sabbats

Le combat du Roi Houx et du Roi Chêne, spécial Yule

Le Combat du Roi Houx et du Roi Chêne

Endora's face

 

 

 

 

Tirage spécial Yule et Endora mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Pour Yule (le solstice d'hiver), voici un tirage concocté par mes soins. Ce tirage est doublement spécial puisqu'il a été conçu pour les « Madame Endora's Fortune Cards » et s'inspire du légendaire caractéristique de ce sabbat. L'association de ces deux aspects en fait évidemment un tirage particulièrement intéressant au niveau spirituel, mais il reste aussi très pertinent pour tout ce qui concerne les préoccupations plus « terre à terre ».

 

Le Roi Houx et le Roi Chêne
Le solstice d'hiver marque le jour le plus court de l'année. Par conséquent, à partir de celui-ci, les journées rallongent et symboliquement, le Soleil sort du sommeil dans lequel il s'était plongé. La nature reprend alors des forces et peut renaître grâce à l'action vivifiante de l'astre solaire.

La tradition veut que le solstice d'hiver soit le moment choisi pour le vieux Roi Houx et le jeune Roi Chêne de se livrer à un combat qui ne pourra admettre qu'un vainqueur. En réalité, ces deux figures sont deux aspects du dieu et par extension, deux aspects du cycle solaire puisque le dieu est une entité solaire. Ainsi, le Roi Houx, par son grand âge, incarne le Soleil déclinant (et donc vieillissant) tandis que le Roi Chêne représente le Soleil émergeant après un long sommeil. Celui-ci gagne en force à mesure que le temps passe pendant que le Roi Houx s'affaiblit peu à peu.

Lors du solstice, les deux rois s'engagent dans un combat qui ne peut avoir qu'une issue : le Roi Chêne triomphe du Roi Houx. Une fois le Roi Houx défait, le Roi chêne peut influencer la nature. Le Soleil, qui jusque-là déclinait, regagne en force. Il sort alors de sa torpeur et les jours rallongent à mesure que le jeune dieu mûrit.

Ce combat marque à la fois la fin d'un cycle et le début d'un nouveau puisque des deux rois se succèdent. Certaines traditions que nous connaissons et pratiquons encore aujourd'hui y sont associées : par exemple, allumer un feu de cheminer ou décorer une bûche que l'on faisait brûler toute la nuit durant. Ceci devait aider le Soleil à « renaître » en assurant la continuité de la lumière jusqu'au terme du combat des deux rois. Aujourd'hui, ces traditions survivent entre autres sous la forme des bûches de Noël que nous mangeons en cette saison.

 

Objectif du tirage
À l'image de la légende attachée au cycle solaire et à la phase qu'il traverse à Yule, le tirage proposé ici explore la fin d'un cycle et donne un aperçu de celui qui se profile pour le consultant. En d'autres termes, ce tirage permet de voir ce que le consultant laisse derrière lui, ce qu'il quitte, ce dont il se détache et ce vers quoi il se dirige.

 

Procédure
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire sept cartes que l'on dispose comme suit :

Le combat du Roi Houx et du Roi Chêne, spécial Yule

 

Lecture et interprétation
Ce tirage se découpe en trois parties.

Le Signifiant (noté « S » sur le schéma ci-dessus). Cette carte est tirée et placée en premier. Elle représente le consultant au moment où le tirage est effectué. Ainsi, si le Signifiant peut montrer l'état d'esprit de la personne qui interroge les cartes, c'est aussi un instantané de la situation du consultant et de ce qu'il est. Le Signifiant fait office de charnière entre les deux autres parties du tirage.

Les lames 1, 2 et 3 se lisent ensemble. Elles montrent l'évolution passée du consultant, ce qui l'a mené à ce qu'il est au moment du tirage. On les lit comme si elles racontaient une histoire. Ce bloc de trois cartes représente le Roi Houx, c'est-à-dire l'état dont le consultant s'éloigne, ce qu'il quitte, ce qu'il laisse derrière lui (volontairement ou non), ce dont il se détache.

Les lames 4, 5 et 6 se lisent aussi ensemble. Elles indiquent de quelle façon de consultant va évoluer, vers quoi il se dirige, ce qui lui permet de triompher des problèmes passés. Comme le Roi Chêne qui prend la place du Roi Houx grâce à sa vigueur, ce bloc de lames montre ce qui grandit et se développera en le consultant.

 

Remarque
Habituellement, ce tirage se fait sans question car il a été pensé pour une exploration générale qui exploite l'imagerie du sabbat. Cependant, si on le souhaite, il est possible de l'effectuer avec une question du moment que l'on reste dans l'idée de la succession des cycles.

 

Supports à privilégier
Bien que ce tirage ait été créé pour « Madame Endora's Fortune Cards » en raison des figures païennes sur lesquelles elles s'appuient, il est tout à fait possible de l'effectuer avec d'autres supports. « Oracle of the Shapeshifters » apparaît ainsi comme l'un des jeux à privilégier puisqu'il permet de travailler sur tout ce qui touche aux transformations.

Le tarot reste un outil universel avec lequel il est également possible de travailler ce tirage.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 21 décembre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

 

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Lammas, Anna Franklin & Paul Mason

Lammas/Lughnasadh: le festival oublié

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Lammas/Lughnasadh est enfin là ! Ce 1er août est le jour de Lammas/Lughnasadh. Ce sabbat marque le temps de la Première Récolte, où les fruits sont mûrs, gorgés de soleil et où les blés sont blonds et prêts à être coupés.

 

Les origines 
Lammas, Anna Franklin & Paul MasonCe sabbat est tantôt appelé Lammas, tantôt Lughnasadh. « Lammas » est un nom dérivé de l'anglo-saxon hlaef-mass, qui peut se traduire aujourd'hui par loaf-mass. Cette expression fait référence à l'imposante miche de pain que l'on confectionne et que l'on partage à cette occasion, en hommage aux diverses récoltes (fruits, céréales) que l'on s'apprête à faire.

« Lughnasadh » est quant à lui un terme gaélique dans lequel on reconnaît le nom du dieu Lugh, reconnu à tort par certains comme l'une des divinités de la lumière. En effet, plusieurs chercheurs ont souligné l'erreur étymologique qui a longtemps consisté à établir un parallèle entre lugh et lux (lumière, en latin) [1]. Pourtant, bien que certains aient voulu faire de Lugh un dieu du soleil [2], il n'en est rien puisqu'il est en réalité une divinité lumineuse et solaire, ce qui ne signifie pas qu'il incarne la lumière ou le soleil mais qu'il en concentre certaines propriétés en son être. À ce titre, Robert-Jacques Thibaud le présente comme « une divinité lumineuse (non le soleil) » [3].

À travers le nom qui lui a été donné, c'est ce dernier aspect de Lugh que fait ressortir cette fête. Le dieu y incarne l'idée de la lumière et de la chaleur du soleil qui vont commencer à diminuer sous peu. On célèbre alors le déclin imminent de l'astre solaire, anticipant ainsi les récoltes suivantes et l'enfoncement progressif dans la période hivernale qui se dessine. Ceci est assez logique puisque les récoltes permettent justement de préparer l'hiver car emmagasiner des victuailles et des ressources est indispensable si l'on veut pouvoir se nourrir convenablement durant cette longue période sombre.

 

La symbolique
Dans le cycle de la Roue de l'Année, Lammas/Lughnasadh est aussi parfois connu sous le sobriquet du « festival oublié » (the forgotten festival). Il est en effet l'un des sabbats les plus méconnus, bien qu'il soit tout aussi intéressant que les autres. Ceci est sans doute dû au fait qu'il tombe au beau milieu de l'été, lors d'une période pendant laquelle on pense le moins au prochain retour de l'hiver qui semble alors bien lointain, du moins aux yeux de notre société contemporaine.

L'image qui domine Lammas/Lughnasadh est celle de la récolte, première du calendrier wiccan. L'heure est à la récolte des fruits, du blé et d'autres céréales, et il n'y a pas grand effort à faire pour que l'esprit à l'imagination fertile voie tous ces éléments réunis dans une corne d'abondance. Par extension, Lammas/Lughnasadh est la période où l'on récolte le fruit de ce que l'on a semé, que ce soit sur le plan spirituel, humain ou matériel. En quelque sorte, le temps est venu en cette première récolte de faire un premier bilan et de compter ses acquis. Ceci fait bien sûr écho au sabbat suivant – Mabon, le Thanksgiving des sorcières – et le préfigure.

 

Les coutumes
Les traditions qui animent Lammas/Lughnasadh sont déjà présentes en filigrane dans les deux principaux noms de cette fête. Pour rendre hommage aux récoltes de fruits et de céréales, il est courant de dresser d'énormes paniers de fruits ainsi que d'énormes miches de pain que l'on partage avec ceux que l'on aime. On confectionne également des figures avec les épis de blé et les feuilles de maïs que l'on appelle corn dollies (poupées de grain). Le soleil peut également être mis à l'honneur à travers des jeux de miroirs comme par exemple en suspendant des pampilles derrière une fenêtre afin de refléter la lumière solaire (sun catchers).

Nombreuses sont les coutumes et traditions qui entourent le sabbat de la Première Récolte. La plupart sont tournées vers la magie culinaire et domestique, la guérison et les bienfaits prodigués par le soleil, etc. Rien n'empêche de se montrer inventif, du moment que l'on reste dans l'esprit de cette fête !

 

Je signale au passage un très bon ouvrage sur Lammas/Lughnasadh, dont la couverture illustre le présent article. Celui-ci offre un panorama très complet sur les origines, les coutumes, la magie, les jeux, etc. en rapport avec ce sabbat. Voici la référence complète :

Anna FRANKLIN, Paul MASON. Lammas: Celebrating the Fruits of the First Harvest. St Paul, MN: Llewellyn Publications, 2001

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NOTES
[1] Voir à ce propos : Robert-Jacques THIBAUD, Dictionnaire de mythologie et de symbolique celte, Paris : Dervy, 1995, p. 245, s.v. « Lug (ou Lugh) »; James McKILLOP, Oxford Dictionary of Celtic Mythology, Oxford: OUP, 2004 [1998], p. 305, s.v. "Lug Lámfhota".

[2] T.W. ROLLESTON, Celtic Myths and Legends, New York: Dover Publications, 1990 [Myths & Legends of the Celtic Race, 2nd and rev. ed., London: G.G. Harrap, 1917], p. 109.

[3] Robert-Jacques THIBAUD, Dictionnaire de mythologie et de symbolique celte, op. cit., p. 245.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 1er août 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)