Pourquoi j'apprécie la Croix Celtique

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

La Croix CeltiqueS'il est un mode de tirage que l'on trouve dans tous les livres et dans tous les livrets un peu soignés ou presque, c'est bien la Croix Celtique. Quelle que soit sa forme, elle est l'un des tirages les plus souvent pratiqués aux côté du tirage en croix et du tirage en trois lames. Si certains la considèrent comme la méthode la plus aboutie, d'autres la boudent en raison de sa structure qu'ils trouvent trop rigide et trop directive.

Pour ma part, c'est un mode de tirage que j'ai appris à apprécier au fil du temps et auquel je n'hésite pas à avoir recours aujourd'hui lorsque son utilisation me paraît pertinente. Toutefois, je ne fais pas partie de ceux qui voient en la Croix Celtique la « méthode miracle » car à mon sens, il est indispensable de l'utiliser à bon escient si l'on souhaite en tirer tous les bénéfices, comme n'importe quelle autre méthode de tirage d'ailleurs.

La Croix Celtique présente de nombreux aspects qui en font un tirage intéressant à bien des niveaux. J'aimerais donc revenir sur ceux qui me paraissent les plus remarquables afin de mettre en relief certaines des possibiités d'explorations offertes par cette méthode. J'aimerais également montrer que la Croix Celtique n'est pas difficile à effectuer en soi, pour peu que l'on s'y prenne avec méthode. Là où certains voient une structure rigide se trouve en réalité de multiples niveaux de lecture qui révèlent bien davantage qu'on ne pourrait le penser de prime abord !

 

Un tirage multi-usages
La Croix Celtique permet un large éventail d'explorations. Faut-il pour autant considérer cette méthode comme un « tirage à tout faire » ? Non, bien sûr : comme toute autre méthode, son intérêt est très vite limité si l'on cherche à l'employer à tort et à travers. Aussi, pour en tirer tous les bénéfices – et en faire profiter le consultant ! –, il est indispendable de commencer par se demander à quoi sert ce tirage et à quels types d'interrogations il peut répondre.

Tout d'abord, la Croix Celtique peut se faire sans question. Dans ce cas, on examine la situation générale du consultant de ses racines à son issue la plus probable en passant par les principales influences que subit cette situation, qu'elles soient intérieures ou extérieures. On a ainsi un aperçu de ce qui se passe autour du consultant, à la fois sur le plan chronologique, sur ce qui est visible et s'exprime autour de lui, mais aussi sur ce qui se passe en lui-même, sur son propre rapport à ce qu'il vit.

Lorsqu'il est effectué avec une question, ce tirage permet d'explorer une situation donnée en profondeur car il tient compte de l'ensemble des aspects qui peuvent l'influencer. Conscient de tous les enjeux qui se présentent à lui, le consultant a alors toutes les clefs en main pour parvenir à tirer le meilleur parti de sa situation et atteindre ses objectifs (dans la mesure du possible, bien sûr). Il peut ainsi être vigilant et déjouer les pièges qui se mettraient en travers de son chemin, qu'ils soient le résultat de circonstances extérieures ou de sa propre approche de la situation. Ce tirage est donc particulièrement indiqué dans les cas où l'on a besoin d'avoir une vision d'ensemble d'une situation afin de mettre en place les stratégies qui permettront au consultant de parvenir à ses fins. Utilisée avec une question, la Croix Celtique aide à prendre en compte tous les éléments qui composent une problématique donnée. Dès lors, le consultant peut décider des suites à donner et des pistes à emprunter selon l'issue vers laquelle il souhaite se diriger.

Parmi les situations qui se prêtent le mieux à une exploration par la Croix Celtique se trouvent notamment toutes les constructions de projets, quel que soit le domaine concerné. Par exemple, si l'on est sur le point de créer une entreprise, on aura un aperçu concret et complet du chemin parcouru et à parcourir jusqu'à la concrétisation du projet. Ainsi, seront mis en relief les fondements et les racines du projet (le travail accompli et les motivations), leurs conséquences sur le présent et le futur (les dispositions présentes, le potentiel), mais aussi les interrogations très personnelles que l'on peut nourrir dans ce type d'entreprise (les craintes, les espoirs, l'image que l'on renvoie au monde extérieur, celle que l'on a de soi-même et de la situation).

De la même façon, les nouveaux départs, qu'ils soient professionnels ou non, sont particulièrement appropriés pour une exploration avec la Croix Celtique : nouvelle activité (reconversion professionnelle), nouveau poste, nouveau départ d'une relation (sentimentale ou non), nouvelle relation amoureuse, etc. Il sera alors question de définir quelles sont les énergies en présence et qui favorisent ou non la réussite du consultant, mais aussi de cerner de quelle manière il peut s'employer à mettre toutes les chances de son côté pour tirer le meilleur parti de la situation, notamment en travaillant sur lui-même.

La Croix Celtique aide aussi à trouver son chemin lorsqu'on a du mal à savoir quelle attitude adopter, et ce quelle que soit la situation. Elle fournit alors de précieux conseils quant à la manière d'aborder les choses et révèle aussi bien ce qu'il est conseillé de mettre en avant que à quoi il est important d'être vigilant. Le consultant peut ainsi travailler à s'affranchir de ses craintes, ramener ses espoirs à des dimensions réalistes, avoir une image de lui-même plus objective, et se détacher de sa peur du regard d'autrui. Cette méthode est donc très intéressante pour qui souhaite trouver sa voie et se remettre en question dans le but de se réaliser au mieux.

 

De multiples niveaux de lecture
En plus du large éventail qu'elle couvre en termes d'exploration, j'apprécie la Croix Celtique pour les différents niveaux de lecture qu'elle permet. En un seul tirage, on a ainsi un instantané de la situation, une approche chronologique, le point de vue du consultant, celui des personnes qui l'entourent, et un aperçu de l'issue probable de la situation. Grâce à tout ceci, on obtient une image très complète des multiples influences qui affectent la question posée ou la situation examinée.

Le cœur de la croix, formé par les lames 1 et 2 (ou 1, 2 et 3, ou encore S, 1 et 2 selon les variantes), présente la problématique à explorer et les influences qu'elle subit directement. On cerne ainsi dès le départ les grandes lignes et les principales pistes dont il sera important de tenir compte pour trouver les solutions adéquates. La situation est montrée telle qu'elle est ou telle qu'elle affecte le consultant, y compris dans les difficultés et les oppositions qu'il y rencontre. Voilà qui permet d'avoir une vision claire et relativement objective des enjeux soulevés par la situation ou la question posée.

Les lames qui entourent le cœur de la croix sont à considérer en deux temps. Tout d'abord, l'axe horizontal évoque les aspects chronologiques qui ont mené à la situation présente ou qui en découleront. Ainsi, on comprend les racines de la situation actuelle et éventuellement d'où viennent les difficultés que l'on rencontre au moment du tirage, et l'on aperçoit également ce vers quoi on se dirige en prolongeant les dynamiques présentes. Selon les variantes de cette méthode, les positions liées au passé et au futur (proche) dont il est ici question sont fixes (passé à gauche, futur à droite) ou dépendent de la direction du regard du Signifiant, qui est choisi parmi les lames de la cour royale. Ensuite, l'axe vertical est quant à lui le plus souvent lié aux aspects conscients et inconscients de la situation. Ainsi, la lame qui se trouve en dessous du cœur de la croix évoque soit les facteurs cachés ou inconscients qui contribuent à faire de la situation ce qu'elle est au moment du tirage, soit les fondements du problème, c'est-à-dire les raisons profondes de son existence actuelle. Celle qui couronne le cœur de la croix révèle quant à elle les facteurs conscients – y compris dans l'attitude du consultant – ou donne un aperçu de la meilleure issue possible pour la situation ou du but que vise le consultant.

Ces influences directes, immuables ou presque et factuelles qui gravitent directement autour de la situation sont compétées par la colonne de lames située à droite de la croix, qui présente les influences en quelque sorte « périphériques », c'est-à-dire ce sur quoi le consultant peut agir plus ou moins directement. Ainsi, on explore les aspects intérieurs qui caractérisent le consultant et la manière dont il envisage sa situation, notamment à travers les lames 7 et 9 (ou 8 et 10, si l'on utilise la Croix Celtique dite traditionnelle), qui permettent pour la première de prendre conscience de la manière dont le consultant vit la situation intérieurement, et pour la seconde de cerner les espoirs et les craintes qu'il nourrit envers celle-ci. De cette façon, le consultant peut travailler sur lui-même, et réajuster ses espoirs et ses peurs afin qu'ils soient plus réalistes par rapport aux véritables enjeux de la situation. En relativisant de la sorte, il peut alors mettre toutes les chances de son côté pour influencer la situation et en favoriser une issue qui lui soit bénéfique.

Il va sans dire que comme dans toute situation, le consultant n'est pas le seul à décider de la tournure que prennent les choses. La Croix Celtique tient compte de cette réalité en ne négligeant pas l'importance du monde extérieur et son influence sur ce que vit le consultant. En effet, la lame 8 (ou 9, si l'on utilise la Croix Celtique dite traditionnelle) renseigne sur l'environnement, la réalité extérieure, ou l'image publique du consultant, ce qui l'aide à confronter ce qu'il vit intérieurement à ce qui se passe autour de lui et à la manière dont tout ceci résonne avec les dynamiques qui régissent le monde extérieur. Là encore, il pourra réfléchir aux stratégies à mettre en place pour faire en sorte d'influencer son environnement ou réajuster l'image qu'il projette de lui-même afin qu'ils contribuent eux aussi à le rapprocher de l'objectif qu'il s'est fixé ou de la meilleure issue possible.

Enfin, les différentes facettes qui sont montrées de l'évolution de la problématique sont très intéressantes et, là encore, complémentaires. Tout d'abord, la croix comporte une lame évoquant le futur proche ou la stratégie future du consultant. Ensuite, si l'on opte pour la Croix Celtique dite traditionnelle ou la Croix Celtique selon A.E. Waite, la lame 6 ou 3 (respectivement) montre également un aperçu de la meilleure issue possible de la situation, c'est-à-dire des potentiels qu'elle contient et qui peuvent devenir réalité si l'on s'y prend bien. La colonne comporte elle aussi une ou deux lames (si l'on utilise la Croix Celtique Wellsienne) donnant une ouverture vers l'issue de la situation. Dans tous les cas, la lame qui se trouve au sommet de la colonne présente l'issue probable de la situation, c'est-à-dire celle qui se manifestera concrètement si l'on tient compte des différents points soulevés par le tirage. Voilà qui implique de trouver les solutions et les stratégies appropriées face à ce qui aura été mis en exergue, et ceci est du ressort du consultant. La Croix Celtique Wellsienne propose une dernière lame qui, décalée par rapport à la colonne, décrit l'issue consciente. Il s'agit de l'issue de la situation telle que la verra le consultant et telle qu'il la vivra, ce qui peut être différent de l'issue objective et absolue. Cette lame apporte donc une nuance supplémentaire qui peut se révéler intéressante dans certains cas.

 

Un tirage intimidant ?
Bien qu'ils soient très intéressants et qu'ils permettent une analyse approfondie d'une problématique donnée, il est vrai que les aspects qui ont été mis en avant jusqu'à présent peuvent sembler complexes à articuler dans une interprétation. Très souvent, je lis ou j'entends autour de moi que cette méthode de tirage est « trop compliquée », qu'elle comporte « trop de cartes » ou encore qu'apprendre toutes les positions des lames est « trop difficile » ou « trop contraignant », ce qui décourage les cartomanciens débutants et confirmés. À première vue, ce tirage peut certes sembler intimidant, mais il est pourtant assez simple à réaliser dès lors que l'on a acquis les principales bases de l'interprétation en cartomancie.

Tout d'abord, il faut autant que possible cesser de l'aborder avec l'idée qu'il est « difficile » ou « compliqué » ! Ce n'est pas parce qu'un tirage comporte « beaucoup » de cartes – tout est relatif – que son interprétation est laborieuse ou qu'il est hors de portée du cartomancien « non expert ». Là encore, la notion d'« expert » reflète plus souvent la confiance que le consultant a en lui-même que ses réelles capacités à déchiffrer les tirages. C'est pourquoi il ne faut pas tomber dans le piège de penser que la Croix Celtique est inaccessible uniquement parce qu'elle combine différents aspects et plusieurs niveaux de lecture.

Comme avec la plupart des méthodes de tirage dites « complexes », il est possible de scinder la Croix Celtique en plusieurs parties, plus faciles à interpréter. Bien sûr, on peut toujours si on le souhaite suivre l'ordre dans lequel les cartes ont été tirées. On a alors une progression intéressante qui part de ce qui caractérise la situation à examiner pour élargir les axes d'exploration à ce qui l'influence et offre la possibilité de la faire évoluer. Cependant, si cet ordre de lecture impressionne, on peut toujours procéder par thématiques en rapprochant les lames qui évoquent des aspects similaires tels que ceux qui ont été soulignés plus haut. On met ainsi en valeur des nuances d'un même thème, ce qui permet d'en aborder les dynamiques complémentaires et de voir comment le tout s'articule. Cette méthode permet de morceler la Croix Celtique et de la rendre plus abordable en cela que l'on procède par étapes, ce qui, psychologiquement, rend la tâche moins insurmontable. Avec l'habitude, on se rendra compte que la Croix Celtique est beaucoup moins difficile qu'on ne le pensait au départ, et l'on parviendra même à combiner l'interprétation par ordre de tirage et l'interprétation thématique, ce qui donnera encore plus de profondeur à l'analyse. La structure de cette méthode de tirage apparaîtra également comme plus logique, et donc plus aisée à assimiler. Le tout est de procéder pas à pas et de prendre son temps !

 

Comme à peu près tout le monde, j'ai moi aussi eu des difficultés à utiliser la Croix Celtique et pendant longtemps, je l'ai délaissée au profit d'autres méthodes de tirage qui m'étaient plus confortables. Ce n'est qu'au fil des années que je m'y suis intéressée avec la ferme intention d'en comprendre les multiples aspects, de les articuler et de voir comment je pouvais en tirer les bénéfices et en faire profiter mes consultants. Plus je l'étudiais, plus elle m'intéressait... et moins elle m'impressionnait ! Du coup, je n'hésite plus aujourd'hui à l'utiliser en consultation, que ce soit en tirage général pour faire le point sur ce que vit le consultant ou pour analyser une situation donnée et en dégager les points qui aideront le consultant à en mesurer les différents aspects. La variante vers laquelle je me tourne dépend bien sûr de ce qu'il sera pertinent de mettre en relief pour aider au mieux le consultant à résoudre ce qui le préoccupe.

La Croix Celtique est une méthode très intéressante, à condition bien sûr de l'employer à bon escient. Une fois que l'on a compris à quels types de questions elle peut répondre et quelles situations elle permet d'examiner, elle devient plus abordable et l'on peut mieux en cerner les utilités. En l'étudiant, on aura plaisir à repérer les résonances entre les différentes positions pour en faire bon usage dans les analyses, ce qui contribuera non seulement à affiner les interprétations, mais aussi à donner confiance au cartomancien, qui sera par conséquent moins intimidé par cette méthode qui suscite généralement beaucoup d'appréhension.

Pour aller plus loin, je vous invite à vous familiariser avec plusieurs variantes de la Croix Celtique, que vous trouverez sur ce blog : la Croix Celtique Traditionnelle, la Croix Celtique selon A. E. Waite, la Croix Celtique Wellsienne, et la Croix Celtique Simple. Si vous êtes curieux et souhaitez en apprendre davantage sur ce mode de tirage et ses subtilités, je vous encourage également vivement à découvrir la passionnante série d'articles de Theresa Reed, alias The Tarot Lady, qui propose de décortiquer la Croix Celtique. Vous y trouverez un grand nombre d'astuces qui vous aideront à entrevoir les multiples possibilités et subtilités de cette méthode de tirage. Et bien sûr, si vous avez besoin d'aide pour mieux connaître la Croix Celtique tout en l'abordant de manière ludique, je serais ravie de vous retrouver pour que nous prenions le temps d'examiner cela ensemble autour d'un thé et/ou d'une gourmandise !

Et vous, appréciez-vous cette méthode de tirage ? La pratiquez-vous ?

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 29 juin 2017. Reproduction partielle ou totale strictement interdite)

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Commentaires (2)

Michelle Lopez
  • 1. Michelle Lopez (site web) | 30/06/2017
La croix celtique est intéressante mais je pense que pour l'utiliser à bon escient, il vaut une bonne pratique de ce tirage sinon toutes les subtilités ne seront pas comprises et de ce fait l'interprétation du tirage ne pourra pas être complète voir fausse.
D'autant qu'il existe de nombreuses variantes ce qui n'aident pas le néophyte.
morrigann_moonshadow
  • 2. morrigann_moonshadow (site web) | 30/06/2017
Bonsoir Michelle;

Merci pour votre passage par ici! Effectivement, il faut prendre le temps de bien étudier ce tirage et de faire preuve de patience pour bien l'utiliser et en cerner les applications. Il faut aussi être observateur pour déceler, au-delà de sa structure, les résonances entre les lames et approfondir la lecture. Cela requiert un bon entraînement mais au final, ce n'est pas si compliqué! ;)

Pour commencer, je recommande de s'en tenir à une version puis, une fois que l'on est à l'aise avec celle-ci, on peut explorer ce que les autres variantes apportent les unes par rapport aux autres. En cartomancie comme dans beaucoup de disciplines, il faut éviter de vouloir brûler les étapes en allant trop vite ;)

A très bientôt,
Morrigann

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