conte de fées

La Maison en Pain d'Epices

La Maison en Pain d'Épices

Tirage spécial Yule/hiver mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Grâce au conte Hansel et Gretel recensé par les frères Grimm, la maison en pain d'épices fait partie de l'imaginaire collectif. Qui ne s'est jamais promené en forêt en s'attendant à tomber tout à coup sur une clairière au milieu de laquelle se trouverait une telle construction ? Qui ne s'est jamais demandé si une « sorcière » ne vivait pas quelque part au fin fond de la forêt près de laquelle il/elle habite ?

Cette « sorcière », puisque c'est à elle qu'appartient cette curieuse chaumière, n'est autre qu'une image de la Vieille Femme, de l'Aïeule, et donc de celle qui apporte la transformation initiatique à ceux et celles qui la rencontrent. On y voit aussi une incarnation de la Baba Yaga qui, représentée dans le légendaire russe accompagnée de sa maison juchée sur des pieds de poule qui se déplace toute seule, partage un certain nombre de caractéristiques avec la sorcière d'Hansel et Gretel.

Dans le conte, Hansel et Gretel, charmés par la maison de pain d'épices ornée de friandises qu'ils trouvent dans les bois alors qu'ils sont affâmés, acceptent l'offre de la vieille femme qui leur en ouvre la porte et leur propose de les héberger. Pris au piège lorsqu'ils se rendent compte qu'elle veut faire d'Hansel son repas et que Gretel est devenue sa servante, ils se trouvent face à l'évidence : soit ils acceptent cette condition et restent là à jamais (ou, pour Hansel, jusqu'à ce qu'il soit suffisamment dodu pour faire un repas bien juteux), soit ils la dépassent et affrontent la sorcière. Les enfants optent pour la deuxième solution et, à l'aide d'un subterfuge, font croire à la vieille femme qu'Hansel n'engraisse pas. Lorsque la sorcière perd patience et décide tout de même de le manger, elle allume le four et demande à Gretel d'en vérifier le bon fonctionnement. Pour cela, la fillette doit rentrer dans le four. Or, cette dernière se doutant que la sorcière avait pour dessein de la manger elle aussi, Gretel prétexte ne pas savoir faire ce que la sorcière lui demande, si bien que la vieille femme se penche à l'intérieur du four pour le faire elle-même. Gretel en profite alors pour la pousser et refermer la porte derrière elle. Débarrassée de leur ennemie, elle peut aller libérer son frère emprisonné dans l'étable. Lorsqu'ils retournent dans la maison, ils découvrent des perles et des diamants en grande quantité. Avant de partir, ils décident d'en prendre autant qu'ils le peuvent. Ils finissent par sortir de la forêt et regagner la maison de leurs parents où ils retrouvent leur père et apprennent la mort de leur marâtre, qui avait voulu les abandonner afin de se débarraser d'eux. Heureux de rentrer chez eux et de retrouver un père aimant, ils partagent leur fortune récemment acquise avec celui-ci et ne connaissent plus un seul jour de pauvreté ou de misère.

La maison en pain d'épices et la sorcière sont ici la charnière entre l'état de pauvreté et de manque dans lequel se trouvent les enfants au début du conte et celui de richesse et d'abondance qu'ils connaissent à la fin de l'histoire. L'épreuve que constituent la maison et son habitante permet à Hansel et Gretel de se dépasser grâce à leur courage qui s'exprime alors par instinct de survie. C'est donc grâce à elle que les enfants dépassent leur condition : ils révèlent pleinement leur force et atteignent le bonheur, quittant pour de bon la faiblesse, la pauvreté et la peine dans laquelle ils se trouvaient auparavant.

Il est tout à fait possible de voir dans ce parcours le passage de l'ombre à la lumière et la transformation qui caractérisent le solstice d'hiver, d'où l'idée d'utiliser cette image pour ce tirage spécial Yule/hiver. Par ailleurs, cette période de l'année est traditionnellement celle durant laquelle on prépare des maisons en pain d'épices que l'on décore de bonbons, de chocolats et de friandises en hommage au conte pour les manger à Noël et aux abords du solstice !

 

Objectif
Ce tirage introspectif explore la transformation que connaît le consultant pendant la période période sombre et révèle comment il renaît symboliquement au retour de la lumière. On y aborde donc les épreuves qu'il a traversées et les forces qui s'éveillent et grandissent en lui au solstice.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire douze cartes que l'on dispose comme suit :

La Maison en Pain d'Epices

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de quatre parties: les fondations de la maison, le mur gauche, le mur droit, le toît, et la porte. Les cartes sont lues dans l'ordre où elle sont tirées.

Les cartes 1, 2 et 3 sont les fondations de la maison et représentent ce sur quoi le consultant est assis, ce sur quoi il s'appuie au moment du solstice présent. Elles montrent les forces qu'il a acquises et celles qu'il a en lui lorsqu'il effectue le tirage.

Les cartes 4, 5 et 6 forment le mur gauche et dépeignent la période obscure dont on renaît lors du solstice, l'ombre que l'on quitte. Elles font le bilan de l'introspection à laquelle on s'est livré pendant cette saison en insistant sur la principale épreuve ou difficulté que l'on est parvenu à surmonter. Ainsi, la carte 4 décrit la principale épreuve ou difficulté à laquelle on s'est confronté ; la carte 5 montre l'impact que celle-ci a eu sur le consultant, la manière dont elle l'a affecté ; quant à la carte 6, elle révèle la réaction du consultant face à l'épreuve qui s'est présentée à lui et reflète la solution qu'il y a apportée.

La carte 7 est le premier pan du toît. Elle s'inscrit dans le prolongement du mur gauche et formule une synthèse par rapport à ce qui y a été évoqué. Elle montre ce que l'épreuve traversée par le consultant lui a apporté et en quoi elle l'a fait grandir.

Les cartes 8, 9 et 10 forment le mur droit et évoquent le retour à la lumière et les bénédictions apportées par le solstice. La carte 8 montre en quoi le consultant est plus fort qu'avant ; la carte 9 fait état de ce qui grandit en lui en même temps que le soleil reprend des forces lors du solstice ; enfin, la carte 10 montre comment le consultant se révèle au monde, fort de la transformation qui s'est opérée en lui pendant la période sombre.

La carte 11 est le second pan du toît. Elle s'inscrit dans le prolongement du mur droit et indique au consultant la direction à prendre pour continuer son chemin à partir du solstice et tirer le meilleur parti de ce que lui apporte le passage de l'obscurité à la lumière.

La carte 12 symbolise la porte de la maison. Elle représente le passage, la manière dont on renaît au solstice. On y voit l'ouverture et tous les potentiels qui s'offrent au consultant grâce à cette étape importante de la Roue de l'Année.

 

Remarques
Ce tirage n'est pas difficile à réaliser dès lors que l'on respecte bien l'ordre de lecture des cartes. Pour l'interpréter, il suffit de rester vigilant aux différentes parties qui le composent et de bien assimiler les paralèlles établis entre la structure de la maison et les étapes de la transformation qui s'opère lors du solstice hiver.

 

Supports à priviégier
Ce tirage peut être effectué avec tout tarot ou oracle mais ne convient pas aux jeux Lenormand. Bien sûr, compte tenu de l'image abordée ici, on préférera un support mettant en avant le thème des contes de fées, comme par exemple le somptueux Fairy Tale Tarot de Lisa Hunt ou le très joli Whimsical Tarot de Dorothy Morrison et Mary Hanson-Roberts. Côté oracles, le Fairytale Oracle de Lucy Cavendish et Jasmine Becket-Griffith est tout à fait indiqué. Plus largement, on pourra aussi se tourner vers des jeux à connotation néo-païenne tels que Madame Endora's Fortune Cards ou le Green Witch Tarot d'Ann Moura et Kiri Østergaard et bien d'autres encore.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 24 décembre 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Into the Labyrinth / Au Coeur du Labyrinthe

"Into the Labyrinth" / "Au Cœur du Labyrinthe"

Tirage hommage à David Bowie mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

LabyrinthIntroduction
Le tirage a été créé dans des circonstances quelque peu particulières puisqu'il est un hommage à David Bowie, décédé ce dimanche 10 janvier 2016. Comme tout un chacun ou presque, j'ai été très touchée par la triste nouvelle, qui m'a tout d'abord parue impossible avant de s'installer peu à peu dans une réalité tangible. Tandis que les hommages se multipliaient sur la toile et ailleurs, l'idée d'un tirage spécial qui serait un clin d'œil appuyé à l'artiste et à ses multiples facettes a peu à peu germé.

C'est naturellement que le film « Labyrinth » s'est imposé comme point de connexion entre les nombreux talents de celui qui a incarné avec brio Jareth, le Roi des Gobelins. De plus, ce film réunit des thèmes et ingrédients qui m'accompagnent au quotidien, mais aussi dans mes activités professionnelles : féerie, magie, musique, dépassement de soi, résolution d'énigmes, rencontres inattendues, etc.

L'élaboration du tirage s'est ensuite faite d'elle-même, grâce aux principaux éléments de l'histoire et à leur portée symbolique. Ainsi, il est possible de prolonger la magie du film en interrogeant les cartes sur la meilleure manière de réaliser son objectif, avec pourquoi pas en ambiance sonore la bande-originale !

 

Objectif
Aider le consultant à trouver la bonne manière de résoudre un problème ou une difficulté qui se pose à lui, mais aussi à anticiper le parcours qu'il aura à accomplir pour atteindre un but qu'il s'est fixé et qui lui tient particulièrement à cœur. Ce tirage montre ce qu'il devra mettre en œuvre pour parvenir à ses fins et réaliser son objectif.

 

Procédure
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire onze cartes que l'on dispose comme suit :

Into the Labyrinth / Au Coeur du Labyrinthe

 

Lecture et interprétation
Ce tirage est composé de trois parties principales. La première dépeint le consultant face à sa quête, la deuxième illustre son parcours à l'intérieur du Labyrinthe, et la troisième donne une ouverture sur l'aboutissement de la quête.

La construction de la quête
La carte 1 représente Sarah telle qu'elle est au début du film, c'est-à-dire avant que le bébé ne se fasse enlever par le Roi des Gobelins. La première carte dépeint donc le consultant tel qu'il est avant de s'engager dans les différentes étapes qui le mèneront (ou non) à la réalisation de son projet. Elle prend donc en compte son innocence et son inexpérience.

La carte 2 incarne Toby, le bébé que l'héroïne du conte doit retrouver et ramener avec elle. Cette carte met donc en évidence la raison qui pousse le consultant à s'engager dans sa quête. Elle est l'objectif que le consultant désire atteindre, l'accomplissement qu'il souhaite réaliser, ce pour quoi il est prêt à se dépasser et à relever tous les défis.

La carte 3 est le Roi des Gobelins, qui défie Sarah et lui soumet une série d'épreuves et d'énigmes dont elle doit triompher pour pouvoir réussir sa quête et récupérer Toby. De la même manière que Jareth se dresse entre Sarah et son but, cette carte se place en travers de la précédente, s'interposant entre le consultant et l'objectif qu'il poursuit. Elle représente ce qui va le défier et le pousser à se dépasser, ce qui le motivera et le mènera à aller puiser dans des ressources qu'il ne soupçonne pas en lui.

Le Labyrinthe
Les cartes 4 et 5 sont les Gobelins et créatures féeriques que rencontre Sarah dans le Labyrinthe. Certaines l'aideront dans sa quête tandis que d'autres la handicaperont et la ralentiront. Ainsi, la carte 4 représente les aides qui faciliteront la progression du consultant, tandis que la carte 5 incarne les difficultés et les oppositions auxquelles il devra faire face s'il souhaite atteindre le but qu'il s'est fixé.

Les cartes 6, 7 et 8 dépeignent les épreuves rencontrées par Sarah à l'intérieur du Labyrinthe et les énigmes qu'elle doit résoudre pour parvenir à retrouver Toby. De la même manière, ces trois cartes représentent les épreuves et les énigmes auxquelles le consultant sera confronté durant le parcours qui le mènera à la réalisation de son objectif.

L'aboutissement de la quête
À l'image de la phrase dont Sarah se souvient au dernier moment lors de son affrontement final avec Jareth, la carte 9 montre de quelle manière le consultant parviendra à surmonter les difficultés qui se présenteront à lui. Elle met en évidence la qualité, la ressource intérieure dont il n'a pas conscience au début de sa quête mais qui se révélera de façon inattendue au cours de celle-ci. C'est en effet grâce à cette force intérieure que les embûches et les difficultés n'auront finalement pas de prise sur le consultant, de la même manière que Sarah se libère de l'emprise du Roi des Gobelins en se souvenant de la phrase « You have no power over me ! » (« Tu n'as aucun pouvoir sur moi ! »), qui agit alors comme une formule magique.

La carte 10 est la Treizième Heure, c'est-à-dire le moment où la quête de Sarah touche à sa fin, comme l'a décidé Jareth. C'est à ce moment qu'elle saura si elle sort victorieuse du défi lancé par ce dernier. Bien sûr, dans le conte Sarah parvient à défaire le Roi des Gobelins et à lui reprendre Toby. Pour le consultant, cette carte montre l'issue de la quête, donnant ainsi un aperçu de ce qu'il accomplira par rapport au projet qui est examiné dans le tirage. C'est à travers elle qu'il verra si comme Sarah il atteint son but ou non, et qu'il pourra évaluer dans quelle mesure sa réalisation sera une réussite.

Enfin, la carte 11 vient clôturer le tirage en mettant en évidence le chemin parcouru par le consultant depuis le début de l'aventure. Comme Sarah dans le film, le consultant n'est plus le même à la fin de sa quête qu'il ne l'était au début : il a relevé un défi, a rencontré des épreuves qu'il a réussi à surmonter, s'est heurté à des énigmes qu'il a résolues et s'est confronté à ses propres désirs. En d'autres termes, comme Sarah, il a acquis de l'expérience et a mûri. Afin de mettre en relief cette évolution, cette carte peut être comparée à la première lors de la lecture du tirage, ce qui accentuera encore davantage la notion d'évolution.

 

Remarques
Malgré les onze cartes qui peuvent intimider les interprètes les moins assurés, ce tirage n'est pas difficile à lire pour peu que l'on procède par étapes. La première partie n'est composée que de trois cartes qui représentent les fondements de la situation, de même que la troisième et dernière partie, qui dépeint la manière dont l'aventure se termine. Quant à la partie centrale, qui place le consultant au cœur du Labyrinthe et qui décrit son parcours au sein de celui-ci, elle peut être divisée en deux : d'abord les aides et les obstacles qu'il rencontrera, puis les épreuves qu'il aura à surmonter. Chaque étape, bien que connectée aux autres, peut donc être prise de façon indépendante lors de l'interprétation.

Au niveau du visuel, il était très difficile de représenter le Labyrinthe en lui-même. Aussi, j'ai choisi de mettre en évidence les multiples chemins que le consultant devra emprunter pour sortir du dédale et atteindre son objectif, d'où les cartes 4, 5, 6, 7 et 8 qui se déploient devant lui à mesure qu'il progresse.

Enfin, le nom donné à ce tirage n'est autre que le titre du deuxième morceau de la bande-originale du film !

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec n'importe quel tarot ou oracle. Cela dit, compte tenu de sa source d'inspiration, il est préférable de privilégier les jeux qui exploitent des thématiques féeriques. Ainsi, les supports faisant référence aux contes de fées, aux mythes, aux légendes et aux différents folklores sont tout à fait indiqués. Toutefois, si l'on souhaite se replonger dans l'ambiance et dans l'esthétique du film, il est particulièrement recommandé d'utiliser les deux oracles illustrés par Brian Froud (« Faeries Oracle » et « Heart of Faerie Oracle »), qui n'est autre que le créateur des êtres féeriques qui prennent vie dans le film !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 14 janvier 2016. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)