Ecosse

La Ronce et la Rose

La Ronce et la Rose

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

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Introduction
Bien qu'il ait été conçu spécialement pour le mois de mai, ce tirage peut être effectué à n'importe quel moment de l'année dès lors que la situation du consultant le requiert. Sa connexion au mois de mai vient de la ballade « Barbara Allen », qui raconte l'histoire malheureuse de deux amoureux qui ne parviennent pas à se réconcilier suite au comportement blessant de l'un et à l'orgueil de l'autre.

Les plus anciennes versions connues de cette ballade remontent au XVIIème siècle en Écosse et les personnages de Barbara et Sweet William s'inscrivent dans le folklore courant. Avec le temps et les mouvements de population, la chanson a voyagé pour arriver aux États-Unis et faire là aussi partie du folklore musical, tant et si bien qu'elle a été recensée par Francis James Child au XIXème siècle lorsqu'il a décidé de répertorier en les numérotant les chants traditionnels (folk songs) anglais et écossais que l'on trouvait alors sur le territoire américain. C'est pourquoi « Barbara Allen » est souvent appelée « Child Ballad n°84 » ou « Child 84 ».

Selon les époques et les régions, la ballade a connu un grand nombre de mutations et d'adaptations. La tradition orale dominante aidant, elle s'est transformée et a évolué en fonction des aspects de la légende que l'on souhaitait mettre en avant. Dans tous les cas, la trame qui constitue la base du récit reste la même : les événements se passent en mai tandis que les roses bourgeonnent et fleurissent, dans une petite ville qui est tantôt nommée, tantôt anonyme. L'amour qu'il voue à Barbara Allen rend Sweet William gravement malade et le contraint à rester allité. Il envoie donc son domestique chercher Barbara Allen car il souhaite lui parler. Celle-ci consent à se déplacer mais adopte une attitude très dure envers Sweet William, lui reprochant son attitude envers d'autres femmes car elle en a été profondément blessée. Elle refuse de l'écouter, se contente de constater qu'il est mourant et tourne les talons, le laissant à sa peine. Comprenant qu'il a perdu Barbara Allen, Sweet William meurt de chagrin en demandant à ses amis de prendre soin de celle qu'il aime. Alors qu'elle est en train de rentrer chez elle, Barbara apprend la mort de Sweet William et, réalisant combien elle a été dure, elle s'effondre de douleur et comprend qu'elle vient de perdre celui qu'elle aime. Elle meurt à son tour le lendemain et est enterrée à côté de Sweet William dans le cimetière attenant à l'église. De la tombe de Sweet William s'élève une rose (qui prend racine en son cœur) et de celle de Barbara Allen une ronce (qui prend là aussi racine en son cœur). À mesure que les deux plantes poussent le long du mur du cimetière, elles s'entremêlent pour former un nœud d'amoureux (« a true lover's knot », dit la ballade) et réunissent Barbara Allen et Sweet William à jamais.

On ne compte plus les versions de cette ballade tant elles sont nombreuses, chaque artiste ayant pris soin d'y apporter son empreinte. Parmi les interprétations les plus connues et les mieux réussies, on peut notamment écouter celles de Pete Seeger, Joan Baez, Bob Dylan (pour qui cette ballade, faisant partie de ses chansons préférées, fut une source d'inspiration considérable), The Everly Brothers, Dolly Parton (avec Altan, premier et dernier couplets en gaélique irlandais), Crystal Gayle, Johnny Cash (texte réadapté par Johnny Cash), Emmylou HarrisSimon & Garfunkel, Judy Collins, Marie Laforêt, ou encore Blackmore's Night.

Cette chanson fait partie de mes préférées, car depuis le jour où je l'ai écoutée pour la première fois, j'ai été littéralement charmée par la magie qui s'en dégage et par la poésie avec laquelle les sentiments amoureux y sont présentés, en particulier à travers les symboles de la ronce et de la rose. Ces derniers sont d'ailleurs au cœur du tirage puisque j'ai repris l'image de ces deux plantes qui s'élèvent des tombes de Barbara Allen et de Sweet William et s'entremêlent pour former le nœud d'amoureux qui les réunit à la fin de la ballade. Le tirage suit la chronologie habituelle de l'histoire, dont chaque élément est associé à un point sur l'une ou l'autre plante. Ainsi, à mesure que l'on progresse dans la ballade, on s'élève avec la ronce et la rose pour se diriger vers la possibilité d'une éventuelle réconciliation, et dans tous les cas d'un apaisement de la situation qui est vécue par le consultant.

 

Objectif
Voir dans quelle mesure il est possible de réparer une relation amoureuse abîmée et d'aller vers l'apaisement.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer quatorze cartes que l'on dispose comme suit :

La Ronce et la Rose

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties qui font chacune allusion à des éléments clefs de la ballade. Ainsi, la première partie comprend les cartes 1, 2 et 3 et fait référence à la terre d'où s'élèvent la ronce et la rose ; la deuxième, qui réunit les cartes 4, 6, 8, 10 et 12, dépeint la ronce ; la troisième illustre la rose à travers les cartes 5, 7, 9, 11 et 13. Enfin, la dernière carte, qui couronne l'ensemble du tirage, représente le nœud que finissent par former la ronce et la rose qui s'élèvent respectivement des cœurs de Barbara et William.

Première partie : La terre, les racines, les fondements, l'état des lieux – lames 1 à 3
Lame 1. Les racines de la situation actuelle. l'état de la relation et des sentiments partagés par les deux partenaires au moment du tirage.

Lame 2. Ce qui donnera naissance à la ronce, c'est-à-dire ce qui a fait que l'on en est arrivé là, le grief qui est à l'origine de la brouille, de la dispute ou du différend.

Lame 3. Ce qui permettra à la rose de sortir de terre : le type de sentiments amoureux qui subsistent malgré l'incompréhension et animosité.

Deuxième partie : La ronce – la situation telle qu'elle est vécue par Barbara (lames 4, 6, 8, 10 et 12)
Lame 4 : La peine qui mène Barbara à montrer un cœur de pierre. Les sentiments douloureux provoqués par les actes évoqués par la lame 2. La peine causée par la discorde, le ressentiment qui éloigne les deux partenaires.

Lame 6 : Blessée, Barbara refuse d'écouter Sweet William. Ce qui provoque la réticence par rapport à l'idée de communiquer. Le manque de communication ; le refus de communication.

Lame 8 : Barbara apprend la mort de Sweet William et réalise qu'elle l'aime. Cette lame représente le choc qui fait prendre conscience du changement qui doit s'opérer – de manière douloureuse – afin de réorienter les choses et de réaliser si les sentiments sont toujours là ou non. On se rend compte de ce que l'on a perdu.

Lame 10 : Suite à la mort de Sweet William, la peine de Barbara l'emporte et elle s'en veut d'avoir été si cruelle envers lui ; elle rejoint donc celui qu'elle aime et meurt à son tour. Cette lame décrit ce que l'on regrettera d'avoir fait ou dit (ou de n'avoir pas fait ou dit) et pointe vers un début de rapprochement entre les deux partenaires.

Lame 12 : Barbara est enterrée auprès de Sweet William. Cette lame dépeint l'élan qui mène au rapprochement des deux partenaires.

Troisième partie : La rose – la situation telle qu'elle est vécue par William (lames 5, 7, 9, 11 et 13)
Lame 5 : Sweet William souffre de la situation et tombe gravement malade. Les effets de la douleur provoquée par la discorde, ce qui tient les partenaires éloignés malgré les sentiments existants.

Lame 7 : Sweet William tente de s'expliquer auprès de Barbara, mais en vain. Les tentatives de communication infructueuses et avortées, celles qui ont éloigné le couple au lieu de le rapprocher. Les raisons qui font que ces tentatives ont échoué.

Lame 9 : La mort de Sweet William. La résignation. L'acceptation de la situation et de l'éventualité d'une séparation définitive, d'une non-réconciliation et ce que l'on souhaite – de bien – pour l'autre partenaire. La manière dont on envisage de s'effacer s'il n'y a pas d'autre issue.

Lame 11 : Sweet William est enterré dans le cimetière attenant à l'église. Le sacrifice que l'on est prêt à faire pour réparer la relation, ce que l'on est prêt à laisser derrière soi pour aller vers la réconciliation et trouver la paix.

Lame 13 : La rose qui s'élève du cœur de Sweet William. Les sentiments qui subsisteront et/ou qui renaîtront et pourront apaiser la relation et lui donner une nouvelle chance.

Quatrième partie : Le nœud – la réunion des amants au-delà des difficultés (lame 14)
Lame 14 : Le nœud que forment la ronce et la rose en poussant contre le mur. La manière dont le conflit se soldera ; comment les deux partenaires se retrouveront (ou non). Ce qui ressortira des efforts faits pour apaiser le conflit. La résolution de la situation.

 

Remarques
Ce tirage est assez complexe à réaliser, non par le nombre de lames qu'il requiert, mais plutôt par sa structure et en raison du caractère approfondi de l'exploration qu'il permet. En effet, il est ici question d'une analyse poussée de l'état de la relation amoureuse que vit le consultant, et en particulier du conflit qu'il traverse. Aussi, si l'on veut produire une bonne interprétation de ce tirage, il faut tenir compte de la complexité inhérente à toute relation et aux sentiments amoureux.

Si les parties intitulées la ronce et la rose dépeignent respectivement les comportements et sentiments de Barbara Allen et Sweet William dans la ballade, il ne faut pas oublier que les choses sont souvent loin d'être aussi divisées dans la vie de tous les jours. Bien qu'il soit possible au sein d'une relation que l'un des deux partenaires ait le beau rôle tandis que l'autre tient le mauvais, il est tout de même assez rare que les choses soient aussi simples et limpides, car c'est souvent la confusion des sentiments qui règne et qui mène à des paroles ou à des actions apparemment contradictoires par rapport à ce que l'on ressent. C'est pourquoi il est important pour ce tirage que le consultant soit prêt à être honnête envers lui-même puisqu'il sera amené à être confronté à ses aspects les plus sombres – et parfois les plus inavouables. Il se retrouvera donc face à face avec ses sentiments, mais aussi avec sa capacité à faire souffrir l'autre, ce qui est rarement exploré de manière aussi appuyée.

Par ailleurs, il est important de noter que si la structure du tirage suit la chronologie des événements rapportés dans la ballade, il n'est pas dit pour autant que l'issue en soit la même ! En d'autres termes, la fin de la légende voit les deux partenaires réunis par-delà la mort, et ces retrouvailles marquent leur union éternelle et indéfectible. S'il est évident que l'issue montrée par le tirage fait allusion à la mort de Barbara et William pour sa portée symbolique, il faut également garder à l'esprit la possibilité de voir dans les cartes une issue peu favorable à la continuité de la relation du consultant, car tout dépend de la lame qui est tirée. Ainsi, il peut arriver que la seule issue possible à la relation soit la séparation, car la rupture est parfois le seul moyen de retrouver paix et sérénité pour les deux partis.

Comme on peut le voir, ce tirage permet une analyse très détaillée et toute en nuances des relations amoureuses qui connaissent des périodes difficiles, en particulier lorsque l'éloignement des deux partenaires est au centre des préoccupations. Grâce à lui, il est possible d'en identifier les causes profondes, mais aussi d'entrevoir de quelle manière les choses peuvent être réparées... si tant est qu'elles puissent l'être. Dans tous les cas, il aide à trouver l'apaisement, quelle que soit l'issue de la situation.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Toutefois, si l'on souhaite exploiter au maximum le thème dont il est ici question, on pourra privilégier les supports qui explorent l'amour, que ce soit en faisant référence à diverses mythologies ou à la littérature. Par exemple, The Lover's Path Tarot de Kris Waldherr sera un magnifique outil. Les jeux mettant en avant l'exploration de soi et l'introspection conviendront également parfaitement. On pensera notamment au très complet Madame Endora's Fortune Cards, ou encore au Chrysalis Tarot, qui est particulièrement bien adapté à ce type de questionnement.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 mai 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Puits aux Fées

Le Puits aux Fées

Tirage spécial Samhain/Halloween mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Ce tirage s'inspire de la légende écossaise de Tam Lin, dont l'épisode principal de passe lors de la nuit de Samhain/Halloween. L'histoire se passe à Carterhaugh en Écosse où Janet, la fille du seigneur des lieux tombe amoureuse de Tam Lin, un jeune homme mystérieux qu'elle rencontre dans le bois, près du Puits aux Fées. Au fil de leurs entrevues, il lui révèle que malgré les apparences, il n'appartient pas au peuple des Fées mais qu'il est en réalité un humain qui a été enlevé par la Reine des Fées, qui en a fait son esclave. Elle l'a notamment chargé de protéger le bois qui appartient à son peuple.

Le jeune homme apprend également à Janet que si elle l'aime, elle pourra le délivrer durant la nuit d'Halloween car c'est à ce moment-là que le Voile entre le monde des Fées et celui des humains est le plus fin, leur permettant de communiquer. Pour ce faire, il lui faudra revenir au Puits aux Fées et attendre la procession des Fées, dont son bien-aimé fera partie. Là, elle devra faire tomber Tam Lin de son cheval et ne pas le lâcher malgré toutes les transformations monstrueuses qu'il subira, dues aux enchantements de la Reine des Fées.

Le jour dit, Janet se rend au Puits aux Fées et fait exactement ce que le jeune homme lui a expliqué et parvient à résister à la peur suscitée par les multiples métamorphoses de Tam Lin, toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Devant tant de ténacité, la Reine des Fées ne peut que se rendre à l'évidence : elle s'avoue vaincue, libère Tam Lin et le laisse partir avec Janet. Pour un récit plus détaillé de la légende, voir cet article.

Dans le tirage présenté ici, le consultant prend le rôle de Janet : comme elle, il a un idéal à atteindre, un souhait qui lui est très cher (dans le cas de la jeune fille, il se nomme Tam Lin). Or, pour voir un souhait se réaliser, il faut parfois passer par des moments difficiles, affronter certaines de ses plus grandes peurs, les dépasser... et se dépasser soi-même en allant au-delà de ce que l'on pensait être nos propres limites ! Grâce à ce tirage, ces transformations et ces peurs sont mises au premier plan pour aider le consultant à les anticiper et à s'y préparer. Ainsi, il est conscient des difficultés qui peuvent se dresser sur son chemin s'il entreprend de tout faire pour réaliser ce qu'il désire et peut se préparer à les affronter, et surtout à les dominer.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Puits aux Fées

 

Lecture et interprétation
La première carte représente Janet dissimulée derrière le puits, à l'abri des regards. Elle attend la procession féerique. Par analogie, cette carte incarne le consultant et la manière dont il aborde sa situation. Elle peut montrer sa détermination à réaliser son projet, l'ampleur des moyens qu'il compte mettre en œuvre pour atteindre son objectif.

La deuxième carte est le puits derrière lequel se cache Janet en attendant les Fées. Dans ce tirage, le puits représente le vœu qu'a formulé le consultant, l'objectif qu'il souhaite atteindre. Il peut aussi être un reflet des motivations profondes qui l'animent, quelles qu'elles soient.

Les cartes 3, 4, 5, 6 et 7 sont la procession des Fées. La carte 3 montre au consultant les illusions auxquelles il devra faire face pour pouvoir atteindre son but. Les cartes 4, 5 et 6 sont les transformations monstrueuses de Tam Lin, c'est-à-dire ici les obstacles auxquels le consultant sera confronté, mais aussi ce qui pourrait l'effrayer au point de le dissuader de réaliser son souhait et d'atteindre son but. La carte 7 représente la Reine des Fées, qui n'est autre que l'ennemi que le consultant devra vaincre pour se dépasser et résister aux difficultés. Cet ennemi est intérieur : c'est une chose, un sentiment, une impression, une peur que le consultant porte en lui et qui, s'il la laisse prendre le dessus, l'empêchera de réaliser son souhait et réduira ses efforts à néant.

La carte 8 représente ce que Janet gagne à la fin de son combat contre les multiples transformations monstrueuses subies par Tam Lin, c'est-à-dire... Tam Lin lui-même ! De la même manière que la carte 8 est donc Tam Lin, elle est pour le consultant l'objectif qu'il atteindra, le résultat de ses démarches. Si dans la légende Janet gagne en montrant à la Reine des Fées qu'elle est prête à tout endurer et à faire preuve d'un courage sans borne, ce tirage prend en compte le fait que le résultat de toute entreprise dépend bien entendu des efforts fournis par le consultant et de ce qu'il mettra en œuvre pour que ses efforts soient couronnés de succès. Par ailleurs, il arrive parfois que malheureusement, quelles que soient les chances que l'on met de son côté, il nous soit impossible de faire tourner une situation en notre faveur. Cette éventualité est également couverte par cette carte.

 

Remarques
Ce tirage a été créé par mes soins à l'occasion du Salon Fantastique 2014, qui tombait en même temps que Samhain. Il m'a donc semblé évident d'associer mon sabbat préféré avec l'atmosphère féerique dans laquelle je m'apprêtais à me plonger ! C'est tout naturellement que parmi les légendes qui mettent en scène des fées en cette période, celle de Tam Lin s'est imposée à mon esprit. À partir de là, les différentes parties qui structurent ce tirage se sont mises en place d'elles-mêmes !

Au niveau de l'interprétation, ce tirage ne présente pas de difficulté particulière, si ce n'est sans doute dans la lecture des cartes qui composent la procession, puisque celles-ci doivent absolument être lues de manière à faire ressortir les épreuves qu'elles peuvent exprimer. Or, ceci peut s'avérer délicat selon les cartes sorties ! Voilà un très bon exercice pour approfondir sa connaissance des cartes et apprendre à considérer d'autres aspects que ceux auxquels on est habitué !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué dans problème avec n'importe quel support, mais sélectionner des jeux en relation avec l'univers d'Halloween, de Samhain et/ou des Fées lui apportera une touche toute particulière. Je recommande notamment le « Halloween Tarot » (Kipling West et Karin Lee), « Oracle of the Shapeshifters » (Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith), « The Stolen Child Tarot » (Monica Knighton), le « Wild Wisdom of the Faery Oracle » (Selina Fenech)... et bien d'autres encore ! « Madame Endora's Fortune Cards » sont également parfaites en raison de leur connexion à différents univers mythologiques et de la présence de fées qui sont très proches de celles décrites par les légendes anciennes.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 décembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Conte d'Halloween: la légende de Tam Lin

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

D'origine écossaise, la légende de Tam Lin est représentative de l'ouverture de la Porte (ou de l'affinement du Voile) qui sépare le monde humain de l'Autre Monde.

L'histoire se déroule en Écosse, à Carterhaugh, que l'on dit hantée par un certain Tam Lin. Pour cette raison, les jeunes filles ont interdiction formelle de s'aventurer aux puits aux fées se trouvant dans la pinède. On craint en effet qu'elles n'y rencontrent Tam Lin. Janet, la fille du seigneur de Carterhaugh, décide néanmoins de se rendre à l'endroit défendu. Elle part à la recherche du puits aux fées, mais lorsqu'elle l'atteint, nulle trace de Tam Lin, seul un cheval blanc se trouve là. Janet cueille une rose blanche pour orner sa robe, provoquant ainsi l'apparition de Tam Lin. Les jeunes gens discutent et Janet apprend que le jeune homme a été chargé de protéger le bois qui appartient aux fées. Janet apprend que Tam Lin fait partie du peuple des fées, bien que cela n'ait pas toujours été le cas.

Janet retourne une deuxième fois au puits aux fées (à l'automne) pour revoir Tam Lin, dont elle est tombée amoureuse. Elle lui demande à nouveau s'il est du peuple des fées, ce qui pousse le jeune homme à lui raconter son histoire. Il lui dit alors comment il fut enlevé par la Reine des Fées, comment il a vécu avec elle depuis lors, et comment il en est devenu l'esclave. 

Il explique aussi à Janet que si elle l'aime, elle peut le sauver durant la nuit d'Halloween, car c'est la seule où il peut être délivré. Pour y parvenir, il faut qu'elle revienne cette nuit-là et qu'elle attende la procession des Fées. Elle doit alors faire tomber Tam Lin de son cheval et ne pas le lâcher pendant qu'il subit une série de transformations plus monstrueuses les unes que les autres. Elle doit ensuite le jeter dans le puits. Redevenu mortel, Tam Lin pourra alors rester avec elle.

La nuit suivante, Janet fait exactement ce que Tam Lin lui a indiqué, et tout se passe selon ce qu'il avait prédit. La Reine des Fées s'avoue vaincue et laisse la jeune fille emmener Tam Lin avec elle.


Les événements narrés dans ce conte se déroulent en partie la nuit d'Halloween. On remarque que c'est la seule nuit où le monde des Fées est accessible à Janet, ce qui lui permet de sauver Tam Lin. Ceci est dû à l'affinement du voile qui sépare les deux mondes (humain et l'Autre Monde). C'est cette rencontre provisoire entre les deux dimensions qui donne la possibilité à un mortel (Janet) d'intervenir dans la sphère féerique sans se faire prendre au piège. Voilà qui traduit l'une des caractéristiques principales de cette période de l'année, qui est traditionnellement celle où les deux mondes se rencontrent. Il est alors possible de passer de l'un à l'autre, comme le font Janet et Tam Lin.

Ce conte très populaire est bien connu en Écosse et dans les pays celtes. Cette légende a par ailleurs inspiré une ballade (ancienne) dont voici un extrait :

But the night is Hallowe'en, lady,
The morn is Hallowday;
Then win me, win me, and ye will,
For weel I got ye may.

Just at the mirk and midnight hour
The fairy folk will ride.
And they that wad their true-love win,
At Miles Cross they maun bide.

 

Pour une version complète du conte de Tam Lin, voir Scottish Folk and Fairy Tales [chosen and edited by Gordon JARVIE], Harmondsworth: Penguin [Popular Classics], 1997 [Puffin Books, 1992], p. 54-59.

Quant à l'extrait de la ballade de Tam Lin, vous le trouverez dans Ruth Edna KELLEY, The Book of Hallowe'en: A Vintage Exploration of Halloween History, Supersition, Divination and Fun, Boston: Lothrop, Lee and Shepard, 1919.

Pour le plaisir, une version de la ballade de Tam Lin, par Steeleye Span. De quoi vous transporter au pays des fées !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 25 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

The Mysteries, Lisa Tuttle

"The Mysteries", Lisa Tuttle

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

The Mysteries, Lisa TuttleTrouvé en flânant dans une librairie, ce roman, qui mêle enquête, conte de fées et mythologie ne m'a pas déçue, bien au contraire. Je l'avais acheté par curiosité, en me disant « pourquoi pas ? », et il fut dévoré en deux jours.

Ian Kennedy, détective privé passionné par et spécialisé dans les affaires de disparition, est un jour contacté par Lausa Lenski, dont la fille Peri, 21 ans, s'est volatilisée, comme envolée, depuis deux ans. Bien que croyant que la disparition de la jeune fille est volontaire, Ian mène l'enquête jusque dans les confins des Highlands écossais. Là, il découvre peu à peu des pistes le conduisant vers l'étrange vérité, une vérité où d'anciens mythes celtes et réalité se rejoignent, lui rappelant ainsi l'affaire qui par le passé a « déclenché » cet intérêt accru pour les cas de disparition. Dès lors, il s'agit pour Ian non seulement de tout mettre en œuvre pour tenter de sauver Peri, mais aussi — et surtout ! — de faire accepter à Laura l'improbable.

Dans The Mysteries, on glisse peu à peu de la grisaille de la ville américaine où vit Ian vers un monde enchanté, insoupçonné, au cœur des Highlands écossais. Les Fées que l'on y rencontre sont bien loin des petits êtres hauts comme mon pouce (à la mode de l'époque victorienne, où la fée perd une grande part de sa dimension mythologique pour être réduite à une petite créature destinée à divertir les enfants — et les adultes — à coups de tours de magie), et suivent le modèle de celles que l'on trouve dans les mythes et contes celtiques, à savoir des Fées qui peuvent certes aider les humains si elles les en jugent dignes, mais aussi se jouer d'eux, se montrer impitoyables et cruelles si l'on a le malheur de provoquer leur courroux. Car si l'on se retrouve au fil des pages dans le monde enchanté des Fées — l'Autre Monde — « enchanté » ne signifie pas « sans danger » pour les humains, et les protagonistes vont en faire l'expérience.

La façon dont The Mysteries amène et traite le sujet ravira sans doute les amateurs de mythes celtes, et quant à ceux qui ne s'y sont jamais penchés, ils auront sans doute envie d'en savoir plus !

N.B. : en revanche, je ne sais pas si ce roman a été traduit en français.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 août 2006. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)