Croix Celtique

La Croix Celtique

Pourquoi j'apprécie la Croix Celtique

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La Croix CeltiqueS'il est un mode de tirage que l'on trouve dans tous les livres et dans tous les livrets un peu soignés ou presque, c'est bien la Croix Celtique. Quelle que soit sa forme, elle est l'un des tirages les plus souvent pratiqués aux côté du tirage en croix et du tirage en trois lames. Si certains la considèrent comme la méthode la plus aboutie, d'autres la boudent en raison de sa structure qu'ils trouvent trop rigide et trop directive.

Pour ma part, c'est un mode de tirage que j'ai appris à apprécier au fil du temps et auquel je n'hésite pas à avoir recours aujourd'hui lorsque son utilisation me paraît pertinente. Toutefois, je ne fais pas partie de ceux qui voient en la Croix Celtique la « méthode miracle » car à mon sens, il est indispensable de l'utiliser à bon escient si l'on souhaite en tirer tous les bénéfices, comme n'importe quelle autre méthode de tirage d'ailleurs.

La Croix Celtique présente de nombreux aspects qui en font un tirage intéressant à bien des niveaux. J'aimerais donc revenir sur ceux qui me paraissent les plus remarquables afin de mettre en relief certaines des possibiités d'explorations offertes par cette méthode. J'aimerais également montrer que la Croix Celtique n'est pas difficile à effectuer en soi, pour peu que l'on s'y prenne avec méthode. Là où certains voient une structure rigide se trouve en réalité de multiples niveaux de lecture qui révèlent bien davantage qu'on ne pourrait le penser de prime abord !

 

Un tirage multi-usages
La Croix Celtique permet un large éventail d'explorations. Faut-il pour autant considérer cette méthode comme un « tirage à tout faire » ? Non, bien sûr : comme toute autre méthode, son intérêt est très vite limité si l'on cherche à l'employer à tort et à travers. Aussi, pour en tirer tous les bénéfices – et en faire profiter le consultant ! –, il est indispendable de commencer par se demander à quoi sert ce tirage et à quels types d'interrogations il peut répondre.

Tout d'abord, la Croix Celtique peut se faire sans question. Dans ce cas, on examine la situation générale du consultant de ses racines à son issue la plus probable en passant par les principales influences que subit cette situation, qu'elles soient intérieures ou extérieures. On a ainsi un aperçu de ce qui se passe autour du consultant, à la fois sur le plan chronologique, sur ce qui est visible et s'exprime autour de lui, mais aussi sur ce qui se passe en lui-même, sur son propre rapport à ce qu'il vit.

Lorsqu'il est effectué avec une question, ce tirage permet d'explorer une situation donnée en profondeur car il tient compte de l'ensemble des aspects qui peuvent l'influencer. Conscient de tous les enjeux qui se présentent à lui, le consultant a alors toutes les clefs en main pour parvenir à tirer le meilleur parti de sa situation et atteindre ses objectifs (dans la mesure du possible, bien sûr). Il peut ainsi être vigilant et déjouer les pièges qui se mettraient en travers de son chemin, qu'ils soient le résultat de circonstances extérieures ou de sa propre approche de la situation. Ce tirage est donc particulièrement indiqué dans les cas où l'on a besoin d'avoir une vision d'ensemble d'une situation afin de mettre en place les stratégies qui permettront au consultant de parvenir à ses fins. Utilisée avec une question, la Croix Celtique aide à prendre en compte tous les éléments qui composent une problématique donnée. Dès lors, le consultant peut décider des suites à donner et des pistes à emprunter selon l'issue vers laquelle il souhaite se diriger.

Parmi les situations qui se prêtent le mieux à une exploration par la Croix Celtique se trouvent notamment toutes les constructions de projets, quel que soit le domaine concerné. Par exemple, si l'on est sur le point de créer une entreprise, on aura un aperçu concret et complet du chemin parcouru et à parcourir jusqu'à la concrétisation du projet. Ainsi, seront mis en relief les fondements et les racines du projet (le travail accompli et les motivations), leurs conséquences sur le présent et le futur (les dispositions présentes, le potentiel), mais aussi les interrogations très personnelles que l'on peut nourrir dans ce type d'entreprise (les craintes, les espoirs, l'image que l'on renvoie au monde extérieur, celle que l'on a de soi-même et de la situation).

De la même façon, les nouveaux départs, qu'ils soient professionnels ou non, sont particulièrement appropriés pour une exploration avec la Croix Celtique : nouvelle activité (reconversion professionnelle), nouveau poste, nouveau départ d'une relation (sentimentale ou non), nouvelle relation amoureuse, etc. Il sera alors question de définir quelles sont les énergies en présence et qui favorisent ou non la réussite du consultant, mais aussi de cerner de quelle manière il peut s'employer à mettre toutes les chances de son côté pour tirer le meilleur parti de la situation, notamment en travaillant sur lui-même.

La Croix Celtique aide aussi à trouver son chemin lorsqu'on a du mal à savoir quelle attitude adopter, et ce quelle que soit la situation. Elle fournit alors de précieux conseils quant à la manière d'aborder les choses et révèle aussi bien ce qu'il est conseillé de mettre en avant que à quoi il est important d'être vigilant. Le consultant peut ainsi travailler à s'affranchir de ses craintes, ramener ses espoirs à des dimensions réalistes, avoir une image de lui-même plus objective, et se détacher de sa peur du regard d'autrui. Cette méthode est donc très intéressante pour qui souhaite trouver sa voie et se remettre en question dans le but de se réaliser au mieux.

 

De multiples niveaux de lecture
En plus du large éventail qu'elle couvre en termes d'exploration, j'apprécie la Croix Celtique pour les différents niveaux de lecture qu'elle permet. En un seul tirage, on a ainsi un instantané de la situation, une approche chronologique, le point de vue du consultant, celui des personnes qui l'entourent, et un aperçu de l'issue probable de la situation. Grâce à tout ceci, on obtient une image très complète des multiples influences qui affectent la question posée ou la situation examinée.

Le cœur de la croix, formé par les lames 1 et 2 (ou 1, 2 et 3, ou encore S, 1 et 2 selon les variantes), présente la problématique à explorer et les influences qu'elle subit directement. On cerne ainsi dès le départ les grandes lignes et les principales pistes dont il sera important de tenir compte pour trouver les solutions adéquates. La situation est montrée telle qu'elle est ou telle qu'elle affecte le consultant, y compris dans les difficultés et les oppositions qu'il y rencontre. Voilà qui permet d'avoir une vision claire et relativement objective des enjeux soulevés par la situation ou la question posée.

Les lames qui entourent le cœur de la croix sont à considérer en deux temps. Tout d'abord, l'axe horizontal évoque les aspects chronologiques qui ont mené à la situation présente ou qui en découleront. Ainsi, on comprend les racines de la situation actuelle et éventuellement d'où viennent les difficultés que l'on rencontre au moment du tirage, et l'on aperçoit également ce vers quoi on se dirige en prolongeant les dynamiques présentes. Selon les variantes de cette méthode, les positions liées au passé et au futur (proche) dont il est ici question sont fixes (passé à gauche, futur à droite) ou dépendent de la direction du regard du Signifiant, qui est choisi parmi les lames de la cour royale. Ensuite, l'axe vertical est quant à lui le plus souvent lié aux aspects conscients et inconscients de la situation. Ainsi, la lame qui se trouve en dessous du cœur de la croix évoque soit les facteurs cachés ou inconscients qui contribuent à faire de la situation ce qu'elle est au moment du tirage, soit les fondements du problème, c'est-à-dire les raisons profondes de son existence actuelle. Celle qui couronne le cœur de la croix révèle quant à elle les facteurs conscients – y compris dans l'attitude du consultant – ou donne un aperçu de la meilleure issue possible pour la situation ou du but que vise le consultant.

Ces influences directes, immuables ou presque et factuelles qui gravitent directement autour de la situation sont compétées par la colonne de lames située à droite de la croix, qui présente les influences en quelque sorte « périphériques », c'est-à-dire ce sur quoi le consultant peut agir plus ou moins directement. Ainsi, on explore les aspects intérieurs qui caractérisent le consultant et la manière dont il envisage sa situation, notamment à travers les lames 7 et 9 (ou 8 et 10, si l'on utilise la Croix Celtique dite traditionnelle), qui permettent pour la première de prendre conscience de la manière dont le consultant vit la situation intérieurement, et pour la seconde de cerner les espoirs et les craintes qu'il nourrit envers celle-ci. De cette façon, le consultant peut travailler sur lui-même, et réajuster ses espoirs et ses peurs afin qu'ils soient plus réalistes par rapport aux véritables enjeux de la situation. En relativisant de la sorte, il peut alors mettre toutes les chances de son côté pour influencer la situation et en favoriser une issue qui lui soit bénéfique.

Il va sans dire que comme dans toute situation, le consultant n'est pas le seul à décider de la tournure que prennent les choses. La Croix Celtique tient compte de cette réalité en ne négligeant pas l'importance du monde extérieur et son influence sur ce que vit le consultant. En effet, la lame 8 (ou 9, si l'on utilise la Croix Celtique dite traditionnelle) renseigne sur l'environnement, la réalité extérieure, ou l'image publique du consultant, ce qui l'aide à confronter ce qu'il vit intérieurement à ce qui se passe autour de lui et à la manière dont tout ceci résonne avec les dynamiques qui régissent le monde extérieur. Là encore, il pourra réfléchir aux stratégies à mettre en place pour faire en sorte d'influencer son environnement ou réajuster l'image qu'il projette de lui-même afin qu'ils contribuent eux aussi à le rapprocher de l'objectif qu'il s'est fixé ou de la meilleure issue possible.

Enfin, les différentes facettes qui sont montrées de l'évolution de la problématique sont très intéressantes et, là encore, complémentaires. Tout d'abord, la croix comporte une lame évoquant le futur proche ou la stratégie future du consultant. Ensuite, si l'on opte pour la Croix Celtique dite traditionnelle ou la Croix Celtique selon A.E. Waite, la lame 6 ou 3 (respectivement) montre également un aperçu de la meilleure issue possible de la situation, c'est-à-dire des potentiels qu'elle contient et qui peuvent devenir réalité si l'on s'y prend bien. La colonne comporte elle aussi une ou deux lames (si l'on utilise la Croix Celtique Wellsienne) donnant une ouverture vers l'issue de la situation. Dans tous les cas, la lame qui se trouve au sommet de la colonne présente l'issue probable de la situation, c'est-à-dire celle qui se manifestera concrètement si l'on tient compte des différents points soulevés par le tirage. Voilà qui implique de trouver les solutions et les stratégies appropriées face à ce qui aura été mis en exergue, et ceci est du ressort du consultant. La Croix Celtique Wellsienne propose une dernière lame qui, décalée par rapport à la colonne, décrit l'issue consciente. Il s'agit de l'issue de la situation telle que la verra le consultant et telle qu'il la vivra, ce qui peut être différent de l'issue objective et absolue. Cette lame apporte donc une nuance supplémentaire qui peut se révéler intéressante dans certains cas.

 

Un tirage intimidant ?
Bien qu'ils soient très intéressants et qu'ils permettent une analyse approfondie d'une problématique donnée, il est vrai que les aspects qui ont été mis en avant jusqu'à présent peuvent sembler complexes à articuler dans une interprétation. Très souvent, je lis ou j'entends autour de moi que cette méthode de tirage est « trop compliquée », qu'elle comporte « trop de cartes » ou encore qu'apprendre toutes les positions des lames est « trop difficile » ou « trop contraignant », ce qui décourage les cartomanciens débutants et confirmés. À première vue, ce tirage peut certes sembler intimidant, mais il est pourtant assez simple à réaliser dès lors que l'on a acquis les principales bases de l'interprétation en cartomancie.

Tout d'abord, il faut autant que possible cesser de l'aborder avec l'idée qu'il est « difficile » ou « compliqué » ! Ce n'est pas parce qu'un tirage comporte « beaucoup » de cartes – tout est relatif – que son interprétation est laborieuse ou qu'il est hors de portée du cartomancien « non expert ». Là encore, la notion d'« expert » reflète plus souvent la confiance que le consultant a en lui-même que ses réelles capacités à déchiffrer les tirages. C'est pourquoi il ne faut pas tomber dans le piège de penser que la Croix Celtique est inaccessible uniquement parce qu'elle combine différents aspects et plusieurs niveaux de lecture.

Comme avec la plupart des méthodes de tirage dites « complexes », il est possible de scinder la Croix Celtique en plusieurs parties, plus faciles à interpréter. Bien sûr, on peut toujours si on le souhaite suivre l'ordre dans lequel les cartes ont été tirées. On a alors une progression intéressante qui part de ce qui caractérise la situation à examiner pour élargir les axes d'exploration à ce qui l'influence et offre la possibilité de la faire évoluer. Cependant, si cet ordre de lecture impressionne, on peut toujours procéder par thématiques en rapprochant les lames qui évoquent des aspects similaires tels que ceux qui ont été soulignés plus haut. On met ainsi en valeur des nuances d'un même thème, ce qui permet d'en aborder les dynamiques complémentaires et de voir comment le tout s'articule. Cette méthode permet de morceler la Croix Celtique et de la rendre plus abordable en cela que l'on procède par étapes, ce qui, psychologiquement, rend la tâche moins insurmontable. Avec l'habitude, on se rendra compte que la Croix Celtique est beaucoup moins difficile qu'on ne le pensait au départ, et l'on parviendra même à combiner l'interprétation par ordre de tirage et l'interprétation thématique, ce qui donnera encore plus de profondeur à l'analyse. La structure de cette méthode de tirage apparaîtra également comme plus logique, et donc plus aisée à assimiler. Le tout est de procéder pas à pas et de prendre son temps !

 

Comme à peu près tout le monde, j'ai moi aussi eu des difficultés à utiliser la Croix Celtique et pendant longtemps, je l'ai délaissée au profit d'autres méthodes de tirage qui m'étaient plus confortables. Ce n'est qu'au fil des années que je m'y suis intéressée avec la ferme intention d'en comprendre les multiples aspects, de les articuler et de voir comment je pouvais en tirer les bénéfices et en faire profiter mes consultants. Plus je l'étudiais, plus elle m'intéressait... et moins elle m'impressionnait ! Du coup, je n'hésite plus aujourd'hui à l'utiliser en consultation, que ce soit en tirage général pour faire le point sur ce que vit le consultant ou pour analyser une situation donnée et en dégager les points qui aideront le consultant à en mesurer les différents aspects. La variante vers laquelle je me tourne dépend bien sûr de ce qu'il sera pertinent de mettre en relief pour aider au mieux le consultant à résoudre ce qui le préoccupe.

La Croix Celtique est une méthode très intéressante, à condition bien sûr de l'employer à bon escient. Une fois que l'on a compris à quels types de questions elle peut répondre et quelles situations elle permet d'examiner, elle devient plus abordable et l'on peut mieux en cerner les utilités. En l'étudiant, on aura plaisir à repérer les résonances entre les différentes positions pour en faire bon usage dans les analyses, ce qui contribuera non seulement à affiner les interprétations, mais aussi à donner confiance au cartomancien, qui sera par conséquent moins intimidé par cette méthode qui suscite généralement beaucoup d'appréhension.

Pour aller plus loin, je vous invite à vous familiariser avec plusieurs variantes de la Croix Celtique, que vous trouverez sur ce blog : la Croix Celtique Traditionnelle, la Croix Celtique selon A. E. Waite, la Croix Celtique Wellsienne, et la Croix Celtique Simple. Si vous êtes curieux et souhaitez en apprendre davantage sur ce mode de tirage et ses subtilités, je vous encourage également vivement à découvrir la passionnante série d'articles de Theresa Reed, alias The Tarot Lady, qui propose de décortiquer la Croix Celtique. Vous y trouverez un grand nombre d'astuces qui vous aideront à entrevoir les multiples possibilités et subtilités de cette méthode de tirage. Et bien sûr, si vous avez besoin d'aide pour mieux connaître la Croix Celtique tout en l'abordant de manière ludique, je serais ravie de vous retrouver pour que nous prenions le temps d'examiner cela ensemble autour d'un thé et/ou d'une gourmandise !

Et vous, appréciez-vous cette méthode de tirage ? La pratiquez-vous ?

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 juin 2017. Reproduction partielle ou totale strictement interdite)

La Croix Celtique Simple

La Croix Celtique Simple, dix lames

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Voici une variante très simple de la Croix Celtique. Comme les autres versions de ce tirage, cette forme permet de répondre à une question précise ou d’examiner une situation en profondeur.

 

Procédure
Mélanger, rassembler et couper le jeu. Tirer dix cartes que l’on dispose de la manière suivante :

La Croix Celtique Simple

Les cartes sont lues comme suit

Carte 1 : la situation explorée ou la question qui est posée. Elle peut aussi montrer la situation actuelle du consultant ou une chose majeure qui pèse sur le présent.

Carte 2 : met en lumière les oppositions et les obstacles qui peuvent se mettre en travers de la route du consultant.

Carte 3 : les facteurs cachés, les influences inconscientes.  Les sentiments profondément enfouis et cachés en le consultant et qui peuvent avoir un poids sur la situation ou la décision à prendre.

Carte 4 : le passé. La racine de la situation explorée, un événement récent ou ancien qui a encore des conséquences sur le présent.

Carte 5 : l’attitude consciente du consultant face à sa situation.

Carte 6 : le futur proche vers lequel la situation se dirige.

Carte 7 : le consultant. Son attitude par rapport à la situation, sa façon de voir les choses, ses qualités, qu’elles soient positives ou négatives.

Carte 8 : l’environnement du consultant.

Carte 9 : les peurs et les espoirs du consultant.

Carte 10 : l’issue probable de la situation, la réponse à la question.

 

Remarques
Cette variante est « simple » en ce sens qu’elle ne nécessite pas de signifiant. De plus, elle permet une progression logique dans les informations que l’on obtient, ce qui mène à une certaine profondeur dans l’interprétation, et ce à plusieurs niveaux. En effet, certaines lames se font nécessairement écho dans ce tirage, et il peut ainsi être lu selon plusieurs axes, comme par exemple :

- Chronologique : passé – présent – futur (lames 4, 1 et 6) ;

- Psychologique/intérieur : conscient – situation – inconscient (lames 3, 1 et 5) ;

- La réalité : intérieure – extérieure (lames 7 et 8) ;

- Les solutions : les lames 6 et 10 peuvent aussi être considérées en regard l’une de l’autre, car elles sont toutes deux projectives.

 

Supports à privilégier
Ce tirage est idéal avec un tarot de type Rider-Waite Smith. On mélange alors l’ensemble du jeu (majeures et mineures).

Si l’on procède avec un tarot de Marseille, il est recommandé de séparer les majeurs et les mineurs. Dans ce cas, on fait le tirage avec les majeurs puis on le couvre avec les mineurs.

Bien sûr, comme la plupart des tirages, celui-ci peut également être effectué avec un oracle (Belline, Triade, « Madame Endora’s Fortune Cards », oracle Gé, etc.).

 

 

(©Morrigann Moonshadow, le 03 septembre 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Croix Celtique Wellsienne

La Croix Celtique "Wellsienne": une version moderne

Appelée « Wellsian Celtic Cross » en anglais

 

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Voici une autre version de la célèbre Croix Celtique. Appelée « Wellsian Celtic Cross » en anglais, cette méthode reprend les bases de la croix celtique et en montre un visage quelque peu simplifié. Ici, chacune des lames représente une énergie qui évolue dans l’environnement du consultant. 

Comme les autres variantes de la Croix Celtique, ce tirage permet de répondre à une question précise ou d’explorer une situation et d’obtenir des conseils pour y faire face.

 

Procédure
Mélanger, rassembler et couper le jeu, puis tirer onze cartes que l’on dispose de la manière suivante :

La Croix Celtique Wellsienne

Les cartes sont lues comme suit
Carte 1 : C’est le « premier thème », l’objet de la question, ce qui importe le plus au consultant au moment du tirage.

Carte 2 : C’est le « deuxième thème », la deuxième chose la plus importante dans la vie du consultant au moment du tirage. Ce « deuxième thème » croise le premier, ce qui signifie qu’il a une incidence particulière sur la question posée. Il faudra donc que le consultant en tienne compte s’il veut prendre les « bonnes » décisions.

Ces deux premières lames forment le cœur du tirage. Les suivantes sont lues par rapport à celles-ci et représentent les énergies mises en mouvement par le consultant ou autour de lui face à ce qu’il explore. En d’autres termes, les lames 3 à 11 précisent les deux premières.

Carte 3 : Les facteurs conscients. Ce sont les aspects des lames 1 et 2 dont le consultant est conscient.

Carte 4 : Les facteurs inconscients. Ce sont les aspects de la situation dont le consultant n’a pas conscience ou qui lui sont encore inconnus.

Carte 5 : La stratégie passée. Il s’agit du comportement (ou d’un ensemble de comportements) que le consultant a adopté par rapport à la situation dans le passé. Cette lame peut aussi représenter les stratégies précédemment mises en œuvre par le consultant mais auxquelles il doit renoncer. Dans tous les cas, cette lame montre ce qu’il doit laisser derrière lui.

Carte 6 : la stratégie future. Il s’agit du comportement que le consultant aura tout intérêt à adopter pour trouver une issue à sa situation. Cette lame est un conseil dont le but est de l’éclairer sur un nouveau but à atteindre afin de résoudre son souci.

Carte 7 : La réalité intérieure. C’est la situation réelle du consultant.

Carte 8 : La réalité extérieure. La situation telle qu’elle est d’un point de vue extérieur au consultant. C’est l’environnement extérieur.

Carte 9 : Le défi. Cette lame représente l’obstacle ou l’opportunité dont le consultant devra prendre conscience ou qui lui sera révélé(e) en temps et en heure.

Carte 10 : L’issue la plus probable. Ce qui se produira compte tenu des deux premières lames et des choix actuels du consultant en fonction de ce dont il est au courant au moment du tirage.

Carte 11 : L’issue « consciente », c’est-à-dire l’issue de la situation compte tenu de la volonté du consultant à changer les choses selon les conseils qui lui auront été prodigués. Cette lame représente ce à quoi la situation ressemblera si le consultant fait preuve de volonté à adopter les « bonnes » attitudes et stratégies.

 

Remarques
Cette variante de la Croix Celtique diffère légèrement des autres dans l’approche qu’elle propose du problème étudié. Ainsi, elle donne des conseils pratiques et concrets par rapport aux situations exposées.

 

Les suuports à privilégier
Comme les autres versions de la Croix Celtique, celle-ci a été pensée pour être effectuée avec un tarot de type Rider-Waite Smith, mais il peut aussi se pratiquer avec un tarot de type Marseille ou un oracle, pourvu que celui-ci contienne suffisamment de cartes.

Dans le cas d’un oracle, le Belline, la Triade et le « Madame Endora’s Fortune Cards » me semblent particulièrement indiqués, de même que les « Wiccan Cards ».

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 juillet 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Croix Celtique selon A. E. Waite

La Croix Celtique selon Waite

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Dans The Pictorial Key to the Tarot : Being Fragments of a Secret Tradition Under the Veil of Divination, Arthur Edward Waite décrit plusieurs méthodes de tirage pour le tarot. Parmi celles-ci, on trouve en premier lieu la « Croix Celtique », que Waite appelle « An ancient Celtic method of divination ».

Comme on peut le voir, la forme n’est pas différente de la « Croix Celtique Traditionnelle » déjà présentée dans ces pages et le nombre de cartes ne varie pas. Pourtant, la méthode dite « traditionnelle » est déjà un arrangement de ce que Waite préconisait. Voici donc le tirage originel établi par l’occultiste américano-britannique.

Tout comme ses variantes, ce tirage permet d’examiner une situation ou de répondre à une question précise et fournit des détails intéressants quant à la marche à suivre par le consultant.

 

Procédure
Étape 1 : le signifiant
La première étape consiste à déterminer un signifiant, c’est-à-dire à établir quelle lame va représenter le Consultant au sein du tirage. Pour résumer – car il y a beaucoup à dire sur la notion de signifiant – Waite recommande ici de choisir cette lame parmi les cartes de cour celle qui correspond le mieux au Consultant selon les critères suivants :

Un Cavalier représente un homme de 40 ans et plus ;

Un Roi représente un homme de moins de 40 ans ;

Une Reine représente une femme de 40 ans et plus ;

Un Valet représente une femme de moins de 40 ans.

Remarque : contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Roi n’incarne pas pour Waite l’homme âgé et sage. Les raisons de cette différence avec la tradition d’Europe continentale résident en les conceptions particulières que la Golden Dawn a appliquées à la hiérarchie de la cour royale du tarot.

 

Une fois la figure sélectionnée, reste à déterminer dans quelle suite on va la prendre. Pour ce faire, Waite a défini des correspondances entre les traits physiques des personnages appartenant aux différentes suites et les traits physiques du consultant. Ainsi :

Les Bâtons correspondent aux personnes à la chevelure claire (blonde ou rousse), au teint très clair et aux yeux bleus ;

Les Coupes correspondent aux personnes à la chevelure claire (blonde ou châtain clair) et aux yeux gris ou bleus ;

Les Épées correspondent aux personnes aux yeux noisette ou gris, à la chevelure châtain foncé et au teint sombre ;

Les Pentacles (Deniers) correspondent aux personnes aux cheveux très brunes et aux cheveux noirs, aux yeux sombres et à la peau très mate.

 

Il existe d’autres façons de déterminer quel signifiant sera le mieux approprié au consultant, mais ceci fera l’objet d’un autre article, qui reprendra toutes ces explications avec de plus amples détails.

 

Étape 2 : le tirage
Une fois le signifiant choisi, on le met de côté et on le place (en position droite) comme indiqué sur le schéma ci-dessous. On procède alors de la manière habituelle : mélanger, couper et rassembler les cartes. Étaler le jeu en éventail devant soi puis tirer dix cartes que l’on dispose comme suit :

La Croix Celtique selon A. E. WaiteLes cartes sont lues ainsi

Carte 1 : elle couvre le signifiant et indique son état d’esprit face à la question/situation, sa façon d’appréhender les choses, l’atmosphère qui règne autour de lui par rapport à ce qui le préoccupe.

Carte 2 : elle se trouve en travers du consultant et montre les obstacles qui s’opposent à lui.

Carte 3 : elle couronne le consultant. Elle peut représenter soit le but que le consultant cherche à atteindre, soit la meilleure réalisation que contient la situation présente et qui n’a pas encore été révélée.

Carte 4 : elle se trouve en dessous du consultant et montre sur quoi se fonde le problème actuel, les bases de la situation présente qui ont déjà été acceptées par le consultant.

Carte 5 : si la figure dépeinte sur le signifiant regarde vers la gauche, alors la carte 5 représente ce qui est derrière le consultant. Elle représente donc les influences qui viennent de finir de jouer leur rôle dans la situation ou celles qui s’estompent pour laisser place à autre chose.

Carte 6 : si le signifiant regarde vers la gauche, elle montre ce qui vient vers le consultant, ce qui s’apprête à influencer la situation dans un futur proche.

Carte 7 : à la base de la colonne, elle montre la position occupée par le consultant et l’attitude adoptée par celui-ci.

Carte 8 : les choses qui dans l’environnement direct du consultant ont des conséquences sur sa situation.

Carte 9 : les peurs et les espoirs du consultant par rapport à sa situation.

Carte 10 : le résultat, la réponse. Ceci découle de toutes les influences indiquées par les autres lames du tirage.

 

Remarques
Les cartes 5 et 6 doivent être disposées en fonction de la direction dans laquelle le signifiant regarde. La carte 5 doit toujours se trouver derrière lui et la carte 6 toujours devant. Il est important d’y penser dès le moment où l’on dispose le tirage devant soi.

Dans le cas où le signifiant regarderait devant soi, il convient de déterminer à l’avance quelle sera la position de chacune de ces deux cartes.

 

Au cas où la carte 10 ne fournirait pas de réponse claire à la question posée, Waite conseille d’effectuer un nouveau tirage, en prenant cette fois-ci pour signifiant la carte tirée en 10ème position dans le premier tirage, car elle représente alors selon lui le « nœud » du problème, et donc le consultant.

On la garde donc en signifiant, puis on mélange, coupe etc. à nouveau le jeu et on procède à un nouveau tirage. Celui-ci donne alors plus de détails quant à l’issue du premier tirage puisqu’il prend pour point de départ le point d’arrivée du tirage déjà effectué. On en apprend donc plus sur l’issue du problème.

 

Les supports à privilégier
Évidemment, Waite a conçu ce tirage pour le tarot, et en particulier pour le sien. Par conséquent, l’outil idéal reste un tarot de tradition Rider-Waite-Smith. Cela dit, il reste faisable également avec un tarot de type Marseille ou un oracle.

Pour cette dernière option, la principale difficulté sera de choisir le signifiant le plus adapté. En effet, les oracles ne comportent pas toujours de carte « consultant », et même lorsqu’ils en ont une, elle ne représente pas nécessairement le consultant de manière personnalisée (selon les critères physiques et/ou émotionnels appropriés). Il faut alors bien réfléchir pour trouver la carte qui incarnera le mieux le consultant.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 juillet 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Croix Celtique Traditionnelle

La Croix Celtique Traditionnelle

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
La Croix Celtique est une forme de tirage courante (parmi les plus utilisées au monde !), très utile lorsqu’il s’agit de répondre à une question ou d’y voir plus clair dans une situation complexe. Bref, c’est un classique incontournable ! L’une des raisons du succès de cette Croix Celtique est certainement sa capacité à aller plus en profondeur que le tirage en croix dans les réponses qu’il apporte. Ainsi, on obtient non seulement une réponse à la question posée, mais la vision proposée permet de mesurer l’ensemble de la situation en apportant un regard analytique sous plusieurs angles.  

Comme beaucoup de tirages – dont le tirage en croix et le tirage en trois cartes –, celui-ci connaît de nombreuses variantes, dont certaines qui seront présentées plus tard dans ces pages. La version la plus connue s’effectue en dix ou onze lames.  

Le modèle de la Croix Celtique a été élaboré par Authur Edward Waite afin de convenir parfaitement au tarot qu’il a mis au point avec les talents de l’illustratrice Patricia Colman-Smith (Rider-Waite Smith tarot). En voici ici la version dite « traditionnelle ». La version dite « moderne » sera présentée dans un prochain article.

 

Procédure
Mélanger, couper et rassembler les cartes. Étaler le jeu en éventail devant soi puis tirer onze cartes que l’on dispose comme suit :

La Croix Celtique TraditionnelleLes cartes sont lues ainsi

On retourne d’abord les lames 1 à 7 et on les interprète. Ensuite, on retourne les lames 8 à 11 pour avoir des précisions supplémentaires.

Carte 2 : elle couvre directement le signifiant et représente la situation qui l’affecte (celle que l’on examine).

Carte 3 : se positionne en travers de la situation. Elle montre quelles sont les forces qui influencent la situation.

Carte 4 : située à la base du tirage, cette carte représente les fondements de la situation, ses racines.

Carte 5 : le passé récent (les 6 ou 12 derniers mois).

Carte 6 : cette carte couronne la situation présente. Elle en indique donc la meilleure issue possible (c’est le meilleur potentiel de la situation actuelle).

Carte 7 : le futur proche (les 6 ou 12 prochains mois).

Carte 8 : le miroir. Cette lame montre comment le consultant se voit dans la situation ou par rapport à sa question, comment il se voit lui-même.

Carte 9 : l’image publique : comment les autres voient le consultant par rapport à la situation examinée et à la question posée.

Carte 10 : les peurs et les espoirs du consultant, ce dont il rêve sans oser l’avouer.

Carte 11 : l’issue de la situation, déterminée en fonction du chemin actuellement suivi par le consultant.

 

Quels supports privilégier ?
Ce modèle de tirage étant hérité directement de Arthur E. Waite, l’outil idéal reste le Rider-Waite-Smith tarot. Ainsi, on peut mélanger les arcanes majeurs et les mineurs si on le désire, ou effectuer un premier tirage avec les majeurs uniquement, puis couvrir avec les mineurs.

Bien évidemment, la Croix Celtique traditionnelle fonctionne très bien aussi avec un tarot de Marseille. Dans ce cas, on prend d’abord les lames majeures, puis on couvre (si on le souhaite) avec des mineures.

Ce tirage est également faisable avec la plupart des oracles, tels que le Belline ou la Triade, pour ne citer que ceux-là. À chacun de voir en fonction du support qui lui convient le mieux !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 22 juin 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)