éthique

Les dangers de la cartomancie

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La cartomancie est-elle dangereuse ? Voilà une interrogation qui revient souvent, que ce soit de la part de néophytes qui aimeraient apprendre à pratiquer cette discipline ou de personnes qui souhaiteraient consulter mais qui sont retenues par la peur de l'inconnu. Que ce soit à travers les moteurs de recherche ou lors des premiers contacts avec des consultants et des élèves, ce sujet est très souvent abordé, non sans une certaine timidité. Pourtant, il n'y a pas de quoi se sentir bête de poser ce genre de questions, bien au contraire ! Mieux vaut partir du bon pied et chercher à comprendre d'emblée les fonctionnements d'une discipline qui semble mystérieuse plutôt que de s'enfermer dans des préjugés qui n'auront d'autre effet que d'amplifier la peur.

À travers cet article, je vais tenter de clarifier certains points liés aux dangers supposés de la cartomancie. D'où vient cette crainte ? À quoi pense-t-on habituellement lorsqu'on formule ce type de question ? Quels sont les réels dangers de la cartomancie ? Telles sont les problématiques qui seront traitées ici. Tout d'abord, je m'attacherai à expliquer certains des mécanismes relatifs aux fonctionnement de cet art afin de tordre le cou à quelques idées reçues largement répandues, puis dans un second temps j'évoquerai quelques comportements relatifs à la cartomancie, qu'ils soient l'œuvre de l'interprète ou du consultant, qui peuvent constituer des risques réels.

 

Les risques liés à la pratique de la cartomancie
À quoi fait-on appel lorsqu'on tire les cartes ? La question des éventuels dangers de la cartomancie dissimule souvent une interrogation concernant les fonctionnements de cette discipline. C'est la plupart du temps ce que révèle une discussion avec celui ou celle qui la pose.

La pratique de la cartomancie en elle-même, qui consiste en quelques actions simples comme mélanger le jeu, tirer un certain nombre de cartes et les interpréter, ne fait courir aucun risque à celui qui y recourt. On entend parfois çà et là des personnes assurer sur un ton très docte qu'il faut absolument « se protéger », sans quoi on pourrait bien déclencher une catastrophe : ouverture d'une porte vers les Enfers, s'attirer les foudres d'esprits malfaisants qui nous poursuivraient sur plusieurs générations, se faire posséder par une « entité » malveillante, convoquer les morts ou encore invoquer une horde de démons déchaînés (barrer la/les mention(s) inutile(s)). Tout ceci peut sembler farfelu, mais bien que le trait soit à peine grossi ici, ces clichés sont bien réels et largement répandus.

Comme toute idée reçue, ils ne trouvent de terrain fertile que lorsqu'ils atteignent des personnes non informées, qui manquent donc de recul et ne peuvent par conséquent pas mettre en perspective ce qu'elles entendent. Afin de se détacher de ces inepties, il faut se pencher sur ce qu'est la cartomancie et comment elle fonctionne.

Techniquement, la pratique de la cartomancie consiste comme je l'évoquais plus haut en une série de gestes qui ont pour objectif de trouver des éléments de réponse à une question posée. Ainsi, on commence par formuler une question sur laquelle on se concentre mentalement. Toujours en ayant la question à l'esprit, on mélange le jeu, on coupe, puis on l'étale en éventail devant soi. On tire ensuite un certain nombre de cartes que l'on positionne selon un schéma donné. On retourne les cartes face visible et l'on se lance enfin dans leur interprétation. À aucun moment dans ce processus il n'est question de s'adresser à qui que ce soit ou d'invoquer quoi que ce soit. La cartomancie n'est pas un acte magique, pour la simple raison que les cartes ne possèdent pas de personnalité : ce ne sont que des morceaux de carton sur lesquels figure un certain nombre de symboles. Elles n'ont donc aucun « pouvoir » et leur maniement n'est pas lié à l'intervention du « surnaturel ».

Ce type de croyance relève de l'ignorance du mode de fonctionnement de la cartomancie. On sait que c'est efficace, mais parce qu'on ne sait pas l'expliquer, on va chercher des justifications qui défient l'entendement. Pourtant, on dispose d'éléments permettant de comprendre ce qui se passe lorsqu'on tire les cartes.

Tout d'abord, il faut tenir compte du fait que les cartes s'interprètent selon des grilles de lecture bien définies, qui font appel à un langage symbolique s'inscrivant dans un ou des système/s culturel/s particulier/s. Ainsi, chaque élément illustré représente une idée, une notion, et lorsqu'on en compte plusieurs, ils s'associent et se combinent pour raconter une histoire ou évoquer un ensemble d'aspects. Or, il se trouve que les éléments illustrés par les différents symboles présents sur les cartes dépeignent les événements qui ont lieu dans la vie du consultant, des aspects de celle-ci ou des forces et énergies qui la régissent.

Il est communément accepté que les cartes, qu'elles soient de tarot ou qu'elles appartiennent à des oracles, soient un moyen de mettre en évidence le lien invisible qui existe entre le plan conscient et le plan inconscient. En d'autres termes, on considère que l'esprit humain est fait de deux plans : le plan conscient et le plan inconscient. Si l'on a aisément accès au plan conscient, le plan inconscient s'exprime de manière plus subtile, voire invisible ou imperceptible. C'est là que les cartes interviennent : elles aident l'inconscient à s'exprimer et à révéler la perception profonde qu'a le consultant de la situation qui le préoccupe et qu'il soumet à leur examen.

Dans cette optique, on comprend que les cartes ne sont autres qu'un miroir de soi. Lorsque le consultant ou le cartomancien prend les cartes dans l'éventail étalé devant lui, il lui est demandé de le faire le plus naturellement possible, sans réfléchir. Au cours de cette étape, on fait donc appel à l'inconscient, car c'est bien lui qui va diriger la main vers telle carte plutôt que telle autre. La question qui se pose alors est de savoir comment il est possible que les cartes tirées correspondent à la situation du consultant. Dans la continuité de ce qui a été évoqué jusqu'à présent, on considère que dans le monde qui nous entoure, tout est question de vibrations et de résonances. Par conséquent, on admet que les objets et les personnes sont faits d'énergies qui s'accordent plus ou moins bien avec les nôtres, d'où notamment certaines affinités que l'on peut ressentir lors d'un premier contact. C'est également ce qui se passe lorsqu'on tire les cartes : guidée par l'inconscient, la main prend naturellement les cartes dont les symboles résonnent le mieux avec notre situation. C'est pourquoi elles la décrivent et en montrent des aspects qui viennent compléter ce dont on avait déjà conscience.

Comme on peut le voir en détaillant les aspects mécaniques de la cartomancie, la pratique de cette discipline ne présente aucun danger : elle n'est pas un acte magique, pas plus qu'elle ne nécessite une quelconque communication avec l'au-delà que ce soit ou que l'on ne soit guidé par des démons, mauvais esprits et autres entités. Rien de tout cela, mais au contraire une succession de gestes simples qui permet de laisser s'exprimer l'inconscient afin de mettre en avant des éléments relatifs à des situations précises. Nul besoin pour ce faire d'avoir recours à autre chose qu'en les remarquables fonctionnements de l'esprit humain !

 

Les risques humains
S'il n'y a aucun risque lié aux aspects mécaniques de la cartomancie, il ne faut pas croire pour autant que faire appel à cette discipline ne comporte aucun danger. Il est indispensable de bien comprendre que si danger il y a, celui-ci est humain, car situé dans l'approche et le décorum que l'on n'associe que trop souvent à l'ensemble de pratiques qui vient d'être décrit. Ce sont bien les attitudes humaines qui sont à surveiller, que ce soit du côté de l'interprète ou de celui du consultant. Si chacun adopte un comportement responsable – et réaliste ! – face à la cartomancie et aux possibilités qu'elle offre, alors les dangers s'en trouvent réduits.

Quel que soit le discours du cartomancien, il est important que le consultant soit réaliste quant à la nature de l'aide que la consultation peut lui apporter. En aucun cas il ne doit s'attendre à une résolution miraculeuse ou providentielle de ses soucis, mais plus qu'il ne peut espérer que les choses vues dans les cartes se produisent sans son intervention ! Il est indispensable qu'il comprenne bien que la consultation en cartomancie lui fournira un panorama de ce qui se passe autour de lui, en incluant les causes, le chemin qui l'ont mené là où il est au moment de la consultation. De la même manière, en ce qui concerne les « prédictions », les faits qu'elles évoquent ne sont pas écrits dans le marbre ! Au contraire, comme le présent est la conséquence logique du passé, ce que l'on a tendance à appeler « avenir » n'est autre que l'évolution naturelle de la situation présente. Dès lors, le futur n'est pas fixe mais soumis à changement ! Le consultant doit toujours garder à l'esprit qu'il peut, toute proportion gardée, influer sur les événements voire les modifier pour en améliorer l'issue dans le cas où les tirages laisseraient présager des périodes difficiles. Il est évident que certaines situations ne dépendent pas entièrement du consultant et que d'autres personnes pourraient, à un moment ou un autre, décider de son sort à sa place (entretien d'embauche, etc.). Pourtant, là encore, l'intérêt d'être informé à l'avance des difficultés qui peuvent se poser permet d'anticiper et de mieux se préparer à d'éventuels imprévus ou à des situations problématiques. Ainsi, le consultant peut se montrer plus réactif et rebondir plus facilement, sans être sous le coup d'un effet de surprise qui le priverait temporairement se ses moyens.

Il est donc important que le consultant prenne du recul par rapport à ce qui lui est dit au cours de la consultation, sans considérer ce qu'il entend comme un absolu immuable. Il doit prendre les éléments récoltés comme des aides qui lui permettront de prendre conscience des potentiels des situations qu'il connaît(ra) et d'établir des stratégies afin d'y réagir au mieux. En aucun cas il ne doit adopter une attitude défaitiste ou pessimiste !

Quoi qu'il puisse être dit au cours de la consultation, il dispose de son libre-arbitre et reste maître de ses décisions. Il doit être clair dès le départ que la consultation n'a pour d'autre but que de l'aider à prendre conscience des dynamiques qui s'expriment autour de lui, et qu'il peut utiliser les éléments mis en exergue dans ses choix s'il le souhaite. En aucun cas les cartes ne prennent de décisions à sa place (est-il besoin de rappeler que ce ne sont que de simples morceaux de carton ?), pas plus que ne peut le faire le cartomancien ! Le seul responsable des décisions que prend le consultant est... lui-même !

Quelle que soit l'attitude du consultant, il est indispensable pour le cartomancien de se fixer une ligne de conduite claire, nette et précise, à laquelle il ne dérogera pas. De préférence, celle-ci sera explicitée sur son site ou dans ses brochures, à moins qu'il ne préfère en discuter avec le consultant en début de consultation afin de s'assurer que ce dernier ait bien saisi le but du rendez-vous. Par exemple, la ligne de conduite que je me suis fixée lorsque j'ai professionnalisé mon activité est consultable sur mon site sous la forme de mon code éthique. Je m'assure de ne pas en dévier afin de garantir à mes consultants des prestations à travers lesquelles ils seront certes aidés, mais surtout maîtres de la situation. J'insiste bien sur le fait que quoiqu'il soit dit, ils demeurent les seuls à prendre les décisions qui les concernent.

Pourtant, on trouve des cartomanciens qui n'hésitent pas à jouer de la position de pouvoir qu'ils occupent par rapport à leurs consultants pour les influencer et tenir des discours insinuant qu'ils détiennent une vérité absolue et qu'ils savent donc mieux que le consultant ce qui lui convient ou non. Ce type de comportement est extrêmement dangereux car il revient à profiter de la situation de faiblesse dans laquelle peut se trouver le consultant, ou du moins de sa grande vulnérabilité. La consultation est un moment chargé d'émotions, et il est important que le cartomancien n'abuse pas de sa position et de l'autorité qu'il peut avoir sur le consultant pour le manipuler de quelque manière que ce soit.

C'est pourquoi il faut être particulièrement vigilant aux propos que l'on tient lorsqu'on se trouve en position d'interprète, sans quoi l'on a vite fait de donner de faux espoirs au consultant en termes d'attentes ou au contraire de susciter en lui des peurs irraisonnées. D'où l'intérêt d'une approche humble de sa discipline, qui ne visera pas à faire passer le cartomancien pour quelqu'un d'infaillible ! S'il est en effet un point sur lequel il est indispensable d'insister, c'est bien le caractère profondément humain de l'interprétation des cartes. La qualité de l'interprétation des cartes est liée à la bonne compréhension des symboles présents sur les lames. Ainsi, meilleure sera la connaissance de ce langage par le cartomancien, et plus intéressante (et utile !) sera la consultation pour le consultant ! Ceci dit, il ne faut jamais se montrer présomptueux et croire ou laisser entendre que l'on ne peut se tromper. Si les cartes reflètent effectivement la situation du consultant, les symboles qu'elles présentent peuvent toujours être interprétés de plusieurs manières. Par conséquent, il est tout à fait possible pour le cartomancien d'opter pour une signification qui ne correspondrait pas à ce que vit celui qui le consulte. D'où l'importance de rester réaliste quant à ses propres capacités de lecture d'un tirage.

Dans tous les cas, l'attitude et le discours du cartomancien se doivent de rester rationnels et réalistes par rapport à la discipline qu'il pratique. En aucun cas il ne doit se faire passer pour un prophète ou pour quelqu'un d'exceptionnel, pas plus qu'il ne doit laisser entendre au consultant qu'il détient la vérité ou qu'il est infaillible. Il n'est pas non plus investi de « supers-pouvoirs » qui le mettraient en relation avec des « sphères supérieures » ou autres. Ce type de posture, que l'on ne voit (hélas, trois fois hélas !) que trop souvent, est à laisser aux artistes qui se produisent dans des foires ou des salles de spectacles et qui assument leur qualité d'amuseurs publics, mais n'a rien à faire dans une consultation digne de ce nom !

 

À la lumière de ces éléments, on comprend que la cartomancie en elle-même ne présente aucun danger. En revanche, la manière dont on l'aborde et dont on la diffuse peut se révéler dangereuse. Les véritables dangers ne sont pas mécaniques (c'est-à-dire qu'ils ne sont pas liés aux gestes effectués ou aux cartes en elles-mêmes), mais humains. Aussi, nul risque de voir apparaître un démon au beau milieu de votre salon en représailles d'un tirage, ni d'être maudit sur sept générations ou plus si vous manipulez régulièrement des cartes divinatoires. Rien à craindre, donc, du côté de l'invisible et des autres plans de l'existence !

Non, les dangers sont bel et bien humains, et ce sont les seuls que vous pourrez rencontrer : un consultant qui s'attend à ce que la consultation (ou l'interprète) lui dise ce qu'il doit faire ou prenne les décisions à sa place, une attitude défaitiste ou fataliste quant aux « prédictions ». Si on le laisse s'installer, le phénomène d'addiction, qui découle directement de ce qui vient d'être évoqué, sera également le pire ennemi du consultant, qui se reposerait beaucoup trop sur les cartes et compteraient sur elles pour la moindre prise de décision.

C'est pourquoi il est du devoir du cartomancien de se montrer rassurant et d'informer clairement le consultant quant au service auquel il s'apprête à avoir recours. Aussi, on évitera les discours nébuleux et prétentieux assurant que l'on ne se trompe jamais ou que l'on est en contact permanent avec tels ou tels Être Surnaturel, entité, plan de l'existence, dieu, maître spirituel, etc. (rayez les mentions inutiles). Il est essentiel de veiller à la bonne information du consultant, qui passe par une attitude rationnelle et raisonnée. Une pratique saine doit être privilégiée : ce sont les connaissances de l'interprète quant au langage symbolique et à la portée initiatique et divinatoire des supports qu'il utilise qui fait la qualité de l'expérience pour le consultant... et rien d'autre, mis à part le tact avec lequel les « prédictions » sont formulées ! On évitera ainsi au consultant (et à soi-même !) bien des déboires !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 février 2015. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Questions d'éthique et de ligne de conduite

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Avant de proposer des consultations à son entourage ou même à des inconnus, il est nécessaire de prendre conscience d’un certain nombre de choses et d’adopter une ligne de conduite qui nous servira de guide dans l’exercice de cet art. Ces règles, que l’on se fixera en son âme et conscience, doivent être respectées afin d’assurer un minimum de cohérence à la pratique d’une part, et d’autre part parce qu’elles constituent également un cadre à l’intérieur duquel le consultant va évoluer. J’aborderai donc ici un certain nombre de questions que le cartomancien peut se poser. Là encore, je ne prétends nullement y apporter les réponses absolues ou incontestables – car encore une fois, chacun fait comme il l’entend du moment qu’il est cohérent avec ses propres convictions –, mais les éléments exposés permettront à chacun de se forger sa propre opinion.

 

La cartomancie est-elle un don ?
Je ne crois pas en un don en ce qui concerne la cartomancie. Je la perçois plutôt comme un art pour lequel certaines personnes ont des facilités, certes, mais qui demeure à la portée de tout un chacun. Je ne crois pas en une minorité d’« élus » qui auraient été touchés par je ne sais quelle grâce et feraient partie d’une élite. Lire dans les cartes est un art, comme la musique ou le dessin, par exemple. Il est vrai que certaines personnes montrent des facilités ou une approche instinctive pour la lecture des cartes et paraissent donc « douées », mais n’est-ce pas également le cas pour les autres formes d’art ? De même, comme n’importe quel art, la cartomancie est quelque chose qui s’apprend par l’étude et la pratique et nécessite une certaine technique (d’interprétation des symboles, d’analyse, etc.).

Ainsi, la cartomancie est à la portée de tous. L’obtention de bons résultats dépend ensuite de la persévérance de l’apprenant.

 

Peut-on se tirer les cartes à soi-même ?
Malgré ce qu’on lit régulièrement, il est tout à fait possible de tirer les cartes pour soi-même. D’ailleurs, c’est souvent par-là que l’on commence ! Lorsqu’on découvre cet art, les premiers pas pour l’apprivoiser se font la plupart du temps en solitaire pour plusieurs raisons.

D’abord, il est plus confortable d’apprendre quand on est seul : on prend son temps, on va à son rythme, tant pour comprendre le sens des arcanes que pour en assimiler les significations brutes. La présence d’un consultant peut être une source de stress, au début, et être seul permet d’éviter l’appréhension du jugement ou de la réaction de la personne à qui l’on s’adresse.

Ensuite, on ne prend pas la responsabilité de s’exercer sur les autres dès le départ, sachant que certaines personnes n’ont pas suffisamment de recul par rapport aux cartes. Nombreux sont les consultants qui attendent des réponses « infaillibles » et qui par conséquent n’admettent aucune marge d’erreur. Il vaut donc mieux s’entraîner sur soi-même en attendant de perfectionner et d’affiner ses analyses.

De plus, être son propre cobaye présente un autre avantage non négligeable : on apprend à se considérer comme un objet d’étude, ce qui permet de mieux appréhender les informations. Ainsi, on reste objectif et on se détache de ses émotions personnelles, ce qui est l’une des plus grandes difficultés rencontrées par les cartomanciens.

 

Quelle attitude adopter pendant la consultation ?
Dans tous les cas, se montrer calme et rassurant. Peser ses mots et les choisir de façon à ne pas générer plus de stress chez le consultant qu’il n’y en a déjà.

Il est important de bien expliquer au consultant que les cartes ne prédisent pas de fatalité, qu’un tirage représente l’évolution de la situation présente si elle reste en l’état, et que le consultant a toujours le pouvoir d’agir sur les événements reflétés. Les cartes sont plutôt des conseillères qui éclairent sur les dangers et les points forts des situations afin de donner à la personne concernée les moyens d’agir de manière plus avisée.

 

Dans ce qu’on lit dans les cartes, y a-t-il des choses qu’il vaut mieux garder pour soi ?
Le cartomancien a une grande responsabilité face au consultant, et donc un droit de réserve. Personnellement, j’évalue d’abord qui j’ai en face de moi avant de révéler des épreuves telles que des décès, et surtout, je veille toujours à choisir mes mots au mieux. Cependant, il est souvent important que le consultant soit mis au courant de ce que l’on trouve dans les cartes, car cela lui permet d’anticiper les événements et de s’y préparer.

 

Peut-on refuser de répondre à certaines questions ?
Tout à fait ! Il est par exemple interdit par la loi de de répondre aux questions concernant la santé, grossesses incluses. Le cartomancien pourra également refuser de répondre à toute question qui le mettra mal à l’aise pour des raisons personnelles ou pour des questions d’éthique.

 

Peut-on refuser de tirer les cartes à quelqu’un ?
Là encore, tout à fait ! Ce refus peut être motivé par plusieurs raisons. Par exemple, il arrive parfois que rien ne passe entre le cartomancien et le consultant. Dans ce cas, mieux vaut le dire plutôt que de faire face à un blocage qui ne mènerait à rien de bon. L’honnêteté est toujours la meilleure attitude à adopter.

On peut aussi refuser pour éviter l’addiction d’un consultant à la cartomancie. Certains ont en effet tendance à vouloir y avoir recours très souvent, voire trop souvent. Ceux-ci finissent par vouloir s’en remettre aux cartes pour chaque décision qu’ils ont à prendre. Ne pas les freiner ne serait pas une attitude responsable, car il n’est en aucun cas question de profiter de la misère d’autrui. Au contraire, mieux vaut responsabiliser le consultant en lui expliquant que venir voir un cartomancien n’est pas un acte anodin. De plus, à tirer les cartes trop souvent à la même personne, les lames finissent par devenir muettes, comme pour dire « stop ! ».

 

Que faire si l’on ne voit rien dans un tirage ?
Le dire ! Par souci d’honnêteté, mieux vaut dire que l’on n’arrive pas à déchiffrer un tirage plutôt que faire croire le contraire ! Le cartomancien n’est pas infaillible, ni tenu au résultat. Il met son art au service du consultant, certes, mais cela ne permet pas d’exiger un résultat à tout prix.

De plus, mieux être humble et honnête et éviter de dire des bêtises plutôt que faire croire que l’on a réponse à tout ! On n’en gagnera que plus de crédibilité.

 

Se faire rémunérer ou pas ?
S’il est une question qui fait débat, c’est bien celle-ci ! Dire que les avis sont partagés est un doux euphémisme tant les arguments peuvent être virulents.

Sur ce point encore, tout dépend de la manière dont on envisage la cartomancie. Certains diront qu’il est honteux de faire payer l’exploitation d’un don. En revanche, si l’on considère qu’il s’agit d’un art, il en va différemment. Loin de moi l’idée d’encourager à se faire payer une fortune pour chaque consultation, j’y reviendrai.

Tirer les cartes est un service proposé certes, mais aussi une activité qui génère une fatigue psychique (voire physique) importante chez le praticien. Afin que le consultant prenne conscience de l’effort fourni, il semble logique qu’il donne quelque chose en échange de ce service. Par « quelque chose », je n’entends pas nécessairement « argent ». L'idée est simplement de reconnaître le sérieux du travail du cartomancien. Il peut s’agir de rendre à son tour un service au cartomancien, bien entendu. Si le cartomancien réclame de l’argent, la somme versée ne doit en aucun cas être démesurée par rapport aux moyens du consultant, mais convenue en fonction avec lui ! Ce n’est pas parce qu’un cartomancien fera payer plus cher qu’un autre qu’il sera nécessairement « meilleur » !

De plus, considérer cette activité comme un échange de services permet aussi de réduire les risques d’addiction du consultant, puisqu’il doit lui aussi fournir un effort en retour de celui du cartomancien. Ceci limitera nécessairement ses sollicitations.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 août 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)