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Qu'est-ce qu'un oracle? Quelques éléments de définition

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Le terme oracle est souvent employé à défaut d'autre chose, car il est courant de le considérer (à tort ou à raison) comme un terme générique désignant tout objet permettant d'obtenir des prédictions. Ceci est à la fois vrai et faux, au sens où ce seul aspect n'est pas pleinement représentatif de ce qu'est un oracle. Ces quelques paragraphes donneront une vision plus complète de cette notion, afin de pouvoir employer ce terme dans ses différentes acceptions tout en évitant les confusions.

  

L'oracle humain
Les sociétés primitives et anciennes (Antiquité, Moyen Âge) étaient organisées selon le principe de la tri-fonctionnalité dumézilienne. En d'autres termes, une société est invariablement divisée en trois classes pour bien fonctionner. Ainsi, on a (par ordre hiérarchique) les paysans et les artisans qui forment la classe ouvrière et productive, les guerriers qui incarnent la classe guerrière, et les représentants du culte et du savoir, qui forment la classe sacerdotale. Les rôles de chacune de ces classes sont définis de manière précise :

- la classe productive fournit tous les éléments matériels nécessaires à la société : la nourriture (agriculteurs et éleveurs), les vêtements (tisserands, etc.), et divers services (artisans) ;

- la classe guerrière regroupe tous ceux dont la fonction est de défendre la société des attaques extérieures. Le guerrier se place au-dessus de l'ouvrier, en cela qu'il le protège et lui permet d'exercer son savoir-faire au sein de la communauté :

- la classe sacerdotale compte tous ceux qui détiennent la Connaissance, qu'elle soit sacrée ou profane. On y trouve ainsi les représentants du culte (moines, druides, etc.) et les détenteurs de la Connaissance, qu'elle soit au niveau religieux, spirituel, artistique ou savant. Par exemple, les poètes et les musiciens étant garants du savoir sacré (à travers la connaissance des mythes) et profane (connaissance historique ou liée au monde humain), ils font partie de cette classe. Il est aussi important de noter que chez les Celtes, les druides détenaient à la fois les savoirs sacrés et profanes, en cela qu'ils dirigeaient le culte (fonction monastique) et que l'on comptait parmi eux plusieurs ordres, dont les guérisseurs, les poètes et musiciens (sg. file, pl. filid), etc.

Ces classes sacerdotales, qu'elles fussent celtes, germano-scandinaves, gréco-romaines ou autres, incluaient les devins, car ceux-ci étaient considérés comme ayant eux aussi la capacité de communiquer directement avec le plan sacré et les Êtres Surnaturels. Parmi ces devins, il y a ceux que l'on vient consulter pour obtenir un conseil quant à la façon de mener une bataille ou pour savoir sous quels augures celle-ci se présente. On les appelle « oracles ». Par exemple, les pythies (comme la Pythie de Delphes) sont des oracles célèbres, de même que la Völuspá chez les Germano-Scandinaves (voir le texte éponyme dans les Eddas). Les oracles intercèdent donc avec le plan sacré et sont capables de transmettre les messages des Êtres Surnaturels aux habitants du plan profane. En ce sens, ils sont à rapprocher de la notion de medium qui, au sens strict, désigne une personne qui se situe à cheval sur les deux plans puisque medium signifie milieu en latin.

L'oracle humain est donc une personne ayant des capacités prophétiques. Généralement, il entre dans un état de transe qui lui permet de recevoir les messages à délivrer. La recherche a établi que ces transes étaient très souvent dues à des substances psychotropes (fumigations, encens, etc.) qui les stimulaient. Ceci est en particulier valable pour les pythies. D'autres n'utilisaient pas de psychotropes et recevaient les informations soit directement, soit par l'intermédiaire d'objets qui pouvaient prendre de multiples formes : os lancés par terre, cauris, etc. Certains, pour obtenir l'avis des « dieux », observaient les présages (augures) qui se manifestaient de façon naturelle (formation du vol des oiseaux migrateurs, rythme des saisons, abondance des récoltes, reproduction du bétail, etc.). Il arrivait même que l'on coupe une pomme horizontalement afin de voir la disposition de l'étoile à cinq branches (pentacle) qui se trouve en son sein (cette pratique a toujours cours dans certaines traditions néo-païennes, en particulier en période de Samhain).

 

L'oracle en tant qu'objet
Lorsqu'on veut définir quel(s) type(s) d'objet(s) on appelle oracle, deux principaux facteurs sont à considérer : la fonction de l'objet d'une part, et sa nature d'autre part.

Anatomie de l'oracle
Comme l'oracle humain, l'objet sert à obtenir des éclaircissements quant à certaines situations. Il peut prendre de multiples formes : jeux de cartes, runes, cauris, os, etc. On utilise un oracle principalement pour trouver un conseil par rapport à un événement. Il permet donc d'analyser les situations pour en avoir un point de vue différent, et par conséquent une meilleure compréhension. La première fonction de l'oracle a donc un but analytique et non projectif. Dans le même ordre d'idées, on l'emploie aussi lorsqu'il s'agit de conduire une introspection, car il reflète ainsi ce qui se passe à l'intérieur du consultant sans que celui-ci en ait clairement conscience. L'oracle permet donc de fournir de précieux éclaircissements dans bien des domaines.

En plus de son rôle premier qui a surtout vocation d'analyse, l'oracle peut aussi dans certains cas émettre des prédictions. On dit alors qu'il est projectif. On notera cependant que la plupart des oracles (dont les runes) n'ont pas au départ de fonction projective. Celle-ci leur a été attribuée récemment, très souvent au cours du XIXème siècle lors des mouvements traduisant un regain d'intérêt pour les anciennes traditions et l'époque médiévale.

Bien sûr, certains oracles peuvent être utilisés à la fois pour leur aspect analytique et projectif lorsque leur nature le permet en combinant les deux fonctions. Cela dit, d'autres ne peuvent être l'un et l'autre à la fois. Dans ce cas, il convient de s'attarder sur l'outil que l'on désire utiliser afin de voir s'il est bien adapté à ce que l'on souhaite faire.

L'oracle analytique
Il ne sert pas directement à obtenir des prédictions, mais à analyser une situation afin de mieux la comprendre... et de donner au Consultant les outils nécessaires pour pouvoir réagir au mieux face à son souci. Il n'est donc pas question de s'attendre à des prédictions ici. On consulte ce type d'oracle pour obtenir un conseil par rapport à une situation donnée.

Par exemple, les runes sont un oracle analytique et non projectif, car à l'origine, elles servent à conseiller, et non à prédire. Ce n'est qu'au XIXème siècle que la fonction prédictive leur a été attribuée. Celle-ci, bien sûr, est erronée car contraire aux utilisations qu'en faisaient les Germano-Scandinaves, qui les utilisaient en tant que conseils, mais aussi en tant qu'outils de guérison (entre autres).

Évidemment, il existe des jeux de cartes dont les utilisations sont en adéquation avec ce qui vient d'être exposé ici. On pensera notamment aux excellents oracles de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith, « Oracle of Shadows & Light » et « Oracle of the Shapeshifters », ou à « Madame Endora's Fortune Cards » de Joseph Vargo et Christine Filipak, qui peuvent également être utilisées de cette façon.

L'oracle projectif
Il sert à obtenir des prédictions concernant les événements à venir. C'est sans doute le type d'oracle le plus couramment utilisé de nos jours, notamment en cartomancie. Bien souvent, après avoir jeté un œil sur le passé et le présent, on regarde de quelle façon les choses sont sur le point d'évoluer compte tenu des éléments préalablement mis au jour. Ainsi, le Consultant peut se projeter dans l'avenir tout en ayant conscience des enjeux de la situation.

Le tarot est-il un oracle ?
Oui... et non ! Dans sa fonction, oui : en tant qu'objet... non. Le tarot a bien une fonction d'oracle puisqu'on peut le consulter pour obtenir un conseil et analyser une situation tout autant que l'on peut s'en servir dans un but projectif et lever le voile sur l'avenir. Pourtant, par nature (en tant qu'objet), le tarot n'est pas un oracle puisqu'il a une structure fixe bien définie (78 lames réparties en 22 majeures et 56 mineures), contrairement aux autres jeux de cartes appelés oracles, qui possèdent chacun leur structure propre.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 10 octobre 2012. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Quelques conseils pour débuter avec un tarot ou un oracle

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Vous avez acheté votre premier jeu et vous voulez sans plus tarder commencer à vous en servir, ce qui est tout à fait légitime. Après avoir consulté cet article et celui-ci qui expliquent quelle attitude adopter avec son jeu, des questions d’ordre « pratique » subsistent. Vous vous demandez par quel bout vous y attaquer, sans trop savoir où donner de la tête. Quels sont les modes de tirage les plus adaptés aux néophytes ? Lire les cartes uniquement droites ou s’habituer d’amblée aux significations renversées ? Comment mélanger les cartes ?

Je propose ici quelques éléments de réponses qui vous guideront pour vous mettre sur la route. Les conseils donnés ici valent aussi bien pour les tarots que pour les oracles. Bien évidemment, libre à vous, une fois ces bases acquises, de développer ensuite votre propre façon de faire en agrémentant le tout de « petits rituels » et autres. Ces indications ne reflètent que la base pratique commune à toute forme de tirage.

 

Quels tirages privilégier ?
En règle générale, on recommande au néophyte de démarrer par des tirages n’impliquant qu’un petit nombre de cartes. En effet, moins il y a de lames, moins on fatigue, et moins on a de mal à les lire individuellement et en association. Petit à petit, on aborde des tirages plus complexes qui emploient davantage de cartes – parfois la quasi-totalité du jeu ! –, mais ceux-ci sont très fatigants et prennent un certain temps à analyser. Vous y viendrez progressivement, mais pour l’heure il s’agit d’obtenir de bons résultats à l’aide de tirages plus simples. On notera également que la complexité du tirage ne reflète pas son « efficacité », en cela que l’on obtient d’excellentes réponses, claires et précises, avec par exemple un tirage en croix ou en trois cartes. Un grand nombre de cartes donne des niveaux de lecture supplémentaires et permet d’explorer les situations plus profondément. Voici quelques indications de tirages en fonction des besoins.

Lorsqu’on tire les cartes, il est fréquent que le consultant cherche une réponse à une question précise ou qu’il veuille avoir des indices quant à l’évolution d’une situation. On peut alors lui proposer un tirage en croix (4 lames + 1) qui répondra à sa question, ou un tirage en trois cartes qui montrera l’historique de la situation qui le préoccupe. Avec un peu d’expérience – lorsqu’on sera à l’aise avec le tirage en croix –, on pourra en soumettre une version un peu plus complexe avec la croix celtique qui, en plus de répondre à la question posée, apporte des éléments supplémentaires et donne de précieux conseils sur les attitudes à adopter.

Il arrive aussi que le consultant n’ait pas de question précise à poser aux cartes, mais qu’il souhaite avoir une vue d’ensemble sur un domaine de son existence, sur les choses auxquelles il devrait être vigilant, etc.. Dans ce cas, on peut effectuer par exemple un tirage du prénom (attention, celui-ci requiert de couvrir le jeu au moins une fois et est donc un peu plus complexe que les autres, on y reviendra). Le « chien de pique » est aussi une bonne façon de faire, mais ne se pratique qu’avec certains oracles (Petit Lenormand, Triade, cartes à jouer…).

 

Quelques remarques
Les tirages présentés dans les livrets accompagnateurs ne sont là qu’à titre d’exemple : ils ne limitent en rien les usages que vous pouvez faire de vos jeux. Certains de ces tirages ont certes été créés spécifiquement pour tel ou tel jeu (la Grande Image pour le Petit Lenormand, ceux présentés avec « Madame Endora’s Fortune Cards », etc.), mais rien ne vous empêche d’en effectuer d’autres ! La seule « contrainte » est de respecter l’esprit du jeu : si votre oracle ou tarot vise en particulier l’exploration du domaine spirituel, veillez à lui poser des questions en relation à ce domaine ! Gardez à l’esprit que ce qui se trouve dans le livret n’est qu’une « mise en route » et n’est là qu’à titre indicatif. Il serait donc dommage de brider un outil dont les possibilités sont infinies !

Inutile de vouloir courir avant d’avoir appris à marcher : dans un premier temps, évitez de couvrir vos cartes, cela ne ferait que vous embrouiller. Le tirage du prénom n’est pas compliqué en soi, mais il est un premier pas vers les tirages « couverts ». De même, lorsque vous commencerez à couvrir vos cartes, limitez-vous à une seule « couche », car plus il y en a, plus le tirage est difficile à lire. Au début, ne couvrez par exemple qu’une ou deux cartes pour obtenir des précisions supplémentaires, et habituez-vous à déchiffrer ces associations.

Rappelez-vous toujours qu’une carte, quelle que soit sa position, ne s’interprète jamais seule, mais en relation aux autres lames du tirage. Cela se révèle particulièrement utile pour les lames aux significations ambigües car cela permet d’avoir des éclaircissements quant au sens à leur donner.

Rappelez-vous aussi qu’un tirage, quelle que soit sa forme, est quelque chose de construit, obéissant à une structure interne. Ainsi, par sa position, chaque carte représente un élément bien précis. Il convient donc d’interpréter les lames en fonction de leur place au sein des tirages. Il s’agit d’un guide pour la lecture, qui indique à quoi se réfère chaque carte. Effectuer un tirage demande une certaine rigueur, ou du moins une certaine compréhension de « comment cela fonctionne ». On voit parfois des personnes qui disent « Voilà : j’ai tiré sept cartes, mais je ne sais pas les interpréter », sans avoir tenu compte des significations de chaque position, ou pire, qui ont juste tiré des cartes « comme ça », sans avoir de structure en tête… malheureusement, ce genre de tirage ne veut pas dire grand-chose, car il n’obéit à aucune convention. Il faut que l’interprète, avant même de mélanger le jeu, ait défini ce qu’il allait faire des cartes tirées.

 

La synthèse
Certains tirages, comme le tirage en croix, requièrent une carte de synthèse. On peut soit la calculer, soit tirer une carte supplémentaire. Voici les différentes façons de procéder :

1) Calcul par réduction théosophique
On additionne les numéros de toutes les lames du tirage puis on retire du résultat le nombre total de cartes contenues dans le jeu. Cette méthode s’emploie pour les jeux où les cartes sont numérotées.

Exemples de calculs :

Avec un tarot. Soit le tirage en croix suivant effectué avec les majeures du tarot de Marseille :

Exemple de tirage en croix

 

On additionne les lames : 12 + 4 + 13 + 17 = 46

Il n’y a pas de lame n°46 parmi les arcanes majeurs du tarot, il faut donc réduire. On ôte alors au résultat le nombre total de majeurs, soit 22, autant de fois que nécessaire pour obtenir un nombre se situant entre 1 et 22 : 46 – 22 = 24 => 24 – 22 = 2

La lame de synthèse pour ce tirage est la II, soit la Papesse. On la place donc au milieu, en position droite.

Avec l’Oracle Belline : on procède exactement de la même façon, mais au lieu de retirer 22 on retire 52.

Avec la Triade : 57.

Etc.

2) Réduction par addition
Comme précédemment, on additionne les valeurs des lames du tirage, mais au lieu de retirer un certain nombre au résultat si celui-ci est supérieur au nombre total de cartes dans le jeu, on additionne les chiffres du résultat.

Si l’on reprend l’exemple précédent, on a un résultat de 46, soit 4 + 6 = 10. La synthèse ainsi obtenue est donc X, la Roue de Fortune. Attention tout de même, car cette méthode comporte une certaine limite. En effet, elle ne permet pas l’exploitation de l’ensemble du jeu, tandis que ce problème ne se pose pas avec la réduction théosophique. Comme la méthode précédente, celle-ci s’applique aux jeux dont les cartes sont numérotées.

3) Dans le cas d’un jeu où les cartes ne portent pas de numéro
On se contente tout simplement de tirer une lame supplémentaire.

 

N.B. : Lorsque les lames sont numérotées, je préfère la réduction théosophique pour calculer la synthèse. En effet, celle-ci permet réellement d’obtenir un nombre entre 1 et 22 (pour le tarot), ce qui est impossible avec la réduction par addition.

Lorsqu’on couvre un tirage, il est possible pour couvrir la synthèse soit de combiner ces différentes méthodes, soit de se tenir à un seul mode de calcul en procédant par « couches ». On peut par exemple calculer de la même manière la synthèse de la première couche puis celle de la deuxième couche, ou bien obtenir la synthèse de la première couche par la méthode 1, puis la couvrir successivement par la méthode 2, puis 3. Ceci est une question de convention personnelle. Cela dit attention, car à trop couvrir, on risque de s’y perdre !

Si la carte de synthèse apparaît déjà dans le jeu, il faut en tenir compte et appuyer le message de la lame en question.

 

De l’usage des petits livrets accompagnateurs et des livres
Lorsqu’on débute, peut-on se limiter au livret accompagnateur ou est-il nécessaire de se procurer un livre écrit spécialement pour le jeu que l’on utilise ? Voilà une question souvent posée.

On trouve un certain nombre d’ouvrages consacrés à des jeux tels que le Petit Lenormand, l’Oracle Gé, la Triade, le Belline, les différentes traditions de tarots (Marseille, Waite, Crowley, etc. Certains sont d’ailleurs commentés dans ces pages ou le seront prochainement.

Il est vrai que les petits livrets accompagnateurs sont par nature (et par obligation) très succincts. Bien souvent, s’ils mettent le pied à l’étrier, on a l’impression d’en avoir vite fait le tour. Les significations y sont généralement données par mots-clés, droites et renversées quand le jeu le permet, mais elles sont rarement détaillées par domaines d’influence.

On est alors tenté d’aller voir du côté des livres, car on se sent bridé par le style télégraphique des livrets. S’il est toujours une bonne chose de réunir le plus d’informations possible sur les jeux que l’on utilise, au bout d’un moment on se trouve face au même type de problème qu’avec les petits livrets : on se sent comme enfermé, car limité par des significations et associations qui ne s’adaptent pas forcément à tous les cas de figure. Et pour cause : il est impossible de produire un ouvrage qui répondrait à tous les besoins, car chaque consultation, chaque configuration est unique. Par exemple, la même lame (ou la même association de cartes) signifiera une chose pour un consultant, et autre chose pour un autre, car chaque consultant étant unique, chaque situation est, par conséquent, unique.

Il s’agit donc non pas d’apprendre par cœur et de restituer sa leçon ensuite, mais plutôt d’acquérir la capacité d’adapter le message des cartes à chaque cas. D’où l’intérêt de passer du temps à observer chaque lame, à la décortiquer, à en détailler les symboles (quitte à utiliser une loupe !). On en dégage ainsi une infinité de couches d’interprétations que l’on devient capable de rattacher à n’importe quel cas de figure.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 mars 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Qu'est-ce qu'un tarot? Définition de l'objet et de quelques-unes de ses utilisations

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Cette question, souvent posée, trouve rarement de réponse claire et précise. Tarot, oracle, beaucoup s’y mélangent et les confondent, ou pire encore, pensent qu’il s’agit de la même chose. De plus, on constate en surfant sur Internet ou en allant dans des boutiques que les concepteurs de ce type de jeux appellent souvent « tarot » ce qui est en réalité un oracle, ce qui est loin d’éclairer la lanterne de celui qui cherche à faire la différence.

Il y a quelque temps, j’ai déjà publié un article au sujet de la différence entre un tarot et un oracle afin de clarifier certains points. Ici, je propose de me pencher plus en détail sur ce qu’est un tarot, afin de donner un aperçu non seulement de l’objet, mais aussi de ses diverses utilisations.

 

Le tarot en tant qu’objet
Lorsqu’on parle de « tarot », on fait allusion à un objet bien précis, quelle que soit la manière dont on s’en sert. L’objet en question répond à un certain nombre de caractéristiques particulières.

Il s’agit d’un jeu de cartes à structure fixe composé de 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs qui forment un ensemble de 78 cartes (parfois 79, car certains jeux américains comprennent un majeur supplémentaire appelé « The Happy Squirrel » – « L’Écureuil Heureux » – en hommage à un épisode des Simpsons où Lisa se fait tirer les cartes lors d’une fête et tombe sur celle-ci, qui semble-t-il est annonciatrice des pires catastrophes). Quel que soit le jeu au sein d'une même tradition, le nom et l’ordre des lames sont toujours les mêmes.

Pour les majeurs : 

Tarot de Marseille Rider-Waite Smith Tarot
Le Mat 0. The Fool
I. Le Bateleur I. The Magician
II. La Papesse II. The High Priestess
III. L'Impératrice III. The Empress
IIII. L'Empereur IV. The Emperor
V. Le Pape V. The Hierophant
VI. L'Amoureux VI. The Lovers
VII. Le Chariot VII. The Chariot
VIII. La Justice VIII. Strength
IX. L'Hermite IX. The Hermit
X. La Roue de Fortune X. The Wheel of Fortune
XI. La Force XI. Justice
XII. Le Pendu XII. The Hanged Man
XIII. L'Arcane Sans Nom XIII. Death
XIIII. Tempérance XIV. Temperance
XV. Le Diable XV. The Devil
XVI. La Maison-Dieu XVI. The Tower
XVII. L'Étoile XVII. The Star
XVIII. La Lune XVIII. The Moon
XVIIII. Le Soleil XIX. The Sun
XX. Le Jugement XX. Judgment
XXI. Le Monde XXI. The World

 

N.B.: On remarque que l’ordre des lames est différent dans le Tarot de Marseille et dans les jeux de type Rider-Waite Smith, où la Force est en VIII et la Justice en XI. Par ailleurs, les archétypes présentés dans ces deux traditions ne sont pas identiques, ce qui influe bien sûr sur la symbolique et les significations des lames.

Dans le tarot de Marseille, le Mat ne porte pas de numéro. Ainsi, on peut le placer au tout début du cycle et lui attribuer le 0, tout comme on peut lui donner le 22. Il est donc à la fois le début et la fin du parcours initiatique, ce qui souligne la structure circulaire du cycle des majeurs. Dans la tradition Rider-Waite Smith en revanche, on lui donne la position 0, le plaçant ainsi au début du cycle. Cela dit, dans un cas comme dans l'autre, on remarque qu'il se situe à part dans le cycle des majeurs. 

On remarquera également que l’arcane XIII n’est pas nommé, mais est défini comme l’Arcane sans Nom ou Arcane XIII. Dans les jeux de tradition Waite, en revanche, on l’appelle « Death » (La Mort).

Cette structure fixe vise à reproduire l’ordre du Monde. Si l’on étale les arcanes majeurs dans l’ordre, on remarque une évolution, comme si les lames racontaient une histoire. En réalité, les majeurs représentent le cycle de la vie d’un être humain et le parcours initiatique de celui-ci au sein du Monde. On part ainsi de l’innocence et d’une figure inexpérimentée (le Mat/Le Fou) pour arriver à la complétude lorsque le personnage, après avoir traversé plusieurs épreuves et avoir acquis de la sagesse, prend pleinement conscience de sa place dans le Monde, qu’il peut désormais occuper.

Il est possible de diviser le cycle dépeint par les majeurs en plusieurs étapes marquantes :

1/ Les découvertes et les commencements : le Mat (le Fou), le Bateleur (le Magicien), la Papesse (la Grande Prêtresse), l’Impératrice, l’Empereur, le Pape (l’Hiérophante)

2/ Les choix et les décisions déterminants : l’Amoureux (les Amants), le Chariot, la Justice (la Force), l’Hermite, la Roue de Fortune, la Force (la Justice)

3/ Les épreuves : le Pendu, l’Arcane Sans Nom (la Mort), Tempérance, le Diable, la Maison-Dieu (la Tour)

4/ L’élévation spirituelle, l’épanouissement au sein du Monde : l’Étoile, la Lune, le Soleil, le Jugement, le Monde

[pour des explications détaillées quant au cycle des majeurs, voir ici]

 

Les mineures se divisent quant à elles en quatre suites qui reprennent la structure d’un jeu de cartes classique où les numéraires de 1 à 10 sont suivies de figures (valet, cavalier, reine, roi). Chaque suite est en relation avec l’un des quatre éléments et est associée à un domaine de la vie du consultant :

Coupes => domaine sentimental et affectif =>eau

Deniers => domaine matériel et financier => terre

Épées => domaine des études et du spirituel => air

Bâtons => domaine émotionnel => feu

Comme on peut le voir, les mineures ont une portée plus « concrète » que les majeures. En effet, si ces dernières paraissent plus abstraites parce qu’elles sont hautement symboliques et font appel à des archétypes parfois complexes, les premières sont beaucoup plus « terre à terre », car orientées vers les préoccupations quotidiennes et courantes.

 

Le sens des cartes
Lors d’un tirage, il est possible que des lames se retrouvent « à l’endroit » (on dit alors qu’elles sont « droites ») et d’autres « à l’envers », « la tête en bas » (on dit qu’elles sont « renversées »). Certaines personnes n’en tiennent pas compte et se contentent de remettre les cartes en position droite. Cependant, il me semble important de considérer le sens originel de chaque arcane, qu’il soit majeur ou mineur, car autrement on perd toute une partie de l’interprétation.

Les majeurs possèdent tous un sens droit et renversé. Leur signification varie parfois grandement en fonction de cela, et adopter les deux sens de lecture permet d’affiner les interprétations. On a ainsi une vision plus juste de la situation que l’on explore, car les nuances sont toujours importantes.

Les mineurs du tarot de Marseille, quant à eux, peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui admettent un sens droit et un sens renversé, et ceux qui sont symétriques. Ces derniers présentent une illustration qui ne permet pas de distinguer le « haut » du « bas ». Certaines personnes déterminent un sens pour ces cartes-ci aussi en marquant le haut ou le bas d’un point. Chacun fait comme il le souhaite, mais cette pratique me paraît artificielle : pourquoi ne pas accepter tout simplement que certaines lames n’aient pas de sens ? Quant aux jeux qui suivent le modèle Waite, pas de problème : les lames étant toutes illustrées, il n’y a aucune difficulté à déterminé si les mineures apparaissent droites ou renversées dans les tirages !

En ce qui me concerne, j’ai dès le départ pris l’habitude de me servir des sens droits et renversés. Bien sûr, cela « complique » un peu la lecture parce qu’il faut faire attention à plus de choses, mais j’ai remarqué que cela se révélait très efficace, notamment dans les tirages de l’année où il faut mettre en relief les énergies présentes. Cela dit, conserver les cartes renversées fait partie des conventions que chacun se fixe.

 

Quelques indications pour l’utilisation du tarot
Les différentes méthodes de tirage correspondent à des conventions fixes et propres à chacune d’elles. En d’autres termes, dans un tirage, chaque carte occupe une position bien précise qui détermine dans quelle direction doit aller l’interprétation. Il est capital de respecter cela, sans quoi le tirage ne veut rien dire !

Comment mélanger les cartes ? Avant de choisir les cartes, il faut les mélanger. Plusieurs façons de faire se présentent. Si l’on choisit de ne pas tenir compte du sens renversé des cartes, on peut simplement les battre, puis couper. Si au contraire on a choisi d’utiliser les lames renversées, on va plutôt brasser le jeu.  Pour ce faire, on place le jeu complet en tas face cachée sur la table, puis on pose la main dessus et on procède en mouvements circulaires pour mélanger les cartes. Lorsqu’on juge avoir assez mélangé, on rassemble les cartes et on coupe.

Le tarot est-il exclusivement un outil divinatoire ? Non. Selon ce que l’on en fait, il sert évidemment à prédire l’avenir, mais il ne se limite pas uniquement à cela. Il peut être un conseiller qui permet de clarifier une situation difficile ou embrouillée en révélant les choses sous un angle encore non envisagé par le consultant. Il est aussi un formidable outil dans la connaissance de soi car il permet d’explorer les aspects psychologiques et spirituels de l’être.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 25 janvier 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Premiers pas avec un tarot ou un oracle

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Dans un précédent article, quelques généralités ont été présentées sur ce que sont ces jeux divinatoires, comment les choisir, où se les procurer, etc. Voici à présent quelques petites astuces pour se familiariser avec les différents jeux et apprendre à les apprivoiser.

 

Je viens d’acheter un tarot ou un oracle. Par où commencer ?
Afin de m’imprégner des jeux que j’achète ou que l’on m’offre, j’ai pris l’habitude d’étaler toutes les cartes devant moi (par terre ou sur une table). Cela me permet de voir le tarot ou l’oracle dans son ensemble, d’en saisir l’atmosphère, mais aussi la structure. Pour un tarot, je dispose les arcanes majeurs sur deux lignes de onze cartes chacune, puis les arcanes mineurs en-dessous, chaque suite sur une ligne. En ce qui concerne les oracles, je regarde s’ils ont une structure particulière dans le livret, puis je dispose les cartes en fonction de celle-ci.

Se détachent alors des associations entre les cartes, des progressions, ainsi que des ruptures. Cette vision d’ensemble est très importante en ce qui me concerne, car je ne peux me servir d’un jeu si je n’en ai pas compris le fonctionnement interne. J’ai besoin de visualiser la structure pour me forger des points de repère propre à chaque jeu (un jeu = un système d’associations symboliques) et visualiser les significations des lames afin de me les approprier.

 

Battre ou brasser les cartes ?
En fonction du jeu utilisé, il existe deux techniques pour mélanger les cartes. La première consiste à les battre comme on le fait pour un jeu « classique ». Brasser les cartes signifie en revanche poser le paquet face cachée à plat sur la table (ou par terre) et mélanger en effectuant des mouvements circulaires avec la main. Une fois le jeu suffisamment mélangé, on reforme un tas. Contrairement à la première, cette seconde technique permet de donner un sens aux cartes (droit ou renversé) lors des tirages. Celui-ci est particulièrement important si l’on utilise un tarot, mais aussi certains oracles.

Afin de déterminer si l’on demande au consultant de battre ou de brasser le jeu, il faut donc tenir compte des cartes employées et vérifier si celles-ci admettent un sens de lecture renversé. Il existe aussi des cartomanciens qui lisent les cartes uniquement droites. Ceux-là les battent. Bien sûr, on peut arguer que l'on y perd au niveau du sens et des subtilités des tirages, car avoir des lames droites et renversées apporte plus de nuance, mais encore une fois, à chacun de faire comme il le souhaite !

 

Lors de la consultation, qui bat ou brasse les cartes ?
Là encore, tout dépend du cartomancien. Certains mélangent eux-mêmes mais font couper le jeu par le consultant, tandis que d’autres font mélanger et couper directement par le consultant. Il n’y a donc pas de règle prédéfinie.

Cela dit, je préfère faire mélanger et couper par le consultant, pour plusieurs raisons. D’abord, dans le cas où le jeu que j’utilise admet les positions renversées, j’estime que c’est au consultant de déterminer le sens des cartes. Ensuite, si le tirage consiste en quelque chose comme la « Grande Image » du Petit Lenormand, il est important que ce soit le consultant qui décide de l’ordre des cartes que je vais étaler sur la table. Enfin, je préfère que le consultant établisse un contact avec le jeu en pensant à ce qu’il souhaite savoir.

On peut tout aussi bien mélanger soi-même et laisser le consultant uniquement tirer les cartes, car il est vrai qu’il sera forcément attiré par celles qui refléteront le mieux sa situation. Quelle que soit la méthode adoptée, l’essentiel est qu’elle convienne au cartomancien et qu’il se sente à l’aise en la pratiquant. Il est également possible d’utiliser tantôt l’une tantôt l’autre en fonction des tirages que l’on effectue.

 

Ranger le jeu tel quel ou reclasser les cartes dans l’ordre ?
Ceci est encore une fois laissé à l’initiative du cartomancien : certains reclasseront minutieusement les cartes « dans l’ordre » entre chaque tirage tandis que d’autres les rangeront telles quelles dans leur boîte. Je fais partie de la première catégorie. Bien sûr, il est moins contraignant de reformer le tas sans classer les cartes, mais je préfère me donner la peine de rétablir la structure originelle du tarot ou de l’oracle avant de le ranger.

J’en ai pris l’habitude à force de manipuler les tarots, dont la structure interne est essentielle. Il est important, à mon avis, que lorsqu’il mélange les cartes, le consultant chamboule l’ordre du monde représenté par la structure du tarot (ou de l’oracle, dans une moindre mesure). Ainsi, il part de quelque chose de construit sur le plan universel pour arriver à quelque chose de personnel, qui incarne « son » monde (le monde à son échelle).

Lorsque les cartes d’un jeu sont numérotées, je les remets donc toujours dans l’ordre (et droites) une fois que j’ai fini de m’en servir. Une autre raison à cela est aussi le fait que quand il est au repos, un jeu doit être une unité, non un endroit où règne le chaos.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 16 août 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Tarots et oracles divinatoires: différences et comment choisir

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La divination par les cartes fait partie de mes activités depuis de nombreuses années. Tarots et oracles sont donc mes outils privilégiés. En voici donc une présentation sommaire, histoire d’introduire un sujet qui donnera lieu à de plus amples explications au fil du temps. Je tiens à préciser que les informations contenues ici et dans les sujets concernant les cartes sont le fruit de mon expérience et n’engagent que moi. La cartomancie est un art dans lequel l’entraînement et le travail individuel priment.

 

Quelle est la différence entre un tarot et un oracle ?
Si les deux termes désignent un jeu de cartes divinatoires, ils ne sont pas synonymes.

Le tarot possède une structure bien définie et immuable. Il est composé de deux grands groupes de cartes (que l’on appelle lames ou arcanes) : 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs, soit 78 lames. Les arcanes majeurs présentent un cycle allant symboliquement de la naissance à la maturité, la complétude, pour revenir au commencement. Il s’agit métaphoriquement du cycle de la vie, qui comporte, au-delà de la fin, le renouveau, la renaissance. Ainsi « Le Fou » (arcane 0) fait-il son chemin en traversant différentes épreuves pour évoluer et atteindre la plénitude. En quelque sorte, les arcanes majeurs représentent le chemin initiatique de la vie. Ce sont d’ailleurs ceux-ci que l’on utilise en priorité dans les tirages, car ils sont considérés comme « forts ». Les arcanes mineurs viennent les recouvrir pour les préciser.

Les arcanes mineurs s’organisent en quatre suites : Coupes, Épées, Bâtons, et Deniers. Chacune se compose de lames numérales de 1 (As) à 10, et de figures (Valet, Cavalier, Dame, Roi). Chaque suite est habituellement associée à un élément et un domaine particulier :

-  Coupes => Eau => sentiments, relations
-  Épées => Air => travail, études
-  Bâtons => Feu => émotions
-  Deniers => Terre => argent

Si le tarot possède toujours la même structure, les oracles, quant à eux, n’obéissent à aucun modèle prédéfini. Le nombre de cartes est variable et dépend du fonctionnement du jeu en question. Cela dit, la chose commune à chacun est l’utilisation de symboles habituellement peu compliqués qui permettent d’obtenir rapidement la signification de tirages. De cette façon, l’assimilation des cartes est plus facile… à condition que le pratiquant sente une affinité avec le système de symboles employé. Cependant, il serait faux de croire que les oracles ne présentent aucune structure : celle-ci est propre à chacun, et un peu d’observation permet de la repérer.

 

Comment procéder ?
Avec l’un comme avec l’autre, les possibilités de tirages sont infinies. Si l’on en trouve un grand nombre dans les livres et livrets explicatifs, avec la pratique, chacun peut également « inventer » des formes de tirages personnalisées. Pour cela, il suffit de définir les conventions du tirage, avec ce que représente la position de chaque lame. Il faut aussi veiller à ce que le tirage soit cohérent et puisse au final répondre à une question (ou explorer un domaine ou une période choisis). Je reviendrai sur les différentes méthodes au fur et à mesure des articles consacrés à ce domaine. Ces explications s’accompagneront de schémas pour clarifier les différents tirages, car il est plus facile d’en avoir une représentation visuelle pour les assimiler.

 

Comment choisir un jeu ?
Il existe une multitude de tarots et d’oracles, sur des thèmes très variés, et tout est une question d’affinité. Par définition, il n’y a donc pas de « bon » ou de « mauvais » tarot ou oracle… a priori. Quel que soit le thème du jeu, le principal est que les cartes plaisent à celui/celle qui s’en sert. En d’autres termes, tout est une question de sensibilité et de subjectivité. Ainsi, certain(e)s préféreront des représentations classiques type tarot de Marseille, d’Oswald Wirth ou Rider-Waite Smith, tandis que d’autres iront plus naturellement vers des univers féeriques, fantastiques, légendaires, mythologiques, païens, ou même littéraires.

Néanmoins, dans le cas d’un tarot, il est souvent conseillé de commencer par un tarot de Marseille. Non pas que son efficacité soit incontestablement plus grande que celle d’un autre type de tarot, mais il présente un avantage non négligeable lorsqu’on commence. En effet, la symbolique du tarot de Marseille sert de base à tout jeu de tarot. Disons que le tarot de Marseille montre en quelque sorte une symbolique « épurée », qu’il est assez facile à déchiffrer et à assimiler, du moins en ce qui concerne les arcanes majeurs.

Pour ma part, j’aime bien les jeux qui mettent en scène des décors féeriques et qui possèdent des arcanes majeurs et mineurs entièrement illustrés, car la lecture s’en trouve facilitée. Cela dit, j’apprécie toujours les tarots type Marseille, qui me servent de repère au niveau symbolique dans l’appréciation de la qualité d’un jeu.

S'il n’y a pas de règle en soi pour choisir un tarot, on s’aperçoit rapidement avec un peu de pratique que certains jeux sont parfois inutilisables pour la divination. Par manque de structure, bien souvent. Il est en effet important, dans la mesure où l’on travaille avec des symboles, que les cartes puissent délivrer leur message. Ceci est justement possible grâce à la présence de certains symboles sur celles-ci, dans leur structure interne. Avec un peu d’habitude, chacun peut faire la différence entre un jeu utilisable à des fins divinatoires et un jeu inutilisable. Ainsi, certains jeux seront plus destinés à la collection qu’à la lecture.

En dehors de cela, le principal est que le praticien soit en affinité avec son jeu, quel qu’en soit le thème. Certains auront plus de facilité avec des tarots type Marseille, alors que d’autres se sentiront plus à l’aise avec des jeux féeriques ou autres. Dans tous les cas, c’est la sensation d’être à l’aise avec la symbolique de son propre jeu qui fait la qualité des interprétations. 

Quant aux oracles, la « règle » pour les choisir est à peu près la même, à cela près qu’il n’existe pas de structure prédéfinie pour ce type de jeu, comme ce que l’on a montré plus haut. Ainsi, il convient à chacun de voir quel type d’oracle lui convient. Chaque jeu possède ainsi sa propre structure, sa propre logique, même si les oracles fonctionnent toujours plus ou moins sur les mêmes principes. À chaque pratiquant donc de voir exactement quel(s) jeu(x) lui convien(en)t. Généralement, le Petit Lenormand permet de s’initier aux oracles (et d'obtenir s'excellents résultats avec l'expérience), car il est plutôt facile d’accès.

Comme pour les tarots, il existe une multitude d’oracles, et le choix peut s’avérer difficile. Aussi, là encore, le pratiquant doit se faire son opinion par lui-même, en se renseignant sur les jeux et en allant voir les cartes, soit sur Internet soit en boutique, afin de s’en faire une idée précise. Les thèmes représentés dans les oracles sont aussi variés que dans les tarots. On trouve aussi bien des jeux païens que féeriques, tandis que d’autres sont fondés sur les univers tzigane, chrétien, ou tout simplement sur des symboles de la vie de tous les jours. Les oracles les plus utilisés sont en général le Petit Lenormand, le Grand Lenormand (quoique moins facile d’accès que le premier), le Belline, l’Oracle de la Triade, l’Oracle Gé, pour ne citer que ceux-là.

 

Où se procurer tarots et oracles ?
Même s’il est possible de se procurer ce genre d’outils dans des grandes surfaces multimédias (type F*ac ou V*rgin), acheter ailleurs après avoir comparé les prix se révèle souvent plus avantageux pour le porte-monnaie. En effet, les tarifs sont très variables. À titre indicatif, certains jeux ont été vus à 38€ à la F*ac alors qu’ils sont vendus à 24€ ailleurs.

Le plus judicieux reste d’aller soit en boutique ésotérique (et parfois en librairie), soit sur internet. Bien sûr, afin d’éviter de se retrouver avec un jeu qui finalement ne nous plaît pas, il est conseillé de le voir d’abord en vrai dans une boutique ou en ligne sur internet (certains sites proposent des aperçus des cartes) pour vérifier si l’on est attiré par les cartes ou non.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)