éthique

Do not copy

Réagir face au plagiat sur Internet

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

Do not copy

 

Lorsque j'ai effectué le déménagement du blog article après article, commentaire après commentaire, j'ai rencontré quelques difficultés techniques sur un article auquel je n'arrivais pas à accéder suite à un souci sur la plateforme qui l'hébergeait. Je suis alors passée par un autre navigateur et par un moteur de recherche pour y avoir accès et encore une fois, je me suis dit que la nature était bien faite puisque ce souci technique m'a permis de tomber sur un plagiat qui avait échappé à ma vigilance : une blogueuse dont je conserverai ici l'anonymat avait tout simplement copié-collé dans l'un de ses articles l'un des miens (un tirage spécial Yule créé il y a quelques années). Comme d'habitude, mon sang n'a fait qu'un tour, car ce type de pratiques me révolte au plus haut point, d'autant que plusieurs avertissements figurent dans mon Chaudron quant à la tentation de s'approprier mes contenus (voir onglet « Bienvenue ! »).

Je suis souvent confrontée à ce phénomène déplaisant : blogs, sites et forums « ésotériques », boutiques en ligne dont certaines ont pignon sur rue, et j'en passe, copient mes articles sans autorisation. Nombreux sont ceux qui trouvent mon travail suffisamment intéressant pour le reprendre à leur compte, mais qui ne prennent pas la peine d'en citer l'auteur ou la source. Habituellement, je n'expose pas le plagiaire mais le contacte pour régler le problème le plus rapidement possible. La seule exception que j'ai faite fut il y a quelque temps lorsque je me suis rendu compte qu'un plagiaire en série avait repris – et modifié – certains de mes textes. Pourquoi ? Parce que bien qu'il ait pillé toute une communauté en allant se servir çà et là pour composer ses articles et construire son blog, cet individu passe auprès de certains internautes pour une « référence ». Or, lorsque plusieurs personnes sont victimes des mêmes abus, il est important de faire connaître le véritable visage de celui qui aux yeux de certains tient un « site de qualité ».

Jusqu'à présent, j'ai toujours réussi à obtenir le retrait des contenus plagiés, et mis à part l'indélicat mentionné plus haut, j'ai à chaque fois conservé l'anonymat des internautes pris sur le fait. En effet, les nommer publiquement reviendrait à leur faire de la publicité et à inciter les lecteurs à aller les visiter, et donc à leur accorder encore plus de visibilité qu'ils n'en ont déjà. Inutile de les récompenser en leur apportant davantage de trafic ! J'ai la chance d'avoir vu chacune de mes nombreuses démarches aboutir, bien que cela ait parfois requis beaucoup de patience et de persévérance.

Malheureusement, le plagiat est une pratique courante sur Internet, et la sphère ésotérique n'est pas épargnée, loin de là ! C'est pourquoi il faut être particulièrement vigilant quant à la protection de ses contenus : le partage est une chose, mais le vol en est une autre, et il est bon de le rappeler à ceux qui confondent ces deux notions ! Voici quelques pistes qui vous y aideront si vous tenez un espace en ligne et si vous êtes confronté à ce phénomène (ou si vous êtes tenté d'enrichir votre espace grâce à la magie du copier-coller).

 

Qu'est-ce que le plagiat ?
Le plagiat est le fait de faire passer une œuvre (texte, image, enregistrement, etc.) pour sienne alors que ce n'est pas le cas. Ainsi, tout contenu qui apparaît sur un site ou un blog et dont l'administrateur ne serait pas l'auteur doit être traité avec la plus grande attention. Dès lors que l'on utilise un contenu qui n'est pas original (i.e. dont on n'est pas le créateur), il est impératif d'en identifier la source de manière visible et précise. De la même manière, on s'interdira de reprendre un article dans son intégralité, que l'on en cite la source ou non : le visiteur doit être renvoyé à la publication originale, car c'est la seule forme de reconnaissance que peut obtenir l'auteur. À moins bien sûr que ce dernier n'ait donné son accord écrit, que l'on aura pris soin de lui demander au préalable.

En d'autres termes, il est strictement interdit de copier-coller un article (dans son intégralité ou non), une image ou autre, sans l'accord de l'auteur. En France comme dans d'autres pays, le droit d'auteur est un droit tacite : il s'applique dès qu'une œuvre est produite, et l'auteur en est automatiquement reconnu comme le propriétaire légal (voir le code de la propriété intellectuelle). Aussi, il lui est techniquement inutile d'appliquer systématiquement les mentions concernant la propriété intellectuelle puisqu'il est nécessairement protégé par le droit. De la même manière, la notion de copyright n'existe pas en France. Pourtant, ces mentions ainsi que le sigle © sont d'usage courant sur les sites et blogs français (y compris dans mon Chaudron), non parce qu'ils ont une réelle portée juridique, mais plutôt pour signifier aux visiteurs que les contenus appartiennent à leur auteur et qu'il est interdit de les copier, car il semblerait que sur Internet, certains aient la mémoire courte. Ces éléments sont donc présents dans l'unique but de rappeler la règle. Ainsi, celui qui l'enfreint ne pourra pas arguer qu'il ignorait que la copie était prohibée.

Il convient cependant d'apporter une précision quant à l'utilisation du travail d'autrui. En effet, il faut faire la différence entre plagiat et citation. Le plagiat est l'appropriation de la production d'autrui et implique que toute référence à l'auteur a été gommée. Le plagiaire trompe donc le lecteur quant à la paternité de ce qu'il publie. La citation, quant à elle, est la reprise d'un court passage d'un texte que l'on place entre guillemets afin d'indiquer que les mots et les idées sont empruntés à quelqu'un d'autre. La citation s'accompagne toujours de la source (nom de l'auteur, lien vers la publication d'origine et nom du site), qui est indiquée de manière visible afin que le lecteur puisse accéder à l'article dans son contexte. J'insiste sur le fait que la citation doit rester courte, car comme dit plus haut il est hors de question de reprendre l'intégralité d'un texte. Par ailleurs, la citation a un rôle bien précis : elle ne se substitue jamais au discours mais vient l'appuyer, l'étoffer, le renforcer. Elle s'inscrit dans le cadre d'une réflexion ou d'une argumentation et est commentée au cours du raisonnement que l'on tient, d'où l'intérêt de la faire figurer dans le texte en la différenciant de celui-ci. Dans le doute, demander à l'auteur la permission d'utiliser un passage de son texte est toujours une bonne idée !

 

Quelles conséquences sur la visibilité d'un site ou d'un blog ?
Malgré ce qui vient d'être évoqué, il arrive que certains blogueurs ou webmestres se disent qu'après tout, être copié n'est « pas très grave ». Ils y restent indifférents, pensant que cela ne peut leur nuire. Et pourtant...

Non seulement le plagiat est une pratique illégale, mais elle est aussi désagréable – et c'est peu de le dire ! – à plusieurs niveaux. Tout d'abord, on se sent dépossédé de son travail, car voir quelqu'un d'autre s'approprier ce que l'on a passé des heures à écrire et recevoir compliments et visites grâce à un article dont il n'est pas l'auteur suscite un sentiment de révolte face à ce qui est vécu comme une injustice.

Au-delà du préjudice émotionnel et de la colère qui l'accompagne, le plagiat a aussi de lourdes conséquences sur la visibilité du site de l'auteur original... mais aussi sur celle du site du plagiaire ! En copiant-collant un contenu trouvé sur Internet, le plagiaire crée ce que l'on appelle un « doublon », c'est-à-dire un contenu identique à un autre. Or, les moteurs de recherche (Google en tête) pénalisent les doublons car ils détectent un contenu dupliqué mais n'identifient pas nécessairement lequel est antérieur à l'autre. Par conséquent, ils déclassent les pages concernées, qui se retrouvent reléguées en fin de résultats dans les recherches et deviennent pour ainsi dire quasi-invisibles. Du coup, le site voit son nombre de visiteurs et de pages vues diminuer de manière fulgurante, ce qui est plutôt décourageant pour quelqu'un qui s'efforce de publier du contenu de qualité et passe beaucoup de temps à y travailler !

L'autre répercussion du plagiat sur la visibilité d'un site ou d'un blog est due au fait qu'en publiant un contenu qui ne lui appartient pas, le plagiaire induit le lecteur en erreur. En effet, ce dernier attribue ce qu'il lit non à son véritable auteur mais au faussaire, surtout s'il tombe sur le site de celui-ci en premier. Voilà qui contribue à tisser une bonne réputation au plagiaire tandis que le contenu original reste totalement inconnu. Il ne bénéficie donc pas de la réelle visibilité qui devrait lui revenir et l'auteur – le vrai ! – n'est pas reconnu malgré le travail qu'il a fourni. Les éloges vont au plagiaire et c'est lui qui bénéficie du bouche à oreille : les internautes partagent sa/ses page/s et parlent de lui, le faisant ainsi connaître autour d'eux. Quant à l'auteur... il demeure inconnu, et son site ne reçoit pas les visites qui lui reviennent puisque celles-ci sont détournées, pas plus qu'il n'a le plaisir d'échanger avec ses lecteurs !

 

Comment protéger ses contenus ?
Voilà la grande question, celle qui revient le plus souvent au sein des discussions abordant le plagiat. Qu'on se le dise d'emblée : dès lors que l'on décide de publier quelque chose sur Internet, il n'existe aucun moyen infaillible pour empêcher quelqu'un de copier ce contenu, quel qu'il soit.

Bien sûr, installer un anti clic droit sur son site est une pratique très répandue, mais cela n'arrête pas quelqu'un qui sait récupérer un contenu sans l'aide de la souris. En réalité, l'anti clic droit est davantage dissuasif qu'il ne constitue une réelle protection : normalement, un internaute qui effectue un clic droit et voit s'afficher une fenêtre disant quelque chose comme « merci de ne pas copier le travail du webmestre » comprend le message et s'abstient. Le plagiaire, quant à lui, copiera tout de même en utilisant un autre procédé et poursuivra son dessein. Tout dépend donc de l'attitude du visiteur : s'il respecte le travail d'autrui, il ne copiera pas ; si en revanche il ne cherche qu'à alimenter son site ou son blog rapidement, il ne tiendra pas compte de l'avertissement. S'il est pris la main dans le sac, il ne pourra toutefois pas prétexter qu'il n'était pas au courant puisqu'il aura nécessairement vu la mise en garde lors de sa visite.

La même chose vaut pour les avertissements que l'on peut afficher sur son site. Bien qu'ils soient utiles en signifiant clairement que l'utilisation d'un contenu n'est pas permise sans l'autorisation de l'auteur, ils n'empêcheront pas celui ou celle qui aura décidé de voler un article ou une image de le faire car là encore, on en appelle au bon sens et à l'honnêteté du visiteur. L'idée est, ici encore, de faire en sorte que le visiteur ne puisse pas prétexter ne pas avoir été informé de l'interdiction liée à la copie. Il est bien sûr recommandé de placer ces avertissements de façon visible sur l'ensemble du site ou du blog.

On le comprend, le seul moyen réellement fiable pour éviter le plagiat sur Internet est encore de ne rien y publier. Cependant, il serait dommage à cause de malotrus de se priver de partager son travail ! C'est pourquoi il vaut mieux ne pas écarter l'idée d'être plagié un jour et s'y préparer en anticipant des moyens de défense efficaces en cas de plagiat constaté. Pour cela, il faut être en mesure de prouver l'antériorité, c'est-à-dire qu'il faut être capable d'établir de façon irréfutable que l'on est bien l'auteur du contenu en question puisque l'on possède des preuves de son existence avant sa publication par le plagiaire. Pour ce faire, plusieurs solutions sont à disposition.

L'envoi en recommandé. La première option consiste à imprimer le contenu à publier ou à le graver sur CD-Rom puis à se l'envoyer par la poste en recommandé, ce qui permettra de dater le courrier et d'identitifer clairement l'auteur du document. On prendra soin également de dater le document imprimé (date de création). Dans le cas où l'on choisit de le graver sur CD-Rom, le fichier sera automatiquement daté. Pour que cette forme de protection soit efficace, il faudra bien sûr veiller à ne pas ouvrir l'enveloppe une fois le courrier reçu, sans quoi ce procédé n'aurait plus aucune valeur. On conservera donc le courrier scellé et il ne sera ouvert en présence d'un représentant de la loi qu'en cas de litige. Le principal inconvénient de cette méthode est qu'il est nécessaire de payer à chaque envoi, ce qui peut revenir cher si on l'utilise fréquemment. Par aileurs, il faut aussi penser qu'une fois le sceau brisé, l'enveloppe n'est plus valable. Or, il est très fréquent sur Internet de voir un même contenu plagié plusieurs fois ! Mieux vaut donc opter pour une solution plus durable.

Le dépôt électronique. C'est sans doute l'un des modes de dépot les plus durables et les plus économiques. Par exemple, le site Copyright-France offre la possibilité d'effectuer plusieurs formes de dépôts selon le type de document que l'on veut protéger. Ainsi, il est possible de faire un dépôt ponctuel ou le dépôt du contenu d'un site web en continu. Il suffit pour cela d'ouvrir un compte et de payer la formule correspondant à ce que l'on souhaite. Dans le cas d'un dépôt ponctuel, on paie pour un nombre de dépôts prédéfini selon les forfaits proposés. Dans le cas d'un site Internet, un forfait spécial est à disposition : une fois la formule payée, il suffit de sauvegarder les contenus à déposer dans un fichier compressé puis de se connecter à son compte et d'y envoyer le fichier grâce à l'interface en ligne. Une fois le dépôt pris en compte, on reçoit par courriel un certificat qui fait office de preuve. On le sauvegarde précieusement, et le tour est joué ! Lorsqu'on envoie le fichier, celui-ci est déposé chez un huissier et horodaté. Ainsi, en cas de plagiat constaté, on peut faire valoir auprès du plagiaire le dépôt chez l'huissier et, en cas de procès, obtenir un constat d'huissier prouvant l'antériorité de la publication originale. De plus, Copyright-France fournit pour chaque dépôt un badge à intégrer sur son site/blog afin d'indiquer que le contenu bénéficie d'une protection légale renforcée. Là encore, tout ceci n'empêchera pas le plagiat si le voleur est réellement motivé et sans scrupules, mais cela aura l'avantage de le prévenir des risques qu'il encourt. C'est la solution que j'ai choisie il y a quelques années déjà et j'en suis tout à fait satisfaite, tant pour la simplicité d'utilisation du service que pour son efficacité. De plus, ce procédé est celui qui me semble être au plus proche des besoins d'une activité en ligne (on ne paie qu'une seule fois, à la création du compte de dépôt).

D'autres, comme l'enveloppe Soleau, sont beaucoup plus contraignants et peuvent se révéler coûteux s'il est question de dépôts réguliers et fréquents. Cette solution est proposée par l'INPI et convient parfaitement aux dépôts ponctuels. Cependant, elle ne me semble pas adaptée dans le cadre de dépôts fréquents, même si elle établit une preuve d'antériorité. Il en va de même pour le dépôt chez un notaire ou un huissier : cela peut être une bonne solution s'il s'agit d'un acte ponctuel, mais compte tenu du coût de cette procédure, il faudrait prévoir un budget conséquent dans le cas de dépôts réguliers... et je doute qu'un webmestre ou un blogueur soit prêt à dépenser de telles fortunes pour se prémunir contre le vol de ses contenus !

Comme on l'a vu ici, l'« anti-plagiat ultime » n'existe pas : il est impossible d'empêcher quelqu'un de voler un texte ou une image, quelle que soit l'astuce employée. Aussi, on pensera davantage à une manière sûre d'établilr l'antériorité du contenu au cas où un plagiat constaté ou en cas de litige plutôt qu'à un anti-copie infaillible. Pour cela, il faut bien sûr prendre le temps de bien se renseigner et d'examiner les avantages et les inconvénients de chaque option en fonction de ses besoins. On se tournera alors vers le procédé qui paraît être le mieux adapté.

 

Comment détecter un plagiat ?
Lorsqu'on tient un site ou un blog, il est nécessaire d'effectuer régulièrement une recherche de plagiat. Il existe pour cela plusieurs méthodes, mais il faut bien avouer que le hasard joue un rôle non néglieable dans ce type de recherche. En effet, j'ai repéré certains plagiats lors de visites sur les sites incriminés, tout simplement ! Ici, le scénario est toujours le même : je lis un article ou une page, et je me dis « Tiens, c'est intéressant, ça ! ». Puis, poursuivant ma lecture : « C'est drôle, j'aurais pu écrire la même chose ! ». Un peu plus loin : « Ce texte me dit quand même quelque chose... et cela ressemble vraiment à mon style... ». C'est à ce moment-là que je vais vérifier sur mon blog ou mon site et compare ce que je viens de lire à ce que j'ai écrit... et que mes soupçons sont confirmés !

Il peut aussi arriver que des internautes ou des amis signalent à l'auteur des contenus ressemblant étrangement aux siens. C'est assez rare, car à moins de bien connaître le travail de l'auteur, les plagiats passent inaperçus aux yeux des tiers.

Il faut donc prendre sur son temps pour partir à la recherche d'éventuelles copies de ses contenus. Les moteurs de recherche sont pour cela des aides fort précieuses, car leur utilisation est d'une simplicité déconcertante. Il suffit de se rendre sur son moteur préféré et d'y copier-coller un passage (une phrase ou deux) de l'un de ses articles et de le mettre entre guillemets pour que la recherche porte sur l'exression exacte. On lance ensuite la recherche et l'on en examine les résultats. En l'absence de plagiat, les seuls résultats que l'on obtiendra pointeront vers la publication originale. En cas de plagiat, les résultats seront plus nombreux et ponteront vers d'autres sites ou blogs. On pourra alors les visiter et constater l'ampleur du délit.

La même opération peut être répétée avec différents passages d'un même article et sur plusieurs moteurs de recherche, ce qui en renforcera l'efficacité. Cette méthode, pour peu que l'on soit prêt à y consacrer un peu de temps, donne de très bons résultats. Une fois que l'on en a l'habitude, elle permet en quelques minutes de détecter de multiples plagiats. Elle est gratuite et son utilisation est illimitée, ce qui permet d'y avoir recours aussi souvent que nécessaire.

Il est également possible de se servir d'un détecteur de plagiat. On en trouve de très bons en ligne... et gratuits ! Le meilleur que j'aie pu trouver jusqu'à présent est Copyscape. Le fonctionnement est d'une simplicité déconcertante : il suffit de copier-coller dans la barre de recherche l'adresse d'une page de son blog ou de son site, puis de lancer la recherche. Si le contenu de la page a été plagié (i.e. dupliqué), Copyscape le trouve et l'affiche dans la liste de résultats, en prenant soin de surligner les passages identiques à la page d'origine. Ainsi, on visualise en un clin d'œil les ressemblances troublantes qui peuvent exister entre nos contenus et ce que d'autres ont publié ! On peut ensuite cliquer sur le lien et se rendre directement sur les sites des plagiaires pour procéder à la suite des opérations.

Il existe bien entendu d'autres sites et logiciels permettant de repérer un contenu dupliqué, et chacun utilisera celui qui lui conviendra le mieux. Cependant, force est de constater que Copyscape sort du lot, car il a décelé des plagiats que d'autres ne détectaient pas. Le seul inconvénient avec ce site est sans doute son utilisation limitée à un petit nombre de recherches par mois en version gratuite... Cela dit, une fois que l'on commence (malheureusement) à avoir un peu d'expérience en matière de plagiat, on se rend compte que les plagiaires volent certains contenus plus que d'autres. Aussi, c'est vers ceux-là que l'on orientera les recherches en priorité.

 

Vous avez été plagié ? Des solutions existent !
Bien que l'on se sente impuissant lorsqu'on constate que quelqu'un s'est approprié nos contenus, des solutions existent. Le plagiat constitue un vol et il est important de rendre à César ce qui lui appartient en faisant retirer purement et simplement le contenu incriminé. Voici comment s'y prendre :

Le premier réflexe : faire une copie d'écran
C'est l'étape incontournable si l'on veut prouver la copie frauduleuse de contenus qui nous appartiennent. Dès que l'on constate un plagiat, il est indispensable d'avoir une preuve de ce que l'on avance, car cela peut toujours servir pour démontrer sa bonne foi au cas où l'on ne parviendrait pas à faire entendre raison au plagiaire ou en cas de récidive. Il convient donc d'effectuer des copies d'écran des contenus volés et de les enregistrer dans un dossier dédié au plagiat. On pourra classer les fichiers par site et par ordre chronologique afin que les recherches ultérieures soient plus aisées si l'on veut prouver que ce n'est pas la première fois que tel ou tel site reprend des contenus non autorisés. Il sera ainsi plus facile de passer aux étapes suivantes.

Contacter le plagiaire
C'est toujours la première démarche à entreprendre. Bien sûr, il n'est possible de le faire que si le blog ou le site (ou forum) affiche un lien vers un formulaire de contact, ce qui n'est pas toujours le cas. Il faut s'efforcer de bien examiner le site car il arrive que cette option ne soit pas facile à trouver ! Cette méthode peut porter ses fruits, et elle suffit parfois à régler le problème.

Le courriel de contact doit être à a fois courtois et ferme. Il faut expliquer au plagiaire que le contenu qu'il publie (en l'identifiant précisément à l'aide de liens) nous appartient et qu'il n'est pas autorisé à en faire usage de la sorte, et préciser au besoin qu'il se rend coupable d'un délit en agissant ainsi. Lui expliquer brièvement le caractère légal de la chose et lui laisser entrevoir les recours auxquels on peut faire appel sera un argument supplémentaire qui l'aidera à prendre conscience de ce qu'il risque s'il ne retire pas de son site ce qui nous appartient. On demandera alors expressément le retrait pur et simple des contenus dans un court délai. En général, cela suffit à voir en quelques jours – parfois quelques heures – le site en question allégé du contenu signalé. La plupart du temps, il faut contrôler soi-même en retournant régulièrement sur le site, car peu nombreux sont les plagiaires qui répondent à ce genre de courriel. Encore plus rares sont ceux qui présentent des excuses pour leur comportement déplacé, c'est dire la mentalité de la plupart des auteurs de ces pratiques ! Un prochain article reviendra sur les différentes réactions des plagiaires auxquels j'ai eu affaire, car il sera intéressant de comprendre leurs différents raisonnements afin de mieux les parer. Non pour les excuser, loin de là, mais plutôt pour se rendre compte de la « naïveté » des uns et de la fourberie des autres.

Si le plagiaire retire le(s) contenu(s), tout va bien et on en reste là. On prendra soin cependant de conserver les captures d'écran dans un dossier et de vérifier régulièrement qu'aucun autre de nos contenus n'apparaît sur le site du plagiaire. Il peut arriver que l'on doive durcir le ton dans les échanges si le plagiaire refuse d'obtempérer. Là encore, il faut rester ferme et lui expliquer les prochaines étapes de notre action, sans omettre les poursuites judiciaires. S'il refuse toujours de s'exécuter, on continue en passant aux étapes suivantes, en commençant par contacter l'hébergeur de son site.

Signaler un abus ou déposer une requête DMCA
S'il n'existe aucun moyen de contacter le plagiaire en passant directement par son site ou blog, il faut emprunter un autre chemin pour faire retirer le contenu dupliqué. C'est alors que l'on contacte l'hébergeur du blog ou site concerné. Bien souvent, on trouve dans le pied de page du site un lien « signaler un abus ». S'il est présent, c'est par celui-ci qu'il faut passer. Il dirige la plupart du temps vers un formulaire de contact adressé aux administrateurs et modérateurs de la plateforme qui héberge le site, c'est-à-dire à des interlocuteurs ayant le pouvoir de statuer sur la légitimité d'un contenu dont ils sont responsables en tant qu'hébergeurs. C'est pourquoi les plateformes d'hébergement de blogs et de site annoncent dans leurs conditions générales d'utilisation (C.G.U.) que les contenus publiés doivent être originaux, libres de droits ou apparaître avec l'autorisation de l'auteur s'il n'est pas l'administrateur du site. Les plateformes sont très vigilantes par rapport à cela car elles ont leur part de responsabilité en cas de procédure judiciaire, de la même manière que les administrateurs d'un forum sont responsables de tout ce qui est publié sur leur forum (bien que certains l'oublient) !

Si l'on ne trouve pas de lien pour signaler un abus, il faut alors s'arranger pour trouver quelle plateforme héberge le site. Celle-ci est souvent identifiée en pied de page ; dans le cas contraire, on regarde dans les mentions légales et s'il n'y en a pas (ce qui est fâcheux !), une recherche sur Google aura vite fait de révéler la précieuse information.

Une fois en possession de celle-ci, il suffit de se rendre sur le site de la plateforme qui héberge le site et d'en contacter les administrateurs. En règle générale, la réaction ne se fait pas attendre et le contenu signalé est retiré très rapidement. Sur les plateformes dont le siège est aux États-Unis, il est demandé de remplir un formulaire de requête DMCA, qui tient son nom de la loi américaine de 1998 visant à encadrer l'utilisation de contenus sur Internet (Digital Millennium Copyright Act). Les champs de ce type de formulaire sont très précis et il convient de détailler au maximum l'objet de sa demande si l'on veut qu'elle soit prise en compte. C'est pourquoi il est très important de faire des captures d'écran à la fois de son propre site et de celui du plagiaire et de les mettre en regard pour que les administrateurs puissent comparer les deux versions. Il est indispensable que ces captures soient claires et explicites, facilitant l'identification des éléments plagiés (voir à ce propos les captures que j'avais faites ici), d'autant qu'il peut arriver que l'hébergeur ne lise pas le français.

La précision est donc la clef ici pour avoir gain de cause : plus on est précis sur la demande, plus on a de chance d'être entendu et de voir sa requête traitée rapidement, parfois même en quelques heures. Voilà qui m'amène à la question que chacun se pose certainement : quelles sont les conséquences de l'aboutissement de cette démarche pour le plagiaire ? Si l'on procède à un signalement d'abus, le résultat le plus immédiat est la suppression sans préavis de la page concernée. Ainsi, lors des visites ultérieures des robots de référencement, elle sera désindexée des moteurs de recherche. Dans le cas d'une requête DMCA, la page est là aussi supprimée aussitôt l'infraction constatée, mais elle est également immédiatement supprimée des moteurs de recherche, et le plagiaire – ou du moins son site – subit une pénalité qui vient plomber son référencement.

Pour trouver facilement où faire ce type de réclamations, voici les liens vers quelques-unes des grandes plateformes d'hébergement de contenu :

Google : suppression de contenu sur les produits Google
Wordpress : DMCA notice
Prestashop (pour certains commerçants indélicats) : signaler un abus
Youtube : signaler un abus ; contacter par email

Faire établir un constat d'huissier
L'argument des poursuites judiciaires pèse lourd dans la balance et en général, il suffit de montrer sa détermination à utiliser ce recours pour que le plagiaire obtempère et retire les contenus volés. Pourtant, il est parfois nécessaire de ne pas en rester aux mots et de passer à l'action. Pour cela, se rapprocher d'un avocat ou d'un huissier est indispensable. L'huissier établira un constat qui certifiera l'antériorité – et donc la propriété – des contenus en question. L'établissement d'un tel document est loin d'être gratuit, certes, mais c'est en général la première étape lorsqu'on passe à la vitesse supérieure. Comme je l'ai évoqué plus haut, CopyrightFrance inclut cette démarche dans ses services.

Cela dit, avant d'entamer ce type d'action, il est vivement recommandé de prendre conseil auprès d'un avocat, qui sera habilité à vous guider efficacement quant à la stratégie à adopter. Je rappelle que je ne suis pas juriste et que ce que j'expose ici relève de mon expérience et du bon sens. Par conséquent, je ne peux me substituer à l'expertise de professionnels du droit !

Et pour les récidivistes ?
Pas de pitié ! Un plagiaire averti une ou plusieurs fois sait pertinemment à quoi il s'expose en continuant à agir de la sorte. Aussi, dès lors que l'on constate qu'un site ou un blog reprend de façon coutumière nos contenus originaux malgré les avertissements qu'on lui adresse, il ne faut pas hésiter à faire des copies d'écran et à entamer des poursuites judiciaires. Lorsque tous les autres recours sont vains, c'est malheureusement la seule solution.

 

Le mot de la fin
Vous voilà désormais parés pour faire face au plagiat efficacement. Malheureusement, il s'agit d'un fléau très répandu et très difficile à erradiquer, qui comme on l'a vu peut avoir de lourdes conséquences sur la vie d'un blog, d'un site ou même sur une activité professionnelle. C'est pourquoi il faut rester vigilant et ne pas hésiter à agir lorsqu'on découvre son travail sur un autre site que le sien. Peu importe que ledit site soit un blog personnel, un site professionnel ou commercial, l'infraction ne doit pas être ignorée. Certes, cela demande de la patience et de la détermination, mais il est indispensable de lutter contre ces pratiques, sans quoi ceux qui y ont recours continueront en toute impunité. Par exemple, au cours de la rédaction de cet article, je suis tombée sur de « nouveaux » plagiats de mes articles (du moins des plagiats dont je n'avais pas connaissance jusqu'alors) sur le site d'une boutique en ligne, et j'ai réagi immédiatement. Si l'on n'a pas daigné me répondre, les contenus visés ont quant à eux été retirés rapidement. Parfois, il faut insister davantage, mais tous les cas il est important de veiller à rester ferme, et surtout de ne pas avoir peur d'aller plus loin si les contacts se révèlent infructueux.

 

À lire en complément
Outre les articles et documents proposés dans les liens présents dans le corps du texte, je vous invite à lire également :

Theresa Reed, alias The Tarot Lady, évoque le plagiat dans plusieurs articles sur son blog : « Can I Use Your Stuff On My Site? », « What to do with business drama », « When to play hardball », « Handling Plagiarism Without Losing Your Cool... or Your Spirit ».

Sur son blog Beautiful Law, Danaé, juriste, a publié un article très intéressant – et assez complet – intitulé « Nos blogs, la loi et nous ».

Dans mon Chaudron, vous trouverez enfin un article appelé « Lettre au plagiaire ».

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 03 juin 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Plagiat Walter Boralis, 1bis

"Les Secrets du Tarot": attention, plagiaire en série!

Je n'ai pas pour habitude de donner les liens, les noms des sites, des blogs ou des blogueurs qui pillent mes articles. Pourtant, la pratique est courante, qu'elle vienne d'une boutique belge qui a pignon sur rue, d'une petite boutique suisse, de blogs, de sites divers ou de forums. À chaque fois, j'ai pu régler les choses à l'amiable, même si j'ai parfois dû insister lourdement. D'où le fait que je ne dévoile jamais l'identité des plagiaires.

Pourquoi agir autrement aujourd'hui ? Parce que dans le cas présent, je me joins aux personnes (et elles sont nombreuses) qui ont vu elles aussi leur travail volé par cet indélicat. Je pense qu'il est normal, devant l'ampleur de la chose, de mettre en garde également les internautes qui pourraient trouver ces contenus intéressants, fouillés ou bien construits. Je suis solidaire avec mes pairs, et fermement opposée à toute forme d'escroquerie que ce soit, que ce soit envers les professionnels ou les lecteurs qui recherchent en toute bonne foi des informations utiles à leur évolution.

Il est à mon sens indispensable de faire circuler l'information au maximum, ne serait-ce que pour ne pas se rendre « complice » de ce genre de pratique. Je trouve important de mettre en garde les personnes qui pourraient tomber là-dessus et donner le crédit de ce qui y est publié à l'« auteur » de ce blog alors que ce qu'ils lisent appartient en réalité à d'autres.

 

En parcourant un blog sur lequel je n'avais jamais atterri auparavant, je suis allée voir l'article qui concernait Mlle Lenormand, par curiosité. Ce que j'y ai trouvé m'a laissée sans voix : le blogueur (Walter Boralis) a inclus dans « son » article des présentations de Petits Lenormand... dont une certaine proportion m'appartenait ! Textes repris, détournés, voire « corrigés » (quand mon texte ne lui convenait pas, il changeait !), tout y était.

Bien sûr, j'ai cherché à contacter le blogueur pour lui demander de retirer mes contenus, mais sans succès, celui-ci ayant déserté son blog en 2013. Passer par son profil Google+ ? Même résultat, lui aussi étant à l'abandon depuis 2013. Restait la réclamation à déposer auprès de Google, ce que je me suis empressée de faire.

Moins de vingt-quatre heures après, je recevais un courriel de la part de l'équipe Google qui me demandait de cibler exactement où se trouvaient les passages incriminés car n'étant pas francophones, les membres de l'équipe s'y perdaient. Je leur ai donc envoyé les dates précises de mes publications ainsi que celle à laquelle l'article du blog de Walter Boralis avait été mis en ligne, en prenant bien le soin de joindre des captures d'écran où j'entourais mon texte, à la fois chez le plagiaire et sur mon blog (voir illustrations). Moins d'une heure après, la page de l'article sur Mlle Lenormand n'était plus en ligne, et je recevais un nouveau message de l'équipe Google me remerciant et m'informant que la page était en cours de suppression.

La preuve en est que si l'on cherche à la consulter, on tombe sur un lien mort : « Mlle Lenormand »... et c'est tant mieux, car à en juger par la quantité de texte qui provenait de chez moi dans les présentations des jeux, ce monsieur s'était allègrement servi !

Mes captures d'écran avant la suppression de l'article (à gauche, le plagiat en contexte ; à droite, les articles sur mon blog) :

Petit Lenormand (éd. Carta Mundi) :

Plagiat Walter Boralis, 1bis

 

Ma critique du Petit Lenormand Carta Mundi utilisée... pour un autre jeu !

Plagiat Walter Boralis, 2bis

 

Encore la même critique utilisée pour un autre jeu... et « corrigée » pour satisfaire aux exigences du plagiaire !

Plagiat Walter Boralis, 3bis

 

Les Cartes Mystiques de Mlle Lenormand :

Plagiat Walter Boralis, 4bis

 

Le « Magisches Lenormand » :

Plagiat Walter Boralis, 5bis

 

Le Tarot de Madame Lenormand :

Plagiat Walter Boralis, 6bis

N'hésitez pas à cliquer sur les images pour en voir la taille originale !

Dans mes recherches pour tenter de contacter le blogueur, j'ai eu la surprise de découvrir que j'étais loin d'être la seule à avoir été détroussée par Walter Boralis. J'attire l'attention du lecteur notamment sur cet article publié par Sandrine Tarots, où elle dénonce ses pratiques peu honnêtes. Ayant également évoqué la chose sur les réseaux sociaux, j'ai pu échanger avec d'autres personnes qui ont été confrontées à ce problème. Devant ces témoignages et l'ampleur du pillage, je ne pouvais rester silencieuse, d'où ces lignes inhabituelles.

J'espère de tout cœur que les auteurs qui retrouvent leurs textes sur ce blog (« Les Secrets du Tarot ») pourront réagir et faire retirer les contenus volés. Pour ce faire, il faut se rendre sur la page du centre d'aide Blogger de Google (qui gère Blogspot et Blogger) et cliquer sur « problèmes d'ordre juridique ». Ensuite, il suffit de remplir les différents champs minutieusement en prenant bien soin de décrire le plus précisément possible l'objet de la plainte. Il est possible que Google recontacte le plaignant afin d'obtenir davantage d'informations. Dans ce cas, je recommande vivement d'envoyer des captures d'écran mettant en évidence le plagiat et de donner à l'équipe les dates de publications originales des articles dont on est l'auteur. La discussion se fera certainement en anglais (c'est ce qui s'est passé pour moi) car les personnes qui répondent à ces réclamations ne parlent pas nécessairement français. Si le plagiat est reconnu, alors la page incriminée sera rapidement supprimée.

J'espère vivement que les lecteurs qui consulteront le blog de Walter Boralis ne se laisseront plus abuser, car il s'agit là d'un bel exemple d'escroquerie intellectuelle. En parcourant le blog, j'avais repéré de nombreuses incohérences qui m'avaient alertée quant à la bonne foi du blogueur : un niveau de français très variable, qui pouvait passer du sans faute au charabia d'une phrase à l'autre ; des exemples et arguments qui n'allaient pas dans le sens de ce qu'il tentait de démontrer ; la répétition inutile d'informations déjà données plusieurs fois dans un article. Voilà qui n'augurait rien de bon et qui m'a poussée à aller voir ce qui concernait Mlle Lenormand.

Mes doutes se sont confirmés à la lecture de cette page, dont j'ai reconnu une grande partie du contenu ! Parce qu'il est honteux de duper les lecteurs et les auteurs de la sorte, parce que ce genre de pratique est hélas bien trop courant, parce que j'aime écrire et partager ma passion et que je ne compte pas m'arrêter de sitôt à cause de personnes malhonnêtes à qui cela reviendrait à donner raison, je joins ma voix à ceux et celles qui ont été victimes de ce blogueur. Il est important que les lecteurs sachent à qui ils ont affaire et qu'ils ne se laissent pas abuser par les apparences.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont exprimé leur soutien, que ce soit par email ou sur les réseaux sociaux (en privé comme en public). Bien qu'habituée au plagiat, il m'est toujours difficile d'y être confrontée. C'est pourquoi votre soutien m'a beaucoup aidée !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 16 mai 2015. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Les dangers de la cartomancie

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La cartomancie est-elle dangereuse ? Voilà une interrogation qui revient souvent, que ce soit de la part de néophytes qui aimeraient apprendre à pratiquer cette discipline ou de personnes qui souhaiteraient consulter mais qui sont retenues par la peur de l'inconnu. Que ce soit à travers les moteurs de recherche ou lors des premiers contacts avec des consultants et des élèves, ce sujet est très souvent abordé, non sans une certaine timidité. Pourtant, il n'y a pas de quoi se sentir bête de poser ce genre de questions, bien au contraire ! Mieux vaut partir du bon pied et chercher à comprendre d'emblée les fonctionnements d'une discipline qui semble mystérieuse plutôt que de s'enfermer dans des préjugés qui n'auront d'autre effet que d'amplifier la peur.

À travers cet article, je vais tenter de clarifier certains points liés aux dangers supposés de la cartomancie. D'où vient cette crainte ? À quoi pense-t-on habituellement lorsqu'on formule ce type de question ? Quels sont les réels dangers de la cartomancie ? Telles sont les problématiques qui seront traitées ici. Tout d'abord, je m'attacherai à expliquer certains des mécanismes relatifs aux fonctionnement de cet art afin de tordre le cou à quelques idées reçues largement répandues, puis dans un second temps j'évoquerai quelques comportements relatifs à la cartomancie, qu'ils soient l'œuvre de l'interprète ou du consultant, qui peuvent constituer des risques réels.

 

Les risques liés à la pratique de la cartomancie
À quoi fait-on appel lorsqu'on tire les cartes ? La question des éventuels dangers de la cartomancie dissimule souvent une interrogation concernant les fonctionnements de cette discipline. C'est la plupart du temps ce que révèle une discussion avec celui ou celle qui la pose.

La pratique de la cartomancie en elle-même, qui consiste en quelques actions simples comme mélanger le jeu, tirer un certain nombre de cartes et les interpréter, ne fait courir aucun risque à celui qui y recourt. On entend parfois çà et là des personnes assurer sur un ton très docte qu'il faut absolument « se protéger », sans quoi on pourrait bien déclencher une catastrophe : ouverture d'une porte vers les Enfers, s'attirer les foudres d'esprits malfaisants qui nous poursuivraient sur plusieurs générations, se faire posséder par une « entité » malveillante, convoquer les morts ou encore invoquer une horde de démons déchaînés (barrer la/les mention(s) inutile(s)). Tout ceci peut sembler farfelu, mais bien que le trait soit à peine grossi ici, ces clichés sont bien réels et largement répandus.

Comme toute idée reçue, ils ne trouvent de terrain fertile que lorsqu'ils atteignent des personnes non informées, qui manquent donc de recul et ne peuvent par conséquent pas mettre en perspective ce qu'elles entendent. Afin de se détacher de ces inepties, il faut se pencher sur ce qu'est la cartomancie et comment elle fonctionne.

Techniquement, la pratique de la cartomancie consiste comme je l'évoquais plus haut en une série de gestes qui ont pour objectif de trouver des éléments de réponse à une question posée. Ainsi, on commence par formuler une question sur laquelle on se concentre mentalement. Toujours en ayant la question à l'esprit, on mélange le jeu, on coupe, puis on l'étale en éventail devant soi. On tire ensuite un certain nombre de cartes que l'on positionne selon un schéma donné. On retourne les cartes face visible et l'on se lance enfin dans leur interprétation. À aucun moment dans ce processus il n'est question de s'adresser à qui que ce soit ou d'invoquer quoi que ce soit. La cartomancie n'est pas un acte magique, pour la simple raison que les cartes ne possèdent pas de personnalité : ce ne sont que des morceaux de carton sur lesquels figure un certain nombre de symboles. Elles n'ont donc aucun « pouvoir » et leur maniement n'est pas lié à l'intervention du « surnaturel ».

Ce type de croyance relève de l'ignorance du mode de fonctionnement de la cartomancie. On sait que c'est efficace, mais parce qu'on ne sait pas l'expliquer, on va chercher des justifications qui défient l'entendement. Pourtant, on dispose d'éléments permettant de comprendre ce qui se passe lorsqu'on tire les cartes.

Tout d'abord, il faut tenir compte du fait que les cartes s'interprètent selon des grilles de lecture bien définies, qui font appel à un langage symbolique s'inscrivant dans un ou des système/s culturel/s particulier/s. Ainsi, chaque élément illustré représente une idée, une notion, et lorsqu'on en compte plusieurs, ils s'associent et se combinent pour raconter une histoire ou évoquer un ensemble d'aspects. Or, il se trouve que les éléments illustrés par les différents symboles présents sur les cartes dépeignent les événements qui ont lieu dans la vie du consultant, des aspects de celle-ci ou des forces et énergies qui la régissent.

Il est communément accepté que les cartes, qu'elles soient de tarot ou qu'elles appartiennent à des oracles, soient un moyen de mettre en évidence le lien invisible qui existe entre le plan conscient et le plan inconscient. En d'autres termes, on considère que l'esprit humain est fait de deux plans : le plan conscient et le plan inconscient. Si l'on a aisément accès au plan conscient, le plan inconscient s'exprime de manière plus subtile, voire invisible ou imperceptible. C'est là que les cartes interviennent : elles aident l'inconscient à s'exprimer et à révéler la perception profonde qu'a le consultant de la situation qui le préoccupe et qu'il soumet à leur examen.

Dans cette optique, on comprend que les cartes ne sont autres qu'un miroir de soi. Lorsque le consultant ou le cartomancien prend les cartes dans l'éventail étalé devant lui, il lui est demandé de le faire le plus naturellement possible, sans réfléchir. Au cours de cette étape, on fait donc appel à l'inconscient, car c'est bien lui qui va diriger la main vers telle carte plutôt que telle autre. La question qui se pose alors est de savoir comment il est possible que les cartes tirées correspondent à la situation du consultant. Dans la continuité de ce qui a été évoqué jusqu'à présent, on considère que dans le monde qui nous entoure, tout est question de vibrations et de résonances. Par conséquent, on admet que les objets et les personnes sont faits d'énergies qui s'accordent plus ou moins bien avec les nôtres, d'où notamment certaines affinités que l'on peut ressentir lors d'un premier contact. C'est également ce qui se passe lorsqu'on tire les cartes : guidée par l'inconscient, la main prend naturellement les cartes dont les symboles résonnent le mieux avec notre situation. C'est pourquoi elles la décrivent et en montrent des aspects qui viennent compléter ce dont on avait déjà conscience.

Comme on peut le voir en détaillant les aspects mécaniques de la cartomancie, la pratique de cette discipline ne présente aucun danger : elle n'est pas un acte magique, pas plus qu'elle ne nécessite une quelconque communication avec l'au-delà que ce soit ou que l'on ne soit guidé par des démons, mauvais esprits et autres entités. Rien de tout cela, mais au contraire une succession de gestes simples qui permet de laisser s'exprimer l'inconscient afin de mettre en avant des éléments relatifs à des situations précises. Nul besoin pour ce faire d'avoir recours à autre chose qu'en les remarquables fonctionnements de l'esprit humain !

 

Les risques humains
S'il n'y a aucun risque lié aux aspects mécaniques de la cartomancie, il ne faut pas croire pour autant que faire appel à cette discipline ne comporte aucun danger. Il est indispensable de bien comprendre que si danger il y a, celui-ci est humain, car situé dans l'approche et le décorum que l'on n'associe que trop souvent à l'ensemble de pratiques qui vient d'être décrit. Ce sont bien les attitudes humaines qui sont à surveiller, que ce soit du côté de l'interprète ou de celui du consultant. Si chacun adopte un comportement responsable – et réaliste ! – face à la cartomancie et aux possibilités qu'elle offre, alors les dangers s'en trouvent réduits.

Quel que soit le discours du cartomancien, il est important que le consultant soit réaliste quant à la nature de l'aide que la consultation peut lui apporter. En aucun cas il ne doit s'attendre à une résolution miraculeuse ou providentielle de ses soucis, mais plus qu'il ne peut espérer que les choses vues dans les cartes se produisent sans son intervention ! Il est indispensable qu'il comprenne bien que la consultation en cartomancie lui fournira un panorama de ce qui se passe autour de lui, en incluant les causes, le chemin qui l'ont mené là où il est au moment de la consultation. De la même manière, en ce qui concerne les « prédictions », les faits qu'elles évoquent ne sont pas écrits dans le marbre ! Au contraire, comme le présent est la conséquence logique du passé, ce que l'on a tendance à appeler « avenir » n'est autre que l'évolution naturelle de la situation présente. Dès lors, le futur n'est pas fixe mais soumis à changement ! Le consultant doit toujours garder à l'esprit qu'il peut, toute proportion gardée, influer sur les événements voire les modifier pour en améliorer l'issue dans le cas où les tirages laisseraient présager des périodes difficiles. Il est évident que certaines situations ne dépendent pas entièrement du consultant et que d'autres personnes pourraient, à un moment ou un autre, décider de son sort à sa place (entretien d'embauche, etc.). Pourtant, là encore, l'intérêt d'être informé à l'avance des difficultés qui peuvent se poser permet d'anticiper et de mieux se préparer à d'éventuels imprévus ou à des situations problématiques. Ainsi, le consultant peut se montrer plus réactif et rebondir plus facilement, sans être sous le coup d'un effet de surprise qui le priverait temporairement se ses moyens.

Il est donc important que le consultant prenne du recul par rapport à ce qui lui est dit au cours de la consultation, sans considérer ce qu'il entend comme un absolu immuable. Il doit prendre les éléments récoltés comme des aides qui lui permettront de prendre conscience des potentiels des situations qu'il connaît(ra) et d'établir des stratégies afin d'y réagir au mieux. En aucun cas il ne doit adopter une attitude défaitiste ou pessimiste !

Quoi qu'il puisse être dit au cours de la consultation, il dispose de son libre-arbitre et reste maître de ses décisions. Il doit être clair dès le départ que la consultation n'a pour d'autre but que de l'aider à prendre conscience des dynamiques qui s'expriment autour de lui, et qu'il peut utiliser les éléments mis en exergue dans ses choix s'il le souhaite. En aucun cas les cartes ne prennent de décisions à sa place (est-il besoin de rappeler que ce ne sont que de simples morceaux de carton ?), pas plus que ne peut le faire le cartomancien ! Le seul responsable des décisions que prend le consultant est... lui-même !

Quelle que soit l'attitude du consultant, il est indispensable pour le cartomancien de se fixer une ligne de conduite claire, nette et précise, à laquelle il ne dérogera pas. De préférence, celle-ci sera explicitée sur son site ou dans ses brochures, à moins qu'il ne préfère en discuter avec le consultant en début de consultation afin de s'assurer que ce dernier ait bien saisi le but du rendez-vous. Par exemple, la ligne de conduite que je me suis fixée lorsque j'ai professionnalisé mon activité est consultable sur mon site sous la forme de mon code éthique. Je m'assure de ne pas en dévier afin de garantir à mes consultants des prestations à travers lesquelles ils seront certes aidés, mais surtout maîtres de la situation. J'insiste bien sur le fait que quoiqu'il soit dit, ils demeurent les seuls à prendre les décisions qui les concernent.

Pourtant, on trouve des cartomanciens qui n'hésitent pas à jouer de la position de pouvoir qu'ils occupent par rapport à leurs consultants pour les influencer et tenir des discours insinuant qu'ils détiennent une vérité absolue et qu'ils savent donc mieux que le consultant ce qui lui convient ou non. Ce type de comportement est extrêmement dangereux car il revient à profiter de la situation de faiblesse dans laquelle peut se trouver le consultant, ou du moins de sa grande vulnérabilité. La consultation est un moment chargé d'émotions, et il est important que le cartomancien n'abuse pas de sa position et de l'autorité qu'il peut avoir sur le consultant pour le manipuler de quelque manière que ce soit.

C'est pourquoi il faut être particulièrement vigilant aux propos que l'on tient lorsqu'on se trouve en position d'interprète, sans quoi l'on a vite fait de donner de faux espoirs au consultant en termes d'attentes ou au contraire de susciter en lui des peurs irraisonnées. D'où l'intérêt d'une approche humble de sa discipline, qui ne visera pas à faire passer le cartomancien pour quelqu'un d'infaillible ! S'il est en effet un point sur lequel il est indispensable d'insister, c'est bien le caractère profondément humain de l'interprétation des cartes. La qualité de l'interprétation des cartes est liée à la bonne compréhension des symboles présents sur les lames. Ainsi, meilleure sera la connaissance de ce langage par le cartomancien, et plus intéressante (et utile !) sera la consultation pour le consultant ! Ceci dit, il ne faut jamais se montrer présomptueux et croire ou laisser entendre que l'on ne peut se tromper. Si les cartes reflètent effectivement la situation du consultant, les symboles qu'elles présentent peuvent toujours être interprétés de plusieurs manières. Par conséquent, il est tout à fait possible pour le cartomancien d'opter pour une signification qui ne correspondrait pas à ce que vit celui qui le consulte. D'où l'importance de rester réaliste quant à ses propres capacités de lecture d'un tirage.

Dans tous les cas, l'attitude et le discours du cartomancien se doivent de rester rationnels et réalistes par rapport à la discipline qu'il pratique. En aucun cas il ne doit se faire passer pour un prophète ou pour quelqu'un d'exceptionnel, pas plus qu'il ne doit laisser entendre au consultant qu'il détient la vérité ou qu'il est infaillible. Il n'est pas non plus investi de « supers-pouvoirs » qui le mettraient en relation avec des « sphères supérieures » ou autres. Ce type de posture, que l'on ne voit (hélas, trois fois hélas !) que trop souvent, est à laisser aux artistes qui se produisent dans des foires ou des salles de spectacles et qui assument leur qualité d'amuseurs publics, mais n'a rien à faire dans une consultation digne de ce nom !

 

À la lumière de ces éléments, on comprend que la cartomancie en elle-même ne présente aucun danger. En revanche, la manière dont on l'aborde et dont on la diffuse peut se révéler dangereuse. Les véritables dangers ne sont pas mécaniques (c'est-à-dire qu'ils ne sont pas liés aux gestes effectués ou aux cartes en elles-mêmes), mais humains. Aussi, nul risque de voir apparaître un démon au beau milieu de votre salon en représailles d'un tirage, ni d'être maudit sur sept générations ou plus si vous manipulez régulièrement des cartes divinatoires. Rien à craindre, donc, du côté de l'invisible et des autres plans de l'existence !

Non, les dangers sont bel et bien humains, et ce sont les seuls que vous pourrez rencontrer : un consultant qui s'attend à ce que la consultation (ou l'interprète) lui dise ce qu'il doit faire ou prenne les décisions à sa place, une attitude défaitiste ou fataliste quant aux « prédictions ». Si on le laisse s'installer, le phénomène d'addiction, qui découle directement de ce qui vient d'être évoqué, sera également le pire ennemi du consultant, qui se reposerait beaucoup trop sur les cartes et compteraient sur elles pour la moindre prise de décision.

C'est pourquoi il est du devoir du cartomancien de se montrer rassurant et d'informer clairement le consultant quant au service auquel il s'apprête à avoir recours. Aussi, on évitera les discours nébuleux et prétentieux assurant que l'on ne se trompe jamais ou que l'on est en contact permanent avec tels ou tels Être Surnaturel, entité, plan de l'existence, dieu, maître spirituel, etc. (rayez les mentions inutiles). Il est essentiel de veiller à la bonne information du consultant, qui passe par une attitude rationnelle et raisonnée. Une pratique saine doit être privilégiée : ce sont les connaissances de l'interprète quant au langage symbolique et à la portée initiatique et divinatoire des supports qu'il utilise qui fait la qualité de l'expérience pour le consultant... et rien d'autre, mis à part le tact avec lequel les « prédictions » sont formulées ! On évitera ainsi au consultant (et à soi-même !) bien des déboires !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 février 2015. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Lettre au plagiaire

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cher plagiaire :

Permets que je t'adresse ces quelques lignes. Toi et moi nous connaissons de bien plus près que de raison, aussi tu ne verras aucun inconvénient à ce que je te tutoie.

Cette lettre s'adresse à toi. Toi qui, bien trop souvent, parcours mes pages et lis mes écrits. Ceux-ci semblent te plaire tellement que pour ne pas les égarer, tu ne vois pas d'autre solution que de les prendre, sans autre forme de procès, pour te les approprier. Pour cela, tu vas même jusqu'à changer, de-ci de-là, un mot, une expression qui ne te plaît pas. Pour améliorer mes textes, sans doute qui, bien que tu les apprécies au point de vouloir les reprendre à ton compte, ne te satisfont pas pleinement... ou peut-être crains-tu ce qui se produit trop souvent : que mon œil aguerri repère le délit et que je te demande expressément de retirer ce que sans scrupule tu m'as volé.

Oui, tu as bien lu : volé. Ne t'en déplaise, Internet n'est pas un espace de non droit, et mon blog comme mon site ne sont pas en libre-service. N'oublie pas que nul n'est censé ignorer la loi, pas même toi. Tu n'es pas non plus sans ignorer, à moins que tu ne saches lire (mais alors, comment pourrais-tu trouver mes textes intéressants au point de les vouloir pour toi ?), que lorsqu'un anti-clic droit est installé, la chose signifie que l'auteur ne souhaite pas voir ses productions copiées-collées. Bien sûr, tu me diras que l'anti-clic droit se contourne aisément pour qui connaît quelques raccourcis clavier. C'est vrai. Mais alors, que fais-tu des avertissements qui sont publiés et qui sont là pour t'inciter à ne pas laisser ces vilains travers prendre le dessus lorsque tu viens « chez moi » ? Que fais-tu de la mention « copie interdite - blog/site déposé » que tu peux pourtant contempler à loisir sur chacune de mes pages ? Allons... cessons-là cette mauvaise foi !

En me dépouillant de ma propriété, tu sais pertinemment ce que tu fais : tu gagnes du temps dans la création de tes propres pages, ou peut-être de ton forum auprès des membres duquel tu veux passer pour quelqu'un de brillant... tant que personne ne te pose de questions sur ce que « tu » as écrit, car il faut bien avouer que c'est là que les choses se compliquent puisque tu risques d'être démasqué, toi qui te trouves bien incapable d'y répondre !

Pire encore, tu te sers parfois de mes articles pour alimenter ton site de commerce en ligne car, bien que tu aies pignon sur rue, avouons-le encore une fois, tu trouves fort éreintant de rédiger toi-même les présentations des jeux que tu vends. Alors le copié-collé reste la solution la plus « rentable »... jusqu'à un certain point ! En effet, as-tu bien conscience que, si tu es pris la main dans le sac – et tu le seras ! – tu encours de graves poursuites, voire des dédommagements à (me) payer ? Je sais l'amour inconditionnel que tu voues à mon travail, mais de là à vouloir me récompenser d'un gros chèque, je n'en demandais pas tant !

Alors un conseil, cher plagiaire : toi, l'internaute qui passes ici et qui es heureux de trouver des contenus qui te plaisent, quelles que soient tes motivations, résiste à la tentation du clic droit ! Que tu sois un particulier ou un professionnel, tu encours des risques sérieux, et tu n'auras aucune excuse. Dire que tu aimes mon travail ne tiendra pas, pour la bonne et simple raison que lorsqu'on apprécie le travail de quelqu'un, la moindre des choses est de rendre à César ce qui lui appartient en incitant les autres à aller le consulter dans son contexte original. Toi, le professionnel, as-tu conscience qu'étant moi-même professionnelle, je suis en droit de porter plainte contre toi pour concurrence déloyale, voire pour contrefaçon ? Car bien sûr, tu as parfois la « sagesse » de modifier un mot par-ci par-là, mais la « bêtise » de conserver mes quelques fautes de frappe qui, pour le coup, s'avèrent très utiles. Il n'est pas correct d'utiliser le travail d'autrui pour gagner de l'argent sur son dos.

Tu ne peux pas me voler, me piller impunément de la sorte, d'autant que tu es largement prévenu au cours de ta navigation. Et souviens-toi : « bien mal acquis ne profite jamais », dit-on, et cela vaut aussi dans ce cas précis.

Plutôt que d'agir comme un voleur, demande à l'auteur quelles sont ses conditions pour te laisser utiliser une partie de son travail. Il sera ravi de voir que ses longues heures passées à mettre des idées en place, à rédiger un contenu organisé et un texte agréable à lire sont récompensées par l'intérêt que tu lui portes, et il répondra à tes questions avec plaisir. Ainsi, tu te montreras respectueux de son travail et t'attireras sa reconnaissance plutôt que sa colère. Ne trouves-tu pas que tu y gagnerais au change ?

Alors à l'avenir, réfléchis à deux fois avant de te comporter comme un voleur...

À bon entendeur !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 novembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Questions d'éthique et de ligne de conduite

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Avant de proposer des consultations à son entourage ou même à des inconnus, il est nécessaire de prendre conscience d’un certain nombre de choses et d’adopter une ligne de conduite qui nous servira de guide dans l’exercice de cet art. Ces règles, que l’on se fixera en son âme et conscience, doivent être respectées afin d’assurer un minimum de cohérence à la pratique d’une part, et d’autre part parce qu’elles constituent également un cadre à l’intérieur duquel le consultant va évoluer. J’aborderai donc ici un certain nombre de questions que le cartomancien peut se poser. Là encore, je ne prétends nullement y apporter les réponses absolues ou incontestables – car encore une fois, chacun fait comme il l’entend du moment qu’il est cohérent avec ses propres convictions –, mais les éléments exposés permettront à chacun de se forger sa propre opinion.

 

La cartomancie est-elle un don ?
Je ne crois pas en un don en ce qui concerne la cartomancie. Je la perçois plutôt comme un art pour lequel certaines personnes ont des facilités, certes, mais qui demeure à la portée de tout un chacun. Je ne crois pas en une minorité d’« élus » qui auraient été touchés par je ne sais quelle grâce et feraient partie d’une élite. Lire dans les cartes est un art, comme la musique ou le dessin, par exemple. Il est vrai que certaines personnes montrent des facilités ou une approche instinctive pour la lecture des cartes et paraissent donc « douées », mais n’est-ce pas également le cas pour les autres formes d’art ? De même, comme n’importe quel art, la cartomancie est quelque chose qui s’apprend par l’étude et la pratique et nécessite une certaine technique (d’interprétation des symboles, d’analyse, etc.).

Ainsi, la cartomancie est à la portée de tous. L’obtention de bons résultats dépend ensuite de la persévérance de l’apprenant.

 

Peut-on se tirer les cartes à soi-même ?
Malgré ce qu’on lit régulièrement, il est tout à fait possible de tirer les cartes pour soi-même. D’ailleurs, c’est souvent par-là que l’on commence ! Lorsqu’on découvre cet art, les premiers pas pour l’apprivoiser se font la plupart du temps en solitaire pour plusieurs raisons.

D’abord, il est plus confortable d’apprendre quand on est seul : on prend son temps, on va à son rythme, tant pour comprendre le sens des arcanes que pour en assimiler les significations brutes. La présence d’un consultant peut être une source de stress, au début, et être seul permet d’éviter l’appréhension du jugement ou de la réaction de la personne à qui l’on s’adresse.

Ensuite, on ne prend pas la responsabilité de s’exercer sur les autres dès le départ, sachant que certaines personnes n’ont pas suffisamment de recul par rapport aux cartes. Nombreux sont les consultants qui attendent des réponses « infaillibles » et qui par conséquent n’admettent aucune marge d’erreur. Il vaut donc mieux s’entraîner sur soi-même en attendant de perfectionner et d’affiner ses analyses.

De plus, être son propre cobaye présente un autre avantage non négligeable : on apprend à se considérer comme un objet d’étude, ce qui permet de mieux appréhender les informations. Ainsi, on reste objectif et on se détache de ses émotions personnelles, ce qui est l’une des plus grandes difficultés rencontrées par les cartomanciens.

 

Quelle attitude adopter pendant la consultation ?
Dans tous les cas, se montrer calme et rassurant. Peser ses mots et les choisir de façon à ne pas générer plus de stress chez le consultant qu’il n’y en a déjà.

Il est important de bien expliquer au consultant que les cartes ne prédisent pas de fatalité, qu’un tirage représente l’évolution de la situation présente si elle reste en l’état, et que le consultant a toujours le pouvoir d’agir sur les événements reflétés. Les cartes sont plutôt des conseillères qui éclairent sur les dangers et les points forts des situations afin de donner à la personne concernée les moyens d’agir de manière plus avisée.

 

Dans ce qu’on lit dans les cartes, y a-t-il des choses qu’il vaut mieux garder pour soi ?
Le cartomancien a une grande responsabilité face au consultant, et donc un droit de réserve. Personnellement, j’évalue d’abord qui j’ai en face de moi avant de révéler des épreuves telles que des décès, et surtout, je veille toujours à choisir mes mots au mieux. Cependant, il est souvent important que le consultant soit mis au courant de ce que l’on trouve dans les cartes, car cela lui permet d’anticiper les événements et de s’y préparer.

 

Peut-on refuser de répondre à certaines questions ?
Tout à fait ! Il est par exemple interdit par la loi de de répondre aux questions concernant la santé, grossesses incluses. Le cartomancien pourra également refuser de répondre à toute question qui le mettra mal à l’aise pour des raisons personnelles ou pour des questions d’éthique.

 

Peut-on refuser de tirer les cartes à quelqu’un ?
Là encore, tout à fait ! Ce refus peut être motivé par plusieurs raisons. Par exemple, il arrive parfois que rien ne passe entre le cartomancien et le consultant. Dans ce cas, mieux vaut le dire plutôt que de faire face à un blocage qui ne mènerait à rien de bon. L’honnêteté est toujours la meilleure attitude à adopter.

On peut aussi refuser pour éviter l’addiction d’un consultant à la cartomancie. Certains ont en effet tendance à vouloir y avoir recours très souvent, voire trop souvent. Ceux-ci finissent par vouloir s’en remettre aux cartes pour chaque décision qu’ils ont à prendre. Ne pas les freiner ne serait pas une attitude responsable, car il n’est en aucun cas question de profiter de la misère d’autrui. Au contraire, mieux vaut responsabiliser le consultant en lui expliquant que venir voir un cartomancien n’est pas un acte anodin. De plus, à tirer les cartes trop souvent à la même personne, les lames finissent par devenir muettes, comme pour dire « stop ! ».

 

Que faire si l’on ne voit rien dans un tirage ?
Le dire ! Par souci d’honnêteté, mieux vaut dire que l’on n’arrive pas à déchiffrer un tirage plutôt que faire croire le contraire ! Le cartomancien n’est pas infaillible, ni tenu au résultat. Il met son art au service du consultant, certes, mais cela ne permet pas d’exiger un résultat à tout prix.

De plus, mieux être humble et honnête et éviter de dire des bêtises plutôt que faire croire que l’on a réponse à tout ! On n’en gagnera que plus de crédibilité.

 

Se faire rémunérer ou pas ?
S’il est une question qui fait débat, c’est bien celle-ci ! Dire que les avis sont partagés est un doux euphémisme tant les arguments peuvent être virulents.

Sur ce point encore, tout dépend de la manière dont on envisage la cartomancie. Certains diront qu’il est honteux de faire payer l’exploitation d’un don. En revanche, si l’on considère qu’il s’agit d’un art, il en va différemment. Loin de moi l’idée d’encourager à se faire payer une fortune pour chaque consultation, j’y reviendrai.

Tirer les cartes est un service proposé certes, mais aussi une activité qui génère une fatigue psychique (voire physique) importante chez le praticien. Afin que le consultant prenne conscience de l’effort fourni, il semble logique qu’il donne quelque chose en échange de ce service. Par « quelque chose », je n’entends pas nécessairement « argent ». L'idée est simplement de reconnaître le sérieux du travail du cartomancien. Il peut s’agir de rendre à son tour un service au cartomancien, bien entendu. Si le cartomancien réclame de l’argent, la somme versée ne doit en aucun cas être démesurée par rapport aux moyens du consultant, mais convenue en fonction avec lui ! Ce n’est pas parce qu’un cartomancien fera payer plus cher qu’un autre qu’il sera nécessairement « meilleur » !

De plus, considérer cette activité comme un échange de services permet aussi de réduire les risques d’addiction du consultant, puisqu’il doit lui aussi fournir un effort en retour de celui du cartomancien. Ceci limitera nécessairement ses sollicitations.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 août 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)