction d'oracle puisqu'on peut le consulter pour obtenir un conseil et analyser une situation tout autant que l'on peut s'en servir dans un but projectif et lever le voile sur l'avenir. Pourtant, par nature (en tant qu'objet), le tarot n'est pas un oracle puisqu'il a une structure fixe bien définie (78 lames réparties en 22 majeures et 56 mineures), contrairement aux autres jeux de cartes appelés oracles, qui possèdent chacun leur structure propre.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 10 octobre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)