légende

La Ronce et la Rose

La Ronce et la Rose

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

Read this article in English.

 

Introduction
Bien qu'il ait été conçu spécialement pour le mois de mai, ce tirage peut être effectué à n'importe quel moment de l'année dès lors que la situation du consultant le requiert. Sa connexion au mois de mai vient de la ballade « Barbara Allen », qui raconte l'histoire malheureuse de deux amoureux qui ne parviennent pas à se réconcilier suite au comportement blessant de l'un et à l'orgueil de l'autre.

Les plus anciennes versions connues de cette ballade remontent au XVIIème siècle en Écosse et les personnages de Barbara et Sweet William s'inscrivent dans le folklore courant. Avec le temps et les mouvements de population, la chanson a voyagé pour arriver aux États-Unis et faire là aussi partie du folklore musical, tant et si bien qu'elle a été recensée par Francis James Child au XIXème siècle lorsqu'il a décidé de répertorier en les numérotant les chants traditionnels (folk songs) anglais et écossais que l'on trouvait alors sur le territoire américain. C'est pourquoi « Barbara Allen » est souvent appelée « Child Ballad n°84 » ou « Child 84 ».

Selon les époques et les régions, la ballade a connu un grand nombre de mutations et d'adaptations. La tradition orale dominante aidant, elle s'est transformée et a évolué en fonction des aspects de la légende que l'on souhaitait mettre en avant. Dans tous les cas, la trame qui constitue la base du récit reste la même : les événements se passent en mai tandis que les roses bourgeonnent et fleurissent, dans une petite ville qui est tantôt nommée, tantôt anonyme. L'amour qu'il voue à Barbara Allen rend Sweet William gravement malade et le contraint à rester allité. Il envoie donc son domestique chercher Barbara Allen car il souhaite lui parler. Celle-ci consent à se déplacer mais adopte une attitude très dure envers Sweet William, lui reprochant son attitude envers d'autres femmes car elle en a été profondément blessée. Elle refuse de l'écouter, se contente de constater qu'il est mourant et tourne les talons, le laissant à sa peine. Comprenant qu'il a perdu Barbara Allen, Sweet William meurt de chagrin en demandant à ses amis de prendre soin de celle qu'il aime. Alors qu'elle est en train de rentrer chez elle, Barbara apprend la mort de Sweet William et, réalisant combien elle a été dure, elle s'effondre de douleur et comprend qu'elle vient de perdre celui qu'elle aime. Elle meurt à son tour le lendemain et est enterrée à côté de Sweet William dans le cimetière attenant à l'église. De la tombe de Sweet William s'élève une rose (qui prend racine en son cœur) et de celle de Barbara Allen une ronce (qui prend là aussi racine en son cœur). À mesure que les deux plantes poussent le long du mur du cimetière, elles s'entremêlent pour former un nœud d'amoureux (« a true lover's knot », dit la ballade) et réunissent Barbara Allen et Sweet William à jamais.

On ne compte plus les versions de cette ballade tant elles sont nombreuses, chaque artiste ayant pris soin d'y apporter son empreinte. Parmi les interprétations les plus connues et les mieux réussies, on peut notamment écouter celles de Pete Seeger, Joan Baez, Bob Dylan (pour qui cette ballade, faisant partie de ses chansons préférées, fut une source d'inspiration considérable), The Everly Brothers, Dolly Parton (avec Altan, premier et dernier couplets en gaélique irlandais), Crystal Gayle, Johnny Cash (texte réadapté par Johnny Cash), Emmylou HarrisSimon & Garfunkel, Judy Collins, Marie Laforêt, ou encore Blackmore's Night.

Cette chanson fait partie de mes préférées, car depuis le jour où je l'ai écoutée pour la première fois, j'ai été littéralement charmée par la magie qui s'en dégage et par la poésie avec laquelle les sentiments amoureux y sont présentés, en particulier à travers les symboles de la ronce et de la rose. Ces derniers sont d'ailleurs au cœur du tirage puisque j'ai repris l'image de ces deux plantes qui s'élèvent des tombes de Barbara Allen et de Sweet William et s'entremêlent pour former le nœud d'amoureux qui les réunit à la fin de la ballade. Le tirage suit la chronologie habituelle de l'histoire, dont chaque élément est associé à un point sur l'une ou l'autre plante. Ainsi, à mesure que l'on progresse dans la ballade, on s'élève avec la ronce et la rose pour se diriger vers la possibilité d'une éventuelle réconciliation, et dans tous les cas d'un apaisement de la situation qui est vécue par le consultant.

 

Objectif
Voir dans quelle mesure il est possible de réparer une relation amoureuse abîmée et d'aller vers l'apaisement.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer quatorze cartes que l'on dispose comme suit :

La Ronce et la Rose

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties qui font chacune allusion à des éléments clefs de la ballade. Ainsi, la première partie comprend les cartes 1, 2 et 3 et fait référence à la terre d'où s'élèvent la ronce et la rose ; la deuxième, qui réunit les cartes 4, 6, 8, 10 et 12, dépeint la ronce ; la troisième illustre la rose à travers les cartes 5, 7, 9, 11 et 13. Enfin, la dernière carte, qui couronne l'ensemble du tirage, représente le nœud que finissent par former la ronce et la rose qui s'élèvent respectivement des cœurs de Barbara et William.

Première partie : La terre, les racines, les fondements, l'état des lieux – lames 1 à 3
Lame 1. Les racines de la situation actuelle. l'état de la relation et des sentiments partagés par les deux partenaires au moment du tirage.

Lame 2. Ce qui donnera naissance à la ronce, c'est-à-dire ce qui a fait que l'on en est arrivé là, le grief qui est à l'origine de la brouille, de la dispute ou du différend.

Lame 3. Ce qui permettra à la rose de sortir de terre : le type de sentiments amoureux qui subsistent malgré l'incompréhension et animosité.

Deuxième partie : La ronce – la situation telle qu'elle est vécue par Barbara (lames 4, 6, 8, 10 et 12)
Lame 4 : La peine qui mène Barbara à montrer un cœur de pierre. Les sentiments douloureux provoqués par les actes évoqués par la lame 2. La peine causée par la discorde, le ressentiment qui éloigne les deux partenaires.

Lame 6 : Blessée, Barbara refuse d'écouter Sweet William. Ce qui provoque la réticence par rapport à l'idée de communiquer. Le manque de communication ; le refus de communication.

Lame 8 : Barbara apprend la mort de Sweet William et réalise qu'elle l'aime. Cette lame représente le choc qui fait prendre conscience du changement qui doit s'opérer – de manière douloureuse – afin de réorienter les choses et de réaliser si les sentiments sont toujours là ou non. On se rend compte de ce que l'on a perdu.

Lame 10 : Suite à la mort de Sweet William, la peine de Barbara l'emporte et elle s'en veut d'avoir été si cruelle envers lui ; elle rejoint donc celui qu'elle aime et meurt à son tour. Cette lame décrit ce que l'on regrettera d'avoir fait ou dit (ou de n'avoir pas fait ou dit) et pointe vers un début de rapprochement entre les deux partenaires.

Lame 12 : Barbara est enterrée auprès de Sweet William. Cette lame dépeint l'élan qui mène au rapprochement des deux partenaires.

Troisième partie : La rose – la situation telle qu'elle est vécue par William (lames 5, 7, 9, 11 et 13)
Lame 5 : Sweet William souffre de la situation et tombe gravement malade. Les effets de la douleur provoquée par la discorde, ce qui tient les partenaires éloignés malgré les sentiments existants.

Lame 7 : Sweet William tente de s'expliquer auprès de Barbara, mais en vain. Les tentatives de communication infructueuses et avortées, celles qui ont éloigné le couple au lieu de le rapprocher. Les raisons qui font que ces tentatives ont échoué.

Lame 9 : La mort de Sweet William. La résignation. L'acceptation de la situation et de l'éventualité d'une séparation définitive, d'une non-réconciliation et ce que l'on souhaite – de bien – pour l'autre partenaire. La manière dont on envisage de s'effacer s'il n'y a pas d'autre issue.

Lame 11 : Sweet William est enterré dans le cimetière attenant à l'église. Le sacrifice que l'on est prêt à faire pour réparer la relation, ce que l'on est prêt à laisser derrière soi pour aller vers la réconciliation et trouver la paix.

Lame 13 : La rose qui s'élève du cœur de Sweet William. Les sentiments qui subsisteront et/ou qui renaîtront et pourront apaiser la relation et lui donner une nouvelle chance.

Quatrième partie : Le nœud – la réunion des amants au-delà des difficultés (lame 14)
Lame 14 : Le nœud que forment la ronce et la rose en poussant contre le mur. La manière dont le conflit se soldera ; comment les deux partenaires se retrouveront (ou non). Ce qui ressortira des efforts faits pour apaiser le conflit. La résolution de la situation.

 

Remarques
Ce tirage est assez complexe à réaliser, non par le nombre de lames qu'il requiert, mais plutôt par sa structure et en raison du caractère approfondi de l'exploration qu'il permet. En effet, il est ici question d'une analyse poussée de l'état de la relation amoureuse que vit le consultant, et en particulier du conflit qu'il traverse. Aussi, si l'on veut produire une bonne interprétation de ce tirage, il faut tenir compte de la complexité inhérente à toute relation et aux sentiments amoureux.

Si les parties intitulées la ronce et la rose dépeignent respectivement les comportements et sentiments de Barbara Allen et Sweet William dans la ballade, il ne faut pas oublier que les choses sont souvent loin d'être aussi divisées dans la vie de tous les jours. Bien qu'il soit possible au sein d'une relation que l'un des deux partenaires ait le beau rôle tandis que l'autre tient le mauvais, il est tout de même assez rare que les choses soient aussi simples et limpides, car c'est souvent la confusion des sentiments qui règne et qui mène à des paroles ou à des actions apparemment contradictoires par rapport à ce que l'on ressent. C'est pourquoi il est important pour ce tirage que le consultant soit prêt à être honnête envers lui-même puisqu'il sera amené à être confronté à ses aspects les plus sombres – et parfois les plus inavouables. Il se retrouvera donc face à face avec ses sentiments, mais aussi avec sa capacité à faire souffrir l'autre, ce qui est rarement exploré de manière aussi appuyée.

Par ailleurs, il est important de noter que si la structure du tirage suit la chronologie des événements rapportés dans la ballade, il n'est pas dit pour autant que l'issue en soit la même ! En d'autres termes, la fin de la légende voit les deux partenaires réunis par-delà la mort, et ces retrouvailles marquent leur union éternelle et indéfectible. S'il est évident que l'issue montrée par le tirage fait allusion à la mort de Barbara et William pour sa portée symbolique, il faut également garder à l'esprit la possibilité de voir dans les cartes une issue peu favorable à la continuité de la relation du consultant, car tout dépend de la lame qui est tirée. Ainsi, il peut arriver que la seule issue possible à la relation soit la séparation, car la rupture est parfois le seul moyen de retrouver paix et sérénité pour les deux partis.

Comme on peut le voir, ce tirage permet une analyse très détaillée et toute en nuances des relations amoureuses qui connaissent des périodes difficiles, en particulier lorsque l'éloignement des deux partenaires est au centre des préoccupations. Grâce à lui, il est possible d'en identifier les causes profondes, mais aussi d'entrevoir de quelle manière les choses peuvent être réparées... si tant est qu'elles puissent l'être. Dans tous les cas, il aide à trouver l'apaisement, quelle que soit l'issue de la situation.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Toutefois, si l'on souhaite exploiter au maximum le thème dont il est ici question, on pourra privilégier les supports qui explorent l'amour, que ce soit en faisant référence à diverses mythologies ou à la littérature. Par exemple, The Lover's Path Tarot de Kris Waldherr sera un magnifique outil. Les jeux mettant en avant l'exploration de soi et l'introspection conviendront également parfaitement. On pensera notamment au très complet Madame Endora's Fortune Cards, ou encore au Chrysalis Tarot, qui est particulièrement bien adapté à ce type de questionnement.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 mai 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Manteau de Brighid

Le Manteau de Brighid

Read this article in English

Tirage spécial Imbolc/Candlemas mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Avec la Croix de Brighid, le Manteau de Brighid est l'un des principaux symboles d'Imbolc et fait partie intégrante des célébrations et des rituels liés à ce sabbat. Si la Croix de Brighid fait référence à la déesse irlandaise, le Manteau de Brighid évoque quant à lui Sainte Brighid (de Kildare), qui n'est autre qu'une forme christianisée de l'ancienne déesse.

Selon la légende, Sainte Brighid serait allée voir le roi de Leinster pour lui demander de l'autoriser à utiliser une parcelle de terre pour la construction d'une abbaye. Le roi, qui n'avait nullement envie de voir ce projet se concrétiser, lui aurait répondu qu'il lui accorderait la surface que pourrait couvrir son manteau. Bien sûr, lorsque Brighid étendit sa cape sur le sol, celle-ci s'agrandit et couvrit toute la surface nécessaire à la construction des fondations de l'édifice.

D'autres récits racontent qu'elle aurait aidé la Vierge Marie à accoucher à Bethlehem. À la naissance du Christ, elle aurait enveloppé le nouveau-né dans son manteau, qui aurait ainsi acquis un caractère sacré.

Certains contes évoquent aussi des épisodes où, trempée après un orage, elle étend sa cape sur un rayon de soleil afin de la faire sécher.

Tous ces éléments donnent donc à ce vêtement une valeur particulière. Ainsi, il est aujourd'hui encore entouré de croyances multiples, dont la plus répandue est que Sainte Brighid donne une partie de ses pouvoirs de guérison à tout morceau de tissu que l'on étend à Imbolc. La coutume veut que l'on étende à l'extérieur ou à l'intérieur de sa maison un tissu afin qu'elle puisse le bénir lors de son passage. Ce tissu est alors appelé Manteau de Brighid et est de nouveau étendu à chaque Imbolc afin d'être béni à chaque passage de la sainte. Il conserve ainsi ses pouvoirs de guérison, qui se renforcent année après année.

Le tirage présenté ici prend la forme de la cape de Sainte Brighid et évoque la protection et la guérison qu'elle apporte au consultant à Imbolc. Les différentes parties du tirage sont bien sûr inspirées des capacités et qualités de cette figure très singulière qui, bien qu'elle soit chrétienne, fait le lien entre l'ancienne et la « nouvelle » tradition.

 

Objectif
Ce tirage montre ce dans quoi Sainte Brighid enveloppe le consultant à Imbolc pour lui apporter la protection dont il a besoin et l'aider à guérir de ce qu'il doit laisser définitivement derrière lui.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire dix-huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Manteau de Brighid

 

Lecture et interprétation
Les cartes se lisent dans l'ordre où elles ont été tirées. On remarque que celles qui se trouvent aux extrémités de la première ligne sont penchées, afin de donner davantage de fluidité à la forme du vêtement qui est évoqué. Bien sûr, ceci leur confère des significations spéciales, qui s'intègrent à l'ensemble à mesure de la lecture.

La carte 1 met en avant les désirs du consultant et présente ce qu'il souhaite le plus voir se réaliser.

Les cartes 2, 3, 4 et 5 reflètent la situation présente du consultant. Elles montrent ce qui se passe autour de lui en général et expriment ses principales préoccupations.

La carte 6 met en relief ses peurs, ses craintes et ses angoisses par rapport à la situation évoquée par les cartes qui précèdent.

Les cartes 7, 8, 9, 10 et 11, situées au-dessus des précédentes, indiquent au consultant les choses dont il a besoin de guérir, celles pour lesquelles il a besoin de trouver un apaisement avant de pouvoir avancer sereinement. Ces cartes représentent ce dont Sainte Brighid l'aidera à se remettre, ce dont elle l'aidera à récupérer.

Les cartes 12, 13, 14 et 15 décrivent la nature de la protection qu'apporte Sainte Brighid au consultant face à l'ensemble de sa situation et dans sa démarche de guérison.

Les cartes 16, 17 et 18 montrent les forces et les qualités qui ont été offertes par Brighid au consultant lorsqu'elle s'est penchée au-dessus de son berceau lorsqu'il n'était encore qu'un nouveau-né. L'accent est mis sur celles qui seront d'une aide particulièrement précieuse pour faire face à la situation présente.

 

Remarques
Ce tirage ne présente pas de difficulté particulière. Les différentes parties qui le composent sont délimitées de façon à ce qu'il y ait peu de cartes à lire ensemble à chaque fois, facilitant ainsi la tâche à ceux qui n'ont pas l'habitude d'effectuer des tirages avec autant de cartes.

Pour chaque partie, les cartes peuvent se lire de deux manières : soit en les liant entre elles comme si elles racontaient une histoire (elles développent alors un aspect dans sa continuité ou un enchaînement d'événements), soit indépendamment (elles mettent alors en valeur différents aspects d'une ou plusieurs situations). La méthode de lecture la plus pertinente est à déterminer par l'interprète selon ce qui apparaît dans le tirage.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué aussi bien avec un tarot qu'avec un oracle. Bien sûr, on privilégiera en priorité les jeux qui illustrent les traditions néo-païennes et ceux qui exploitent des thématiques propres à Imbolc. Les jeux faisant référence à l'Irlande sont également parfaitement indiqués !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 02 février 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Puits aux Fées

Le Puits aux Fées

Tirage spécial Samhain/Halloween mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Ce tirage s'inspire de la légende écossaise de Tam Lin, dont l'épisode principal de passe lors de la nuit de Samhain/Halloween. L'histoire se passe à Carterhaugh en Écosse où Janet, la fille du seigneur des lieux tombe amoureuse de Tam Lin, un jeune homme mystérieux qu'elle rencontre dans le bois, près du Puits aux Fées. Au fil de leurs entrevues, il lui révèle que malgré les apparences, il n'appartient pas au peuple des Fées mais qu'il est en réalité un humain qui a été enlevé par la Reine des Fées, qui en a fait son esclave. Elle l'a notamment chargé de protéger le bois qui appartient à son peuple.

Le jeune homme apprend également à Janet que si elle l'aime, elle pourra le délivrer durant la nuit d'Halloween car c'est à ce moment-là que le Voile entre le monde des Fées et celui des humains est le plus fin, leur permettant de communiquer. Pour ce faire, il lui faudra revenir au Puits aux Fées et attendre la procession des Fées, dont son bien-aimé fera partie. Là, elle devra faire tomber Tam Lin de son cheval et ne pas le lâcher malgré toutes les transformations monstrueuses qu'il subira, dues aux enchantements de la Reine des Fées.

Le jour dit, Janet se rend au Puits aux Fées et fait exactement ce que le jeune homme lui a expliqué et parvient à résister à la peur suscitée par les multiples métamorphoses de Tam Lin, toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Devant tant de ténacité, la Reine des Fées ne peut que se rendre à l'évidence : elle s'avoue vaincue, libère Tam Lin et le laisse partir avec Janet. Pour un récit plus détaillé de la légende, voir cet article.

Dans le tirage présenté ici, le consultant prend le rôle de Janet : comme elle, il a un idéal à atteindre, un souhait qui lui est très cher (dans le cas de la jeune fille, il se nomme Tam Lin). Or, pour voir un souhait se réaliser, il faut parfois passer par des moments difficiles, affronter certaines de ses plus grandes peurs, les dépasser... et se dépasser soi-même en allant au-delà de ce que l'on pensait être nos propres limites ! Grâce à ce tirage, ces transformations et ces peurs sont mises au premier plan pour aider le consultant à les anticiper et à s'y préparer. Ainsi, il est conscient des difficultés qui peuvent se dresser sur son chemin s'il entreprend de tout faire pour réaliser ce qu'il désire et peut se préparer à les affronter, et surtout à les dominer.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Puits aux Fées

 

Lecture et interprétation
La première carte représente Janet dissimulée derrière le puits, à l'abri des regards. Elle attend la procession féerique. Par analogie, cette carte incarne le consultant et la manière dont il aborde sa situation. Elle peut montrer sa détermination à réaliser son projet, l'ampleur des moyens qu'il compte mettre en œuvre pour atteindre son objectif.

La deuxième carte est le puits derrière lequel se cache Janet en attendant les Fées. Dans ce tirage, le puits représente le vœu qu'a formulé le consultant, l'objectif qu'il souhaite atteindre. Il peut aussi être un reflet des motivations profondes qui l'animent, quelles qu'elles soient.

Les cartes 3, 4, 5, 6 et 7 sont la procession des Fées. La carte 3 montre au consultant les illusions auxquelles il devra faire face pour pouvoir atteindre son but. Les cartes 4, 5 et 6 sont les transformations monstrueuses de Tam Lin, c'est-à-dire ici les obstacles auxquels le consultant sera confronté, mais aussi ce qui pourrait l'effrayer au point de le dissuader de réaliser son souhait et d'atteindre son but. La carte 7 représente la Reine des Fées, qui n'est autre que l'ennemi que le consultant devra vaincre pour se dépasser et résister aux difficultés. Cet ennemi est intérieur : c'est une chose, un sentiment, une impression, une peur que le consultant porte en lui et qui, s'il la laisse prendre le dessus, l'empêchera de réaliser son souhait et réduira ses efforts à néant.

La carte 8 représente ce que Janet gagne à la fin de son combat contre les multiples transformations monstrueuses subies par Tam Lin, c'est-à-dire... Tam Lin lui-même ! De la même manière que la carte 8 est donc Tam Lin, elle est pour le consultant l'objectif qu'il atteindra, le résultat de ses démarches. Si dans la légende Janet gagne en montrant à la Reine des Fées qu'elle est prête à tout endurer et à faire preuve d'un courage sans borne, ce tirage prend en compte le fait que le résultat de toute entreprise dépend bien entendu des efforts fournis par le consultant et de ce qu'il mettra en œuvre pour que ses efforts soient couronnés de succès. Par ailleurs, il arrive parfois que malheureusement, quelles que soient les chances que l'on met de son côté, il nous soit impossible de faire tourner une situation en notre faveur. Cette éventualité est également couverte par cette carte.

 

Remarques
Ce tirage a été créé par mes soins à l'occasion du Salon Fantastique 2014, qui tombait en même temps que Samhain. Il m'a donc semblé évident d'associer mon sabbat préféré avec l'atmosphère féerique dans laquelle je m'apprêtais à me plonger ! C'est tout naturellement que parmi les légendes qui mettent en scène des fées en cette période, celle de Tam Lin s'est imposée à mon esprit. À partir de là, les différentes parties qui structurent ce tirage se sont mises en place d'elles-mêmes !

Au niveau de l'interprétation, ce tirage ne présente pas de difficulté particulière, si ce n'est sans doute dans la lecture des cartes qui composent la procession, puisque celles-ci doivent absolument être lues de manière à faire ressortir les épreuves qu'elles peuvent exprimer. Or, ceci peut s'avérer délicat selon les cartes sorties ! Voilà un très bon exercice pour approfondir sa connaissance des cartes et apprendre à considérer d'autres aspects que ceux auxquels on est habitué !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué dans problème avec n'importe quel support, mais sélectionner des jeux en relation avec l'univers d'Halloween, de Samhain et/ou des Fées lui apportera une touche toute particulière. Je recommande notamment le « Halloween Tarot » (Kipling West et Karin Lee), « Oracle of the Shapeshifters » (Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith), « The Stolen Child Tarot » (Monica Knighton), le « Wild Wisdom of the Faery Oracle » (Selina Fenech)... et bien d'autres encore ! « Madame Endora's Fortune Cards » sont également parfaites en raison de leur connexion à différents univers mythologiques et de la présence de fées qui sont très proches de celles décrites par les légendes anciennes.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 décembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Films de saison

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Un certain nombre de films reprend des thèmes chers à la fête d'Halloween/Samhain. En voici quelques-uns, dans des genres différents, pour s'émerveiller, rire, et frissonner.

The Nightmare Before ChristmasLe premier et sans doute le plus évident lorsqu'on parle d'Halloween est sans hésitation « The Nightmare Before Christmas » de Tim Burton. On va finir par le savoir, celui-ci est bien placé dans ma liste de films préférés. Au pays des fêtes, Jack Skellington, le « Roi Citrouille » de la Ville d'Halloween, est quelque peu las des festivités d'Halloween. Un jour, il découvre la Ville de Noël et, exalté par ce qu'il voit, il décide que cette année, il s'occupera de la fête de Noël. Il ramène à Halloween Town ce qu'il croit avoir compris de Noël et tente d'expliquer la tradition à la population locale. Trois garnements kidnappent le Père Noël (dont Jack écorche joyeusement le nom : de « Santa Claus », il devient « Sandy Claws »), et tous les habitants s'affairent à préparer les cadeaux de Noël... sans bien avoir saisi le sens de la fête. Et Noël version Halloween, c'est quelque chose ! Ce film est l'un des plus touchants de Tim Burton, et montre entre autres, tantôt avec humour, une grande empathie pour le personnage principal, qui fait de son mieux pour comprendre et s'approprier une fête qu'il ne comprend pas mais aimerait bien partager. Je ne vous cacherai pas non plus que la jolie histoire d'amour entre Jack et Sally tient en haleine tout du long, même si l'on sait pertinemment comment elle va se terminer. La pureté des sentiments que Sally nourrit pour Jack le sauvera à bien des égards.

À noter : la voix chantée de Jack est interprétée par Danny Elfman, le compositeur des musiques !

Autre chose intéressante : le film est né à partir d'un poème écrit par Tim Burton dont il développe les étapes.

Émerveillement garanti !

Sleepy Hollow, Christopher LeeOn a déjà parlé de « Sleepy Hollow » un peu plus tôt dans la semaine, en montrant de quelle façon la nouvelle d'Irvin et le film qu'a fait Burton (eh oui, encore lui !) étaient liés à la fête qui nous préoccupe. Il semble donc logique de faire figurer ce chef-d'œuvre comico-sanguinolant dans la liste des films à voir en cette période. En plus d'un Johnny Depp attendrissant à souhait, on retrouve Christopher Lee dans un petit rôle certes, mais fort bien choisi pour lui : celui du juge qui envoie Ichabod Crane (Johnny Depp) enquêter sur les meurtres de Sleepy Hollow. Joli hommage de la part de Burton à la carrière passée de l'immense acteur (au sens propre comme figuré) dans la peau d'un célèbre vampire. Sa position par rapport au décor semble lui donner des ailes, comme pour rappeler la chauve-souris, et son air inquiétant confirme la ressemblance. Un film parfait en cette période, tant l'ambiance à la fois sombre et comique sied au sujet !

The Curse of the Were-RabbitOn peut croiser des loups garous le soir d'Halloween, certes, mais saviez-vous que l'on peut aussi rencontrer des lapins garous ? Si si, c'est possible ! D'ailleurs, Wallace et Gromit en font l'expérience dans l'unique long-métrage qui leur est consacré : « La malédiction du lapin-garou ». L'histoire est simple : le concours du plus beau légume a lieu dans le village, et chacun prépare son petit bijou, soucieux de le protéger des nuisibles. Wallace et Gromit ont une toute petite entreprise de « nettoyage » et installent des alarmes dans les jardins de leurs concitoyens, en particulier autour des légumes de concours. Entre le régime de Wallace, toujours amateur de fromage, et leur travail de surveillance, par le temps de s'ennuyer pour les deux compères. Les choses se gâtent le jour où l'on déclare avoir vu un immense lapin s'en prendre aux biens les plus chers des habitants. La traque commence. Je n'en dévoilerai pas plus sous peine de gâcher le plaisir, mais je puis dire sans risquer de donner trop d'indices que le résultat est époustouflant. On rit vraiment beaucoup tout au long du film, autant grâce aux deux héros qu'à travers les innombrables clin d'œil à des œuvres cinématographiques bien connues (que je vous laisse le soin d'identifier !). Un excellent moment à savourer, seul ou en famille !

Le saviez-vous ? Le sens du nom loup-garou est plus clair en anglais, où il se dit werewolf. On reconnaît un nom composé, avec d'un côté wolf (« loup »), et de l'autre were, qui semble énigmatique. Pour en trouver le sens, il faut remonter quelques siècles en arrière. En vieil-anglais, were signifie man (« homme »), et le werewolf est donc un homme-loup. Dans les aventures de Wallace et Gromit, on a à faire à un « lapin-garou », soit un were-rabbit en anglais. Le mythe du loup-garou y a été détourné et parodié avec beaucoup de justesse, ce qui contribue en grande partie à le rendre désopilant. Tout y passe, de la musique aux conditions climatiques, en passant par les conventions déjà établies dans les films de loups garous classiques.

Ceux qui veulent absolument se faire peur (quoi de plus naturel en cette période ?) peuvent se tourner vers le grand classique « Halloween », dans lequel la jeune et charmante Jamie Lee Curtis découvre qu'elle a un frère... et quel frère ! Mike Myers, ni plus ni moins ! Sauf que celui-ci est complètement imprévisible, tue à tout-va, porte un masque et ne prononce pas un mot ! Charmant, non ? Étant amatrice de film d'horreur et ayant de l'entraînement face à ce genre, celui-ci reste pourtant l'un de ceux qui m'ont le plus impressionnée. Ce doit être dû au fait que Mike ne parle pas et que l'on ne voit pas son visage... Le titre l'indique, le tout se passe pendant la fête d'Halloween... Inutile de préciser que je fais référence au premier de la série, de John Carpenter, dans les années 1970. Les autres sont décevants, même si le remake récent de Rob Zombie possède ses propres qualités. C'est pour moi une question d'ambiance, car un film m'impressionne autant par ce qu'il montre que par ce qu'il cache.  Et pour cela, « Halloween » est rudement efficace ! Le plus angoissant est de savoir que Mike Myers va frapper sans être capable de dire exactement quand ou comment.

Amusez-vous bien !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Carved pumpkins

Jack O' Lantern

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Smiling pumpkinS'il est une figure emblématique de Halloween/Samhain, c'est bien celle de Jack O' Lantern. On en trouve partout et c'est devenu l'une des traditions les plus populaires aux États-Unis en cette saison. On connaît évidemment fort bien la citrouille creusée que l'on exhibe le soir d'Halloween, mais la légende qui est à l'origine de sa conception est souvent bien moins connue.

On a commencé à faire des Jack O' Lanterns il y a plusieurs siècles. Cette pratique tient pour origine une légende irlandaise à propos d'un homme surnommé « Stingy Jack » (Jack l'Avare, Jack le Pingre). On raconte que Jack invita le Diable à boire un coup avec lui. Mais, faisant honneur à son surnom, Jack n'avait pas l'intention de payer, et il tenta de convaincre le Diable de se changer en pièce de monnaie que Jack pourrait utiliser pour payer leurs verres. Le Diable accepta, et ceci fait, Jack décida de garder la pièce et la mit dans sa poche aux côtés d'une croix en argent, pour empêcher le Diable de reprendre sa forme originelle. Il finit par le libérer, à condition que le Diable ne vienne pas l'importuner durant une année complète et que, si Jack venait à mourir, il ne réclamerait pas son âme.

L'année suivante, Jack se joua à nouveau du Diable en le faisant monter dans un arbre afin de cueillir un fruit. Sur l'écorce, Jack grava une croix, de sorte que le Diable ne put descendre avant de lui avoir promis de ne pas l'importuner pendant dix ans de plus.

Peu après, Jack mourut. Selon la légende, Dieu ne voulut admettre au Paradis un personnage aussi douteux que Jack. De son côté, le Diable, toujours contrarié du fait que Jack se soit joué de lui et tenu par sa promesse de ne pas réclamer son âme si celui-ci devait trépasser, ne voulut pas non plus l'accepter en Enfer. Il envoya Jack dans la nuit noire sur les chemins avec pour seul guide un morceau de charbon incandescent. Jack plaça celui-ci dans un gros navet évidé et erre sur Terre depuis lors. Les Irlandais appelèrent cette figure fantomatique « Jack of the Lantern » (« Jack à la Lanterne »), puis plus simplement « Jack O' Lantern ».

Carved pumpkinsEn Irlande et en Écosse, les gens firent leurs propres Jack O' Lanterns en gravant des visages effrayants sur de gros navets ou pommes de terre et les placèrent près de leurs portes et fenêtres afin d'effrayer Jack l'Avare et les autres esprits errants. En Angleterre, on utilisait de grosses courges et betteraves. Lorsqu'ils arrivèrent aux Etats-Unis, les immigrants apportèrent cette tradition avec eux. Là, ils trouvèrent que les citrouilles, qui ne poussaient que là-bas, feraient de parfaits Jack O' Lanterns.

Bien sûr, les amateurs de Tim Burton ne manqueront pas de penser au film « The Nightmare Before Christmas », dans lequel le personnage principal, Jack Skellington, est aussi le « Pumpkin King » (« Roi Citrouille ») de la ville d'Halloween. D'ailleurs, dans la séquence d'ouverture du film, celui-ci arrive en portant une citrouille en guise de tête. On remarquera que l'allusion à Jack O' Lantern est également présente dans son nom, puisque tous deux portent le même prénom.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 27 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)