relations sentimentales

La Ronce et la Rose

La Ronce et la Rose

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

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Introduction
Bien qu'il ait été conçu spécialement pour le mois de mai, ce tirage peut être effectué à n'importe quel moment de l'année dès lors que la situation du consultant le requiert. Sa connexion au mois de mai vient de la ballade « Barbara Allen », qui raconte l'histoire malheureuse de deux amoureux qui ne parviennent pas à se réconcilier suite au comportement blessant de l'un et à l'orgueil de l'autre.

Les plus anciennes versions connues de cette ballade remontent au XVIIème siècle en Écosse et les personnages de Barbara et Sweet William s'inscrivent dans le folklore courant. Avec le temps et les mouvements de population, la chanson a voyagé pour arriver aux États-Unis et faire là aussi partie du folklore musical, tant et si bien qu'elle a été recensée par Francis James Child au XIXème siècle lorsqu'il a décidé de répertorier en les numérotant les chants traditionnels (folk songs) anglais et écossais que l'on trouvait alors sur le territoire américain. C'est pourquoi « Barbara Allen » est souvent appelée « Child Ballad n°84 » ou « Child 84 ».

Selon les époques et les régions, la ballade a connu un grand nombre de mutations et d'adaptations. La tradition orale dominante aidant, elle s'est transformée et a évolué en fonction des aspects de la légende que l'on souhaitait mettre en avant. Dans tous les cas, la trame qui constitue la base du récit reste la même : les événements se passent en mai tandis que les roses bourgeonnent et fleurissent, dans une petite ville qui est tantôt nommée, tantôt anonyme. L'amour qu'il voue à Barbara Allen rend Sweet William gravement malade et le contraint à rester allité. Il envoie donc son domestique chercher Barbara Allen car il souhaite lui parler. Celle-ci consent à se déplacer mais adopte une attitude très dure envers Sweet William, lui reprochant son attitude envers d'autres femmes car elle en a été profondément blessée. Elle refuse de l'écouter, se contente de constater qu'il est mourant et tourne les talons, le laissant à sa peine. Comprenant qu'il a perdu Barbara Allen, Sweet William meurt de chagrin en demandant à ses amis de prendre soin de celle qu'il aime. Alors qu'elle est en train de rentrer chez elle, Barbara apprend la mort de Sweet William et, réalisant combien elle a été dure, elle s'effondre de douleur et comprend qu'elle vient de perdre celui qu'elle aime. Elle meurt à son tour le lendemain et est enterrée à côté de Sweet William dans le cimetière attenant à l'église. De la tombe de Sweet William s'élève une rose (qui prend racine en son cœur) et de celle de Barbara Allen une ronce (qui prend là aussi racine en son cœur). À mesure que les deux plantes poussent le long du mur du cimetière, elles s'entremêlent pour former un nœud d'amoureux (« a true lover's knot », dit la ballade) et réunissent Barbara Allen et Sweet William à jamais.

On ne compte plus les versions de cette ballade tant elles sont nombreuses, chaque artiste ayant pris soin d'y apporter son empreinte. Parmi les interprétations les plus connues et les mieux réussies, on peut notamment écouter celles de Pete Seeger, Joan Baez, Bob Dylan (pour qui cette ballade, faisant partie de ses chansons préférées, fut une source d'inspiration considérable), The Everly Brothers, Dolly Parton (avec Altan, premier et dernier couplets en gaélique irlandais), Crystal Gayle, Johnny Cash (texte réadapté par Johnny Cash), Emmylou HarrisSimon & Garfunkel, Judy Collins, Marie Laforêt, ou encore Blackmore's Night.

Cette chanson fait partie de mes préférées, car depuis le jour où je l'ai écoutée pour la première fois, j'ai été littéralement charmée par la magie qui s'en dégage et par la poésie avec laquelle les sentiments amoureux y sont présentés, en particulier à travers les symboles de la ronce et de la rose. Ces derniers sont d'ailleurs au cœur du tirage puisque j'ai repris l'image de ces deux plantes qui s'élèvent des tombes de Barbara Allen et de Sweet William et s'entremêlent pour former le nœud d'amoureux qui les réunit à la fin de la ballade. Le tirage suit la chronologie habituelle de l'histoire, dont chaque élément est associé à un point sur l'une ou l'autre plante. Ainsi, à mesure que l'on progresse dans la ballade, on s'élève avec la ronce et la rose pour se diriger vers la possibilité d'une éventuelle réconciliation, et dans tous les cas d'un apaisement de la situation qui est vécue par le consultant.

 

Objectif
Voir dans quelle mesure il est possible de réparer une relation amoureuse abîmée et d'aller vers l'apaisement.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer quatorze cartes que l'on dispose comme suit :

La Ronce et la Rose

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties qui font chacune allusion à des éléments clefs de la ballade. Ainsi, la première partie comprend les cartes 1, 2 et 3 et fait référence à la terre d'où s'élèvent la ronce et la rose ; la deuxième, qui réunit les cartes 4, 6, 8, 10 et 12, dépeint la ronce ; la troisième illustre la rose à travers les cartes 5, 7, 9, 11 et 13. Enfin, la dernière carte, qui couronne l'ensemble du tirage, représente le nœud que finissent par former la ronce et la rose qui s'élèvent respectivement des cœurs de Barbara et William.

Première partie : La terre, les racines, les fondements, l'état des lieux – lames 1 à 3
Lame 1. Les racines de la situation actuelle. l'état de la relation et des sentiments partagés par les deux partenaires au moment du tirage.

Lame 2. Ce qui donnera naissance à la ronce, c'est-à-dire ce qui a fait que l'on en est arrivé là, le grief qui est à l'origine de la brouille, de la dispute ou du différend.

Lame 3. Ce qui permettra à la rose de sortir de terre : le type de sentiments amoureux qui subsistent malgré l'incompréhension et animosité.

Deuxième partie : La ronce – la situation telle qu'elle est vécue par Barbara (lames 4, 6, 8, 10 et 12)
Lame 4 : La peine qui mène Barbara à montrer un cœur de pierre. Les sentiments douloureux provoqués par les actes évoqués par la lame 2. La peine causée par la discorde, le ressentiment qui éloigne les deux partenaires.

Lame 6 : Blessée, Barbara refuse d'écouter Sweet William. Ce qui provoque la réticence par rapport à l'idée de communiquer. Le manque de communication ; le refus de communication.

Lame 8 : Barbara apprend la mort de Sweet William et réalise qu'elle l'aime. Cette lame représente le choc qui fait prendre conscience du changement qui doit s'opérer – de manière douloureuse – afin de réorienter les choses et de réaliser si les sentiments sont toujours là ou non. On se rend compte de ce que l'on a perdu.

Lame 10 : Suite à la mort de Sweet William, la peine de Barbara l'emporte et elle s'en veut d'avoir été si cruelle envers lui ; elle rejoint donc celui qu'elle aime et meurt à son tour. Cette lame décrit ce que l'on regrettera d'avoir fait ou dit (ou de n'avoir pas fait ou dit) et pointe vers un début de rapprochement entre les deux partenaires.

Lame 12 : Barbara est enterrée auprès de Sweet William. Cette lame dépeint l'élan qui mène au rapprochement des deux partenaires.

Troisième partie : La rose – la situation telle qu'elle est vécue par William (lames 5, 7, 9, 11 et 13)
Lame 5 : Sweet William souffre de la situation et tombe gravement malade. Les effets de la douleur provoquée par la discorde, ce qui tient les partenaires éloignés malgré les sentiments existants.

Lame 7 : Sweet William tente de s'expliquer auprès de Barbara, mais en vain. Les tentatives de communication infructueuses et avortées, celles qui ont éloigné le couple au lieu de le rapprocher. Les raisons qui font que ces tentatives ont échoué.

Lame 9 : La mort de Sweet William. La résignation. L'acceptation de la situation et de l'éventualité d'une séparation définitive, d'une non-réconciliation et ce que l'on souhaite – de bien – pour l'autre partenaire. La manière dont on envisage de s'effacer s'il n'y a pas d'autre issue.

Lame 11 : Sweet William est enterré dans le cimetière attenant à l'église. Le sacrifice que l'on est prêt à faire pour réparer la relation, ce que l'on est prêt à laisser derrière soi pour aller vers la réconciliation et trouver la paix.

Lame 13 : La rose qui s'élève du cœur de Sweet William. Les sentiments qui subsisteront et/ou qui renaîtront et pourront apaiser la relation et lui donner une nouvelle chance.

Quatrième partie : Le nœud – la réunion des amants au-delà des difficultés (lame 14)
Lame 14 : Le nœud que forment la ronce et la rose en poussant contre le mur. La manière dont le conflit se soldera ; comment les deux partenaires se retrouveront (ou non). Ce qui ressortira des efforts faits pour apaiser le conflit. La résolution de la situation.

 

Remarques
Ce tirage est assez complexe à réaliser, non par le nombre de lames qu'il requiert, mais plutôt par sa structure et en raison du caractère approfondi de l'exploration qu'il permet. En effet, il est ici question d'une analyse poussée de l'état de la relation amoureuse que vit le consultant, et en particulier du conflit qu'il traverse. Aussi, si l'on veut produire une bonne interprétation de ce tirage, il faut tenir compte de la complexité inhérente à toute relation et aux sentiments amoureux.

Si les parties intitulées la ronce et la rose dépeignent respectivement les comportements et sentiments de Barbara Allen et Sweet William dans la ballade, il ne faut pas oublier que les choses sont souvent loin d'être aussi divisées dans la vie de tous les jours. Bien qu'il soit possible au sein d'une relation que l'un des deux partenaires ait le beau rôle tandis que l'autre tient le mauvais, il est tout de même assez rare que les choses soient aussi simples et limpides, car c'est souvent la confusion des sentiments qui règne et qui mène à des paroles ou à des actions apparemment contradictoires par rapport à ce que l'on ressent. C'est pourquoi il est important pour ce tirage que le consultant soit prêt à être honnête envers lui-même puisqu'il sera amené à être confronté à ses aspects les plus sombres – et parfois les plus inavouables. Il se retrouvera donc face à face avec ses sentiments, mais aussi avec sa capacité à faire souffrir l'autre, ce qui est rarement exploré de manière aussi appuyée.

Par ailleurs, il est important de noter que si la structure du tirage suit la chronologie des événements rapportés dans la ballade, il n'est pas dit pour autant que l'issue en soit la même ! En d'autres termes, la fin de la légende voit les deux partenaires réunis par-delà la mort, et ces retrouvailles marquent leur union éternelle et indéfectible. S'il est évident que l'issue montrée par le tirage fait allusion à la mort de Barbara et William pour sa portée symbolique, il faut également garder à l'esprit la possibilité de voir dans les cartes une issue peu favorable à la continuité de la relation du consultant, car tout dépend de la lame qui est tirée. Ainsi, il peut arriver que la seule issue possible à la relation soit la séparation, car la rupture est parfois le seul moyen de retrouver paix et sérénité pour les deux partis.

Comme on peut le voir, ce tirage permet une analyse très détaillée et toute en nuances des relations amoureuses qui connaissent des périodes difficiles, en particulier lorsque l'éloignement des deux partenaires est au centre des préoccupations. Grâce à lui, il est possible d'en identifier les causes profondes, mais aussi d'entrevoir de quelle manière les choses peuvent être réparées... si tant est qu'elles puissent l'être. Dans tous les cas, il aide à trouver l'apaisement, quelle que soit l'issue de la situation.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Toutefois, si l'on souhaite exploiter au maximum le thème dont il est ici question, on pourra privilégier les supports qui explorent l'amour, que ce soit en faisant référence à diverses mythologies ou à la littérature. Par exemple, The Lover's Path Tarot de Kris Waldherr sera un magnifique outil. Les jeux mettant en avant l'exploration de soi et l'introspection conviendront également parfaitement. On pensera notamment au très complet Madame Endora's Fortune Cards, ou encore au Chrysalis Tarot, qui est particulièrement bien adapté à ce type de questionnement.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 mai 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Tirage de l'Association

Le Tirage de l'Association

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Objet
Analyser et évaluer les potentiels, les forces et les faiblesses d’une association entre le consultant et un autre parti.

 

Présentation du tirage
La structure de ce tirage est bâtie à partir de l’une des nombreuses formes du tirage en trois lames. Ici, j’ai choisi d’établir une symétrie entre les trois axes d’investigation qui sont : le consultant, l’autre parti, et l’interaction des deux. Ainsi, chacun est traité de la même façon, c’est-à-dire sous les trois mêmes aspects : ses forces, ses faiblesses, et ce qu’il apportera dans la relation ou association (la manière dont il se comportera au sein de celle-ci). Ceci permet d’analyser la situation selon différents points de vue et d’avoir un aperçu assez précis de ce que l’on examine.

Puisqu’il comporte dix lames, ce tirage peut paraître complexe. Pourtant, il est en réalité très simple, précisément en raison de l’association des trois tirages en trois lames qui le rendent particulièrement abordable. Extrêmement malléable, il peut s’utiliser pour analyser tout type d’associations, qu’elles soient professionnelles, sentimentales ou relationnelles. L’examen de la situation est plutôt complet et précis, et la carte couronne (la dixième) donne une ouverture à plus long terme, permettant ainsi d’envisager une forme de « finalité », une sorte de « résultat » qui découle alors directement de ce qui a été observé dans l’ensemble du tirage.

 

Procédure
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire dix lames que l’on dispose comme suit :

Le Tirage de l'Association

 

Lecture et interprétation
Pour plus de clarté dans la lecture, il est recommandé de considérer d’abord les cartes par colonnes, afin de respecter la structure interne qui correspond à plusieurs tirages en trois lames. En effet, la première colonne (lames 1, 2 et 3) concerne le consultant, la deuxième (lames 4, 5 et 6) l’autre parti et la troisième l’interaction (association) des deux (lames 7, 8 et 9). Enfin, la carte couronne (lame 10) donne une sorte de conclusion générale au tirage.

Chaque colonne est composée de trois lignes qui se lisent comme suit :

Ligne 1. Les forces, les qualités, les avantages apportés dans l’association par le consultant (lame 1), par l’autre parti (lame 4) et les forces, qualités et avantages qui résultent de leur association (lame 7).

Ligne 2. Les faiblesses, les défauts, les inconvénients apportés dans l’association par le consultant (lame 2), par l’autre parti (lame 5) et les faiblesses, les défauts, les limites et les inconvénients qui résultent de leur association (lame 8).

Ligne 3. Ce que chacun apportera à l’association, le comportement que l’on adoptera en association (le consultant : lame 3 ; l’autre parti : lame 6) et l’impact sur l’association des deux entités (lame 9), ce qui ressort de l’association.

La lame 10 se lit en dernier et conclut le tirage. Elle éclaire sur les auspices sous lesquels se présente l’association et permet d’en entrevoir une certaine finalité.

 

Remarques
L’un des avantages de ce type de tirage est de présenter plusieurs axes de lecture. En effet, on peut commencer par examiner les attitudes individuelles par rapport à l’association sur laquelle on interroge les cartes – voir plus haut –, mais l’on peut également, une fois cela fait, procéder à une lecture comparative. On considère alors chaque ligne, en comparant à chaque fois les attitudes des deux partis et en prenant la lame du milieu comme une sorte de « somme » des deux autres.

 

Outils à privilégier
Ce tirage peut s’effectuer avec n’importe quel type de tarot (Marseille, Rider-Waite Smith, Crowley) ou avec des oracles tels que le Belline, la Triade, « Madame Endora’s Fortune Cards », etc.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 décembre 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)