conte

La Maison en Pain d'Epices

La Maison en Pain d'Épices

Tirage spécial Yule/hiver mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Grâce au conte Hansel et Gretel recensé par les frères Grimm, la maison en pain d'épices fait partie de l'imaginaire collectif. Qui ne s'est jamais promené en forêt en s'attendant à tomber tout à coup sur une clairière au milieu de laquelle se trouverait une telle construction ? Qui ne s'est jamais demandé si une « sorcière » ne vivait pas quelque part au fin fond de la forêt près de laquelle il/elle habite ?

Cette « sorcière », puisque c'est à elle qu'appartient cette curieuse chaumière, n'est autre qu'une image de la Vieille Femme, de l'Aïeule, et donc de celle qui apporte la transformation initiatique à ceux et celles qui la rencontrent. On y voit aussi une incarnation de la Baba Yaga qui, représentée dans le légendaire russe accompagnée de sa maison juchée sur des pieds de poule qui se déplace toute seule, partage un certain nombre de caractéristiques avec la sorcière d'Hansel et Gretel.

Dans le conte, Hansel et Gretel, charmés par la maison de pain d'épices ornée de friandises qu'ils trouvent dans les bois alors qu'ils sont affâmés, acceptent l'offre de la vieille femme qui leur en ouvre la porte et leur propose de les héberger. Pris au piège lorsqu'ils se rendent compte qu'elle veut faire d'Hansel son repas et que Gretel est devenue sa servante, ils se trouvent face à l'évidence : soit ils acceptent cette condition et restent là à jamais (ou, pour Hansel, jusqu'à ce qu'il soit suffisamment dodu pour faire un repas bien juteux), soit ils la dépassent et affrontent la sorcière. Les enfants optent pour la deuxième solution et, à l'aide d'un subterfuge, font croire à la vieille femme qu'Hansel n'engraisse pas. Lorsque la sorcière perd patience et décide tout de même de le manger, elle allume le four et demande à Gretel d'en vérifier le bon fonctionnement. Pour cela, la fillette doit rentrer dans le four. Or, cette dernière se doutant que la sorcière avait pour dessein de la manger elle aussi, Gretel prétexte ne pas savoir faire ce que la sorcière lui demande, si bien que la vieille femme se penche à l'intérieur du four pour le faire elle-même. Gretel en profite alors pour la pousser et refermer la porte derrière elle. Débarrassée de leur ennemie, elle peut aller libérer son frère emprisonné dans l'étable. Lorsqu'ils retournent dans la maison, ils découvrent des perles et des diamants en grande quantité. Avant de partir, ils décident d'en prendre autant qu'ils le peuvent. Ils finissent par sortir de la forêt et regagner la maison de leurs parents où ils retrouvent leur père et apprennent la mort de leur marâtre, qui avait voulu les abandonner afin de se débarraser d'eux. Heureux de rentrer chez eux et de retrouver un père aimant, ils partagent leur fortune récemment acquise avec celui-ci et ne connaissent plus un seul jour de pauvreté ou de misère.

La maison en pain d'épices et la sorcière sont ici la charnière entre l'état de pauvreté et de manque dans lequel se trouvent les enfants au début du conte et celui de richesse et d'abondance qu'ils connaissent à la fin de l'histoire. L'épreuve que constituent la maison et son habitante permet à Hansel et Gretel de se dépasser grâce à leur courage qui s'exprime alors par instinct de survie. C'est donc grâce à elle que les enfants dépassent leur condition : ils révèlent pleinement leur force et atteignent le bonheur, quittant pour de bon la faiblesse, la pauvreté et la peine dans laquelle ils se trouvaient auparavant.

Il est tout à fait possible de voir dans ce parcours le passage de l'ombre à la lumière et la transformation qui caractérisent le solstice d'hiver, d'où l'idée d'utiliser cette image pour ce tirage spécial Yule/hiver. Par ailleurs, cette période de l'année est traditionnellement celle durant laquelle on prépare des maisons en pain d'épices que l'on décore de bonbons, de chocolats et de friandises en hommage au conte pour les manger à Noël et aux abords du solstice !

 

Objectif
Ce tirage introspectif explore la transformation que connaît le consultant pendant la période période sombre et révèle comment il renaît symboliquement au retour de la lumière. On y aborde donc les épreuves qu'il a traversées et les forces qui s'éveillent et grandissent en lui au solstice.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire douze cartes que l'on dispose comme suit :

La Maison en Pain d'Epices

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties: les fondations de la maison, le mur gauche, le mur droit, le toît, et la porte. Les cartes sont lues dans l'ordre où elle sont tirées.

Les cartes 1, 2 et 3 sont les fondations de la maison et représentent ce sur quoi le consultant est assis, ce sur quoi il s'appuie au moment du solstice présent. Elles montrent les forces qu'il a acquises et celles qu'il a en lui lorsqu'il effectue le tirage.

Les cartes 4, 5 et 6 forment le mur gauche et dépeignent la période obscure dont on renaît lors du solstice, l'ombre que l'on quitte. Elles font le bilan de l'introspection à laquelle on s'est livré pendant cette saison en insistant sur la principale épreuve ou difficulté que l'on est parvenu à surmonter. Ainsi, la carte 4 décrit la principale épreuve ou difficulté à laquelle on s'est confronté ; la carte 5 montre l'impact que celle-ci a eu sur le consultant, la manière dont elle l'a affecté ; quant à la carte 6, elle révèle la réaction du consultant face à l'épreuve qui s'est présentée à lui et reflète la solution qu'il y a apportée.

La carte 7 est le premier pan du toît. Elle s'inscrit dans le prolongement du mur gauche et formule une synthèse par rapport à ce qui y a été évoqué. Elle montre ce que l'épreuve traversée par le consultant lui a apporté et en quoi elle l'a fait grandir.

Les cartes 8, 9 et 10 forment le mur droit et évoquent le retour à la lumière et les bénédictions apportées par le solstice. La carte 8 montre en quoi le consultant est plus fort qu'avant ; la carte 9 fait état de ce qui grandit en lui en même temps que le soleil reprend des forces lors du solstice ; enfin, la carte 10 montre comment le consultant se révèle au monde, fort de la transformation qui s'est opérée en lui pendant la période sombre.

La carte 11 est le second pan du toît. Elle s'inscrit dans le prolongement du mur droit et indique au consultant la direction à prendre pour continuer son chemin à partir du solstice et tirer le meilleur parti de ce que lui apporte le passage de l'obscurité à la lumière.

La carte 12 symbolise la porte de la maison. Elle représente le passage, la manière dont on renaît au solstice. On y voit l'ouverture et tous les potentiels qui s'offrent au consultant grâce à cette étape importante de la Roue de l'Année.

 

Remarques
Ce tirage n'est pas difficile à réaliser dès lors que l'on respecte bien l'ordre de lecture des cartes. Pour l'interpréter, il suffit de rester vigilant aux différentes parties qui le composent et de bien assimiler les paralèlles établis entre la structure de la maison et les étapes de la transformation qui s'opère lors du solstice hiver.

 

Supports à priviégier
Ce tirage peut être effectué avec tout tarot ou oracle mais ne convient pas aux jeux Lenormand. Bien sûr, compte tenu de l'image abordée ici, on préférera un support mettant en avant le thème des contes de fées, comme par exemple le somptueux Fairy Tale Tarot de Lisa Hunt ou le très joli Whimsical Tarot de Dorothy Morrison et Mary Hanson-Roberts. Côté oracles, le Fairytale Oracle de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith est tout à fait indiqué. Plus largement, on pourra aussi se tourner vers des jeux à connotation néo-païenne tels que Madame Endora's Fortune Cards ou le Green Witch Tarot d'Ann Moura et Kiri Østergaard et bien d'autres encore.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 24 décembre 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Puits aux Fées

Le Puits aux Fées

Tirage spécial Samhain/Halloween mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Ce tirage s'inspire de la légende écossaise de Tam Lin, dont l'épisode principal de passe lors de la nuit de Samhain/Halloween. L'histoire se passe à Carterhaugh en Écosse où Janet, la fille du seigneur des lieux tombe amoureuse de Tam Lin, un jeune homme mystérieux qu'elle rencontre dans le bois, près du Puits aux Fées. Au fil de leurs entrevues, il lui révèle que malgré les apparences, il n'appartient pas au peuple des Fées mais qu'il est en réalité un humain qui a été enlevé par la Reine des Fées, qui en a fait son esclave. Elle l'a notamment chargé de protéger le bois qui appartient à son peuple.

Le jeune homme apprend également à Janet que si elle l'aime, elle pourra le délivrer durant la nuit d'Halloween car c'est à ce moment-là que le Voile entre le monde des Fées et celui des humains est le plus fin, leur permettant de communiquer. Pour ce faire, il lui faudra revenir au Puits aux Fées et attendre la procession des Fées, dont son bien-aimé fera partie. Là, elle devra faire tomber Tam Lin de son cheval et ne pas le lâcher malgré toutes les transformations monstrueuses qu'il subira, dues aux enchantements de la Reine des Fées.

Le jour dit, Janet se rend au Puits aux Fées et fait exactement ce que le jeune homme lui a expliqué et parvient à résister à la peur suscitée par les multiples métamorphoses de Tam Lin, toutes plus terrifiantes les unes que les autres. Devant tant de ténacité, la Reine des Fées ne peut que se rendre à l'évidence : elle s'avoue vaincue, libère Tam Lin et le laisse partir avec Janet. Pour un récit plus détaillé de la légende, voir cet article.

Dans le tirage présenté ici, le consultant prend le rôle de Janet : comme elle, il a un idéal à atteindre, un souhait qui lui est très cher (dans le cas de la jeune fille, il se nomme Tam Lin). Or, pour voir un souhait se réaliser, il faut parfois passer par des moments difficiles, affronter certaines de ses plus grandes peurs, les dépasser... et se dépasser soi-même en allant au-delà de ce que l'on pensait être nos propres limites ! Grâce à ce tirage, ces transformations et ces peurs sont mises au premier plan pour aider le consultant à les anticiper et à s'y préparer. Ainsi, il est conscient des difficultés qui peuvent se dresser sur son chemin s'il entreprend de tout faire pour réaliser ce qu'il désire et peut se préparer à les affronter, et surtout à les dominer.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire huit cartes que l'on dispose comme suit :

Le Puits aux Fées

 

Lecture et interprétation
La première carte représente Janet dissimulée derrière le puits, à l'abri des regards. Elle attend la procession féerique. Par analogie, cette carte incarne le consultant et la manière dont il aborde sa situation. Elle peut montrer sa détermination à réaliser son projet, l'ampleur des moyens qu'il compte mettre en œuvre pour atteindre son objectif.

La deuxième carte est le puits derrière lequel se cache Janet en attendant les Fées. Dans ce tirage, le puits représente le vœu qu'a formulé le consultant, l'objectif qu'il souhaite atteindre. Il peut aussi être un reflet des motivations profondes qui l'animent, quelles qu'elles soient.

Les cartes 3, 4, 5, 6 et 7 sont la procession des Fées. La carte 3 montre au consultant les illusions auxquelles il devra faire face pour pouvoir atteindre son but. Les cartes 4, 5 et 6 sont les transformations monstrueuses de Tam Lin, c'est-à-dire ici les obstacles auxquels le consultant sera confronté, mais aussi ce qui pourrait l'effrayer au point de le dissuader de réaliser son souhait et d'atteindre son but. La carte 7 représente la Reine des Fées, qui n'est autre que l'ennemi que le consultant devra vaincre pour se dépasser et résister aux difficultés. Cet ennemi est intérieur : c'est une chose, un sentiment, une impression, une peur que le consultant porte en lui et qui, s'il la laisse prendre le dessus, l'empêchera de réaliser son souhait et réduira ses efforts à néant.

La carte 8 représente ce que Janet gagne à la fin de son combat contre les multiples transformations monstrueuses subies par Tam Lin, c'est-à-dire... Tam Lin lui-même ! De la même manière que la carte 8 est donc Tam Lin, elle est pour le consultant l'objectif qu'il atteindra, le résultat de ses démarches. Si dans la légende Janet gagne en montrant à la Reine des Fées qu'elle est prête à tout endurer et à faire preuve d'un courage sans borne, ce tirage prend en compte le fait que le résultat de toute entreprise dépend bien entendu des efforts fournis par le consultant et de ce qu'il mettra en œuvre pour que ses efforts soient couronnés de succès. Par ailleurs, il arrive parfois que malheureusement, quelles que soient les chances que l'on met de son côté, il nous soit impossible de faire tourner une situation en notre faveur. Cette éventualité est également couverte par cette carte.

 

Remarques
Ce tirage a été créé par mes soins à l'occasion du Salon Fantastique 2014, qui tombait en même temps que Samhain. Il m'a donc semblé évident d'associer mon sabbat préféré avec l'atmosphère féerique dans laquelle je m'apprêtais à me plonger ! C'est tout naturellement que parmi les légendes qui mettent en scène des fées en cette période, celle de Tam Lin s'est imposée à mon esprit. À partir de là, les différentes parties qui structurent ce tirage se sont mises en place d'elles-mêmes !

Au niveau de l'interprétation, ce tirage ne présente pas de difficulté particulière, si ce n'est sans doute dans la lecture des cartes qui composent la procession, puisque celles-ci doivent absolument être lues de manière à faire ressortir les épreuves qu'elles peuvent exprimer. Or, ceci peut s'avérer délicat selon les cartes sorties ! Voilà un très bon exercice pour approfondir sa connaissance des cartes et apprendre à considérer d'autres aspects que ceux auxquels on est habitué !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué dans problème avec n'importe quel support, mais sélectionner des jeux en relation avec l'univers d'Halloween, de Samhain et/ou des Fées lui apportera une touche toute particulière. Je recommande notamment le « Halloween Tarot » (Kipling West et Karin Lee), « Oracle of the Shapeshifters » (Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith), « The Stolen Child Tarot » (Monica Knighton), le « Wild Wisdom of the Faery Oracle » (Selina Fenech)... et bien d'autres encore ! « Madame Endora's Fortune Cards » sont également parfaites en raison de leur connexion à différents univers mythologiques et de la présence de fées qui sont très proches de celles décrites par les légendes anciennes.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 décembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Mécanique du Cœur, éd. J'ai Lu

La Mécanique du Cœur: un conte envoûtant!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La Mécanique du Cœur, éd. J'ai LuIntriguée par la bande-annonce du film intitulé « Jack et la Mécanique du Cœur » qui sort dans les salles obscures ce mercredi 05 février, j'ai décidé de lire le conte écrit par Mathias Malzieu... et j'en suis ravie ! C'est un véritable voyage poétique au cœur de l'âme humaine qui s'est offert à moi, me transportant à travers un large éventail d'émotions rarement aussi bien exprimées par des mots, et encore plus rarement retranscrites avec autant d'élégance.

Sans trop en dévoiler sur l'histoire pour ne pas gâcher le plaisir de ceux et celles qui s'apprêtent à se lancer dans cette aventure, je dirai simplement que l'ouvrage narre à la première personne l'histoire de Jack, un enfant né en 1874 en Écosse le jour le plus froid du monde. À sa naissance, son cœur est littéralement gelé et, afin de le « réparer », sa nourrice lui installe un coucou (l'horloge) destiné à remplacer l'organe défectueux. Tout au long de sa vie, Jack doit apprendre et expérimenter les fonctionnements de ce cœur qui bien souvent reste pour lui un mystère. Il tentera tant bien que mal de gérer ses émotions – notamment la colère, l'amour et la tristesse – en essayent de comprendre cette étrange mécanique à laquelle son cœur si particulier obéit. Ainsi, il en apprendra beaucoup sur lui-même certes, mais également sur les autres et sur l'âme humaine en général.

La Mécanique du Cœur est un conte pour adultes, mais que ceux que les contes rebutent se rassurent : l'appartenance à ce genre n'est ici ni un prétexte pour la mièvrerie, ni pour les bons sentiments dégoulinants, pas plus qu'il n'en est un pour la niaiserie, bien au contraire. C'est en véritable orfèvre des mots, en horloger de la langue que Mathias Malzieu s'illustre. Il y avait en effet bien longtemps que je ne m'étais pas émerveillée à la fois du style irréprochable d'un auteur français, de sa syntaxe impeccable et de la profondeur de son récit ! Tout ceci contribue à créer une atmosphère onirique où l'on aime se laisser porter par la vague douce mais puissante des mots dont la musique devient entêtante et envoûtante. L'auteur est musicien et écrit des textes destinés à être chantés, et cette musicalité est présente dans chacune de ses phrases, ce qui ne rend l'ensemble que plus agréable à lire !

La Mécanique du Cœur, éd. J'ai Lu, filmComme je l'évoquais plus haut, j'ai rarement lu des livres où la complexité des sentiments et des mécanismes humains étaient aussi bien décrits, à l'état brut, sans concession. Or, j'ai découvert en l'écriture de Mathias Malzieu des qualités comparables – toutes proportions gardées, bien sûr ! – à ce que l'on trouve chez Oscar Wilde en général (et en particulier dans ses contes) ainsi que chez Tim Burton. Oscar Wilde avait une incroyable capacité à exprimer toute la profondeur des sentiments humains, si durs soient-ils, avec une apparente aisance et sans s'épancher inutilement. Voilà qui donnait à ses contes plusieurs niveaux de lecture et qui n'entachait jamais le plaisir de plusieurs relectures ! Quant à Tim Burton, j'ai toujours été impressionnée par la manière dont il parvient également, à l'écrit comme à l'écran, à retranscrire avec une grande finesse la complexité de l'être humain et la profonde humanité de celui que l'on appelle « monstre ». J'ai eu un immense plaisir à retrouver ces traits dans l'écriture de Mathias Malzieu, tant dans les tempêtes de sentiments qui agitent et perturbent Jack que dans la pureté de chacun des personnages présentés. Les apparences ne reflètent pas toujours la réalité, et dans La Mécanique du Cœur, ceci est valable tout autant pour le héros que pour ceux dont il croise la route !

De même, ici, point de manichéisme primaire : le héros, comme son « adversaire », passe par toute la palette d'émotions qui peuvent animer l'être humain. Ainsi, nul n'est « blanc » ou « noir », et l'on comprend ce qui pousse chacun à agir comme il le fait. Il ne s'agit pas de juger telle ou telle réaction, car ceci est rendu impossible par la narration à la première personne par Jack lui-même. On suit alors pas à pas le cheminement de ses pensées, de ses sentiments et de ses émotions quels qu'ils soient. On voit ainsi jusqu'au plus profond de son âme, jusqu'au fond de son cœur, ce cœur qu'il tente de dissimuler aux autres. Le procédé narratif est habile et efficace puisqu'au final, on se retrouve tout aussi incapable de porter un jugement sur les agissements de certains autres personnages qui se révèlent assaillis par des troubles sentimentaux similaires à ceux de Jack !

En d'autres termes, ce conte est un véritable petit bijou de poésie, d'humanité... et de réalisme ! Si le décor est merveilleux, le propos, lui, même s'il est fortement teinté d'onirisme, est on ne peut plus représentatif des fonctionnements réels de l'âme et du cœur humains: il relate la difficulté que les hyper-sensibles peuvent rencontrer pour se construire d'un point de vue émotionnel et pour exprimer ce qu'ils ressentent, mais décrit tout aussi bien le fait que les certitudes et les carapaces que l'on croit parfois avoir peuvent voler en éclat et notre être se révéler aussi fragile que celui que l'on prend pour un « faible ».

Voilà donc un récit qui ne laissera aucun lecteur indifférent, car chacun pourra se reconnaître à un moment ou à un autre en les personnages et en ce qu'ils vivent et éprouvent. J'aurai grand plaisir à offrir ce volume autour de moi car en plus d'être une lecture très agréable, il est une magnifique ouverture sur l'âme humaine !

Bonne lecture !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 05 février 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Films de saison

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Un certain nombre de films reprend des thèmes chers à la fête d'Halloween/Samhain. En voici quelques-uns, dans des genres différents, pour s'émerveiller, rire, et frissonner.

The Nightmare Before ChristmasLe premier et sans doute le plus évident lorsqu'on parle d'Halloween est sans hésitation « The Nightmare Before Christmas » de Tim Burton. On va finir par le savoir, celui-ci est bien placé dans ma liste de films préférés. Au pays des fêtes, Jack Skellington, le « Roi Citrouille » de la Ville d'Halloween, est quelque peu las des festivités d'Halloween. Un jour, il découvre la Ville de Noël et, exalté par ce qu'il voit, il décide que cette année, il s'occupera de la fête de Noël. Il ramène à Halloween Town ce qu'il croit avoir compris de Noël et tente d'expliquer la tradition à la population locale. Trois garnements kidnappent le Père Noël (dont Jack écorche joyeusement le nom : de « Santa Claus », il devient « Sandy Claws »), et tous les habitants s'affairent à préparer les cadeaux de Noël... sans bien avoir saisi le sens de la fête. Et Noël version Halloween, c'est quelque chose ! Ce film est l'un des plus touchants de Tim Burton, et montre entre autres, tantôt avec humour, une grande empathie pour le personnage principal, qui fait de son mieux pour comprendre et s'approprier une fête qu'il ne comprend pas mais aimerait bien partager. Je ne vous cacherai pas non plus que la jolie histoire d'amour entre Jack et Sally tient en haleine tout du long, même si l'on sait pertinemment comment elle va se terminer. La pureté des sentiments que Sally nourrit pour Jack le sauvera à bien des égards.

À noter : la voix chantée de Jack est interprétée par Danny Elfman, le compositeur des musiques !

Autre chose intéressante : le film est né à partir d'un poème écrit par Tim Burton dont il développe les étapes.

Émerveillement garanti !

Sleepy Hollow, Christopher LeeOn a déjà parlé de « Sleepy Hollow » un peu plus tôt dans la semaine, en montrant de quelle façon la nouvelle d'Irvin et le film qu'a fait Burton (eh oui, encore lui !) étaient liés à la fête qui nous préoccupe. Il semble donc logique de faire figurer ce chef-d'œuvre comico-sanguinolant dans la liste des films à voir en cette période. En plus d'un Johnny Depp attendrissant à souhait, on retrouve Christopher Lee dans un petit rôle certes, mais fort bien choisi pour lui : celui du juge qui envoie Ichabod Crane (Johnny Depp) enquêter sur les meurtres de Sleepy Hollow. Joli hommage de la part de Burton à la carrière passée de l'immense acteur (au sens propre comme figuré) dans la peau d'un célèbre vampire. Sa position par rapport au décor semble lui donner des ailes, comme pour rappeler la chauve-souris, et son air inquiétant confirme la ressemblance. Un film parfait en cette période, tant l'ambiance à la fois sombre et comique sied au sujet !

The Curse of the Were-RabbitOn peut croiser des loups garous le soir d'Halloween, certes, mais saviez-vous que l'on peut aussi rencontrer des lapins garous ? Si si, c'est possible ! D'ailleurs, Wallace et Gromit en font l'expérience dans l'unique long-métrage qui leur est consacré : « La malédiction du lapin-garou ». L'histoire est simple : le concours du plus beau légume a lieu dans le village, et chacun prépare son petit bijou, soucieux de le protéger des nuisibles. Wallace et Gromit ont une toute petite entreprise de « nettoyage » et installent des alarmes dans les jardins de leurs concitoyens, en particulier autour des légumes de concours. Entre le régime de Wallace, toujours amateur de fromage, et leur travail de surveillance, par le temps de s'ennuyer pour les deux compères. Les choses se gâtent le jour où l'on déclare avoir vu un immense lapin s'en prendre aux biens les plus chers des habitants. La traque commence. Je n'en dévoilerai pas plus sous peine de gâcher le plaisir, mais je puis dire sans risquer de donner trop d'indices que le résultat est époustouflant. On rit vraiment beaucoup tout au long du film, autant grâce aux deux héros qu'à travers les innombrables clin d'œil à des œuvres cinématographiques bien connues (que je vous laisse le soin d'identifier !). Un excellent moment à savourer, seul ou en famille !

Le saviez-vous ? Le sens du nom loup-garou est plus clair en anglais, où il se dit werewolf. On reconnaît un nom composé, avec d'un côté wolf (« loup »), et de l'autre were, qui semble énigmatique. Pour en trouver le sens, il faut remonter quelques siècles en arrière. En vieil-anglais, were signifie man (« homme »), et le werewolf est donc un homme-loup. Dans les aventures de Wallace et Gromit, on a à faire à un « lapin-garou », soit un were-rabbit en anglais. Le mythe du loup-garou y a été détourné et parodié avec beaucoup de justesse, ce qui contribue en grande partie à le rendre désopilant. Tout y passe, de la musique aux conditions climatiques, en passant par les conventions déjà établies dans les films de loups garous classiques.

Ceux qui veulent absolument se faire peur (quoi de plus naturel en cette période ?) peuvent se tourner vers le grand classique « Halloween », dans lequel la jeune et charmante Jamie Lee Curtis découvre qu'elle a un frère... et quel frère ! Mike Myers, ni plus ni moins ! Sauf que celui-ci est complètement imprévisible, tue à tout-va, porte un masque et ne prononce pas un mot ! Charmant, non ? Étant amatrice de film d'horreur et ayant de l'entraînement face à ce genre, celui-ci reste pourtant l'un de ceux qui m'ont le plus impressionnée. Ce doit être dû au fait que Mike ne parle pas et que l'on ne voit pas son visage... Le titre l'indique, le tout se passe pendant la fête d'Halloween... Inutile de préciser que je fais référence au premier de la série, de John Carpenter, dans les années 1970. Les autres sont décevants, même si le remake récent de Rob Zombie possède ses propres qualités. C'est pour moi une question d'ambiance, car un film m'impressionne autant par ce qu'il montre que par ce qu'il cache.  Et pour cela, « Halloween » est rudement efficace ! Le plus angoissant est de savoir que Mike Myers va frapper sans être capable de dire exactement quand ou comment.

Amusez-vous bien !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Carved pumpkins

Jack O' Lantern

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Smiling pumpkinS'il est une figure emblématique de Halloween/Samhain, c'est bien celle de Jack O' Lantern. On en trouve partout et c'est devenu l'une des traditions les plus populaires aux États-Unis en cette saison. On connaît évidemment fort bien la citrouille creusée que l'on exhibe le soir d'Halloween, mais la légende qui est à l'origine de sa conception est souvent bien moins connue.

On a commencé à faire des Jack O' Lanterns il y a plusieurs siècles. Cette pratique tient pour origine une légende irlandaise à propos d'un homme surnommé « Stingy Jack » (Jack l'Avare, Jack le Pingre). On raconte que Jack invita le Diable à boire un coup avec lui. Mais, faisant honneur à son surnom, Jack n'avait pas l'intention de payer, et il tenta de convaincre le Diable de se changer en pièce de monnaie que Jack pourrait utiliser pour payer leurs verres. Le Diable accepta, et ceci fait, Jack décida de garder la pièce et la mit dans sa poche aux côtés d'une croix en argent, pour empêcher le Diable de reprendre sa forme originelle. Il finit par le libérer, à condition que le Diable ne vienne pas l'importuner durant une année complète et que, si Jack venait à mourir, il ne réclamerait pas son âme.

L'année suivante, Jack se joua à nouveau du Diable en le faisant monter dans un arbre afin de cueillir un fruit. Sur l'écorce, Jack grava une croix, de sorte que le Diable ne put descendre avant de lui avoir promis de ne pas l'importuner pendant dix ans de plus.

Peu après, Jack mourut. Selon la légende, Dieu ne voulut admettre au Paradis un personnage aussi douteux que Jack. De son côté, le Diable, toujours contrarié du fait que Jack se soit joué de lui et tenu par sa promesse de ne pas réclamer son âme si celui-ci devait trépasser, ne voulut pas non plus l'accepter en Enfer. Il envoya Jack dans la nuit noire sur les chemins avec pour seul guide un morceau de charbon incandescent. Jack plaça celui-ci dans un gros navet évidé et erre sur Terre depuis lors. Les Irlandais appelèrent cette figure fantomatique « Jack of the Lantern » (« Jack à la Lanterne »), puis plus simplement « Jack O' Lantern ».

Carved pumpkinsEn Irlande et en Écosse, les gens firent leurs propres Jack O' Lanterns en gravant des visages effrayants sur de gros navets ou pommes de terre et les placèrent près de leurs portes et fenêtres afin d'effrayer Jack l'Avare et les autres esprits errants. En Angleterre, on utilisait de grosses courges et betteraves. Lorsqu'ils arrivèrent aux Etats-Unis, les immigrants apportèrent cette tradition avec eux. Là, ils trouvèrent que les citrouilles, qui ne poussaient que là-bas, feraient de parfaits Jack O' Lanterns.

Bien sûr, les amateurs de Tim Burton ne manqueront pas de penser au film « The Nightmare Before Christmas », dans lequel le personnage principal, Jack Skellington, est aussi le « Pumpkin King » (« Roi Citrouille ») de la ville d'Halloween. D'ailleurs, dans la séquence d'ouverture du film, celui-ci arrive en portant une citrouille en guise de tête. On remarquera que l'allusion à Jack O' Lantern est également présente dans son nom, puisque tous deux portent le même prénom.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 27 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)