runes

Sowilo ou le chemin de la victoire

Sowilo ou le chemin de la victoire

Tirage spécial Litha mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Le solstice d'été – aussi appelé Litha – est le jour le plus long de l'année et les célébrations dont il est l'objet mettent le soleil largement  à l'honneur, c'est pourquoi j'ai choisi d'utiliser pour ce tirage un symbole le représentant. Ainsi, la rune Sowilo – aussi appelée Sig, Sigil, ou encore Sol – est au cœur de ce tirage : non seulement la disposition des cartes la dessine, mais l'ensemble du tirage adopte en outre un angle directement inspiré de ses multiples significations, ce qui facilite les associations et enchaînements d'idées.

Sur le plan symbolique, Sowilo est la rune du soleil. Elle véhicule donc les notions de victoire, de succès, de réussite, de volonté, et représente l'énergie motrice qui permet aux projets de se mettre en place et de se construire de manière à aboutir dans les meilleures conditions. En parallèle, elle aide à la réalisation et au dépassement de soi, favorisant l'affirmation de soi et la confiance en soi. Afin de rassembler les divers aspects de cette rune, sa symbolique solaire et les notions véhiculées par le sabbat de Litha, j'ai décidé de les associer aux différentes parties et positions de ce tirage.

 

Objectif
Mener le consultant vers la victoire en ce qui concerne la réalisation d'un projet qui lui tient à cœur en travaillant sur ses forces intérieures et en les développant. Il sera ainsi en mesure d'insuffler à son projet les énergies qui, si elles sont utilisées de la manière qui convient, lui permettront d'aboutir dans les meilleures conditions et en garantiront le succès.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer sept cartes que l'on dispose comme suit :

Sowilo ou le chemin de la victoire

 

Lecture et interprétation
Chacune des lignes de ce tirage explore l'un des aspects liés aux forces intérieures du consultant, rappelant ainsi certaines des significations de la rune dont il est ici question. Les cartes positionnées aux angles de la rune appellent à l'action afin de mettre en application ce qui est mis en avant par les autres cartes. Ainsi :

Les cartes 1 et 2 abordent la question de la confiance en soi, indispensable à la bonne réalisation de tout projet. Ainsi, elles montrent au consutlant en quoi il manque de confiance en lui ou au contraire en quoi celle-ci est excessive. Il pourra alors la développer et l'employer à bon escient et en faire une alliée de taille dans sa poursuite du succès.

La carte 3 dépeint l'action qu'il est recommandé au consultant d'entreprendre ou l'attitude qu'il lui est suggéré d'adopter pour redynamiser sa confiance en lui et passer ainsi à l'étape suivante de la mise en place de son projet.

La carte 4 se focalise sur la manière dont le consultant peut renforcer sa volonté et sa détermination à mener son projet vers le succès.

La carte 5 indique l'action à entreprendre ou l'attitude à adopter par le consultant pour amorcer la concrétisation du projet.

Les cartes 6 et 7 évoquent le thème de l'affirmation de soi. Elles éclairent donc le chemin à suivre pour affirmer ses intentions et ce que l'on veut réaliser et montrent de quelle façon le consultant peut passer à l'action pour atteindre le but qu'il s'est fixé et connaître le succès auquel il aspire.

 

Remarques
Ce tirage plutôt facile à effectuer donne de précieux conseils quant au travail sur soi qu'il est recommandé d'entreprendre pour s'assurer d'adopter l'état d'esprit qui favorisera la réussite du projet qui nous tient à cœur. Ainsi, le consultant peut développer ses forces et s'appuyer dessus pour renforcer et affiner la stratégie qu'il a déjà mise en œuvre afin de la rendre encore plus efficace.

La seule difficulté qui peut se poser à l'interprète au cours de la lecture est sans doute liée à la précision des différentes positions adoptées par les cartes. En effet, il est préférable de bien connaître le jeu que l'on utilise car il sera nécessaire d'être en mesure d'en exploiter toutes les nuances et les subtilités. Cependant, il est possible d'effectuer ce tirage quel que soit le degré d'expertise du cartomancien, car celui-ci sera formateur : pour qui a une connaissance approfondie de son outil, il sera révélateur de ce qui est profondément enfoui en celui qui interroge les cartes ; pour qui a une connaissance approximative ou tâtonne encore avec son jeu, il mettra en relief des aspects auxquels ils n'aurait sans doute pas pensé dans un autre contexte.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. On peut bien sûr privilégier les supports à consonnance néo-païenne et ceux qui exploitent des thèmes liés aux mythologies germano-scandinaves en général et aux runes en particulier. On pensera par exemple au Green Witch Tarot ou à des oracles tels que The Hidden Path et The Well Worn Path, mais aussi au très beau Tarot of Northern Shadows. Il existe également de très jolis oracles représentant les runes, dont La Magie des Runes (Voenix, éd. AGM AGMüller) et Oracle des Runes (éd. Lo Scarabeo) sont de beaux exemples. Enfin, si l'on possède des runes, elles constitueront aussi un très bon support pour ce tirage ! Vous n'avez pas de runes ? Fabriquez-en !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 21 juin 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

 

Fabriquer ses runes soi-même

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cette année, Mabon tombe en même temps que la pleine lune : comme la nature est bien faite ! Joyeux Mabon à tous et toutes ! Puisse la dernière fête de l’année sorcière vous apporter quiétude et réaliser vos souhaits !

L’article de ce soir n’est pas consacré au sabbat, mais les quelques astuces que voici raviront je l’espère ceux et celles qui se demandent comment fabriquer facilement ses propres runes. Au passage, des runes peuvent faire un joli cadeau de Mabon pour une personne envers qui l’on est reconnaissant…

La méthode qui suit a été testée (et approuvée) par mes soins, et les premiers jeux ont été terminés à temps pour Mabon. Je ne transcris que la procédure « technique » de fabrication, car pour l’aspect rituel qui l’accompagne, chacun(e) fait en son âme et conscience. Cependant, il est vivement conseillé d’entreprendre ce travail en phase de lune croissante afin de terminer aux alentours de la pleine lune. Bien qu’il existe plusieurs supports possibles tels que le bois, la pierre (semi-précieuses, galets), les coquillages, etc., j’ai choisi l’argile auto-durcissante, car celle-ci ne nécessite aucune cuisson et est facile à manipuler.

 

Matériel
- argile auto-durcissante (pas chère, on en trouve dans n’importe quel magasin spécialisé dans les loisirs créatifs) ;

- peinture acrylique (se trouve aussi dans les magasins pour loisirs créatifs ; sert à peindre les motifs) + pinceau pour peinture acrylique (le choisir fin !) ;

- vernis acrylique transparent (se trouve là encore dans les magasins pour loisirs créatifs) + pinceau pour vernis acrylique) ;

- papier sulfurisé + plaque à pâtisserie (ou planche) ;

- bâtonnet en bois pour dessiner les motifs sur l’argile (on en trouve dans les rayons manucure) ;

- lime à ongles en carton (pour polir les runes en douceur une fois l’argile sèche) + un petit pinceau type blush pour enlever les poussières.

 

Procédure
Une fois tous ces éléments réunis, il faut s’armer de patience et être prêt à y travailler plusieurs soirs de suite.

ÉTAPE 1 : façonner les runes et les dessiner
Prendre un peu d’argile dans la main et façonner chaque rune avec les doigts. Il est recommandé de leur donner une forme ovale ou rectangulaire afin de faciliter la lecture du sens (droit ou renversé) dans les tirages (ce que des runes carrées ou rondes rendent impossible). Par ailleurs, veillez également à les faire plutôt petites et assez épaisses, sans quoi elles risquent d’être très fragiles !

Poser chaque rune sur la plaque couverte de papier sulfurisé. Une fois les 25 formes prêtes, se munir d’un bâtonnet en bois type manucure et dessiner chaque lettre sur les morceaux d’argile.

Laisser reposer 24 heures (ou plus, en fonction de l’épaisseur) pour que les runes sèchent. Il est important qu’elles soient bien sèches pour l’étape suivante, car l’argile auto-durcissante est poreuse et doit être protégée de l’humidité. En cas de doute, laisser reposer plus longtemps.

ÉTAPE 2 : polir et peindre les lettres
Le jour (ou le soir) suivant, polir doucement les contours des runes à la lime à ongles pour arrondir les bords. Cela les rendra moins cassants et permettra de leur donner une forme plus régulière. De cette manière, gommer les aspérités, puis épousseter avec le pinceau à blush pour éviter que la poussière ne se mêle à la peinture et complique la tâche suivante.

Ensuite, peindre les symboles en remplissant les sillons creusés la veille. Attention, la patience est de mise, car la peinture acrylique est épaisse et les bavures sont vite arrivées !

Une fois toutes les lettres peintes, bien laisser sécher.

ÉTAPE 3 : vernir les runes
Une fois la peinture sèche (le soir d’après, par exemple), vernir les runes sur la première face. Là encore, bien laisser sécher, puis (le soir suivant, pas sécurité) vernir le dos. Si nécessaire, renouveler cette étape et passer une deuxième couche de vernis.

 

Et voilà, une fois les runes sèches, elles sont prêtes et il n’y a plus qu’à les mettre dans un petit sac ! Bien sûr, le résultat ne sera peut-être pas parfait dès le premier essai, mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron ! Quoi qu’il en soit, un jeu que l’on fabrique soi-même aura une valeur particulière, que ce soit sur le plan divinatoire ou méditatif : le fait de l’avoir façonné crée un lien particulier entre l’artisan et les runes, car celui-ci a eu le temps de faire connaissance avec chacune d’elles durant les différentes étapes de fabrication.

 

Précisions
L’utilisation des runes n’étant pas très répandue, ces outils sont assez méconnus. Par conséquent, on lit souvent d’énormes âneries à leur sujet, que ce soit sur Internet ou dans les livres.

L’une des plus grosses erreurs concerne leur origine : NON, il n’existe rien de tel que des « runes celtiques » ! Les runes sont d’origine nordique, qu’on se le dise ! Je ne vais pas retracer ici toute leur histoire, mais il faut savoir que c’est Odin qui acquit ces lettres sacrées en se sacrifiant : pendu par le pied à l’arbre axe du Monde Yggdrasill durant neuf nuits, il endura maintes souffrances avant que ne lui soit révélé cet alphabet et qu’il puisse le graver. Cet épisode est relaté dans le poème appelé le Rúnatal (ou « Dénombrement des Runes) qui constitue le chant V des Hávamál (« Les Dits du Très-Haut ») dans les Eddas : 

Je sais que je pendis
À l’arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d’une lance
Et donné à Ódinn,
Moi-même à moi-même donné,
- À cet arbre
Dont nul ne sait
D’où proviennent les racines. 

Point de pain ne me remirent
Ni de corne ;
Je scrutais en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, retombai. 

Neuf chants suprêmes
J’appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Ódrerir. 

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
À croire et à prospérer,
- De parole à parole
La parole me menait
D’acte en acte
L’acte me menait. 

Tu découvriras les runes
Et les tables interprétées,
Très importantes tables,
Très puissantes tables
Que colora le sage suprême
Et que firent les puissances
Et que grava le Crieur des Dieux. 

Ódinn parmi les Ases les grava,
Pour les Alfes, ce fut Dáinn,
Dvalinn, pour les nains,
Ásvidr pour les géants,
J’en gravai moi-même quelques-unes. 
 
Sais-tu comment il faut tailler ?
Sait-tu comment il faut interpréter ?
Sais-tu comment il faut teindre ?
Sais-tu comment il faut éprouver ?
Sais-tu comment il faut demander ?
Sais-tu comment il faut sacrifier ?
Sais-tu comment il faut offrir ?
Sais-tu comment il faut immoler ? 

Mieux vaut ne pas demander
Que trop sacrifier.
Qu’il y ait toujours récompense pour don.
Mieux vaut ne pas offrir
Que trop immoler.
Voilà ce que Thundr grava
Avant les origines de l’humanité ;
Là, il ressuscita
Quand il revint.

 

[Voir Régis Boyer (comm. & trad.), L’Edda Poétique, Paris : Fayard, 1992]

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 septembre 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)