Cartomancie

Une Bougie dans l'Obscurité

Une Bougie dans l'Obscurité

Tirage spécial Imbolc/Candlemas mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
En pleine obscurité hivernale, Imbolc/Candlemas prend la saison à contrepied en célébrant la lumière, la nouveauté, tout ce qui a trait à la création et aux nouvelles initiatives. Cette flamme créatrice qui éclaire l'obscurité est rassurante pour les êtres plongés dans les ténèbres de l'hiver, saison au cours de laquelle les jours sont les plus courts. Dans la Roue de l'Année, elle célèbre d'ailleurs la naissance du Dieu, d'où les notions de nouveauté et de création qui lui sont associées.

Pour « appeler » la lumière à revenir et trouver des réminiscences du soleil au cœur de l'hiver, il est coutume d'allumer des bougies pour fêter ce sabbat. Le feu, en plus d'être source évidente de lumière, symbolise également l'énergie vivace et créatrice qui donne la vie, certes, mais aussi l'énergie de l'intelligence et de l'esprit raisonné, propice au développement des connaissances et de l'intelligence. Imbolc est donc le moment idéal pour acquérir de nouvelles connaissances et se construire peu à peu de l'expérience. En effet, le Dieu qui vient de naître n'est encore qu'un enfant et il a encore tout à apprendre. Il se présente donc pour un nouveau cycle de vie, vierge de toute expérience. À son image, on entame un nouveau cycle de développement, surtout en termes de connaissances et de nouveaux acquis. Le moment est alors propice à l'étude et à la mise en place de ce que l'on souhaite nourrir et voir grandir dans le futur.

Le tirage original présenté ici met en avant ces éléments, souvent relégués au second plan lorsqu'on pense à Imbolc. Les lames sont étalées selon un schéma qui rappelle une chandelle qui symbolise l'évolution de l'ancien cycle au nouveau. Ainsi, le consultant voit d'abord un aperçu de ce qui a déjà accompli et des acquis qu'il possède et qui lui seront utiles dans le cycle qu'il s'apprête à entamer, puis de ce qu'il va développer, grâce au travail intellectuel qu'il fournira et aux expériences qu'il connaîtra. Il verra aussi de quelle manière ces changements vont l'affecter, en surface comme en profondeur. Pour terminer, il aura un panorama de ce qu'il pourra faire de ces nouvelles connaissances et de la manière dont elles éclaireront son esprit.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire quatorze cartes que l'on dispose comme suit :

Une Bougie dans l'Obscurité

 

Lecture et interprétation
Comme on peut le voir sur le schéma ci-dessus, le tirage se compose de plusieurs parties.

La première, composée des lames 1 à 5, représente la soucoupe sur laquelle se tient la bougie. Il s'agit en quelque sorte d'un socle sur lequel l'évolution du consultant va s'appuyer. Les cartes qui composent la soucoupe montrent ce qu'il a déjà acquis et les compétences (intellectuelles ou non) qui lui serviront au cours du nouveau cycle qu'il entame. Les cartes se lisent par ordre chronologique (de 1 à 5), comme si elles racontaient une histoire.

La deuxième partie comprend les lames 6 à 9 et représente le corps de la chandelle. La bougie n'est autre que les connaissances que l'on s'apprête à acquérir et les compétences que l'on va développer. Comme pour la soucoupe, les lames se lisent par ordre chronologique (de 6 à 9), comme si elles racontaient une histoire.

La troisième partie n'est composée que de deux lames (10 et 11). C'est la cire qui coule le long de la chandelle. Les deux lames montrent la manière dont le consultant sera affecté par ces nouveaux acquis. La lame 10 renseigne sur les transformations visibles que le consultant connaîtra, celles qui s'exprimeront en surface et que l'on remarquera de l'extérieur. La lame 11 quant à elle montre les transformations profondes qui s'opéreront en le consultant grâce à ses nouveaux acquis.

Enfin, la quatrième et dernière partie du tirage est la flamme de la bougie. Celle-ci indique en quoi l'esprit et l'intelligence du consultant se trouvent éclairés par les connaissances et les expériences nouvellement acquises. Elle donne également un aperçu de ce qu'il accomplira, de ce qu'il mettra en marche ou créera grâce à ces nouvelles forces. La flamme est composée des lames 12 à 14, la 14 représentant l'accomplissement le plus important.

 

Outils à privilégier
Ce tirage peut se faire avec n'importe quel tarot ou oracle du moment que l'on est à l'aise avec le support. Comme il est ici question de changement et de transformation, on peut par exemple tout à fait envisager d'utiliser par exemple le « Oracle of the Shapeshifters », mais également privilégier les jeux à connotation néo-païenne.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 02 février 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Coffret

Rachel Pollack, le "tarot de Marseille"... et les éditions Trédaniel!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

CoffretCet article n'est pas une présentation de jeu, pas plus qu'il ne salue l'initiative d'une maison d'édition, bien au contraire. Mieux vaut prévenir d'emblée : il s'agit d'une mise en garde. Lecteurs, attendez-vous donc dans les lignes qui suivent à trouver ma (très) mauvaise humeur, qui se traduit parfois par un discours cinglant. Vous voilà prévenus !

Je tiens à attirer ici l'attention sur la parution d'un coffret (cartes + livre) tout à fait honteux, tant le travail de l'éditeur relève de l'amateurisme. L'autre jour, une amie m'a signalé avoir vu dans la boutique de l'éditeur un coffret pour le moins incohérent. Voulant en savoir plus et pourquoi pas avoir accès au contenu de la chose, je me rendis à mon tour là-bas, et quelle ne fut pas mon incompréhension lorsque je découvris que la chose défie l'entendement et le bon sens le plus élémentaire !

En effet, la maison d'édition Trédaniel vient de sortir (chez eux, car d'après Amazon la parution de la chose est prévue pour mai 2014) un coffret, très joli esthétiquement parlant, intitulé Le Tarot de Marseille. La boîte contient un livre rédigé par l'admirable Rachel Pollack, internationalement reconnue dans le monde du tarot comme étant l'une des meilleures spécialistes, ainsi qu'un jeu de cartes. C'est là que la profonde déception – oserais-je dire la colère ? – intervient. Si le tout semble alléchant de prime abord, la réalité est tout autre ! Qui connaît vaguement les travaux de Rachel Pollack trouvera d'abord étrange de la voir écrire sur le tarot de Marseille, elle à qui l'on doit une belle série d'ouvrages sur... le Rider-Waite Smith tarot ! Mais nul besoin d'aller si loin dans la réflexion puisque l'habillage graphique du coffret traduit lui-même l'énorme bourde de l'éditeur : sur la boîte figurent bel et bien des cartes provenant du Rider-Waite Smith tarot, et non du tarot de Marseille comme annoncé par le titre ! D'emblée, on trompe le client sur le contenu...

Si les aberrations s'arrêtaient là, on pourrait accorder le bénéfice du doute à la maison d'édition et penser à une méprise... mais pas du tout ! Une fois le coffret ouvert (les exemplaires de démonstration sont très pratiques !), un rapide examen du jeu de cartes fourni confirme la crainte qui planait jusqu'alors : le jeu est bien le Rider-Waite Smith tarot original, mais l'édition présentée ici est la traduction d'AGMÜller qui, on le sait, est erronée ! Et encore un mauvais point pour l'éditeur ! Non seulement cette traduction – la seule existant sur le marché français – ne transcrit pas les multiples différences séparant le Waite du Marseille, mais en outre elle fait un mélange incohérent entre certaines appellations des lames : pourquoi ne pas admettre que dans le système Waite, il n'y a pas de Papesse mais une Grande Prêtresse, pas plus qu'il n'y a de Pape mais un Hiérophante, etc., d'une part, mais traduire « the Tower » (arcane XVI) par « la Tour » et ne pas aller au bout du copier-coller avec le Marseille ? Le jeu tel qu'il est publié en France, que ce soit dans ce coffret ou en dehors, n'est pas conforme à la tradition Waite, qui se démarque du tarot de Marseille par des symboles marquant une différence sans équivoque par rapport à son cousin français ! Il est tout simplement scandaleux que des éditeurs soi-disant spécialisés en ésotérismes ne tiennent pas compte de ces divergences fondamentales alors qu'ils en ont tout à fait conscience !

Quant au livre, il est lui aussi très révélateur. Loin de moi l'intention de remettre en question l'expertise de Rachel Pollack, bien au contraire. En revanche, nul besoin de s'interroger longtemps sur la méticulosité ou l'honnêteté intellectuelle de l'éditeur. L'ouvrage contenu dans le coffret est intitulé Tarot dans la version originale du coffret, publiée en allemand. La version originale du produit, elle, ne trahit ni le travail de Rachel Pollack ni la nature du jeu. L'édition française, en plus de mentir sur le contenu, porte préjudice aux écrits de l'auteur. D'abord par une traduction pauvre, qui montre de manière flagrante que l'on n'a pas pris la peine de tenir compte des particularités de la tradition ésotérique dont il est question, mais aussi en essayant de faire croire à l'acheteur que ce qu'il lit s'applique au tarot de Marseille alors qu'il n'en est rien !

Vous l'aurez compris, ce coffret – dans son édition française – n'est autre qu'un tissu d'âneries à cause de la négligence (ou du manque d'honnêteté intellectuelle ?) de l'éditeur, qui n'hésite pas à mentir sur son contenu et qui a produit un travail fort peu scrupuleux. Au risque de me répéter, je précise à nouveau que je ne remets nullement en cause le travail remarquable de Rachel Pollack. Ici, elle est plus victime qu'autre chose, d'une mauvaise utilisation de ses écrits.

Il est tout simplement honteux de trouver pareil coffret. Comme (trop) souvent, le monde de l'édition ésotérique n'hésite pas à prendre les gens pour des imbéciles qui, par crédulité, vont gober tout ce qu'on leur mettra sous la dent sans broncher, pour peu que l'emballage soit séduisant ! Pourquoi ne pas appeler un chat un chat et s'entourer de personnes compétentes, qui connaissent ces traditions, pour faire les choses bien ? Par peur que les acheteurs soient « perdus » ? À force de prendre les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont, on finit soi-même par passer pour le fumiste que l'on croit déceler en ses cibles !

Inutile de dire que je ne recommande en rien l'achat de ce « machin », même pour quelqu'un qui souhaiterait découvrir le Waite. En effet, cela reviendrait à encourager les éditeurs à continuer dans cette voie et à récidiver ! Par ailleurs, je ne supporte pas que l'on manque ainsi de respect à un auteur fort compétente et qu'on la fasse mentir !

Lorsqu'on voit comment fonctionne l'édition spécialisée en ésotérisme en France, on ne se demande plus pourquoi les personnes vraiment intéressées par certains domaines (ré)apprennent l'anglais pour aller se fournir outre-Manche et outre-Atlantique !

 

N.B. : le visuel présenté ci-dessus est celui du coffret allemand, paru en 2011. L'éditeur français a reproduit le même objet. Seuls le titre et la langue changent.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 13 janvier 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Les Treize Merveilles de Yule

Les Treize Merveilles de Yule

Tirage spécial Yule mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Yule est déjà là, et avec lui vient le jour le plus court de l'année. C'est le moment de la renaissance du Dieu et donc du Soleil puisqu'à partir du solstice d'hiver les jours rallongent. La lumière gagne alors le combat contre l'obscurité et la nature, malgré la saison hivernale qui débute, prépare son réveil durant son repos. Yule est une saison de festivités au cours de laquelle il est coutume de célébrer ce que la Nature nous a apporté tout au long des saisons et de lui faire honneur en se réunissant pour festoyer autour des denrées qu'elle nous a offertes et qui nous aident à subsister durant cette période glaciale. Pour contrebalancer la froideur de la saison, l'heure est donc au partage de bons moments dans une ambiance chaleureuse, faite de parfums d'épices, de feux de cheminée, de lumières de bougies et de boissons chaudes. L'un des ornements traditionnels phares de ce sabbat est la bûche de Yule, que l'on va habituellement chercher en forêt, que l'on ramène chez soi et que l'on décore de petits sujets, de couronnes et de bougies. Cette bûche de sapin trône au centre de la table et, par ses aiguilles perpétuellement vertes, rappelle la verdure de la Nature endormie en symbolisant une sorte de continuité de la vie.

De nos jours, on trouve plusieurs réminiscences de cette bûche au cours des festivités de Noël. La première est bien sûr la bûche que l'on déguste traditionnellement en dessert sous forme de gâteau, et la seconde prend la forme du sapin que l'on décore et au pied duquel on dépose les cadeaux pour le plus grand bonheur de tous.

 

Le tirage
Le tirage spécial Yule présenté ici fait le lien entre l'ancienne tradition de la bûche décorée et celle plus moderne du sapin orné de guirlandes, de boules et de bougies factices. Ainsi, l'étalement des cartes rappelle la forme d'un sapin afin de présenter ce que j'ai appelé les treize merveilles de Yule car les treize cartes représentent les belles choses que les douze mois écoulés ont apportées au consultant, les choses qu'il a acquises et sur lesquelles il pourra s'appuyer pour la suite de son parcours. Quelles qu'elles soient, ce que montrent les cartes dans ce tirage sont des choses qui se révéleront positives pour le consultant sur le long terme.

 

Procédure
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire treize cartes que l'on dispose comme suit :

Les Treize Merveilles de Yule

 

Lecture et interprétation
Les treize lames de ce tirage symbolisent les treize merveilles que les douze derniers mois ont apportées au consultant. Par conséquent, même s'ils ont été vécus difficilement par le consultant, tous les événements décrits par ces cartes se révéleront en réalité positifs et moteurs d'heureux changements qui surviendront dans l'existence du consultant. Les douze premières lames correspondent chacune à un mois de l'année tandis que la dernière, au sommet du sapin, fait office d'étoile et montre au consultant le chemin à suivre pour aborder sereinement la suite de son parcours de vie et de quelle façon il se servira des merveilles décrites par les douze premières lames. Ainsi, chaque carte est lue comme suit :

Lame 1 : la merveille de janvier passé.

Lame 2 : la merveille de février passé.

Lame 3 : la merveille de mars passé.

Lame 4 : la merveille d'avril passé.

Lame 5 : la merveille de mai passé.

Lame 6 : la merveille de juin passé.

Lame 7 : la merveille de juillet passé.

Lame 8 : la merveille d'août passé.

Lame 9 : la merveille de septembre passé.

Lame 10 : la merveille d'octobre passé.

Lame 11 : la merveille de novembre passé.

Lame 12 : la merveille de décembre en cours.

Lame 13 : l'étoile, la lumière guidant le consultant et lui montrant de quelle manière il se servira de toutes ces merveilles.

 

Remarques
Normalement, les cartes tirées devraient chacune se suffire à elles-mêmes au niveau de leur signification. Cependant, en cas de difficulté ou d'incompréhension totale de certaines lames, il convient bien entendu de les couvrir afin d'obtenir de plus amples précisions.

S'il est difficile d'envisager certaines cartes de manière bénéfique pour le consultant, ce tirage demande néanmoins de se détacher des absolus positif/négatif si l'on veut rendre la lecture des lames pertinente. En effet, il faut parfois regarder les choses sous un autre angle et envisager la possibilité que certaines difficultés peuvent se révéler comme étant d'incroyables « coups de pouce » au final ou des moteurs de notre existence... et donc avoir, à long terme, des retombées bénéfiques pour le consultant !

 

Outils à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec n'importe quel support, qu'il s'agisse d'un tarot ou d'un oracle. On cherchera certainement à privilégier les jeux dépeignant une atmosphère féerique ou hivernale, mais tous les jeux sont éligibles selon ce sur quoi on désire mettre l'accent.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 21 décembre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Tirage spécial recherche de logement

Tirage spécial recherche de logement

Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Objet
Évaluer les potentiels d'un lieu de vie, qu'il s'agisse d'une ville où l'on souhaite habiter, d'un appartement ou d'une maison.

 

Procédure
Se concentrer sur la ville ou le logement que l'on vise. Après avoir mélangé et coupé le jeu, tirer cinq cartes que l'on dispose comme suit, à commencer par le Signifiant :

Tirage spécial recherche de logement

 

Lecture et interprétation
La première lame positionnée est le Signifiant. Celui-ci représente le lieu de vie tel qu'il est, indépendamment de ce qu'en attend le consultant et de ce qu'il y projette.

La lame 1 représente ce que recherche le consultant.

La lame 2 est ce que sera le lieu de vie dont il est question pour le consultant.

La lame 3 montre le confort que le consultant trouvera dans ce logement ou dans cette ville.

La lame 4 évoque le bonheur que le consultant y connaîtra.

 

Remarques
Il est possible de couvrir certaines lames si leurs significations restent incomplètes dans le contexte examiné. Cependant, on éviter autant que possible de couvrir le Signifiant, qui fait office de point de repère central dans le jeu.

 

Outils à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot qu'elle que soit la tradition à laquelle il est rattaché ou avec n'importe quel oracle. Pour les jeux Lenormand, on veillera cependant à observer les techniques de lecture qui leur sont particulières. Ainsi :

Avec le Grand Lenormand, on ne lit du Signifiant que le grand sujet. Pour les lames 1 et 4, on tient compte à chaque fois du grand sujet ainsi que du petit sujet de droite. Pour les lames 3 et 2, on tient compte également du grand sujet à chaque fois, mais aussi du petit sujet de gauche.

Avec le Petit Lenormand, on couvre obligatoirement les lames 1, 2, 3 et 4, mais pas le Signifiant. Celui-ci sert de point de repère pour chaque paire de cartes, qui sera lue à sa lumière.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 28 novembre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Les enfants et les cartes: comment répondre à leurs questions?

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Faut-il ou non répondre aux interrogations des enfants lorsqu'ils se montrent curieux de savoir à quoi servent les cartes que nous utilisons ? Voilà une question qui fait débat en matière de cartomancie, car elle ne laisse personne indifférent ! Dès lors qu'elle est posée, impossible de l'ignorer. Plusieurs options s'offrent alors : soit on indique que ce sont « des choses de grandes personnes » et que « les cartes, ce n'est pas pour les enfants », soit on essaie de répondre en expliquant brièvement à l'enfant en quoi cela consiste. Quelle solution choisir ?

En premier lieu, il faut tenir compte d'un point essentiel : en posant des questions, l'enfant fait preuve de curiosité et d'un intérêt certain potentiel pour la discipline. S'il est impossible d'affirmer où cette curiosité le mènera, il n'est pas acquis pour autant qu'il souhaitera pratiquer par la suite... tout comme il n'est pas dit qu'il ne voudra pas approfondir ! La curiosité – bien placée ! – est un gage d'esprit, et il serait dommage de frustrer un enfant qui s'interroge ! Si la curiosité est forte, cela ne ferait que le pousser à aller chercher des réponses par lui-même, et qui sait ce qu'il pourrait trouver ou ce qu'on pourrait lui dire... Ne pas répondre à ses questions peut l'exposer à certaines formes de dangers ou développer des superstitions. Et ceci n'est, bien sûr, pas une approche saine des choses.

Ne vaut-il pas mieux qu'il découvre les choses dans un cadre sécurisé et sécurisant, au fur et à mesure de l'évolution de son intérêt pour les cartes ? Par ailleurs, lui répondre simplement que « ces choses-là ne sont pas pour [lui] » aura au final un effet inverse à celui recherché : au lieu de le « protéger » – de quoi, d'ailleurs ? –, on va créer en lui des craintes voire des peurs plus tenaces qu'on ne l'imagine, car ce qui n'est « pas pour les enfants » est nécessairement dangereux, répréhensible ou choquant. Or, telle est l'image de la cartomancie que l'enfant risque de se construire... et ce n'est pas le but de la manœuvre !

 

Lorsqu'un enfant me pose des questions sur mes cartes, j'y réponds le plus honnêtement possible en donnant des explications simples... mais pas simplistes ! Très souvent, les enfants demandent d'abord si ce sont des cartes « pour jouer », car ils les trouvent belles et sont attirés par les « jolis dessins » qu'ils y voient. Je leur explique alors que ces cartes-ci ne servent pas à jouer, mais plutôt à montrer à celui qui les consulte l'histoire de sa vie ou d'une partie de sa vie. Je leur montre quelques cartes pour leur faire comprendre de quelle manière elles reflètent les événements de la vie. Immanquablement, je suis épatée par la justesse de leurs remarques ! En leur demandant de me décrire la carte et de me dire ce qui arrive au personnage, je m'aperçois à chaque fois qu'ils en saisissent sans trop d'efforts les significations et implications. Au fil des lames, je fais en sorte qu'ils participent à la reconstitution de l'histoire qui se dessine sous leurs yeux.

Les enfants ont une facilité naturelle à faire la relation entre une illustration et les messages qu'elle véhicule car ils sont habitués aux livres d'images. Ce type de métaphore permet donc de rattacher les cartes divinatoires à quelque chose qui leur est déjà familier.

Ensuite, il n'y a qu'un pas à faire pour leur expliquer de quelle manière un jeu de cartes peut raconter l'histoire de chacun. Ainsi, l'enfant comprend les grands principes de la cartomancie de façon rationnelle, sans qu'il y ait besoin d'avoir recours à des effets de manche douteux. Les enfants sont un public jeune, certes, mais surtout très exigeant. Aussi, il est inutile de leur mentir ou de détourner leur attention, car cela ne ferait qu'entacher la confiance qu'ils peuvent avoir en les adultes. À mon sens, il est donc important de répondre à leurs questions autant que faire se peut.

Il est possible que leur intérêt ne soit que ponctuel et passager, tout comme il se pourrait qu'il soit le début d'une grande passion. Dans les deux cas, ils finiront par confronter les informations obtenues dès leur plus jeune âge à celles qu'ils trouveront ailleurs plus tard. Bien encadrés, ils seront un minimum armés pour faire la différence entre les informations fiables et celles qui ne le sont pas. Mal informés, ils seront en proie à toutes les superstitions et aux charlatans, incapables de se montrer critiques par rapport à ce qu'ils entendront ou liront.

 

Chaque fois qu'un enfant me pose des questions sur mes cartes, j'y réponds donc, en essayant de rattacher mes pratiques à des choses qu'il connaît déjà. Si possible, je lui montre un jeu qui exploite l'univers des contes de fées pour illustrer mon propos, car il connaître à coup sûr quelques-unes des histoires auxquelles il est fait allusion et pourra ainsi mieux établir les connexions entre la carte et ses significations.

Bien sûr, je ne suis pas en train de dire qu'il faille automatiquement enseigner à un jeune enfant comment se servir des cartes ! Je garde néanmoins en tête le fait que j'ai moi-même commencé assez tôt et que cela m'a certainement beaucoup aidée à assimiler le langage des cartes de façon naturelle et à l'intégrer. Aussi, si un enfant manifeste une attirance très prononcée pour cette discipline, alors il est toujours possible de l'y initier sous forme de jeu. Ensuite, si l'intérêt persiste, on peut très progressivement commencer à approfondir les choses à mesure que l'enfant grandit. Cela dit, il est indispensable de veiller à bien encadrer les pratiques en associant à l'aspect technique les considérations éthiques qui s'imposent !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 24 novembre 2013. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)