oracle

Découverte accidentelle de certains potentiels du "Enchanted Lenormand"

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Depuis le début de la semaine, une nouvelle addiction m'affecte, et j'ai bien peur qu'elle ne soit incurable... Vous qui parcourez ces pages régulièrement connaissez déjà mon goût prononcé pour les jeux divinatoires originaux et à l'esthétique soignée, en particulier ceux qui revisitent des traditions bien établies, quitte à les « dépoussiérer » un peu au passage et à y apporter un petit « truc en plus ».

Avec le « Enchanted Lenormand » de Caitlin Matthews et Virginia Lee – car c'est là l'objet de mon addiction ! –, on peut dire que je suis comblée ! En effet, je dois avouer que le Précieux jeu en question ne quitte pas mon sac depuis que je l'ai reçu et que les expériences faites avec sont plus que convaincantes, même lorsqu'on dévie involontairement (comprenez « par étourderie ») des méthodes habituelles.

Suite à une « erreur d'étourderie », mon Chien de Pique a pris une tournure toute particulière... et très juste ! N'étant pas habituée à utiliser des Petits Lenormand ayant plus de trente-six cartes, j'ai machinalement mélangé la totalité des cartes, soit les trente-neuf, car j'avais omis d'ôter la n°37 (la Sibylle) et les deux cartes consultant en sus. Ce n'est qu'une fois les lames mélangées que je m'en suis rendu compte, mais j'ai décidé d'exploiter cette maladresse afin de voir si mon erreur pouvait néanmoins apporter quelque chose au tirage... et j'ai bien fait !

J'ai donc défini que la carte Dame qui servirait de référente pour représenter mes pensées serait celle où le personnage a la même couleur de peau que moi, tandis que l'autre Dame, si elle sortait dans le tirage, incarnerait une femme qui interviendrait dans le domaine concerné par la carte référente qui l'accompagnerait, quelle que soit de la couleur de sa peau. J'ai utilisé le même système pour le Monsieur : si l'un des deux apparaissait dans le tirage, selon la couleur de sa peau il évoquerait la personne qui partage ma vie ou bien un homme de mon entourage. Quant à la Sibylle, je me suis dit que puisque mes activités liées à l'ésotérisme et la divination tenaient une place très importante dans ma vie, elle les refléterait. Restait encore à trouver une solution pour la carte « orpheline », c'est-à-dire celle qui était vouée à se retrouver toute seule une fois les paires découvertes (avec trente-neuf cartes, il y en a forcément une !). J'ai donc pensé que si cette fameuse carte était une référente, le fait qu'elle soit seule signifierait que le domaine auquel elle ferait allusion ne serait pas évoqué dans le tirage, faute d'événement remarquable le concernant.

Le tirage a donc été effectué selon ces codes improvisés, et ma surprise fut de taille puisque les lames additionnelles ont parfaitement rempli leurs rôles, fournissant des indications d'une grande justesse ! J'ai bien reconnu les éléments mis en lumière, tant du côté des personnages secondaires que de la Sibylle.

S'il arrive parfois que l'on fasse d'intéressantes découvertes suite à des erreurs et à des « ratages », ce tirage en est un exemple probant ! Un peu comme la recette « ratée » des sœurs Tatin qui allait finalement entrer dans les annales, ce tirage « raté » m'a en réalité permis d'exploiter certains des potentiels de ce très joli « Enchanted Lenormand » qui, sans cette « erreur de manipulation », ne me seraient peut-être pas venus à l'esprit...

Décidément, ce « Enchanted Lenormand » révèle bien des surprises, et ses richesses se dévoilent peu à peu, à mesure qu'on l'utilise... J'ai hâte d'en approfondir les usages !

Bien sûr, une présentation détaillée de ce jeu est en cours de rédaction et devrait paraître en ces pages dans les jours qui viennent !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 13 octobre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Tirage des Deux Cercles

Le Tirage des Deux Cercles

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Voici un tirage multi-supports qui s'adapte à la fois aux techniques propres aux jeux Lenormand (Petit et Grand) ainsi qu’aux tarots (Marseille et Waite) et oracles courants. Si celui-ci permet de répondre à une question précise, mais aussi d'analyser une situation de manière poussée, il peut aussi être utilisé sans question en tant que tirage général.

 

Avec les jeux Lenormand
Petit Lenormand
Première étape : le choix de la carte référente
Si le tirage concerne un domaine particulier de la vie du consultant ou une situation précise, on prend pour repère la carte référente correspondante.

S’il n’y a pas de question ou si le tirage concerne la situation du consultant en général, on prend comme carte référente le Monsieur ou la Dame.  

Deuxième étape : mélanger, tirer et disposer les cartes
Une fois la carte référente ou la carte consultant définie, on la laisse dans le jeu. On mélange, on coupe et l'on étale le jeu devant soi en éventail, face cachée. On tire une carte, que l'on regarde. Si celle-ci est la carte référente (ou la carte consultant), on la pose devant soi, face visible. On tire alors huit cartes, que l'on dispose face cachée comme indiqué sur le schéma ci-dessous. La lecture peut alors commencer.

Si la carte référente ou la carte consultant n'est pas la première tirée – comme ce sera très souvent le cas ! –, on met la carte tirée de côté (elle ne sera pas utilisée) et on en tire une autre, que l'on regarde. Si celle-ci n'est toujours pas la carte référente ou consultant, on continue de tirer carte après carte, et ce jusqu'à ce que la carte référente ou consultant apparaisse. Une fois celle-ci trouvée, on la positionne devant soi face visible. Les huit cartes tirées ensuite sont disposées selon le schéma ci-dessous :

Tirage des Deux Cercles

Grand Lenormand
Première étape : le choix de la carte référente
Si l'objet du tirage est une exploration générale, on peut opter pour la carte consultant Monsieur ou Dame selon le sexe du consultant. Il est aussi possible de tirer une carte, dont le grand sujet représentera alors la situation générale du consultant.

Si le tirage vise à examiner un domaine ou une situation particulère, la première carte tirée se placera au centre et le grand sujet en représentera le domaine ou la situation tels qu'ils sont au moment où le tirage est effectué.

Deuxième étape : mélanger, tirer et disposer les cartes
On procède comme avec le Petit Lenormand si l'on décide de placer la carte Monsieur ou Dame au centre du tirage. Si en revanche on décide de tirer une carte pour représenter la situation, la carte placée au centre du tirage sera la première tirée.

Troisième étape : interprétation – particularités
Si la définition des deux cercles et des axes ne change pas, la manière de lire les cartes quant à elle suit les particularités du jeu. On se sert en effet des grands et des petits sujets. On déchiffre d'abord les grands sujets, puis on précise les grandes dynamiques ainsi mises au jour à l'aide des petits sujets. Ainsi, les cartes qui composent le cercle intérieur sont lues par rapport à la carte centrale : pour les cartes 1 et 4, on prend en compte le grand sujet et le petit sujet de droite ; pour les cartes 2 et 3, on se concentre sur le grand sujet et sur le petit sujet de gauche. En ce qui concerne le cercle périphérique, on lit le grand sujet et le petit sujet de droite pour les cartes 5 et 8, et le grand sujet et le petit sujet de gauche pour les cartes 6 et 7.

 

Avec un tarot ou un oracle
Si l'on utilise un tarot ou un oracle (hors jeux Lenormand), toutes les cartes sont tirées, y compris celle qui se trouve au centre. Celle-ci représente alors le consultant (ou sa situation, le domaine que l'on explore) tel qu'il est au moment où l'on effectue le tirage.

Pour effectuer le tirage, on mélange les cartes puis on coupe, après quoi on tire neuf cartes que l'on dispose selon le schéma ci-dessus, la première étant notée CS puisqu'elle représente le consultant ou sa situation. On lit ensuite le tirage en s'appuyant sur les axes temporels. On commence par le passé, qui montre ce qui a mené le consultant à être ce qu'il est aujourd'hui. La carte 5 évoque ce qui est le plus loin du consultant dans le passe tandis que la carte 1 est le passé récent. Ces cartes, qui décrivent le plan conscient, sont complétées respectivement par les cartes 8 et 4, qui révèlent quant à elles ce qui s'est passé sur le plan inconscient. On y voit les dynamiques sous-jacentes, celles qui ont été les moteurs de ce qui a été vécu sur le plan conscient. On procède de la même manière pour l'axe de l'évolution probable.

 

Interprétation
Par sa structure, ce tirage offre de multiples niveaux de lecture, fondés d'une part sur un jeu de symétrie entre les différents axes, et d'autre part sur un effet de résonances entre certaines lames. Ainsi, on obtient en huit cartes une analyse poussée de la situation du consultant.

Les deux cercles. Comme son nom l'indique, ce tirage est composé en deux cercles. Le premier est appelé « cercle intérieur ». Il contient les lames 1, 2, 3 et 4. Lorsqu'on utilise le Petit Lenormand, on considère que ces quatre cartes sont « proches » de la carte consultant/référente puisqu'elles la jouxtent. Elles représentent les préoccupations les plus présentes à l'esprit du consultant ou ce qui est d'une importance déterminante dans la situation examinée. Le second cercle, qui contient les lames 5, 6, 7 et 8, est appelé « cercle périphérique ». Les cartes qui le composent précisent celles dans le prolongement desquelles elles se trouvent : la carte 5 précise la 1, la 6 complète la 2, la 7 prolonge la 3 et enfin, la 8 précise la 4.

Lorsqu'on utilise un autre support que les jeux Lenormand, les cartes les plus proches de la carte consultant représentent ce qui est le plus près de lui dans le temps (passé proche, évolution probable proche) tandis que les cartes appartenant au cercle périphérique se réfèrent à ce qui est le plus éloigné de lui.

Les axes symétriques. Ce tirage se compose de deux axes principaux, l'un horizontal et l'autre vertical. Ceux-ci ont pour point de jonction la carte consultant/référente.

L'axe vertical est un axe temporel : il sépare le passé et le futur. Ainsi, les cartes qui se situent à gauche de la carte consultant/référente évoquent le passé, ce qu'on laisse derrière soi, ce dont on se détache, tandis que celles situées à sa droite font allusion au futur, à l'évolution des choses, à ce vers quoi l'on se dirige, à ce à quoi on aspire.

L'axe horizontal sépare les deux aspects de la pensée humaine. Les cartes qui se trouvent au-dessus de la carte consultant/référente montrent ce dont le consultant est conscient tandis que celles se trouvant en dessous évoquent ce dont il n'est pas conscient ou ce qu'il refuse de voir.

Les résonances entre les lames. Pour obtenir un niveau de lecture supplémentaire, il est possible de pousser le jeu de symétrie encore un peu plus loin. Ainsi, les lames résonnent avec leur « reflet » : la lame 1, qui évoque le passé, trouve son reflet futur en la lame 2 sur le plan conscient. De la même façon, les lames 5 et 6 se répondent. Ceci est valable également pour les cartes 4 et 3 et 8 et 7 sur le plan de l'inconscient. Les résonances intervenant sur l'axe vertical indiquent des correspondances entre le passé et le futur sur le plan conscient.

Si l'on suit l'axe horizontal en revanche, on s'attache aux résonances qui s'expriment entre les plans conscient et inconscient. Ainsi, la lame 5 résonne avec la 8, la 1 avec la 4 (pour le passé), le 2 avec la 3, et la 6 avec la 7 (pour le futur). Ici, les lames indiquent les racines inconscientes des choses qui se manifestent et dont le consultant a conscience.

Ces différents niveaux de lecture permettent une interprétation croisée, c'est-à-dire qu'une même carte aura nécessairement plusieurs valeurs à la fois. Ceci offre la possibilité d'une analyse poussée et détaillée.

 

Remarques
Avec ou sans question ? Ce tirage peut se faire avec ou sans question. S'il répond à une question, il fournit une analyse fouillée qui s'appuie sur la résonance des événements, situations et états d'esprits situés dans les différents niveaux examinés (conscient/inconscient, passé/évolution probable).

Dans le cas où il est effectué sans question, il fait office de tirage général et montre alors l'évolution du consultant et/ou de son existence ou d'une situation qui le concerne. En début de consultation, c'est un très bon tirage d'introduction.

Que faire si certaines positions restent vides faute de cartes ? Si l’on procède avec un jeu Lenormand, il peut arriver pour des raisons évidentes que la carte référente ou consultant se manifeste tardivement dans le tirage et que par conséquent, il reste moins de huit cartes à tirer dans l'éventail. Le tirage n'est alors pas complet. Dans ce cas, on comprend que certains aspects ne sont pas pertinents par rapport à la situation examinée, qu'ils sont sans intérêt ou qu'ils n'existent tout simplement pas.

 

Supports à privilégier
Ce tirage a été créé spécifiquement pour les jeux Lenormand car il en suit les méthodes particulières. Il est donc à effectuer en priorité avec ceux-ci. Cependant, il est tout à fait possible de le pratiquer avec un tarot ou un oracle car les résultats sont tout aussi saisissants. Par exemple, j’apprécie particulièrement l’utilisation de « Madame Endora’s Fortune Cards ».

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 09 décembre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite)

 

Dernière mise à jour : 19 avril 2016.

Qu'est-ce qu'un oracle? Quelques éléments de définition

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Le terme oracle est souvent employé à défaut d'autre chose, car il est courant de le considérer (à tort ou à raison) comme un terme générique désignant tout objet permettant d'obtenir des prédictions. Ceci est à la fois vrai et faux, au sens où ce seul aspect n'est pas pleinement représentatif de ce qu'est un oracle. Ces quelques paragraphes donneront une vision plus complète de cette notion, afin de pouvoir employer ce terme dans ses différentes acceptions tout en évitant les confusions.

  

L'oracle humain
Les sociétés primitives et anciennes (Antiquité, Moyen Âge) étaient organisées selon le principe de la tri-fonctionnalité dumézilienne. En d'autres termes, une société est invariablement divisée en trois classes pour bien fonctionner. Ainsi, on a (par ordre hiérarchique) les paysans et les artisans qui forment la classe ouvrière et productive, les guerriers qui incarnent la classe guerrière, et les représentants du culte et du savoir, qui forment la classe sacerdotale. Les rôles de chacune de ces classes sont définis de manière précise :

- la classe productive fournit tous les éléments matériels nécessaires à la société : la nourriture (agriculteurs et éleveurs), les vêtements (tisserands, etc.), et divers services (artisans) ;

- la classe guerrière regroupe tous ceux dont la fonction est de défendre la société des attaques extérieures. Le guerrier se place au-dessus de l'ouvrier, en cela qu'il le protège et lui permet d'exercer son savoir-faire au sein de la communauté :

- la classe sacerdotale compte tous ceux qui détiennent la Connaissance, qu'elle soit sacrée ou profane. On y trouve ainsi les représentants du culte (moines, druides, etc.) et les détenteurs de la Connaissance, qu'elle soit au niveau religieux, spirituel, artistique ou savant. Par exemple, les poètes et les musiciens étant garants du savoir sacré (à travers la connaissance des mythes) et profane (connaissance historique ou liée au monde humain), ils font partie de cette classe. Il est aussi important de noter que chez les Celtes, les druides détenaient à la fois les savoirs sacrés et profanes, en cela qu'ils dirigeaient le culte (fonction monastique) et que l'on comptait parmi eux plusieurs ordres, dont les guérisseurs, les poètes et musiciens (sg. file, pl. filid), etc.

Ces classes sacerdotales, qu'elles fussent celtes, germano-scandinaves, gréco-romaines ou autres, incluaient les devins, car ceux-ci étaient considérés comme ayant eux aussi la capacité de communiquer directement avec le plan sacré et les Êtres Surnaturels. Parmi ces devins, il y a ceux que l'on vient consulter pour obtenir un conseil quant à la façon de mener une bataille ou pour savoir sous quels augures celle-ci se présente. On les appelle « oracles ». Par exemple, les pythies (comme la Pythie de Delphes) sont des oracles célèbres, de même que la Völuspá chez les Germano-Scandinaves (voir le texte éponyme dans les Eddas). Les oracles intercèdent donc avec le plan sacré et sont capables de transmettre les messages des Êtres Surnaturels aux habitants du plan profane. En ce sens, ils sont à rapprocher de la notion de medium qui, au sens strict, désigne une personne qui se situe à cheval sur les deux plans puisque medium signifie milieu en latin.

L'oracle humain est donc une personne ayant des capacités prophétiques. Généralement, il entre dans un état de transe qui lui permet de recevoir les messages à délivrer. La recherche a établi que ces transes étaient très souvent dues à des substances psychotropes (fumigations, encens, etc.) qui les stimulaient. Ceci est en particulier valable pour les pythies. D'autres n'utilisaient pas de psychotropes et recevaient les informations soit directement, soit par l'intermédiaire d'objets qui pouvaient prendre de multiples formes : os lancés par terre, cauris, etc. Certains, pour obtenir l'avis des « dieux », observaient les présages (augures) qui se manifestaient de façon naturelle (formation du vol des oiseaux migrateurs, rythme des saisons, abondance des récoltes, reproduction du bétail, etc.). Il arrivait même que l'on coupe une pomme horizontalement afin de voir la disposition de l'étoile à cinq branches (pentacle) qui se trouve en son sein (cette pratique a toujours cours dans certaines traditions néo-païennes, en particulier en période de Samhain).

 

L'oracle en tant qu'objet
Lorsqu'on veut définir quel(s) type(s) d'objet(s) on appelle oracle, deux principaux facteurs sont à considérer : la fonction de l'objet d'une part, et sa nature d'autre part.

Anatomie de l'oracle
Comme l'oracle humain, l'objet sert à obtenir des éclaircissements quant à certaines situations. Il peut prendre de multiples formes : jeux de cartes, runes, cauris, os, etc. On utilise un oracle principalement pour trouver un conseil par rapport à un événement. Il permet donc d'analyser les situations pour en avoir un point de vue différent, et par conséquent une meilleure compréhension. La première fonction de l'oracle a donc un but analytique et non projectif. Dans le même ordre d'idées, on l'emploie aussi lorsqu'il s'agit de conduire une introspection, car il reflète ainsi ce qui se passe à l'intérieur du consultant sans que celui-ci en ait clairement conscience. L'oracle permet donc de fournir de précieux éclaircissements dans bien des domaines.

En plus de son rôle premier qui a surtout vocation d'analyse, l'oracle peut aussi dans certains cas émettre des prédictions. On dit alors qu'il est projectif. On notera cependant que la plupart des oracles (dont les runes) n'ont pas au départ de fonction projective. Celle-ci leur a été attribuée récemment, très souvent au cours du XIXème siècle lors des mouvements traduisant un regain d'intérêt pour les anciennes traditions et l'époque médiévale.

Bien sûr, certains oracles peuvent être utilisés à la fois pour leur aspect analytique et projectif lorsque leur nature le permet en combinant les deux fonctions. Cela dit, d'autres ne peuvent être l'un et l'autre à la fois. Dans ce cas, il convient de s'attarder sur l'outil que l'on désire utiliser afin de voir s'il est bien adapté à ce que l'on souhaite faire.

L'oracle analytique
Il ne sert pas directement à obtenir des prédictions, mais à analyser une situation afin de mieux la comprendre... et de donner au Consultant les outils nécessaires pour pouvoir réagir au mieux face à son souci. Il n'est donc pas question de s'attendre à des prédictions ici. On consulte ce type d'oracle pour obtenir un conseil par rapport à une situation donnée.

Par exemple, les runes sont un oracle analytique et non projectif, car à l'origine, elles servent à conseiller, et non à prédire. Ce n'est qu'au XIXème siècle que la fonction prédictive leur a été attribuée. Celle-ci, bien sûr, est erronée car contraire aux utilisations qu'en faisaient les Germano-Scandinaves, qui les utilisaient en tant que conseils, mais aussi en tant qu'outils de guérison (entre autres).

Évidemment, il existe des jeux de cartes dont les utilisations sont en adéquation avec ce qui vient d'être exposé ici. On pensera notamment aux excellents oracles de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith, « Oracle of Shadows & Light » et « Oracle of the Shapeshifters », ou à « Madame Endora's Fortune Cards » de Joseph Vargo et Christine Filipak, qui peuvent également être utilisées de cette façon.

L'oracle projectif
Il sert à obtenir des prédictions concernant les événements à venir. C'est sans doute le type d'oracle le plus couramment utilisé de nos jours, notamment en cartomancie. Bien souvent, après avoir jeté un œil sur le passé et le présent, on regarde de quelle façon les choses sont sur le point d'évoluer compte tenu des éléments préalablement mis au jour. Ainsi, le Consultant peut se projeter dans l'avenir tout en ayant conscience des enjeux de la situation.

Le tarot est-il un oracle ?
Oui... et non ! Dans sa fonction, oui : en tant qu'objet... non. Le tarot a bien une fonction d'oracle puisqu'on peut le consulter pour obtenir un conseil et analyser une situation tout autant que l'on peut s'en servir dans un but projectif et lever le voile sur l'avenir. Pourtant, par nature (en tant qu'objet), le tarot n'est pas un oracle puisqu'il a une structure fixe bien définie (78 lames réparties en 22 majeures et 56 mineures), contrairement aux autres jeux de cartes appelés oracles, qui possèdent chacun leur structure propre.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 10 octobre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Croix Celtique Simple, dix lames

La Croix Celtique Simple, dix lames

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Voici une variante très simple de la Croix Celtique. Comme les autres versions de ce tirage, cette forme permet de répondre à une question précise ou d’examiner une situation en profondeur.

 

Procédure
Mélanger, rassembler et couper le jeu. Tirer dix cartes que l’on dispose de la manière suivante :

La Croix Celtique Simple, dix lames

 

Les cartes sont lues comme suit
Carte 1 : la situation explorée ou la question qui est posée. Elle peut aussi montrer la situation actuelle du consultant ou une chose majeure qui pèse sur le présent.

Carte 2 : met en lumière les oppositions et les obstacles qui peuvent se mettre en travers de la route du consultant.

Carte 3 : les facteurs cachés, les influences inconscientes.  Les sentiments profondément enfouis et cachés en le consultant et qui peuvent avoir un poids sur la situation ou la décision à prendre.

Carte 4 : le passé. La racine de la situation explorée, un événement récent ou ancien qui a encore des conséquences sur le présent.

Carte 5 : l’attitude consciente du consultant face à sa situation.

Carte 6 : le futur proche vers lequel la situation se dirige.

Carte 7 : le consultant. Son attitude par rapport à la situation, sa façon de voir les choses, ses qualités, qu’elles soient positives ou négatives.

Carte 8 : l’environnement du consultant.

Carte 9 : les peurs et les espoirs du consultant.

Carte 10 : l’issue probable de la situation, la réponse à la question.

 

Remarques
Cette variante est « simple » en ce sens qu’elle ne nécessite pas de signifiant. De plus, elle permet une progression logique dans les informations que l’on obtient, ce qui mène à une certaine profondeur dans l’interprétation, et ce à plusieurs niveaux. En effet, certaines lames se font nécessairement écho dans ce tirage, et il peut ainsi être lu selon plusieurs axes, comme par exemple :

- Chronologique : passé – présent – futur (lames 4, 1 et 6) ;

- Psychologique/intérieur : conscient – situation – inconscient (lames 3, 1 et 5) ;

- La réalité : intérieure – extérieure (lames 7 et 8) ;

- Les solutions : les lames 6 et 10 peuvent aussi être considérées en regard l’une de l’autre, car elles sont toutes deux projectives.

 

Supports à privilégier
Ce tirage est idéal avec un tarot de type Rider-Waite Smith. On mélange alors l’ensemble du jeu (majeures et mineures).

Si l’on procède avec un tarot de Marseille, il est recommandé de séparer les majeurs et les mineurs. Dans ce cas, on fait le tirage avec les majeurs puis on le couvre avec les mineurs.

Bien sûr, comme la plupart des tirages, celui-ci peut également être effectué avec un oracle (Belline, Triade, « Madame Endora’s Fortune Cards », oracle Gé, etc.).

 

 

(©Morrigann Moonshadow, le 03 septembre 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Croix Celtique Wellsienne

La Croix Celtique "Wellsienne": une version moderne

Appelée « Wellsian Celtic Cross » en anglais

 

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Voici une autre version de la célèbre Croix Celtique. Appelée « Wellsian Celtic Cross » en anglais, cette méthode reprend les bases de la croix celtique et en montre un visage quelque peu simplifié. Ici, chacune des lames représente une énergie qui évolue dans l’environnement du consultant. 

Comme les autres variantes de la Croix Celtique, ce tirage permet de répondre à une question précise ou d’explorer une situation et d’obtenir des conseils pour y faire face.

 

Procédure
Mélanger, rassembler et couper le jeu, puis tirer onze cartes que l’on dispose de la manière suivante :

La Croix Celtique Wellsienne

 

Les cartes sont lues comme suit
Carte 1 : C’est le « premier thème », l’objet de la question, ce qui importe le plus au consultant au moment du tirage.

Carte 2 : C’est le « deuxième thème », la deuxième chose la plus importante dans la vie du consultant au moment du tirage. Ce « deuxième thème » croise le premier, ce qui signifie qu’il a une incidence particulière sur la question posée. Il faudra donc que le consultant en tienne compte s’il veut prendre les « bonnes » décisions.

Ces deux premières lames forment le cœur du tirage. Les suivantes sont lues par rapport à celles-ci et représentent les énergies mises en mouvement par le consultant ou autour de lui face à ce qu’il explore. En d’autres termes, les lames 3 à 11 précisent les deux premières.

Carte 3 : Les facteurs conscients. Ce sont les aspects des lames 1 et 2 dont le consultant est conscient.

Carte 4 : Les facteurs inconscients. Ce sont les aspects de la situation dont le consultant n’a pas conscience ou qui lui sont encore inconnus.

Carte 5 : La stratégie passée. Il s’agit du comportement (ou d’un ensemble de comportements) que le consultant a adopté par rapport à la situation dans le passé. Cette lame peut aussi représenter les stratégies précédemment mises en œuvre par le consultant mais auxquelles il doit renoncer. Dans tous les cas, cette lame montre ce qu’il doit laisser derrière lui.

Carte 6 : la stratégie future. Il s’agit du comportement que le consultant aura tout intérêt à adopter pour trouver une issue à sa situation. Cette lame est un conseil dont le but est de l’éclairer sur un nouveau but à atteindre afin de résoudre son souci.

Carte 7 : La réalité intérieure. C’est la situation réelle du consultant.

Carte 8 : La réalité extérieure. La situation telle qu’elle est d’un point de vue extérieur au consultant. C’est l’environnement extérieur.

Carte 9 : Le défi. Cette lame représente l’obstacle ou l’opportunité dont le consultant devra prendre conscience ou qui lui sera révélé(e) en temps et en heure.

Carte 10 : L’issue la plus probable. Ce qui se produira compte tenu des deux premières lames et des choix actuels du consultant en fonction de ce dont il est au courant au moment du tirage.

Carte 11 : L’issue « consciente », c’est-à-dire l’issue de la situation compte tenu de la volonté du consultant à changer les choses selon les conseils qui lui auront été prodigués. Cette lame représente ce à quoi la situation ressemblera si le consultant fait preuve de volonté à adopter les « bonnes » attitudes et stratégies.

 

Remarques
Cette variante de la Croix Celtique diffère légèrement des autres dans l’approche qu’elle propose du problème étudié. Ainsi, elle donne des conseils pratiques et concrets par rapport aux situations exposées.

 

Les suuports à privilégier
Comme les autres versions de la Croix Celtique, celle-ci a été pensée pour être effectuée avec un tarot de type Rider-Waite Smith, mais il peut aussi se pratiquer avec un tarot de type Marseille ou un oracle, pourvu que celui-ci contienne suffisamment de cartes.

Dans le cas d’un oracle, le Belline, la Triade et le « Madame Endora’s Fortune Cards » me semblent particulièrement indiqués, de même que les « Wiccan Cards ».

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 juillet 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)