oracles

Deux jeux pour un tirage

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Voici deux techniques qui vont sûrement éveiller les curiosités.

Dans certains cas, il est intéressant d'utiliser plusieurs jeux (généralement deux) dans le même tirage. Ceci permet de combiner les approches et les perspectives tout en révélant des précisions très utiles. N'hésitez pas à les tester et à dire ce que vous en pensez !

 

Deux jeux, à des positions différentes au sein du tirage
Tous les jeux ne mettent pas l'accent sur les mêmes aspects : certains sont particulièrement bien adaptés pour le domaine matériel tandis que d'autres le sont pour les domaines spirituels ou émotionnels. D'autres jeux encore combinent tous les aspects, mais il est parfois utile de faire appel à une facette plutôt qu'à une autre.

L'avantage de cette méthode est que l'on peut créer des tirages d'apparence complexe, mais qui se révèlent faciles à interpréter. Ceci implique bien sûr de déjà bien connaître les deux jeux que l'on souhaite utiliser afin de pouvoir en tirer le meilleur. Ainsi, lorsqu'on construit son tirage, on veille à attribuer à chaque jeu les positions adéquates. Pour des illustrations de cette méthode, vous pouvez regarder les tirages que j'ai créés pour des occasions particulières (en fonction des questions posées par des consultants), notamment celui sevrant à obtenir un conseil sur l'orientation professionnelle.

 

Deux jeux, dont le second couvre le premier
On peut aussi effectuer un tirage avec un premier jeu et le couvrir avec un autre. Cette méthode est souvent surprenante par la justesse des résultats qu'elle donne, car non seulement elle permet d'obtenir de précieuses précisions, mais elle montre aussi la complémentarité entre les jeux et la façon dont le second vient en quelque sorte rééquilibrer le tirage en nuançant l'ensemble.

Lorsqu'on utilise cette méthode, il faut veiller à plusieurs choses lors de l'interprétation. Tout d'abord, on regarde (rapidement) la première « couche » de cartes tirées et l'on se fait une idée de l'ambiance générale. Ensuite, on considère (rapidement toujours) la deuxième « couche » pour en cerner les points principaux. Il arrive très souvent que les deux « couches » racontent la « même histoire » et ce dès le premier coup d'œil. Il arrive aussi qu'elles racontent la « même histoire » à des niveaux différents. Les corrélations entre les lames sont alors moins évidentes à distinguer, et certaines associations peuvent même paraître contradictoires.

C'est pourquoi l'interprétation proprement dite se fait de façon minutieuse en combinant les observations générales et l'analyse de chaque paire et de la manière dont elles s'enchaînent dans le tirage, de la même façon qu'une carte ne s'interprète jamais seule et doit être mise en perspective avec l'ensemble du tirage. Les paires se lisent exactement comme tout tirage couvert, c'est-à-dire que la première lame annonce toujours l'élément principal tandis que la seconde le qualifie ou le précise.

 

Quelles sont les associations de jeux les plus pertinentes ?
Pour tirer le meilleur de cette méthode, il convient de veiller à utiliser des jeux « compatibles ». En règle générale, il est particulièrement indiqué d'opter pour un tarot que l'on couvre avec un oracle. En effet, combiner deux oracles serait redondant et pourrait même donner des informations contradictoires. En revanche, un tarot couvert d'un oracle sera bien plus révélateur dans le sens où ces deux types de jeux sont différents et s'adressent donc à l'interprète sur deux plans différents. Le tarot de Marseille et le Rider-Waite Smith sont tout aussi appropriés l'un que l'autre. Avec le tarot de Marseille, on privilégiera l'usage des arcanes majeurs tandis qu'avec le Waite on mélangera les majeurs et les mineurs.

Deux oracles sont particulièrement bien adaptés à ce genre de méthode et sont donc compatibles avec le tarot : l'Oracle Belline et la Triade. Ceux-ci portent des symboles dont l'interprétation se décline en fonction du contexte, et bien que les lames portent un titre permettant de guider l'interprète, elles ne donnent pas de phrase-message qui limiterait considérablement le champ de lecture dans ce contexte précis. L'Oracle Gé est aussi compatible avec cette méthode.

Les associations entre le tarot et « Madame Endora's Fortune Cards » sont également possibles, malgré la phrase-message que l'on peut lire sur les cartes. En effet, cet oracle présente plusieurs qualités qui permettent des usages très variés, dont celui-ci. Même si les lames comportent des phrases-messages, celles-ci ne sont pas réductrices et combinées aux figures et symboles qui y sont dépeints, elles permettent d'élargir le champ d'interprétation. Ceci est aussi dû à la structure particulière de l'oracle qui, très précise, équivaut à une représentation équilibrée du Monde, ce qui est déjà le cas avec le Belline et la Triade. « Madame Endora's Fortune Cards » peuvent donc elles aussi couvrir des tirages effectués avec le tarot.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 03 octobre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Quelques superstitions et idées reçues sur les cartes et la cartomancie

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Comme la plupart des disciplines ésotériques, la divination par les cartes est souvent entourée d’une aura de mystère, plus souvent par méconnaissance que par dissimulation. Bien sûr, certains cartomanciens aiment se complaire là-dedans et en jouent, ce qui leur ouvre un large champ de manipulation pour duper leurs consultants. Il n’est pas question de ce genre de pratiques ici. Bien au contraire. Cet article vise à tordre le cou à certaines idées reçues sur la cartomancie, qui relèvent plus de la superstition et du fantasme que d’une approche raisonnée et rationnelle. On verra ainsi que ce qui apparaît aux yeux de certains comme des pratiques « suspectes » n’est en réalité qu’un ensemble de techniques et de méthodes bien définies… et à la portée de tous !

La liste présentée ci-dessous en treize points n’est pas exhaustive et ne montre qu’une petite partie des superstitions et idées reçues qui courent sur le sujet. Aussi, il est fort probable que d’ici quelque temps, un autre article du même genre voie le jour !

 

1) Tirer les cartes est un acte magique
Faux. C’est sans doute l’idée reçue la plus répandue. Pourtant, il n’y a rien de « magique » ou de « surnaturel » à la cartomancie. Tirer les cartes ne constitue en rien un acte ou un rituel magique. Pas de magie cérémonielle là-dedans donc, pas plus que de magie évocatoire ou invocatoire. Bien sûr, il est tout à fait possible d’utiliser les cartes – en particulier le tarot – dans de tels contextes, mais on sort alors de la cartomancie, qui est un art divinatoire.

En cartomancie, on travaille sur les symboles présents sur les lames tirées par le consultant. Un symbole est un signe défini qui porte une signification particulière et commune dans la mémoire collective d’un peuple et/ou d’une culture. La cartomancie s’appuie sur le déchiffrage des symboles présents sur les lames tirées, en fonction de l’identité culturelle non seulement de l’interprète, mais surtout de celle que véhicule le jeu ou l’outil employé. Cette pratique n’est donc pas un acte magique en soi au sens commun du terme, à moins bien sûr que l’on ne considère que se connecter à la mémoire collective en soit un. À ce moment-là, il ne s’agit pas de la même magie que celle à laquelle on pense habituellement.

 

2) Un rituel (ou une mise en scène) est indispensable
Vrai… et faux ! Comme précédemment, tout dépend des définitions que l’on donne aux mots. Ici, il convient tout d’abord de revenir sur la notion de « rituel » et d’en évaluer l’utilité dans le cadre d’une consultation. En règle générale comme en magie, un rituel est un ensemble d’actes et de gestes que l’on répète méticuleusement avant d’accomplir quelque chose, et ce dans le but d’assurer le bon déroulement de ce que l’on a à faire. Par exemple, certains artistes refont toujours les mêmes gestes avant d’entrer en scène. Ceux-ci, s’ils n’ont pas d’effet prouvé sur le bon déroulement de la représentation, rassurent le comédien/chanteur/musicien et le mettent dans de bonnes conditions pour son entrée en scène et lui donnent confiance en lui, comme si la répétition de ces gestes lui donnait la force nécessaire à l’accomplissement de sa mission. C’est justement le rôle d’un rituel, magique ou non, que d’assurer à celui qui le pratique qu’il trouvera « la bonne énergie » nécessaire à la réussite de son entreprise.

Oui, mais qu’en est-il de la cartomancie ? On trouve des attitudes très différentes quant à la pratique de rituels : certains ne tirent jamais les cartes sans en effectuer, tandis que d’autres n’y prêtent pas d’attention particulière. Mais si l’on regarde de plus près, il est des rituels subtils qui, s’ils sont discrets, n’en sont pas moins présents. Pour certaines personnes, il est impensable de tirer les cartes sans un rituel de mise en condition. Celui-ci peut être la mise en place d’un autel, la présence de bougies, d’encens, la récitation d’une prière, etc. Pour ceux qui pratiquent ainsi, ce type de rituel « met en marche » le processus divinatoire. En réalité, ceci aide le pratiquant à se concentrer et à « se connecter » à la mémoire collective à laquelle il a besoin d’avoir accès pour pouvoir déchiffrer les symboles et les signes. D’autres ne pratiquent pas ce genre de rituels et de mise en scène, car pour eux la « connexion » se fait naturellement en raison peut-être d’une plus grande facilité à se concentrer pour la lecture des cartes. Dans ce cas, pas besoin de dispositions particulières pour « aider » à la divination.

La nécessité d’un rituel paraît alors discutable. Pour ma part, je n’en effectue aucun car je n’en ressens pas le besoin d’une part, et parce que je ne considère pas que tirer les cartes soit un acte magique d’autre part. Au contraire, je vois cela d’un œil rationnel. Comme je l’ai expliqué, ces rituels servent plus à mettre le cartomancien en confiance par rapport à ce qu’il s’apprête à faire qu’à réellement « mettre en marche » un mécanisme de divination qui serait indépendant du cartomancien. Le rituel n’est donc pas nécessaire en soi et ne doit jamais servir à duper le consultant en voulant lui faire croire que l’on est un grand magicien en contact avec les secrets des dieux ou que sais-je encore. Il est tout à fait possible de tirer les cartes sans préparation particulière, tout dépend de la facilité qu’a le cartomancien à se concentrer.

En d’autres termes, si la présence d’un rituel est définie selon chacun en fonction de ce qu’il juge nécessaire pour se mettre dans de bonnes conditions, elle ne doit en aucun cas servir à faire passer la consultation ou le cartomancien pour ce qu’ils ne sont pas. Comme je l’ai dit plus haut, il est d’autres gestes, très discrets cette fois, qui peuvent aussi constituer des « rituels ». Parmi ceux-ci, on trouve le déroulement général de la consultation, mais aussi le fait, par exemple, de ranger les cartes en les remettant dans l’ordre à la fin d’un tirage ou de la consultation. Ceux-ci sont également symboliques et ont déjà été évoqués ici.

Bien sûr, les clichés sont très résistants et donc difficiles à éliminer, et il arrive fréquemment que les consultants soient un peu déstabilisés lorsqu’ils se trouvent face à un(e) cartomancien(ne) qui aborde la consultation sans mise en scène particulière ou rituel, presque déçus de l’absence de « magie » !

 

3) Quand on tire les cartes, on fait appel aux esprits ou aux dieux
Faux. La cartomancie n’a rien à voir, que ce soit de près ou de loin, avec du spiritisme, et encore moins avec un rapprochement avec le Divin. De la même façon que cette pratique n’a rien de « magique » en elle-même, elle ne fait appel à rien d’autre qu’à la capacité d’analyse de l’interprète et à son habileté à déchiffrer les symboles qu’il rencontre. Les interprétations qu’il fait lui sont propres et ne sont pas dictées par « autre chose » que ce qu’il voit sur les cartes.

Bien sûr, il est tout à fait possible de contacter les défunts et d’obtenir des messages de leur part à travers les cartes, mais ce type de pratique relève, pour le coup, plus du spiritisme que de la cartomancie « classique » à proprement parler.

 

4) Tirer les cartes est dangereux
Faux. Suite à ce qui vient d’être expliqué, il apparaît clairement que la cartomancie ne peut pas être dangereuse en termes d’interférences entre les différents plans. Ne faisant pas appel aux esprits, ne faisant pas intervenir les dieux et n’étant pas un acte magique, cette discipline ne peut présenter de danger à ce niveau pour celui qui la pratique. D’où l’inutilité des rituels de protection effectués par certains avant toute manipulation.

Le seul danger que peut représenter la cartomancie est on ne peut plus terrestre. En effet, il arrive qu’à consulter les cartes trop fréquemment et/ou pour des broutilles, on en devienne dépendant, bien incapable de prendre quelque décision que ce soit sans avoir consulté au préalable. Il y a là bien plus de risques que sur tous les autres plans ! Ici, ce n’est pas l’acte en lui-même qui présente des risques, mais plutôt l’attitude de celui qui consulte et/ou de l’interprète qui ne sait poser certaines limites au consultant.

 

5) Les cartes ne servent qu’à prédire le futur
Faux. Contrairement à l’image immuable – semble-t-il – de la cartomancienne qui dit au voyageur « Tire quelques cartes, et je te dirai ce que l’avenir te réserve ! », la cartomancie connaît des champs d’application beaucoup plus vastes que celui qui consiste simplement à dévoiler le futur. D’ailleurs, « prédire » l’avenir n’est pas nécessairement l’activité principale du cartomancien. En effet, il est bien plus courant de voir des consultants qui cherchent à résoudre un problème présent que des consultants dont la seule préoccupation est de savoir de quoi demain sera fait.

La cartomancie est un formidable outil d’analyse ! Quelle que soit la situation – si tant est, bien sûr, qu’elle soit acceptable selon les termes du code éthique fixé par chacun –, les cartes mettent en valeur un point de vue neutre et amènent le consultant à considérer sa situation sous un autre angle. Ainsi, il obtient de précieux conseils qui lui permettront de démêler la situation présente… et donc d’améliorer son futur !

Afin de se défaire du cliché selon lequel les cartes ne font que prédire le futur, il faut comprendre de quelle manière le futur se construit. Considérer que les cartes prédisent le futur et que ce qu’elles annoncent se réalisera à coup sûr revient à nier le libre-arbitre du consultant et à le déresponsabiliser par rapport à ses actes. Or, c’est aussi nier que le présent et le futur sont étroitement liés ! En effet, le futur est profondément ancré dans le présent puisqu’il est la conséquence de ce que l’on y sème. Il est donc important de « bien » agir par rapport à la situation présente si l’on veut qu’elle se résolve ! Conseiller sur la manière d’agir et mettre en exergue les forces en présence sont justement les principaux rôles des cartes dans une consultation. Qu’importe de connaître l’issue d’une situation si l’on ignore quoi faire pour la provoquer, pour l’atteindre ? À quoi servirait une carte qui ne montrerait au voyageur que le lieu où il doit se rendre sans lui en indiquer le chemin ? Si l’on veut pousser cette comparaison, les cartes sont le tracé du chemin qui relie le voyageur au but qu’il souhaite atteindre. Elles ont un peu le même rôle qu’une boussole qui lui montrerait quelle direction suivre pour atteindre le meilleur endroit possible.

Plutôt que « prédire » l’avenir comme on l’entend communément, les cartes indiquent ce qu’il adviendra si le consultant poursuit dans la voie dans laquelle il est engagé. Elles peuvent bien sûr également lui indiquer un changement de direction, soit en lui montrant pourquoi il va droit dans le mur, soit en lui montrant un chemin qui serait « meilleur ». Par conséquent, les cartes permettent au consultant d’avoir tous les atouts en main pour décider de l’attitude et du comportement qu’il lui convient d’adopter en fonction du résultat escompté. Ainsi, c’est en son âme et conscience qu’il prend ses décisions.

Bien entendu, le futur n’est pas quelque chose de fixe, car il est perpétuellement soumis aux choix qui s’offrent à chacun chaque jour. Par conséquent, les cartes ne peuvent se limiter à de simples prédictions « brutes » qui laisseraient le consultant en dehors (spectateur) de sa propre vie !

 

6) Ce que les cartes prédisent est une fatalité
Faux. Comme on vient de l’évoquer, ceci est totalement faux. Les cartes ne font que montrer les conséquences les plus probables de la situation présente et/ou de la façon dont on l’aborde. Si le consultant décide de changer quelque chose à sa façon d’agir ou à sa stratégie, alors les « prédictions » émises ne se réaliseront pas car les événements seront modifiés en conséquence. On observe également que si l’on effectue un tirage à quelques semaines ou mois d’intervalle pour examiner l’évolution de la même situation, l’issue montrée par les cartes sera différente car elle s’ajustera aux décisions qui auront été prises et aux actions qui auront été accomplies. En d’autres termes, il n’y a aucune fatalité, et même les mauvaises nouvelles annoncées par le plus sombre des tirages peuvent être déjouées, dans la mesure bien sûr où le consultant a un pouvoir d’action sur ladite situation.

 

7) Il n’y a pas de « bonne » ni de « mauvaise » manière de tirer et de lire les cartes
Faux. S’il existe pratiquement autant de manières de tirer les cartes que de cartomanciens, il serait erroné de croire que chacun fait comme bon lui semble et que l’art de la divination par les cartes ne possède ni code ni règle. Si chacun finit par se forger sa propre méthode, celle-ci s’appuie néanmoins sur une base commune, fondée sur l’interprétation des symboles et les structures liées au Monde et au rapport qu’entretient l’Homme avec le Sacré. Sachant qu’un jeu de cartes – tarot ou oracle – est une représentation symbolique du Monde et de ses fonctionnements, il convient par exemple de bien en comprendre la structure pour voir de quelle manière les éléments illustrés par les cartes interagissent. Par conséquent, il convient de tenir compte de ce genre de chose dans sa pratique et de bien maîtriser le langage symbolique propre à chaque jeu. Il est bien entendu hors de question de décider que pour soi, tel symbole signifie telle chose ! La raison en est simple : un symbole s’inscrit dans une culture au sein de laquelle il signifie quelque chose de bien précis, comme un même mot écrit dans un alphabet donné renvoie toujours au même signifié.

Une fois cette base commune apprise et bien ancrée dans l’esprit du cartomancien de même que certaines bases pratiques, il est possible d’agrémenter sa façon de procéder en fonction de sa propre logique et de sa culture. Ainsi, quelle que soit la méthode personnalisée que l’on utilise, on doit être capable d’en expliquer chaque geste de manière raisonnée.

 

8) Les cartes ont une volonté et une vie propres
Faux. Certaines personnes attribuent des qualités anthropomorphiques aux cartes. On peut lire çà et là par exemple que tel ou tel jeu a un « sale caractère », qu’il ne « s’entend pas » avec tel autre, qu’il boude si on le range à proximité d’un autre, ou qu’il refusera de livrer des prédictions si l’on utilise un autre jeu que lui. On lit aussi parfois que les cartes « parlent », et lorsqu’ils ne parviennent pas à déchiffrer leurs tirages, certains disent même qu’« aujourd’hui, les cartes n’ont pas envie de parler ».

En réalité, rien de tout cela n’est vrai. Les cartes n’ont pas plus de volonté et de caractère propres que n’importe quel autre objet. D’ailleurs, ce sont des objets. Les personnes qui leur attribuent des qualités relatives à des êtres vivants se trompent sur leur mode de fonctionnement. Les cartes sont des supports. Comme ce terme l’indique, elles agissent comme des éléments déclencheurs des « prédictions » grâce au langage symbolique qu’elles exposent aux yeux de l’interprète. Ces symboles, qu’ils soient de simples signes ou renvoient à des archétypes particuliers, sont automatiquement associés à des idées et des notions dans l’esprit de celui ou celle qui lit les cartes.

Par conséquent, la seule personne active dans le processus d’interprétation est… l’interprète ! Lorsque celui-ci ne parvient pas à déchiffrer un tirage, inutile donc de blâmer les cartes ! L’explication est bien plus rationnelle : il est possible que l’interprète n’ait pas réussi à se concentrer suffisamment, qu’il ait été fatigué lors du tirage, ou tout simplement qu’il n’ait pas réussi à lire le tirage. Cela peut même arriver à de bons cartomanciens ! Dans ce cas, il est conseillé de noter le tirage, de le laisser reposer et d’y revenir un peu plus tard.

Un tirage « muet » peut également être dû à une question mal posée, ou qui ne s’accorde pas avec le mode de tirage choisi. Il suffit alors de reformuler la question ou de changer de mode de tirage. Là encore, ce ne sont pas les cartes qui ne « veulent » pas « parler », mais bel et bien l’interprète qui, d’une certaine façon, a bloqué le processus de divination.

En résumé, les cartes sont un objet. Elles n’ont à ce titre aucune volonté propre et aucun trait anthropomorphique ne peut leur être attribué. En tant que support, elles sont le reflet de ce que le cartomancien révélera à son consultant, car elles lui permettent de matérialiser et de formuler les réponses aux questions qui lui sont posées. Elles agissent comme un livre ouvert que l’interprète, s’il est suffisamment concentré, pourra lire comme n’importe quel autre livre.

En outre, même si l’on entend communément dire « mon jeu est bloqué, il refuse de me parler », le blocage n’est pas du fait du jeu en question, mais de celui de la personne qui l’utilise. Il arrive parfois que certains cartomanciens soient « impressionnés » par le jeu qu’ils utilisent, qu’inconsciemment ils aient « peur » du jeu ou de se tromper, etc. Tout ceci apporte une pression supplémentaire qui complique ou bloque le processus de lecture. Par extension, si l’on pense son jeu « bloqué » ou même « cassé », il le sera, puisque l’objet n’est que ce que l’on y projette. Si une telle situation se produit, il vaut mieux ranger son jeu et se dire que l’on essaiera à nouveau un peu plus tard, lorsqu’on se trouvera dans de meilleures conditions ou que l’on se sentira plus serein. Mais en aucun cas il ne faut tomber dans le piège de se dire « mon jeu est bloqué », « mon jeu est cassé » ou, pire encore, « mon jeu est fâché/ne m’aime pas » !

 

9) Plus un tirage comporte de cartes, plus il sera précis
Pas nécessairement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire à première vue, la précision d’un tirage n’a rien à voir avec le nombre de cartes qu’il contient. En fait, tout dépend de ce que l’on cherche à examiner. Parfois, un tirage en trois lames suffit à cerner une situation, et ce bien mieux que d’autres tirages plus complexes ou plus « esthétiques ».

La précision d’un tirage ne dépend donc pas du nombre de cartes qu’il prend en compte, mais plutôt de sa pertinence par rapport à la situation que l’on souhaite examiner. Pour savoir si un tirage est adapté à une situation, il faut d’abord cerner la situation en question et évaluer le type d’information qu’il serait utile d’obtenir. Ceci fait, on trouve le tirage dont la structure se rapproche le plus de ces besoins. Il peut donc se révéler superflu d’effectuer un tirage complexe là où un simple tirage en trois lames ou en croix aurait suffi. Tout dépend des besoins du consultant, mais aussi de la question posée.

 

10) Il est impossible de se tirer les cartes à soi-même
Faux. Il est tout à fait possible de se tirer les cartes à soi-même, bien que la chose puisse sembler difficile de prime abord. Le principal écueil dans lequel il faut éviter de tomber est bien sûr le mécanisme naturel qui consiste à vouloir absolument faire « coller » le tirage à sa propre situation et ce que l’on en connaît, et/ou de lire les cartes selon ce que l’on aimerait qu’elles montrent et non selon ce qu’elles présagent réellement. Pour se tirer les cartes à soi-même, il faut être capable de se considérer comme un objet d’étude, comme un objet extérieur. Or, lorsqu’on commence à s’intéresser à la cartomancie et que l’on fait ses premières manipulations, le premier « cobaye » est bien souvent… soi-même ! En effet, lors des premiers pas de l’apprentissage, on reste le plus souvent « dans son coin », jusqu’à ce que l’on ait acquis assez de technique et d’assurance pour tirer les cartes à autrui. Les premiers progrès que l’on évalue sont alors ceux que l’on fait sur ses propres tirages.

Techniquement, il n’est donc pas impossible de se tirer les cartes à soi-même, puisque la plus grande difficulté réside en la capacité à se distancier de soi-même et donc à se considérer comme un objet extérieur. Il faut alors se retenir de vouloir se servir à tout prix de ce que l’on connaît – ou plutôt de ce que l’on croit connaître – de sa propre situation si l’on veut porter un regard neutre sur les événements, sans quoi le tirage ne sera pas d’une grande utilité. Le meilleur conseil que l’on puisse donner à quelqu’un qui veut se tirer les cartes à lui-même est d’apprendre à dissocier ses sentiments personnels du tirage qu’il a sous les yeux. Cela demande certains efforts, certes, mais ceux-ci mèneront à une grande satisfaction.

 

11) Certains jours de la semaine sont à éviter pour pratiquer la cartomancie
Faux. À en croire certains, il faudrait éviter de consulter les cartes le lundi car c’est le jour où elles « mentent », et il conviendrait de ne pas y toucher non plus le dimanche car ce jour-là elles « se reposent ». À ce compte-là, on peut trouver un prétexte pour n’importe quel jour de la semaine !

Par exemple : le mardi, jours de Mars, les cartes pourraient inciter aux conflits ; le mercredi, régi par Mercure, elles pourraient interférer dans les échanges, le commerce, et entraver la communication ; le jeudi, elles pourraient faire de même dans les domaines de la justice et chambouler les forces qui protègent le consultant ; le vendredi, jour de Vénus, elles pourraient montrer au consultant ses désirs et non la réalité et le samedi, régi par Saturne, elles pourraient créer du retard dans la réalisation de tout ce qu’elles annoncent. Tout ceci semble tiré par les cheveux… et ça l’est ! Les cartes ne « mentent » pas plus le lundi qu’un autre jour. En fait, elles ne « mentent » jamais, d’une part parce qu’elles sont des objets et qu’à ce titre elles n’ont aucune volonté propre, et d’autre part parce que les « erreurs de prédictions » sont en réalité dues à des erreurs de lecture et d’interprétation, et celles-ci sont… humaines ! Nul n’est à l’abri d’une telle erreur, et les causes peuvent être multiples : fatigue, concentration insuffisante ou difficile, etc.

En d’autres termes, il n’y a ni « bon » ni « mauvais » jour pour tirer les cartes. Cela dit, il est possible que l’interprète décide par convention personnelle de ne pas toucher à son jeu certains jours. Dans ce cas, il s’agit d’un temps de repos qui doit être défini rationnellement et d’après les besoins humains ou les interdits religieux éventuels inhérents à certaines croyances. Mais ceci est propre à chacun.

En revanche, travailler en accord avec l’influence que les planètes ont sur les jours de la semaine peut être une bonne idée pour qui s’intéresse à l’astrologie. Ainsi, on peut penser que le lundi est un jour particulièrement propice pour tout ce qui concerne l’intuition et la féminité, le mardi pourrait montrer la voie à suivre pour régler les conflits, le mercredi favoriser les échanges, les questions de commerce et de communication, le jeudi celles en rapport avec la justice et la chance, le vendredi celles sur l’amour et le domaine sentimental, etc. Mais là encore, il ne s’agit que d’un « petit coup de pouce », car au final, toutes ces questions peuvent être abordées n’importe quel jour sans problème et sans risque que la qualité du tirage soit « moindre ».

 

12) Les cartes, cela ne fonctionne que si l’on y croit
Faux. La cartomancie ne fonctionne pas selon le crédit que l’on y porte ou non. Que l’on y croie ou non, le résultat est le même. Bien sûr, si une personne qui veut absolument y croire cherche désespérément à trouver des liens entre sa vie et ce que lui dit le cartomancien, elle en trouvera, de même que la personne qui est dans le déni le plus total. Objectivement, en revanche, l’efficacité du procédé n’est pas proportionnelle au degré de croyance que l’on y porte.

En réalité, le fonctionnement de la cartomancie est simple. Lorsque le consultant mélange le jeu, il crée son « petit chaos », c’est-à-dire qu’il reproduit à travers les cartes son monde à lui, l’existence dans laquelle il évolue et telle qu’elle est au moment du tirage par rapport à la question posée. Ensuite, une fois le jeu étalé devant lui en éventail, vient le moment de choisir les cartes que l’on interprétera. Malgré ce que l’on pourrait croire, ce choix ne se fait pas au hasard, même si les cartes apparaissent face cachée au consultant. Ce qui « guide » le choix des lames à ce moment-là n’est pas très différent de ce qui fait tourner un pendule dans un sens plutôt que dans l’autre. En effet, le conscient lâche prise et l’inconscient prend le relai. C’est ce qui fait que la main du consultant sélectionnera telles cartes plutôt que telles autres, car elles seront mieux appropriées pour lui parler de la situation particulière qu’il souhaite soumettre à leur examen.

Compte tenu de ces quelques éléments, on voit bien que l’argument de la croyance ne tient pas pour expliquer l’efficacité de la cartomancie. On part du principe que le consultant tire toujours les « bonnes » cartes, c’est-à-dire celles qui correspondent le mieux à sa situation. Le reste – l’interprétation – est soumis aux compétences humaines du cartomancien, qui lui-même n’est pas à l’abri d’une erreur de lecture.

 

13) Tant que l’intention est bonne, on ne peut nuire à personne
Faux. Bien que la cartomancie offre en pratique des possibilités illimitées au niveau de ce que l’on peut explorer à travers elle, elle n’est pas pour autant dénuée de toute morale. C’est là qu’intervient l’éthique. Il convient à tout cartomancien de composer un code éthique qui lui est propre. Celui-ci fixe les limites qu’il choisit de ne pas dépasser (ne pas explorer tel ou tel domaine, problème de la lecture pour des tiers, etc.). Bien que la cartomancie soit destinée à aider autrui, mais cela ne signifie pas que l’interprète doive accéder à tous les désirs du consultant, si bonne soit son intention. Si avoir des nouvelles d’une personne qu’il a perdue de vue peut rassurer le consultant, il n’est pas correct en revanche de fouiller dans la vie d’une personne qui n’a rien demandé. Cela revient à faire de l’espionnage et à violer l’intimité d’autrui. Si le consultant souhaite savoir ce qui se passe dans la vie d’un proche, il existe d’autres moyens beaucoup plus directs que la cartomancie !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 17 mai 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Premiers pas avec un tarot ou un oracle

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Dans un précédent article, quelques généralités ont été présentées sur ce que sont ces jeux divinatoires, comment les choisir, où se les procurer, etc. Voici à présent quelques petites astuces pour se familiariser avec les différents jeux et apprendre à les apprivoiser.

 

Je viens d’acheter un tarot ou un oracle. Par où commencer ?
Afin de m’imprégner des jeux que j’achète ou que l’on m’offre, j’ai pris l’habitude d’étaler toutes les cartes devant moi (par terre ou sur une table). Cela me permet de voir le tarot ou l’oracle dans son ensemble, d’en saisir l’atmosphère, mais aussi la structure. Pour un tarot, je dispose les arcanes majeurs sur deux lignes de onze cartes chacune, puis les arcanes mineurs en-dessous, chaque suite sur une ligne. En ce qui concerne les oracles, je regarde s’ils ont une structure particulière dans le livret, puis je dispose les cartes en fonction de celle-ci.

Se détachent alors des associations entre les cartes, des progressions, ainsi que des ruptures. Cette vision d’ensemble est très importante en ce qui me concerne, car je ne peux me servir d’un jeu si je n’en ai pas compris le fonctionnement interne. J’ai besoin de visualiser la structure pour me forger des points de repère propre à chaque jeu (un jeu = un système d’associations symboliques) et visualiser les significations des lames afin de me les approprier.

 

Battre ou brasser les cartes ?
En fonction du jeu utilisé, il existe deux techniques pour mélanger les cartes. La première consiste à les battre comme on le fait pour un jeu « classique ». Brasser les cartes signifie en revanche poser le paquet face cachée à plat sur la table (ou par terre) et mélanger en effectuant des mouvements circulaires avec la main. Une fois le jeu suffisamment mélangé, on reforme un tas. Contrairement à la première, cette seconde technique permet de donner un sens aux cartes (droit ou renversé) lors des tirages. Celui-ci est particulièrement important si l’on utilise un tarot, mais aussi certains oracles.

Afin de déterminer si l’on demande au consultant de battre ou de brasser le jeu, il faut donc tenir compte des cartes employées et vérifier si celles-ci admettent un sens de lecture renversé. Il existe aussi des cartomanciens qui lisent les cartes uniquement droites. Ceux-là les battent. Bien sûr, on peut arguer que l'on y perd au niveau du sens et des subtilités des tirages, car avoir des lames droites et renversées apporte plus de nuance, mais encore une fois, à chacun de faire comme il le souhaite !

 

Lors de la consultation, qui bat ou brasse les cartes ?
Là encore, tout dépend du cartomancien. Certains mélangent eux-mêmes mais font couper le jeu par le consultant, tandis que d’autres font mélanger et couper directement par le consultant. Il n’y a donc pas de règle prédéfinie.

Cela dit, je préfère faire mélanger et couper par le consultant, pour plusieurs raisons. D’abord, dans le cas où le jeu que j’utilise admet les positions renversées, j’estime que c’est au consultant de déterminer le sens des cartes. Ensuite, si le tirage consiste en quelque chose comme la « Grande Image » du Petit Lenormand, il est important que ce soit le consultant qui décide de l’ordre des cartes que je vais étaler sur la table. Enfin, je préfère que le consultant établisse un contact avec le jeu en pensant à ce qu’il souhaite savoir.

On peut tout aussi bien mélanger soi-même et laisser le consultant uniquement tirer les cartes, car il est vrai qu’il sera forcément attiré par celles qui refléteront le mieux sa situation. Quelle que soit la méthode adoptée, l’essentiel est qu’elle convienne au cartomancien et qu’il se sente à l’aise en la pratiquant. Il est également possible d’utiliser tantôt l’une tantôt l’autre en fonction des tirages que l’on effectue.

 

Ranger le jeu tel quel ou reclasser les cartes dans l’ordre ?
Ceci est encore une fois laissé à l’initiative du cartomancien : certains reclasseront minutieusement les cartes « dans l’ordre » entre chaque tirage tandis que d’autres les rangeront telles quelles dans leur boîte. Je fais partie de la première catégorie. Bien sûr, il est moins contraignant de reformer le tas sans classer les cartes, mais je préfère me donner la peine de rétablir la structure originelle du tarot ou de l’oracle avant de le ranger.

J’en ai pris l’habitude à force de manipuler les tarots, dont la structure interne est essentielle. Il est important, à mon avis, que lorsqu’il mélange les cartes, le consultant chamboule l’ordre du monde représenté par la structure du tarot (ou de l’oracle, dans une moindre mesure). Ainsi, il part de quelque chose de construit sur le plan universel pour arriver à quelque chose de personnel, qui incarne « son » monde (le monde à son échelle).

Lorsque les cartes d’un jeu sont numérotées, je les remets donc toujours dans l’ordre (et droites) une fois que j’ai fini de m’en servir. Une autre raison à cela est aussi le fait que quand il est au repos, un jeu doit être une unité, non un endroit où règne le chaos.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 16 août 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Tarots et oracles divinatoires

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La divination par les cartes fait partie de mes activités depuis de nombreuses années. Tarots et oracles sont donc mes outils privilégiés. En voici donc une présentation sommaire, histoire d’introduire un sujet qui donnera lieu à de plus amples explications au fil du temps. Je tiens à préciser que les informations contenues ici et dans les sujets concernant les cartes sont le fruit de mon expérience et n’engagent que moi. La cartomancie est un art dans lequel l’entraînement et le travail individuel priment.

 

Quelle est la différence entre un tarot et un oracle ?
Si les deux termes désignent un jeu de cartes divinatoires, ils ne sont pas synonymes.

Le tarot possède une structure bien définie et immuable. Il est composé de deux grands groupes de cartes (que l’on appelle lames ou arcanes) : 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs, soit 78 lames. Les arcanes majeurs présentent un cycle allant symboliquement de la naissance à la maturité, la complétude, pour revenir au commencement. Il s’agit métaphoriquement du cycle de la vie, qui comporte, au-delà de la fin, le renouveau, la renaissance. Ainsi « Le Fou » (arcane 0) fait-il son chemin en traversant différentes épreuves pour évoluer et atteindre la plénitude. En quelque sorte, les arcanes majeurs représentent le chemin initiatique de la vie. Ce sont d’ailleurs ceux-ci que l’on utilise en priorité dans les tirages, car ils sont considérés comme « forts ». Les arcanes mineurs viennent les recouvrir pour les préciser.

Les arcanes mineurs s’organisent en quatre suites : Coupes, Épées, Bâtons, et Deniers. Chacune se compose de lames numérales de 1 (As) à 10, et de figures (Valet, Cavalier, Dame, Roi). Chaque suite est habituellement associée à un élément et un domaine particulier :

-  Coupes => Eau => sentiments, relations
-  Épées => Air => travail, études
-  Bâtons => Feu => émotions
-  Deniers => Terre => argent

Si le tarot possède toujours la même structure, les oracles, quant à eux, n’obéissent à aucun modèle prédéfini. Le nombre de cartes est variable et dépend du fonctionnement du jeu en question. Cela dit, la chose commune à chacun est l’utilisation de symboles habituellement peu compliqués qui permettent d’obtenir rapidement la signification de tirages. De cette façon, l’assimilation des cartes est plus facile… à condition que le pratiquant sente une affinité avec le système de symboles employé. Cependant, il serait faux de croire que les oracles ne présentent aucune structure : celle-ci est propre à chacun, et un peu d’observation permet de la repérer.

 

Comment procéder ?
Avec l’un comme avec l’autre, les possibilités de tirages sont infinies. Si l’on en trouve un grand nombre dans les livres et livrets explicatifs, avec la pratique, chacun peut également « inventer » des formes de tirages personnalisées. Pour cela, il suffit de définir les conventions du tirage, avec ce que représente la position de chaque lame. Il faut aussi veiller à ce que le tirage soit cohérent et puisse au final répondre à une question (ou explorer un domaine ou une période choisis). Je reviendrai sur les différentes méthodes au fur et à mesure des articles consacrés à ce domaine. Ces explications s’accompagneront de schémas pour clarifier les différents tirages, car il est plus facile d’en avoir une représentation visuelle pour les assimiler.

 

Comment choisir un jeu ?
Il existe une multitude de tarots et d’oracles, sur des thèmes très variés, et tout est une question d’affinité. Par définition, il n’y a donc pas de « bon » ou de « mauvais » tarot ou oracle… a priori. Quel que soit le thème du jeu, le principal est que les cartes plaisent à celui/celle qui s’en sert. En d’autres termes, tout est une question de sensibilité et de subjectivité. Ainsi, certain(e)s préféreront des représentations classiques type tarot de Marseille, d’Oswald Wirth ou Rider-Waite Smith, tandis que d’autres iront plus naturellement vers des univers féeriques, fantastiques, légendaires, mythologiques, païens, ou même littéraires.

Néanmoins, dans le cas d’un tarot, il est souvent conseillé de commencer par un tarot de Marseille. Non pas que son efficacité soit incontestablement plus grande que celle d’un autre type de tarot, mais il présente un avantage non négligeable lorsqu’on commence. En effet, la symbolique du tarot de Marseille sert de base à tout jeu de tarot. Disons que le tarot de Marseille montre en quelque sorte une symbolique « épurée », qu’il est assez facile à déchiffrer et à assimiler, du moins en ce qui concerne les arcanes majeurs.

Pour ma part, j’aime bien les jeux qui mettent en scène des décors féeriques et qui possèdent des arcanes majeurs et mineurs entièrement illustrés, car la lecture s’en trouve facilitée. Cela dit, j’apprécie toujours les tarots type Marseille, qui me servent de repère au niveau symbolique dans l’appréciation de la qualité d’un jeu.

S'il n’y a pas de règle en soi pour choisir un tarot, on s’aperçoit rapidement avec un peu de pratique que certains jeux sont parfois inutilisables pour la divination. Par manque de structure, bien souvent. Il est en effet important, dans la mesure où l’on travaille avec des symboles, que les cartes puissent délivrer leur message. Ceci est justement possible grâce à la présence de certains symboles sur celles-ci, dans leur structure interne. Avec un peu d’habitude, chacun peut faire la différence entre un jeu utilisable à des fins divinatoires et un jeu inutilisable. Ainsi, certains jeux seront plus destinés à la collection qu’à la lecture.

En dehors de cela, le principal est que le praticien soit en affinité avec son jeu, quel qu’en soit le thème. Certains auront plus de facilité avec des tarots type Marseille, alors que d’autres se sentiront plus à l’aise avec des jeux féeriques ou autres. Dans tous les cas, c’est la sensation d’être à l’aise avec la symbolique de son propre jeu qui fait la qualité des interprétations. 

Quant aux oracles, la « règle » pour les choisir est à peu près la même, à cela près qu’il n’existe pas de structure prédéfinie pour ce type de jeu, comme ce que l’on a montré plus haut. Ainsi, il convient à chacun de voir quel type d’oracle lui convient. Chaque jeu possède ainsi sa propre structure, sa propre logique, même si les oracles fonctionnent toujours plus ou moins sur les mêmes principes. À chaque pratiquant donc de voir exactement quel(s) jeu(x) lui convien(en)t. Généralement, le Petit Lenormand permet de s’initier aux oracles (et d'obtenir s'excellents résultats avec l'expérience), car il est plutôt facile d’accès.

Comme pour les tarots, il existe une multitude d’oracles, et le choix peut s’avérer difficile. Aussi, là encore, le pratiquant doit se faire son opinion par lui-même, en se renseignant sur les jeux et en allant voir les cartes, soit sur Internet soit en boutique, afin de s’en faire une idée précise. Les thèmes représentés dans les oracles sont aussi variés que dans les tarots. On trouve aussi bien des jeux païens que féeriques, tandis que d’autres sont fondés sur les univers tzigane, chrétien, ou tout simplement sur des symboles de la vie de tous les jours. Les oracles les plus utilisés sont en général le Petit Lenormand, le Grand Lenormand (quoique moins facile d’accès que le premier), le Belline, l’Oracle de la Triade, l’Oracle Gé, pour ne citer que ceux-là.

 

Où se procurer tarots et oracles ?
Même s’il est possible de se procurer ce genre d’outils dans des grandes surfaces multimédias (type F*ac ou V*rgin), acheter ailleurs après avoir comparé les prix se révèle souvent plus avantageux pour le porte-monnaie. En effet, les tarifs sont très variables. À titre indicatif, certains jeux ont été vus à 38€ à la F*ac alors qu’ils sont vendus à 24€ ailleurs.

Le plus judicieux reste d’aller soit en boutique ésotérique (et parfois en librairie), soit sur internet. Bien sûr, afin d’éviter de se retrouver avec un jeu qui finalement ne nous plaît pas, il est conseillé de le voir d’abord en vrai dans une boutique ou en ligne sur internet (certains sites proposent des aperçus des cartes) pour vérifier si l’on est attiré par les cartes ou non.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)