légende

La Ronce et la Rose

La Ronce et la Rose

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

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Introduction
Bien qu'il ait été conçu spécialement pour le mois de mai, ce tirage peut être effectué à n'importe quel moment de l'année dès lors que la situation du consultant le requiert. Sa connexion au mois de mai vient de la ballade « Barbara Allen », qui raconte l'histoire malheureuse de deux amoureux qui ne parviennent pas à se réconcilier suite au comportement blessant de l'un et à l'orgueil de l'autre.

Les plus anciennes versions connues de cette ballade remontent au XVIIème siècle en Écosse et les personnages de Barbara et Sweet William s'inscrivent dans le folklore courant. Avec le temps et les mouvements de population, la chanson a voyagé pour arriver aux États-Unis et faire là aussi partie du folklore musical, tant et si bien qu'elle a été recensée par Francis James Child au XIXème siècle lorsqu'il a décidé de répertorier en les numérotant les chants traditionnels (folk songs) anglais et écossais que l'on trouvait alors sur le territoire américain. C'est pourquoi « Barbara Allen » est souvent appelée « Child Ballad n°84 » ou « Child 84 ».

Selon les époques et les régions, la ballade a connu un grand nombre de mutations et d'adaptations. La tradition orale dominante aidant, elle s'est transformée et a évolué en fonction des aspects de la légende que l'on souhaitait mettre en avant. Dans tous les cas, la trame qui constitue la base du récit reste la même : les événements se passent en mai tandis que les roses bourgeonnent et fleurissent, dans une petite ville qui est tantôt nommée, tantôt anonyme. L'amour qu'il voue à Barbara Allen rend Sweet William gravement malade et le contraint à rester allité. Il envoie donc son domestique chercher Barbara Allen car il souhaite lui parler. Celle-ci consent à se déplacer mais adopte une attitude très dure envers Sweet William, lui reprochant son attitude envers d'autres femmes car elle en a été profondément blessée. Elle refuse de l'écouter, se contente de constater qu'il est mourant et tourne les talons, le laissant à sa peine. Comprenant qu'il a perdu Barbara Allen, Sweet William meurt de chagrin en demandant à ses amis de prendre soin de celle qu'il aime. Alors qu'elle est en train de rentrer chez elle, Barbara apprend la mort de Sweet William et, réalisant combien elle a été dure, elle s'effondre de douleur et comprend qu'elle vient de perdre celui qu'elle aime. Elle meurt à son tour le lendemain et est enterrée à côté de Sweet William dans le cimetière attenant à l'église. De la tombe de Sweet William s'élève une rose (qui prend racine en son cœur) et de celle de Barbara Allen une ronce (qui prend là aussi racine en son cœur). À mesure que les deux plantes poussent le long du mur du cimetière, elles s'entremêlent pour former un nœud d'amoureux (« a true lover's knot », dit la ballade) et réunissent Barbara Allen et Sweet William à jamais.

On ne compte plus les versions de cette ballade tant elles sont nombreuses, chaque artiste ayant pris soin d'y apporter son empreinte. Parmi les interprétations les plus connues et les mieux réussies, on peut notamment écouter celles de Pete Seeger, Joan Baez, Bob Dylan (pour qui cette ballade, faisant partie de ses chansons préférées, fut une source d'inspiration considérable), The Everly Brothers, Dolly Parton (avec Altan, premier et dernier couplets en gaélique irlandais), Crystal Gayle, Johnny Cash (texte réadapté par Johnny Cash), Emmylou HarrisSimon & Garfunkel, Judy Collins, Marie Laforêt, ou encore Blackmore's Night.

Cette chanson fait partie de mes préférées, car depuis le jour où je l'ai écoutée pour la première fois, j'ai été littéralement charmée par la magie qui s'en dégage et par la poésie avec laquelle les sentiments amoureux y sont présentés, en particulier à travers les symboles de la ronce et de la rose. Ces derniers sont d'ailleurs au cœur du tirage puisque j'ai repris l'image de ces deux plantes qui s'élèvent des tombes de Barbara Allen et de Sweet William et s'entremêlent pour former le nœud d'amoureux qui les réunit à la fin de la ballade. Le tirage suit la chronologie habituelle de l'histoire, dont chaque élément est associé à un point sur l'une ou l'autre plante. Ainsi, à mesure que l'on progresse dans la ballade, on s'élève avec la ronce et la rose pour se diriger vers la possibilité d'une éventuelle réconciliation, et dans tous les cas d'un apaisement de la situation qui est vécue par le consultant.

 

Objectif
Voir dans quelle mesure il est possible de réparer une relation amoureuse abîmée et d'aller vers l'apaisement.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer quatorze cartes que l'on dispose comme suit :

La Ronce et la Rose

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties qui font chacune allusion à des éléments clefs de la ballade. Ainsi, la première partie comprend les cartes 1, 2 et 3 et fait référence à la terre d'où s'élèvent la ronce et la rose ; la deuxième, qui réunit les cartes 4, 6, 8, 10 et 12, dépeint la ronce ; la troisième illustre la rose à travers les cartes 5, 7, 9, 11 et 13. Enfin, la dernière carte, qui couronne l'ensemble du tirage, représente le nœud que finissent par former la ronce et la rose qui s'élèvent respectivement des cœurs de Barbara et William.

Première partie : La terre, les racines, les fondements, l'état des lieux – lames 1 à 3
Lame 1. Les racines de la situation actuelle. l'état de la relation et des sentiments partagés par les deux partenaires au moment du tirage.

Lame 2. Ce qui donnera naissance à la ronce, c'est-à-dire ce qui a fait que l'on en est arrivé là, le grief qui est à l'origine de la brouille, de la dispute ou du différend.

Lame 3. Ce qui permettra à la rose de sortir de terre : le type de sentiments amoureux qui subsistent malgré l'incompréhension et animosité.

Deuxième partie : La ronce – la situation telle qu'elle est vécue par Barbara (lames 4, 6, 8, 10 et 12)
Lame 4 : La peine qui mène Barbara à montrer un cœur de pierre. Les sentiments douloureux provoqués par les actes évoqués par la lame 2. La peine causée par la discorde, le ressentiment qui éloigne les deux partenaires.

Lame 6 : Blessée, Barbara refuse d'écouter Sweet William. Ce qui provoque la réticence par rapport à l'idée de communiquer. Le manque de communication ; le refus de communication.

Lame 8 : Barbara apprend la mort de Sweet William et réalise qu'elle l'aime. Cette lame représente le choc qui fait prendre conscience du changement qui doit s'opérer – de manière douloureuse – afin de réorienter les choses et de réaliser si les sentiments sont toujours là ou non. On se rend compte de ce que l'on a perdu.

Lame 10 : Suite à la mort de Sweet William, la peine de Barbara l'emporte et elle s'en veut d'avoir été si cruelle envers lui ; elle rejoint donc celui qu'elle aime et meurt à son tour. Cette lame décrit ce que l'on regrettera d'avoir fait ou dit (ou de n'avoir pas fait ou dit) et pointe vers un début de rapprochement entre les deux partenaires.

Lame 12 : Barbara est enterrée auprès de Sweet William. Cette lame dépeint l'élan qui mène au rapprochement des deux partenaires.

Troisième partie : La rose – la situation telle qu'elle est vécue par William (lames 5, 7, 9, 11 et 13)
Lame 5 : Sweet William souffre de la situation et tombe gravement malade. Les effets de la douleur provoquée par la discorde, ce qui tient les partenaires éloignés malgré les sentiments existants.

Lame 7 : Sweet William tente de s'expliquer auprès de Barbara, mais en vain. Les tentatives de communication infructueuses et avortées, celles qui ont éloigné le couple au lieu de le rapprocher. Les raisons qui font que ces tentatives ont échoué.

Lame 9 : La mort de Sweet William. La résignation. L'acceptation de la situation et de l'éventualité d'une séparation définitive, d'une non-réconciliation et ce que l'on souhaite – de bien – pour l'autre partenaire. La manière dont on envisage de s'effacer s'il n'y a pas d'autre issue.

Lame 11 : Sweet William est enterré dans le cimetière attenant à l'église. Le sacrifice que l'on est prêt à faire pour réparer la relation, ce que l'on est prêt à laisser derrière soi pour aller vers la réconciliation et trouver la paix.

Lame 13 : La rose qui s'élève du cœur de Sweet William. Les sentiments qui subsisteront et/ou qui renaîtront et pourront apaiser la relation et lui donner une nouvelle chance.

Quatrième partie : Le nœud – la réunion des amants au-delà des difficultés (lame 14)
Lame 14 : Le nœud que forment la ronce et la rose en poussant contre le mur. La manière dont le conflit se soldera ; comment les deux partenaires se retrouveront (ou non). Ce qui ressortira des efforts faits pour apaiser le conflit. La résolution de la situation.

 

Remarques
Ce tirage est assez complexe à réaliser, non par le nombre de lames qu'il requiert, mais plutôt par sa structure et en raison du caractère approfondi de l'exploration qu'il permet. En effet, il est ici question d'une analyse poussée de l'état de la relation amoureuse que vit le consultant, et en particulier du conflit qu'il traverse. Aussi, si l'on veut produire une bonne interprétation de ce tirage, il faut tenir compte de la complexité inhérente à toute relation et aux sentiments amoureux.

Si les parties intitulées la ronce et la rose dépeignent respectivement les comportements et sentiments de Barbara Allen et Sweet William dans la ballade, il ne faut pas oublier que les choses sont souvent loin d'être aussi divisées dans la vie de tous les jours. Bien qu'il soit possible au sein d'une relation que l'un des deux partenaires ait le beau rôle tandis que l'autre tient le mauvais, il est tout de même assez rare que les choses soient aussi simples et limpides, car c'est souvent la confusion des sentiments qui règne et qui mène à des paroles ou à des actions apparemment contradictoires par rapport à ce que l'on ressent. C'est pourquoi il est important pour ce tirage que le consultant soit prêt à être honnête envers lui-même puisqu'il sera amené à être confronté à ses aspects les plus sombres – et parfois les plus inavouables. Il se retrouvera donc face à face avec ses sentiments, mais aussi avec sa capacité à faire souffrir l'autre, ce qui est rarement exploré de manière aussi appuyée.

Par ailleurs, il est important de noter que si la structure du tirage suit la chronologie des événements rapportés dans la ballade, il n'est pas dit pour autant que l'issue en soit la même ! En d'autres termes, la fin de la légende voit les deux partenaires réunis par-delà la mort, et ces retrouvailles marquent leur union éternelle et indéfectible. S'il est évident que l'issue montrée par le tirage fait allusion à la mort de Barbara et William pour sa portée symbolique, il faut également garder à l'esprit la possibilité de voir dans les cartes une issue peu favorable à la continuité de la relation du consultant, car tout dépend de la lame qui est tirée. Ainsi, il peut arriver que la seule issue possible à la relation soit la séparation, car la rupture est parfois le seul moyen de retrouver paix et sérénité pour les deux partis.

Comme on peut le voir, ce tirage permet une analyse très détaillée et toute en nuances des relations amoureuses qui connaissent des périodes difficiles, en particulier lorsque l'éloignement des deux partenaires est au centre des préoccupations. Grâce à lui, il est possible d'en identifier les causes profondes, mais aussi d'entrevoir de quelle manière les choses peuvent être réparées... si tant est qu'elles puissent l'être. Dans tous les cas, il aide à trouver l'apaisement, quelle que soit l'issue de la situation.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Toutefois, si l'on souhaite exploiter au maximum le thème dont il est ici question, on pourra privilégier les supports qui explorent l'amour, que ce soit en faisant référence à diverses mythologies ou à la littérature. Par exemple, The Lover's Path Tarot de Kris Waldherr sera un magnifique outil. Les jeux mettant en avant l'exploration de soi et l'introspection conviendront également parfaitement. On pensera notamment au très complet Madame Endora's Fortune Cards, ou encore au Chrysalis Tarot, qui est particulièrement bien adapté à ce type de questionnement.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 mai 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Visions sur le Brocken

Visions sur le Brocken

Tirage spécial Nuit de Walpurgis mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
La légende raconte qu'au cours de la Nuit de Walpurgis les sorcières se rassemblent pour tenir leur sabbat, célébration au cours de laquelle des visions d'horreur se présentent à celui qui en est témoin. En effet, il est de notoriété publique que les femmes qui se réunissent de la sorte invoquent le Diable et ses démons. Ceux-ci répondent à leur appel, ce qui fait de la Nuit de Walpurgis la nuit la plus inquiétante, la plus effrayante et la plus dangeureuse de l'année.

Traditionnellement, les sorcières se réunissaient sur le Brocken, un mont appartenant au massif montagneux appelé Harz en Allemagne. Il est dit que lors de leurs rassemblements, on pouvait voir d'étranges ombres danser autour des participantes, ce qui renforçait encore davantage la peur inspirée par des pratiques qui, étant païennes, n'avaient plus leur place dans une société où l'Église avait de plus en plus d'impact sur la vie quotidienne.

En réalité, la Nuit de Walpurgis célébrait la fin définitive de l'hiver et l'arrivée du point culminant du printemps, qui a lieu le 1er mai. Au cours de celle-ci, il était coutume de préparer l'arrivée des divinités du printemps à travers des rituels mettant en valeur tout ce qui touche à la fertilité afin de les aider à réveiller complètement la Nature pour qu'elle puisse s'épanouir pleinement. Lorsque les régions qui avaient adopté ces traditions furent christianisées, les divinités du printemps furent jugées indécentes en raison de leur rapport à la fertilité et à la fécondité. Elles furent donc transformées en diables et en démons, et reléguées au rang de créatures infernales avec tout ce qu'elles ont de plus inquiétant et dangereux.les

Le tirage présenté ci-dessous évoque la Nuit de Walpurgis et le sabbat des sorcières sur le Brocken. Il met en relief les visions effrayantes auxquelles on peut être en proie si l'on s'aventure sur cette montagne.

 

Objectif
Faire le point sur les illusions et les peurs qui assaillent le consultant par rapport à un projet précis qu'il aimerait voir se concrétiser ou dans sa vie en général. On pourra ainsi évaluer dans quelle mesure la peur et l'appréhension peuvent affecter son discernement.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer douze cartes que l'on dispose comme suit :

Visions sur le Brocken

 

Lecture et interprétation
Dans ce tirage, les cartes sont disposées de manière à représenter la montagne au sommet de laquelle se tient le sabbat ainsi que les nuages qui peuvent embrumer la vision du consultant. Aussi, lors de la lecture, on commence par le pied de la montagne, qui est la première étape de l'ascension, puis on se confronte à la couronne de nuages et à ses effets sur ce que l'on voit, pour terminer par le sommet.

Le pied de la montagne
Les lames 1 et 9 constituent la base de la montagne. Elles montrent ce que le consultant souhaite voir se réaliser dans sa vie, ce qu'il envisage construire. Elles peuvent également évoquer ses potentiels de réalisation au moment où le tirage est effectué. Ces deux lames sont lues ensemble.

Les lames 2 et 8 sont la première étape de l'ascension. Elles représentent la manière dont le consultant aborde sa situation et la stratégie qu'il compte mettre en œuvre pour atteindre le sommet – et son objectif !

La couronne de nuages
Les lames 10, 11 et 12 symbolisent les nuages, c'est-à-dire ce qui trouble l'esprit du consultant et l'empêche d'y voir clair ou de faire preuve de discernement. Elles montrent les raisons pour lesquelles certaines choses demeurent dissimuléées aux yeux du consultant.

Les lames 3 et 7 décrivent ce qui est caché par la brume des nuages. Elles montrent ce qui est important dans la situation du consultant mais que ce dernier ne voit pas.

Le sommet de la montagne
Les lames 4 et 6 illustrent les peurs que nourrit le consultant par rapport à son projet et les illusions et apparences trompeuses auxquelles il est en proie. Il est possible que les deux cartes décrivent uniquement les peurs ou les illusions comme il est possible que la lame 4 évoque les peurs tandis que la lame 6 met en relief les illusions.

La lame 5 est le point culminant de la montagne. Elle représente le sabbat que tiennent les sorcières lors de la Nuit de Walpurgis. Pour les besoins du tirage le consultant y participe afin de trouver les solutions – ou du moins des pistes – qui l'aideront à faire en sorte que les buts identifiés au commencement de son ascension puissent se concrétiser. Cette lame montre le chemin vers l'épanouissement, mais aussi comment vaincre les peurs qui l'assaillent, qu'elles soient ancrées dans le réel ou non.

 

Remarques
Dans son interprétation, ce tirage requiert une certaine finesse et habileté pour relier les différentes parties entre elles. La lecture de la couronne de nuages peut notamment paraître ardue, mais en prenant bien le temps d'observer tous les indices, elle peut révéler des éléments très intéressants quant aux mécanismes qui génèrent les illusions et les peurs du consultant. Ainsi, celui-ci pourra se poser les bonnes questions et trouver les solutions adéquates pour surmonter ce qui l'empêche d'avancer.

Ce tirage peut être effectué avec ou sans question. Dans le cas où on l'effectue avec une question, l'ascension du consultant dépeint le chemin à parcourir et les difficultés intérieures à vaincre pour réaliser son objectif. S'il est effectué dans question, il décrit la situation générale du consultant et devient un très bon outil d'exploration de soi.

La terrifiante réputation du Brocken est en réalité due à un effet d'optique lié à un phénomène météorologique appelé « spectre de Brocken ». En effet, les formes effrayantes qui ont été vues en train de danser autour des sorcières lors de leur sabbat ne sont pas les démons qu'elles invoquent mais sont l'effet de reflets provoqués par le soleil, les nuages et le brouillard, qui déforment et agrandissent les formes des objets et des personnes qui se trouvent sur la montagne. Il n'est donc nullement surprenant qu'en des temps où l'on n'avait pas connaissance de ces phénomènes naturels, les « visions » aient provoqué la panique et l'horreur de qui en était témoin !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué aussi bien avec un tarot ou un oracle. Cependant, si l'on souhaite rester dans le thème de la fête qu'il explore, on privilégiera les jeux aux motifs printaniers, de même que ceux qui exploitent l'imagerie de la sorcière et des sabbats.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 30 avril 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Manteau de Brighid

Le Manteau de Brighid

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Tirage spécial Imbolc/Candlemas mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Avec la Croix de Brighid, le Manteau de Brighid est l'un des principaux symboles d'Imbolc et fait partie intégrante des célébrations et des rituels liés à ce sabbat. Si la Croix de Brighid fait référence à la déesse irlandaise, le Manteau de Brighid évoque quant à lui Sainte Brighid (de Kildare), qui n'est autre qu'une forme christianisée de l'ancienne déesse.

Selon la légende, Sainte Brighid serait allée voir le roi de Leinster pour lui demander de l'autoriser à utiliser une parcelle de terre pour la construction d'une abbaye. Le roi, qui n'avait nullement envie de voir ce projet se concrétiser, lui aurait répondu qu'il lui accorderait la surface que pourrait couvrir son manteau. Bien sûr, lorsque Brighid étendit sa cape sur le sol, celle-ci s'agrandit et couvrit toute la surface nécessaire à la construction des fondations de l'édifice.

D'autres récits racontent qu'elle aurait aidé la Vierge Marie à accoucher à Bethlehem. À la naissance du Christ, elle aurait enveloppé le nouveau-né dans son manteau, qui aurait ainsi acquis un caractère sacré.

Certains contes évoquent aussi des épisodes où, trempée après un orage, elle étend sa cape sur un rayon de soleil afin de la faire sécher.

Tous ces éléments donnent donc à ce vêtement une valeur particulière. Ainsi, il est aujourd'hui encore entouré de croyances multiples, dont la plus répandue est que Sainte Brighid donne une partie de ses pouvoirs de guérison à tout morceau de tissu que l'on étend à Imbolc. La coutume veut que l'on étende à l'extérieur ou à l'intérieur de sa maison un tissu afin qu'elle puisse le bénir lors de son passage. Ce tissu est alors appelé Manteau de Brighid et est de nouveau étendu à chaque Imbolc afin d'être béni à chaque passage de la sainte. Il conserve ainsi ses pouvoirs de guérison, qui se renforcent année après année.

Le tirage présenté ici prend la forme de la cape de Sainte Brighid et évoque la protection et la guérison qu'elle apporte au consultant à Imbolc. Les différentes parties du tirage sont bien sûr inspirées des capacités et qualités de cette figure très singulière qui, bien qu'elle soit chrétienne, fait le lien entre l'ancienne et la « nouvelle » tradition.

 

Objectif
Ce tirage montre ce dans quoi Sainte Brighid enveloppe le consultant à Imbolc pour lui apporter la protection dont il a besoin et l'aider à guérir de ce qu'il doit laisser définitivement derrière lui.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire dix-huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Manteau de Brighid

 

Lecture et interprétation
Les cartes se lisent dans l'ordre où elles ont été tirées. On remarque que celles qui se trouvent aux extrémités de la première ligne sont penchées, afin de donner davantage de fluidité à la forme du vêtement qui est évoqué. Bien sûr, ceci leur confère des significations spéciales, qui s'intègrent à l'ensemble à mesure de la lecture.

La carte 1 met en avant les désirs du consultant et présente ce qu'il souhaite le plus voir se réaliser.

Les cartes 2, 3, 4 et 5 reflètent la situation présente du consultant. Elles montrent ce qui se passe autour de lui en général et expriment ses principales préoccupations.

La carte 6 met en relief ses peurs, ses craintes et ses angoisses par rapport à la situation évoquée par les cartes qui précèdent.

Les cartes 7, 8, 9, 10 et 11, situées au-dessus des précédentes, indiquent au consultant les choses dont il a besoin de guérir, celles pour lesquelles il a besoin de trouver un apaisement avant de pouvoir avancer sereinement. Ces cartes représentent ce dont Sainte Brighid l'aidera à se remettre, ce dont elle l'aidera à récupérer.

Les cartes 12, 13, 14 et 15 décrivent la nature de la protection qu'apporte Sainte Brighid au consultant face à l'ensemble de sa situation et dans sa démarche de guérison.

Les cartes 16, 17 et 18 montrent les forces et les qualités qui ont été offertes par Brighid au consultant lorsqu'elle s'est penchée au-dessus de son berceau lorsqu'il n'était encore qu'un nouveau-né. L'accent est mis sur celles qui seront d'une aide particulièrement précieuse pour faire face à la situation présente.

 

Remarques
Ce tirage ne présente pas de difficulté particulière. Les différentes parties qui le composent sont délimitées de façon à ce qu'il y ait peu de cartes à lire ensemble à chaque fois, facilitant ainsi la tâche à ceux qui n'ont pas l'habitude d'effectuer des tirages avec autant de cartes.

Pour chaque partie, les cartes peuvent se lire de deux manières : soit en les liant entre elles comme si elles racontaient une histoire (elles développent alors un aspect dans sa continuité ou un enchaînement d'événements), soit indépendamment (elles mettent alors en valeur différents aspects d'une ou plusieurs situations). La méthode de lecture la plus pertinente est à déterminer par l'interprète selon ce qui apparaît dans le tirage.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué aussi bien avec un tarot qu'avec un oracle. Bien sûr, on privilégiera en priorité les jeux qui illustrent les traditions néo-païennes et ceux qui exploitent des thématiques propres à Imbolc. Les jeux faisant référence à l'Irlande sont également parfaitement indiqués !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 02 février 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Puits aux Fées

Le Puits aux Fées

Tirage spécial Samhain/Halloween mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Ce tirage s'inspire de la légende écossaise de Tam Lin, dont l'épisode principal de passe lors de la nuit de Samhain/Halloween. L'histoire se passe à Carterhaugh en Écosse où Janet, la fille du seigneur des lieux tombe amoureuse de Tam Lin, un jeune homme mystérieux qu'elle rencontre dans le bois, près du Puits aux Fées. Au fil de leurs entrevues, il lui révèle que malgré les apparences, il n'appartient pas au peuple des Fées mais qu'il est en réalité un humain qui a été enlevé par la Reine des Fées, qui en a fait son esclave. Elle l'a notamment chargé de protéger le bois qui appartient à son peuple.

Le jeune homme apprend également à Janet que si elle l'aime, elle pourra le délivrer durant la nuit d'Halloween car c'est à ce moment-là que le Voile entre le monde des Fées et celui des humains est le plus fin, leur permettant de communiquer. Pour ce faire, il lui faudra revenir au Puits aux Fées et attendre la procession des Fées, dont son bien-aimé fera partie. Là, elle devra faire tomber Tam Lin de son cheval et ne pas le lâcher malgré toutes les transformations monstrueuses qu'il subira, dues aux enchantements de la Reine des Fées.

Le jour dit, Janet se rend au Puits aux Fées et fait exactement ce que le jeune homme lui a expliqué et parvient à résister à la peur suscitée par les multiples métamorphoses de Tam Lin, toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Devant tant de ténacité, la Reine des Fées ne peut que se rendre à l'évidence : elle s'avoue vaincue, libère Tam Lin et le laisse partir avec Janet. Pour un récit plus détaillé de la légende, voir cet article.

Dans le tirage présenté ici, le consultant prend le rôle de Janet : comme elle, il a un idéal à atteindre, un souhait qui lui est très cher (dans le cas de la jeune fille, il se nomme Tam Lin). Or, pour voir un souhait se réaliser, il faut parfois passer par des moments difficiles, affronter certaines de ses plus grandes peurs, les dépasser... et se dépasser soi-même en allant au-delà de ce que l'on pensait être nos propres limites ! Grâce à ce tirage, ces transformations et ces peurs sont mises au premier plan pour aider le consultant à les anticiper et à s'y préparer. Ainsi, il est conscient des difficultés qui peuvent se dresser sur son chemin s'il entreprend de tout faire pour réaliser ce qu'il désire et peut se préparer à les affronter, et surtout à les dominer.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Puits aux Fées

 

Lecture et interprétation
La première carte représente Janet dissimulée derrière le puits, à l'abri des regards. Elle attend la procession féerique. Par analogie, cette carte incarne le consultant et la manière dont il aborde sa situation. Elle peut montrer sa détermination à réaliser son projet, l'ampleur des moyens qu'il compte mettre en œuvre pour atteindre son objectif.

La deuxième carte est le puits derrière lequel se cache Janet en attendant les Fées. Dans ce tirage, le puits représente le vœu qu'a formulé le consultant, l'objectif qu'il souhaite atteindre. Il peut aussi être un reflet des motivations profondes qui l'animent, quelles qu'elles soient.

Les cartes 3, 4, 5, 6 et 7 sont la procession des Fées. La carte 3 montre au consultant les illusions auxquelles il devra faire face pour pouvoir atteindre son but. Les cartes 4, 5 et 6 sont les transformations monstrueuses de Tam Lin, c'est-à-dire ici les obstacles auxquels le consultant sera confronté, mais aussi ce qui pourrait l'effrayer au point de le dissuader de réaliser son souhait et d'atteindre son but. La carte 7 représente la Reine des Fées, qui n'est autre que l'ennemi que le consultant devra vaincre pour se dépasser et résister aux difficultés. Cet ennemi est intérieur : c'est une chose, un sentiment, une impression, une peur que le consultant porte en lui et qui, s'il la laisse prendre le dessus, l'empêchera de réaliser son souhait et réduira ses efforts à néant.

La carte 8 représente ce que Janet gagne à la fin de son combat contre les multiples transformations monstrueuses subies par Tam Lin, c'est-à-dire... Tam Lin lui-même ! De la même manière que la carte 8 est donc Tam Lin, elle est pour le consultant l'objectif qu'il atteindra, le résultat de ses démarches. Si dans la légende Janet gagne en montrant à la Reine des Fées qu'elle est prête à tout endurer et à faire preuve d'un courage sans borne, ce tirage prend en compte le fait que le résultat de toute entreprise dépend bien entendu des efforts fournis par le consultant et de ce qu'il mettra en œuvre pour que ses efforts soient couronnés de succès. Par ailleurs, il arrive parfois que malheureusement, quelles que soient les chances que l'on met de son côté, il nous soit impossible de faire tourner une situation en notre faveur. Cette éventualité est également couverte par cette carte.

 

Remarques
Ce tirage a été créé par mes soins à l'occasion du Salon Fantastique 2014, qui tombait en même temps que Samhain. Il m'a donc semblé évident d'associer mon sabbat préféré avec l'atmosphère féerique dans laquelle je m'apprêtais à me plonger ! C'est tout naturellement que parmi les légendes qui mettent en scène des fées en cette période, celle de Tam Lin s'est imposée à mon esprit. À partir de là, les différentes parties qui structurent ce tirage se sont mises en place d'elles-mêmes !

Au niveau de l'interprétation, ce tirage ne présente pas de difficulté particulière, si ce n'est sans doute dans la lecture des cartes qui composent la procession, puisque celles-ci doivent absolument être lues de manière à faire ressortir les épreuves qu'elles peuvent exprimer. Or, ceci peut s'avérer délicat selon les cartes sorties ! Voilà un très bon exercice pour approfondir sa connaissance des cartes et apprendre à considérer d'autres aspects que ceux auxquels on est habitué !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué dans problème avec n'importe quel support, mais sélectionner des jeux en relation avec l'univers d'Halloween, de Samhain et/ou des Fées lui apportera une touche toute particulière. Je recommande notamment le « Halloween Tarot » (Kipling West et Karin Lee), « Oracle of the Shapeshifters » (Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith), « The Stolen Child Tarot » (Monica Knighton), le « Wild Wisdom of the Faery Oracle » (Selina Fenech)... et bien d'autres encore ! « Madame Endora's Fortune Cards » sont également parfaites en raison de leur connexion à différents univers mythologiques et de la présence de fées qui sont très proches de celles décrites par les légendes anciennes.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 décembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Séjour Souterrain de Perséphone

Le Séjour Souterrain de Perséphone

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Tirage spécial Mabon mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Mabon est une fête souvent méconnue malgré ses multiples richesses. À travers ce tirage, j'ai voulu mettre à l'honneur un aspect souvent délaissé bien qu'il soit parmi les plus intéressants de ce sabbat. Mabon est l'équinoxe d'automne et marque l'entrée dans la période sombre de l'année, qui perdure jusqu'à Ostara. Lors de l'équinoxe, le jour et la nuit sont équilibrés car équivalents en termes de durée et l'on se prépare à la domination de l'obscurité sur la lumière puisqu'à partir de ce point les nuits seront plus longues que les jours. La période est donc propice à la méditation et à l'introspection : on rend hommage à l'obscurité en explorant notamment les aspects cachés de sa personnalité, ce qui inclut le fait de se pencher sur la part de ténèbres que chacun porte en soi. Voilà qui peut effrayer, car se confronter à ce que l'on a en soi de plus sombre n'est jamais facile. Pourtant, c'est un exercice très enrichissant qui permet d'apprendre à mieux se connaître.

Cette tradition est largement illustrée dans diverses mythologies, et notamment dans la mythologie grecque où Perséphone, fille de la déesse de la terre Déméter, est enlevée par Hadès qui l'emmène avec lui dans son royaume souterrain pour en faire la reine des Enfers à ses côtés. Jeune fille d'une grande beauté, Perséphone est convoitée par Hadès, qui règne sur les Enfers. Alors qu'elle est occupée à cueillir des narcisses, celui-ci en profite pour l'enlever et l'emmener de force avec lui dans son royaume souterrain où il compte en faire son épouse. Dévastée par le chagrin, Déméter refuse désormais de rendre la terre fertile, provoquant ainsi une pénurie de fruits. Inquiet pour l'avenir et pour les récoltes, Zeus décide d'envoyer Hermès voir Hadès pour lui proposer un marché consistant à libérer Perséphone. Cependant, la jeune fille ayant ingéré des grains de grenades au cours de son séjour dans les Enfers, elle appartient désormais au monde souterrain. Hadès consent néanmoins à un arrangement et autorise sa bien-aimée à retourner à la surface (et donc à la lumière) pendant six mois. Au terme de cette période, elle doit redescendre et le retrouver. Le marché est conclu et Perséphone accepte son rôle de reine des Enfers. C'est ainsi qu'à chaque équinoxe d'automne, elle retourne auprès de son époux et remonte des Enfers à chaque équinoxe de printemps. C'est de cette façon que les deux grandes saisons de l'année se mettent en place : de l'équinoxe de printemps à l'équinoxe d'automne, les jours sont plus longs que les nuits, tandis que de l'équinoxe d'automne à l'équinoxe de printemps, ce sont les nuits qui sont plus longues que les jours.

Le tirage présenté ici reprend la trame de la descente de Perséphone aux Enfers afin d'aider le consultant à « se réconcilier » avec ses propres ténèbres. Les principaux éléments de la légende sont repris et leur symbolique nourrit les différentes positions des lames dans le tirage.

 

Le tirage
Après avoir mélangé puis coupé le jeu, on tire treize lames que l'on dispose comme suit :

Le Séjour Souterrain de Perséphone

 

Lecture et interprétation
Les lames 1, 2 et 3 dépeignent Perséphone et les narcisses qu'elle cueille innocemment juste avant de se faire enlever par Hadès. Elles sont ce que le consultant refuse de voir, ce par rapport à quoi il est insouciant. La lame 1 représente le consultant tel qu'il est au moment du tirage, avec la part de lui-même qu'il refoule, consciemment ou non. À sa gauche, la lame 2 indique pourquoi il craint de regarder en face cet aspect de sa personnalité. À sa droite, la lame 3 révèle le type de difficultés qu'il rencontre à gérer sa propre part d'obscurité. 

Les lames 4 et 5 représentent la descente de Perséphone dans le monde souterrain. Elles reflètent ce qui pousse le consultant à faire son introspection, ce qui l'attire vers ses ténèbres. La lame 4 est la raison pour laquelle il décide de plonger dans son obscurité et la lame 5 est ce qu'il pense trouver au cours de ce voyage. Cette carte peut tout à fait exprimer son appréhension, sa motivation ou ce qu'il espère y découvrir.

Les lames 6 et 7 illustrent le séjour souterrain de Perséphone. Elles sont l'introspection à proprement parler et évoquent ce que le consultant va trouver au plus profond de lui-même. Ces deux cartes sont à lire ensemble car elles montrent l'aspect le plus proéminent de la partie obscure du consultant, ce qui prédomine au moment où il fait le tirage. Ainsi, la lame 6 révèle ce que le consultant trouve au cœur de son côté obscur et la lame 7 lui ouvre les yeux sur ce qu'il encourt s'il n'apprend pas à l'apprivoiser et à l'intégrer ou s'il continue de refuser de l'accepter comme faisant pleinement partie de lui-même.

Les lames 8 et 9 sont l'ascension, le retour de Perséphone vers la surface. Elles représentent donc les solutions trouvées par le consultant et celles qui s'offrent à lui pour l'aider à gérer son obscurité et se réconcilier avec cet aspect-là de lui-même. Chacune des deux cartes présentent un conseil au consultant et lui montrent le chemin à suivre.

Les lames 10, 11 et 12 sont la sortie du monde souterrain et marquent le retour à la surface de celle qui est désormais la reine des Enfers. Elles mettent en lumière ce que le consultant a « gagné » à travers son introspection, mais aussi la manière dont il réussira à apprivoiser son obscurité grâce aux conseils prodigués par les cartes qui composent l'ensemble du tirage. Ces trois lames sont le retour à la lumière qui se fait à la sortie de l'hiver, c'est-à-dire à Ostara. Si les lames 1, 2 et 3 montraient le consultant à Mabon, celles-ci le dépeignent tel qu'il sera à la fin de son introspection, à Ostara. Elles dressent le bilan de ce que la période sombre aura apporté au consultant. Ainsi, la lame 10 représente le consultant tel qu'il sera à la sortie de son introspection. La lame 11, à sa gauche, lève le voile sur ce qu'il aura acquis, sur la manière dont il aura réussi à « apprivoiser » les aspects de son côté obscur qui auront été mis en avant au cours du tirage. À sa droite, la lame 12 est quant à elle une ouverture sur un élément sur lequel le consultant devra continuer à travailler pour trouver le bon équilibre entre son côté lumineux et son côté obscur. Elle peut tout à fait faire office d'une mise en garde qu'il faudra continuer à garder à l'esprit.

La lame 13 représente les grains de grenades ingérés par Perséphone durant son séjour aux Enfers. Elle évoque donc ce que le consultant garde avec lui de son voyage intérieur. Elle montre de quelle manière la part d'ombre du consultant est nécessairement liée à son identité et en est indissociable. Cette carte est la façon dont il est perpétuellement connecté à son côté sombre. Elle est la voie à suivre et constitue une synthèse.

 

Remarques
Ce tirage est à effectuer à Mabon ou, si l'on veut rester au plus près de la légende de Perséphone, lors de la pleine lune la plus proche de l'équinoxe d'automne. C'est en effet à ce moment-là qu'Hadès enlève la fille de Déméter.

La forme du tirage évoque visuellement la descente et le séjour souterrain. Les lames 1, 2 et 3, de même que les lames 10, 11 et 12 sont situées à la surface et montrent respectivement le consultant avant et après son introspection. Les cartes 4, 5, 6, 7, 8 et 9 sont le parcours du consultant dans sa propre obscurité et reflètent son introspection. La lame 13, située à cheval sur les deux mondes, est une forme de synthèse et montre de quelle manière le consultant réussit à trouver son équilibre et à concilier l'aspect lumineux et l'aspect sombre de lui-même.

Compte tenu de la durée du séjour de Perséphone aux Enfers, le tirage a une portée de six mois (d'un équinoxe à l'autre). Il permet de voir le parcours du consultant durant la période sombre de l'année et d'avoir un aperçu de son évolution par rapport à l'acceptation de son côté obscur tout au long de la domination de la nuit.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Si les « classiques » conviennent tout à fait, privilégier les jeux propices à l'exploration de soi et aux introspections apportera un point de vue particulièrement adapté. Par exemple : « Madame Endora's Fortune Cards », « Chrysalis Tarot », « Oracle of the Shapeshifters », « Oracle of Shadows and Light », « The Fairy Tale Tarot » (Lisa Hunt), les « Psycards », et bien d'autres !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 septembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)