Questions d'éthique et de ligne de conduite

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Avant de proposer des consultations à son entourage ou même à des inconnus, il est nécessaire de prendre conscience d’un certain nombre de choses et d’adopter une ligne de conduite qui nous servira de guide dans l’exercice de cet art. Ces règles, que l’on se fixera en son âme et conscience, doivent être respectées afin d’assurer un minimum de cohérence à la pratique d’une part, et d’autre part parce qu’elles constituent également un cadre à l’intérieur duquel le consultant va évoluer. J’aborderai donc ici un certain nombre de questions que le cartomancien peut se poser. Là encore, je ne prétends nullement y apporter les réponses absolues ou incontestables – car encore une fois, chacun fait comme il l’entend du moment qu’il est cohérent avec ses propres convictions –, mais les éléments exposés permettront à chacun de se forger sa propre opinion.

 

La cartomancie est-elle un don ?
Je ne crois pas en un don en ce qui concerne la cartomancie. Je la perçois plutôt comme un art pour lequel certaines personnes ont des facilités, certes, mais qui demeure à la portée de tout un chacun. Je ne crois pas en une minorité d’« élus » qui auraient été touchés par je ne sais quelle grâce et feraient partie d’une élite. Lire dans les cartes est un art, comme la musique ou le dessin, par exemple. Il est vrai que certaines personnes montrent des facilités ou une approche instinctive pour la lecture des cartes et paraissent donc « douées », mais n’est-ce pas également le cas pour les autres formes d’art ? De même, comme n’importe quel art, la cartomancie est quelque chose qui s’apprend par l’étude et la pratique et nécessite une certaine technique (d’interprétation des symboles, d’analyse, etc.).

Ainsi, la cartomancie est à la portée de tous. L’obtention de bons résultats dépend ensuite de la persévérance de l’apprenant.

 

Peut-on se tirer les cartes à soi-même ?
Malgré ce qu’on lit régulièrement, il est tout à fait possible de tirer les cartes pour soi-même. D’ailleurs, c’est souvent par-là que l’on commence ! Lorsqu’on découvre cet art, les premiers pas pour l’apprivoiser se font la plupart du temps en solitaire pour plusieurs raisons.

D’abord, il est plus confortable d’apprendre quand on est seul : on prend son temps, on va à son rythme, tant pour comprendre le sens des arcanes que pour en assimiler les significations brutes. La présence d’un consultant peut être une source de stress, au début, et être seul permet d’éviter l’appréhension du jugement ou de la réaction de la personne à qui l’on s’adresse.

Ensuite, on ne prend pas la responsabilité de s’exercer sur les autres dès le départ, sachant que certaines personnes n’ont pas suffisamment de recul par rapport aux cartes. Nombreux sont les consultants qui attendent des réponses « infaillibles » et qui par conséquent n’admettent aucune marge d’erreur. Il vaut donc mieux s’entraîner sur soi-même en attendant de perfectionner et d’affiner ses analyses.

De plus, être son propre cobaye présente un autre avantage non négligeable : on apprend à se considérer comme un objet d’étude, ce qui permet de mieux appréhender les informations. Ainsi, on reste objectif et on se détache de ses émotions personnelles, ce qui est l’une des plus grandes difficultés rencontrées par les cartomanciens.

 

Quelle attitude adopter pendant la consultation ?
Dans tous les cas, se montrer calme et rassurant. Peser ses mots et les choisir de façon à ne pas générer plus de stress chez le consultant qu’il n’y en a déjà.

Il est important de bien expliquer au consultant que les cartes ne prédisent pas de fatalité, qu’un tirage représente l’évolution de la situation présente si elle reste en l’état, et que le consultant a toujours le pouvoir d’agir sur les événements reflétés. Les cartes sont plutôt des conseillères qui éclairent sur les dangers et les points forts des situations afin de donner à la personne concernée les moyens d’agir de manière plus avisée.

 

Dans ce qu’on lit dans les cartes, y a-t-il des choses qu’il vaut mieux garder pour soi ?
Le cartomancien a une grande responsabilité face au consultant, et donc un droit de réserve. Personnellement, j’évalue d’abord qui j’ai en face de moi avant de révéler des épreuves telles que des décès, et surtout, je veille toujours à choisir mes mots au mieux. Cependant, il est souvent important que le consultant soit mis au courant de ce que l’on trouve dans les cartes, car cela lui permet d’anticiper les événements et de s’y préparer.

 

Peut-on refuser de répondre à certaines questions ?
Tout à fait ! Il est par exemple interdit par la loi de de répondre aux questions concernant la santé, grossesses incluses. Le cartomancien pourra également refuser de répondre à toute question qui le mettra mal à l’aise pour des raisons personnelles ou pour des questions d’éthique.

 

Peut-on refuser de tirer les cartes à quelqu’un ?
Là encore, tout à fait ! Ce refus peut être motivé par plusieurs raisons. Par exemple, il arrive parfois que rien ne passe entre le cartomancien et le consultant. Dans ce cas, mieux vaut le dire plutôt que de faire face à un blocage qui ne mènerait à rien de bon. L’honnêteté est toujours la meilleure attitude à adopter.

On peut aussi refuser pour éviter l’addiction d’un consultant à la cartomancie. Certains ont en effet tendance à vouloir y avoir recours très souvent, voire trop souvent. Ceux-ci finissent par vouloir s’en remettre aux cartes pour chaque décision qu’ils ont à prendre. Ne pas les freiner ne serait pas une attitude responsable, car il n’est en aucun cas question de profiter de la misère d’autrui. Au contraire, mieux vaut responsabiliser le consultant en lui expliquant que venir voir un cartomancien n’est pas un acte anodin. De plus, à tirer les cartes trop souvent à la même personne, les lames finissent par devenir muettes, comme pour dire « stop ! ».

 

Que faire si l’on ne voit rien dans un tirage ?
Le dire ! Par souci d’honnêteté, mieux vaut dire que l’on n’arrive pas à déchiffrer un tirage plutôt que faire croire le contraire ! Le cartomancien n’est pas infaillible, ni tenu au résultat. Il met son art au service du consultant, certes, mais cela ne permet pas d’exiger un résultat à tout prix.

De plus, mieux être humble et honnête et éviter de dire des bêtises plutôt que faire croire que l’on a réponse à tout ! On n’en gagnera que plus de crédibilité.

 

Se faire rémunérer ou pas ?
S’il est une question qui fait débat, c’est bien celle-ci ! Dire que les avis sont partagés est un doux euphémisme tant les arguments peuvent être virulents.

Sur ce point encore, tout dépend de la manière dont on envisage la cartomancie. Certains diront qu’il est honteux de faire payer l’exploitation d’un don. En revanche, si l’on considère qu’il s’agit d’un art, il en va différemment. Loin de moi l’idée d’encourager à se faire payer une fortune pour chaque consultation, j’y reviendrai.

Tirer les cartes est un service proposé certes, mais aussi une activité qui génère une fatigue psychique (voire physique) importante chez le praticien. Afin que le consultant prenne conscience de l’effort fourni, il semble logique qu’il donne quelque chose en échange de ce service. Par « quelque chose », je n’entends pas nécessairement « argent ». L'idée est simplement de reconnaître le sérieux du travail du cartomancien. Il peut s’agir de rendre à son tour un service au cartomancien, bien entendu. Si le cartomancien réclame de l’argent, la somme versée ne doit en aucun cas être démesurée par rapport aux moyens du consultant, mais convenue en fonction avec lui ! Ce n’est pas parce qu’un cartomancien fera payer plus cher qu’un autre qu’il sera nécessairement « meilleur » !

De plus, considérer cette activité comme un échange de services permet aussi de réduire les risques d’addiction du consultant, puisqu’il doit lui aussi fournir un effort en retour de celui du cartomancien. Ceci limitera nécessairement ses sollicitations.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 23 août 2010. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

éthique cartomancie pratique

Commentaires (2)

laurette
  • 1. laurette | 29/05/2017

Bonjour,
J'ai acquis mon premier jeu " l'oracle du manuscrit" , puis je recherchai des informations sur l'éthique, à m'éclairer en général sur le domaine de la cartomancie. Je tiens a vous remercier de m'avoir informé, par votre blog, sur beaucoup d'aspect qui me sembler flou.
J'aime votre approche rationnel et vos explications qui me paraissent claires.
Merci a vous. Cordialement.

morrigann_moonshadow
  • 2. morrigann_moonshadow (site web) | 29/05/2017

Bonjour Laurette:

Merci pour votre passage par ici et pour votre commentaire. Je suis ravie que vous ayez trouvé des éléments de réponse à vos interrogations sur l'éthique! C'est une question passionnante et très importante en cartomancie puisque comme vous avez pu le constater, ce n'est pas parce que l'on peut avoir accès à certaines informations que l'on doit s'y autoriser.

Si vous avez des questions à ce propos, n'hésitez pas à me les poser, je vous répondrai avec grand plaisir!

Je vous souhaite une agréable journée.
A bientôt,
Morrigann

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