La Croix Celtique selon Waite

Explications rédigées par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Dans The Pictorial Key to the Tarot : Being Fragments of a Secret Tradition Under the Veil of Divination, Arthur Edward Waite décrit plusieurs méthodes de tirage pour le tarot. Parmi celles-ci, on trouve en premier lieu la « Croix Celtique », que Waite appelle « An ancient Celtic method of divination ».

Comme on peut le voir, la forme n’est pas différente de la « Croix Celtique Traditionnelle » déjà présentée dans ces pages et le nombre de cartes ne varie pas. Pourtant, la méthode dite « traditionnelle » est déjà un arrangement de ce que Waite préconisait. Voici donc le tirage originel établi par l’occultiste américano-britannique.

Tout comme ses variantes, ce tirage permet d’examiner une situation ou de répondre à une question précise et fournit des détails intéressants quant à la marche à suivre par le consultant.

 

Procédure
Étape 1 : le signifiant
La première étape consiste à déterminer un signifiant, c’est-à-dire à établir quelle lame va représenter le Consultant au sein du tirage. Pour résumer – car il y a beaucoup à dire sur la notion de signifiant – Waite recommande ici de choisir cette lame parmi les cartes de cour celle qui correspond le mieux au Consultant selon les critères suivants :

Un Cavalier représente un homme de 40 ans et plus ;

Un Roi représente un homme de moins de 40 ans ;

Une Reine représente une femme de 40 ans et plus ;

Un Valet représente une femme de moins de 40 ans.

Remarque : contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Roi n’incarne pas pour Waite l’homme âgé et sage. Les raisons de cette différence avec la tradition d’Europe continentale résident en les conceptions particulières que la Golden Dawn a appliquées à la hiérarchie de la cour royale du tarot.

 

Une fois la figure sélectionnée, reste à déterminer dans quelle suite on va la prendre. Pour ce faire, Waite a défini des correspondances entre les traits physiques des personnages appartenant aux différentes suites et les traits physiques du consultant. Ainsi :

Les Bâtons correspondent aux personnes à la chevelure claire (blonde ou rousse), au teint très clair et aux yeux bleus ;

Les Coupes correspondent aux personnes à la chevelure claire (blonde ou châtain clair) et aux yeux gris ou bleus ;

Les Épées correspondent aux personnes aux yeux noisette ou gris, à la chevelure châtain foncé et au teint sombre ;

Les Pentacles (Deniers) correspondent aux personnes aux cheveux très brunes et aux cheveux noirs, aux yeux sombres et à la peau très mate.

 

Il existe d’autres façons de déterminer quel signifiant sera le mieux approprié au consultant, mais ceci fera l’objet d’un autre article, qui reprendra toutes ces explications avec de plus amples détails.

 

Étape 2 : le tirage
Une fois le signifiant choisi, on le met de côté et on le place (en position droite) comme indiqué sur le schéma ci-dessous. On procède alors de la manière habituelle : mélanger, couper et rassembler les cartes. Étaler le jeu en éventail devant soi puis tirer dix cartes que l’on dispose comme suit :

La Croix Celtique selon A. E. WaiteLes cartes sont lues ainsi

Carte 1 : elle couvre le signifiant et indique son état d’esprit face à la question/situation, sa façon d’appréhender les choses, l’atmosphère qui règne autour de lui par rapport à ce qui le préoccupe.

Carte 2 : elle se trouve en travers du consultant et montre les obstacles qui s’opposent à lui.

Carte 3 : elle couronne le consultant. Elle peut représenter soit le but que le consultant cherche à atteindre, soit la meilleure réalisation que contient la situation présente et qui n’a pas encore été révélée.

Carte 4 : elle se trouve en dessous du consultant et montre sur quoi se fonde le problème actuel, les bases de la situation présente qui ont déjà été acceptées par le consultant.

Carte 5 : si la figure dépeinte sur le signifiant regarde vers la gauche, alors la carte 5 représente ce qui est derrière le consultant. Elle représente donc les influences qui viennent de finir de jouer leur rôle dans la situation ou celles qui s’estompent pour laisser place à autre chose.

Carte 6 : si le signifiant regarde vers la gauche, elle montre ce qui vient vers le consultant, ce qui s’apprête à influencer la situation dans un futur proche.

Carte 7 : à la base de la colonne, elle montre la position occupée par le consultant et l’attitude adoptée par celui-ci.

Carte 8 : les choses qui dans l’environnement direct du consultant ont des conséquences sur sa situation.

Carte 9 : les peurs et les espoirs du consultant par rapport à sa situation.

Carte 10 : le résultat, la réponse. Ceci découle de toutes les influences indiquées par les autres lames du tirage.

 

Remarques
Les cartes 5 et 6 doivent être disposées en fonction de la direction dans laquelle le signifiant regarde. La carte 5 doit toujours se trouver derrière lui et la carte 6 toujours devant. Il est important d’y penser dès le moment où l’on dispose le tirage devant soi.

Dans le cas où le signifiant regarderait devant soi, il convient de déterminer à l’avance quelle sera la position de chacune de ces deux cartes.

 

Au cas où la carte 10 ne fournirait pas de réponse claire à la question posée, Waite conseille d’effectuer un nouveau tirage, en prenant cette fois-ci pour signifiant la carte tirée en 10ème position dans le premier tirage, car elle représente alors selon lui le « nœud » du problème, et donc le consultant.

On la garde donc en signifiant, puis on mélange, coupe etc. à nouveau le jeu et on procède à un nouveau tirage. Celui-ci donne alors plus de détails quant à l’issue du premier tirage puisqu’il prend pour point de départ le point d’arrivée du tirage déjà effectué. On en apprend donc plus sur l’issue du problème.

 

Les supports à privilégier
Évidemment, Waite a conçu ce tirage pour le tarot, et en particulier pour le sien. Par conséquent, l’outil idéal reste un tarot de tradition Rider-Waite-Smith. Cela dit, il reste faisable également avec un tarot de type Marseille ou un oracle.

Pour cette dernière option, la principale difficulté sera de choisir le signifiant le plus adapté. En effet, les oracles ne comportent pas toujours de carte « consultant », et même lorsqu’ils en ont une, elle ne représente pas nécessairement le consultant de manière personnalisée (selon les critères physiques et/ou émotionnels appropriés). Il faut alors bien réfléchir pour trouver la carte qui incarnera le mieux le consultant.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 11 juillet 2011. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

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