Cavalier sans tête

Films de saison

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Un certain nombre de films reprend des thèmes chers à la fête d'Halloween/Samhain. En voici quelques-uns, dans des genres différents, pour s'émerveiller, rire, et frissonner.

The Nightmare Before ChristmasLe premier et sans doute le plus évident lorsqu'on parle d'Halloween est sans hésitation « The Nightmare Before Christmas » de Tim Burton. On va finir par le savoir, celui-ci est bien placé dans ma liste de films préférés. Au pays des fêtes, Jack Skellington, le « Roi Citrouille » de la Ville d'Halloween, est quelque peu las des festivités d'Halloween. Un jour, il découvre la Ville de Noël et, exalté par ce qu'il voit, il décide que cette année, il s'occupera de la fête de Noël. Il ramène à Halloween Town ce qu'il croit avoir compris de Noël et tente d'expliquer la tradition à la population locale. Trois garnements kidnappent le Père Noël (dont Jack écorche joyeusement le nom : de « Santa Claus », il devient « Sandy Claws »), et tous les habitants s'affairent à préparer les cadeaux de Noël... sans bien avoir saisi le sens de la fête. Et Noël version Halloween, c'est quelque chose ! Ce film est l'un des plus touchants de Tim Burton, et montre entre autres, tantôt avec humour, une grande empathie pour le personnage principal, qui fait de son mieux pour comprendre et s'approprier une fête qu'il ne comprend pas mais aimerait bien partager. Je ne vous cacherai pas non plus que la jolie histoire d'amour entre Jack et Sally tient en haleine tout du long, même si l'on sait pertinemment comment elle va se terminer. La pureté des sentiments que Sally nourrit pour Jack le sauvera à bien des égards.

À noter : la voix chantée de Jack est interprétée par Danny Elfman, le compositeur des musiques !

Autre chose intéressante : le film est né à partir d'un poème écrit par Tim Burton dont il développe les étapes.

Émerveillement garanti !

Sleepy Hollow, Christopher LeeOn a déjà parlé de « Sleepy Hollow » un peu plus tôt dans la semaine, en montrant de quelle façon la nouvelle d'Irvin et le film qu'a fait Burton (eh oui, encore lui !) étaient liés à la fête qui nous préoccupe. Il semble donc logique de faire figurer ce chef-d'œuvre comico-sanguinolant dans la liste des films à voir en cette période. En plus d'un Johnny Depp attendrissant à souhait, on retrouve Christopher Lee dans un petit rôle certes, mais fort bien choisi pour lui : celui du juge qui envoie Ichabod Crane (Johnny Depp) enquêter sur les meurtres de Sleepy Hollow. Joli hommage de la part de Burton à la carrière passée de l'immense acteur (au sens propre comme figuré) dans la peau d'un célèbre vampire. Sa position par rapport au décor semble lui donner des ailes, comme pour rappeler la chauve-souris, et son air inquiétant confirme la ressemblance. Un film parfait en cette période, tant l'ambiance à la fois sombre et comique sied au sujet !

The Curse of the Were-RabbitOn peut croiser des loups garous le soir d'Halloween, certes, mais saviez-vous que l'on peut aussi rencontrer des lapins garous ? Si si, c'est possible ! D'ailleurs, Wallace et Gromit en font l'expérience dans l'unique long-métrage qui leur est consacré : « La malédiction du lapin-garou ». L'histoire est simple : le concours du plus beau légume a lieu dans le village, et chacun prépare son petit bijou, soucieux de le protéger des nuisibles. Wallace et Gromit ont une toute petite entreprise de « nettoyage » et installent des alarmes dans les jardins de leurs concitoyens, en particulier autour des légumes de concours. Entre le régime de Wallace, toujours amateur de fromage, et leur travail de surveillance, par le temps de s'ennuyer pour les deux compères. Les choses se gâtent le jour où l'on déclare avoir vu un immense lapin s'en prendre aux biens les plus chers des habitants. La traque commence. Je n'en dévoilerai pas plus sous peine de gâcher le plaisir, mais je puis dire sans risquer de donner trop d'indices que le résultat est époustouflant. On rit vraiment beaucoup tout au long du film, autant grâce aux deux héros qu'à travers les innombrables clin d'œil à des œuvres cinématographiques bien connues (que je vous laisse le soin d'identifier !). Un excellent moment à savourer, seul ou en famille !

Le saviez-vous ? Le sens du nom loup-garou est plus clair en anglais, où il se dit werewolf. On reconnaît un nom composé, avec d'un côté wolf (« loup »), et de l'autre were, qui semble énigmatique. Pour en trouver le sens, il faut remonter quelques siècles en arrière. En vieil-anglais, were signifie man (« homme »), et le werewolf est donc un homme-loup. Dans les aventures de Wallace et Gromit, on a à faire à un « lapin-garou », soit un were-rabbit en anglais. Le mythe du loup-garou y a été détourné et parodié avec beaucoup de justesse, ce qui contribue en grande partie à le rendre désopilant. Tout y passe, de la musique aux conditions climatiques, en passant par les conventions déjà établies dans les films de loups garous classiques.

Ceux qui veulent absolument se faire peur (quoi de plus naturel en cette période ?) peuvent se tourner vers le grand classique « Halloween », dans lequel la jeune et charmante Jamie Lee Curtis découvre qu'elle a un frère... et quel frère ! Mike Myers, ni plus ni moins ! Sauf que celui-ci est complètement imprévisible, tue à tout-va, porte un masque et ne prononce pas un mot ! Charmant, non ? Étant amatrice de film d'horreur et ayant de l'entraînement face à ce genre, celui-ci reste pourtant l'un de ceux qui m'ont le plus impressionnée. Ce doit être dû au fait que Mike ne parle pas et que l'on ne voit pas son visage... Le titre l'indique, le tout se passe pendant la fête d'Halloween... Inutile de préciser que je fais référence au premier de la série, de John Carpenter, dans les années 1970. Les autres sont décevants, même si le remake récent de Rob Zombie possède ses propres qualités. C'est pour moi une question d'ambiance, car un film m'impressionne autant par ce qu'il montre que par ce qu'il cache.  Et pour cela, « Halloween » est rudement efficace ! Le plus angoissant est de savoir que Mike Myers va frapper sans être capable de dire exactement quand ou comment.

Amusez-vous bien !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Citrouilles et cavalier sans tête

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La saison est à s'asseoir au coin du feu en savourant une bonne tasse de chocolat chaud (mettez un bâton de cannelle dedans, c'est encore meilleur !), de thé, de café, ou de tisane. L'une des traditions en vigueur à Samhain est de se réunir près d'un bon feu de cheminée (ou, à défaut, dans un canapé moelleux) et de se raconter des histoires effrayantes. Mort-vivants, zombies, sorcières, goules, fantômes et autres esprits sont donc de la partie, mais l'on se sent protégés, au coin du feu, convaincu qu'ils ne pourront entrer.

« La Légende de Sleepy Hollow » fait partie de ces récits. On connaît bien sûr la version magistrale de Tim Burton au cinéma, mais certainement moins le conte original. Il s'agit en réalité d'une nouvelle écrite par Washington Irving dans The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent., qui fut publiée en 1820. Le conte d'Irving est certes bien moins sensationnel que ce qu'en a fait Burton en 1999, mais il a tout d'une histoire d'Halloween. En fait, la version animée de Disney (qui figure sur le DVD « Le crapaud et le maître d'école ») suit le scénario de départ de façon beaucoup plus fidèle.

Sleepy Hollow, Headless HorsemanL'histoire se déroule aux États-Unis, dans un village tenu par une communauté hollandaise. La trame est très simple : Ichabod Crane, maître d'école venant de la ville, arrive dans la jolie bourgade de Sleepy Hollow (le Val Dormant) pour en instruire les enfants. Au passage, il s'empiffre chez les bonnes gens, et convoite Katrina Van Tassel, la fille du plus riche propriétaire du coin. Il la courtise, ce qui déplaît fortement à son fiancé (Brom Van Brunt, surnommé Brom Bones). Comme Ichabod se montre assez poltron, Brom Bones décide de lui jouer un tour. Lors d'une réception chez les Van Tassel, on raconte au maître d'école comment un cavalier sans tête hanterait les environs. En rentrant chez lui, Ichabod est effrayé par ce qu'il a entendu. Il rencontre le cavalier sans tête qui, au lieu de le décapiter, lui lance une citrouille. Le pédagogue (comme on l'appelle dans le texte), cédant à la peur, s'évanouit, ignorant qu'il s'agissait en réalité de Brom qui voulait lui donner une bonne leçon. Quoiqu'il en soit, on ne revit plus jamais Ichabod Crane à Sleepy Hollow.

Sleepy Hollow, pumpkin scarecrowLa scène du cavalier lançant la citrouille figure dans le film de Burton, où l'on a un Ichabod Crane détective certes, mais pas moins peureux que celui de Irving. Voilà une jolie façon de rendre hommage à la nouvelle ! Cela dit, Burton a repris d'autres éléments de la légende afin d les développer à sa guise pour en arriver au résultat que l'on connaît !

Si vous vous aventurez dans une sombre forêt en cette période de l'année et que vous entendez un cheval se rapprocher de vous en galopant, prenez garde, ce pourrait être le cavalier sans tête !

Washington IRVINg, The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent., New York: Penguin Books [Signet Classic], 1981 [1819-1820].
« Sleepy Hollow », Tim Burton.
« Le crapaud et le maître d'école », Disney.

N.B. : les photos de cet article proviennent bien sûr du film de Burton.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 26 octobre 2009. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)