Cartomancie

Bloqué(e) face à un tirage? Pas de panique!

Article rédigé par mes soins. Reproduction interdite.

 

Lorsqu'on lit les cartes, il arrive parfois que l'on se retrouve face à un tirage que l'on ne parvient pas à déchiffrer. Ceci peut être dû à une méconnaissance de son support, certes, mais que l'on se rassure : cela arrive même aux cartomanciens les plus aguerris ! Les raisons sont multiples : esprit non disponible ou préoccupé par autre chose, fatigue intense (physique ou morale), cartes qui en apparence n'ont rien à voir les unes avec les autres ou qui ne semblent pas répondre à la question posée (ou ne reflètent pas la situation explorée), etc. Bien sûr, lorsque cela se produit, ranger ses cartes et faire de nouveau le tirage à un moment plus propice peut évidemment être une solution, mais il existe quelques techniques simples qui permettent de sortir de ce type de difficultés. En voici quelques-unes que vous pourrez tester, combiner et adapter à vos besoins !

 

L'analyse préliminaire
S'il y a une étape à ne jamais négliger dans l'analyse d'un tirage, c'est bien l'analyse préliminaire ! Elle consiste en l'observation minutieuse des cartes présentes dans le tirage, sans pour autant les interpréter. Elle permet notamment de cibler les grandes forces en présence et de voir quelles sont celles qui dominent le tirage et pèsent sur la situation à explorer ou sur la question posée. On peut aussi y déceler celles qui sont totalement absentes, ce qui peut être tout aussi révélateur. Par exemple, si l'on utilise un tarot, il est important de bien en connaître la structure et de bien saisir quels types d'énergies sont attachées aux lames majeures, aux Bâtons, aux Coupes, aux Épées et aux Pentacles. Si l'une ou plusieurs d'entre elles domine(nt) le tirage, alors elle(s) révèle(nt) l'atmosphère qui plane au-dessus de la situation et qui l'influence. Une absence totale ou une faiblesse particulière peut également être porteuse de sens, en cela qu'elle peut dénoter d'un manque, d'une lacune ou d'un déséquilibre qui influe sur la situation. Avec le tarot, il faut également veiller à prendre en compte le nombre de lames droites et de lames renversées. En fonction du sens qui domine, on obtient des informations supplémentaires sur la manière dont les choses se profilent et vont évoluer.

L'Oracle Belline offre également la possibilité de faire ce type d'analyse grâce à sa structure qui le divise en différentes parties dont chacune est régie par une planète astrologique. On regarde alors quelles sont les planètes en présence et l'on détermine lesquelles dominent, sans oublier de tenir compte également des grandes absentes.

Comme on peut le voir, l'analyse préliminaire est une sorte d'aperçu panoramique du tirage et de ce qui attend le consultant. Elle apporte de précieux éléments et permet une première approche du tirage. C'est en quelque sorte un moyen de « débroussailler » l'ensemble et d'entrer dans le tirage avec quelques éléments que l'on gardera à l'esprit au cours de l'interprétation. Cette étape, qui se fait avant toute autre chose, peut sembler laborieuse au départ. Pourtant, elle est assez rapide à effectuer avec un peu d'habitude, et les quelques minutes passées à observer attentivement la structure du tirage obtenu se révèlent d'une grande aide pour la suite. Y revenir lorsqu'on ne parvient pas à déchiffrer un tirage peut aider à débloquer l'analyse.

 

Vérifier que les lames tirées fournissent suffisamment d'informations
Aussi surprenant que cela puisse paraître, il arrive dans certains cas et selon les contextes que les cartes ne donnent que des informations incomplètes (ou qu'elles délivrent des messages figuratifs). Selon les supports, on se rendra compte que certaines cartes nécessitent souvent des précisions supplémentaires. Lorsque c'est le cas, il faut apporter un complément d'information qui enrichira la lecture. Pour ce faire, il est recommandé de couvrir la carte jugée « muette » ou « trop peu bavarde ». On prend alors une carte supplémentaire dans l'éventail qui se trouve devant soi et on la positionne sur la carte originelle. La carte ainsi tirée vient compléter et qualifier la première. Les deux sont alors lues ensemble. La première reste la plus « forte » puisqu'elle correspond au tirage originel tandis que la seconde la précise.

N.B. : couvrir n'est réellement utile que si la première carte ne donne pas suffisamment d'informations. Avant de couvrir, il faut bien s'assurer que tel est bien le cas et qu'il ne s'agit pas d'un simple défaut de compréhension de la part de l'interprète. En effet, ajouter une difficulté supplémentaire à une difficulté déjà existante ne permet en aucune façon d'y voir plus clair, bien au contraire ! Au début, il est difficile de faire la différence entre manque d'informations et défaut de compréhension, mais avec l'habitude et une bonne connaissance de son support, on y parvient !

 

Laisser « reposer » son tirage quelque temps et y revenir un peu plus tard
Voilà qui mène souvent à y voir plus clair ! Il arrive que l'on manque de recul au moment du tirage, ce qui empêche de faire sens avec les cartes tirées. Laisser le tirage de côté le temps de se changer les idées permet d'avoir un regard neuf quand on y revient, et très souvent de mieux le comprendre. Bien sûr, pour ne pas « fausser » le tirage, il faut d'abord s'assurer que les cartes sorties sont toutes porteuses d'informations suffisantes à la compréhension ! En effet, il est hors de question de laisser de côté un tirage « incomplet » et de le couvrir plusieurs heures, voire quelques jours après, car l'énergie qui était en présence au moment du tirage et celle que l'on a insufflée à celui-ci sont alors perdues...

 

Utiliser un ou plusieurs autre(s) jeu(x) pour ouvrir les perspectives
Cette technique ludique et surprenante permet souvent de « débloquer » la situation lorsqu'on se trouve face à un tirage que l'on ne comprend pas. Elle consiste à prendre un autre jeu de la même tradition que celle de celui que l'on a utilisé au départ et de couvrir le tirage problématique avec les mêmes cartes que l'on prend dans le deuxième jeu. Par exemple, si le Cinq d'Épées pose problème dans le tirage originel, on va chercher le Cinq d'Épées dans le deuxième jeu puis on le place à côté (à la droite) du premier. En procédant ainsi, on enrichit le tirage de départ de la symbolique d'un jeu supplémentaire, qui vient alors compléter les informations fournies par le premier.

Ici, il est important d'opter pour un jeu qui appartienne à la même tradition que le premier. Ainsi, un tarot de tradition Rider-Waite Smith sera nécessairement doublé d'un autre Waite, un tarot de type Marseille d'un autre tarot de type Marseille, etc. Cet aspect est très important car il s'agit de comparer plusieurs traitements d'un même langage symbolique, de la même manière que l'on traduirait un texte dans une autre langue, car les cartes sont composées d'éléments de langage : la signification est la même, mais la manière de l'exprimer diffère et les propos sont nuancés.

Cette technique conviendra particulièrement bien aux collectionneurs qui, par définition, ont plus d'un jeu dans leur tiroir ! Selon l'envie, on pourra choisir de doubler le premier jeu d'un autre qui exploite le même type d'univers, ou au contraire de le compléter par un jeu traitant d'une thématique totalement différente. Par exemple, si l'on couvre un jeu à thématique féerique par un autre jeu s'inscrivant dans la même thématique, on reste dans le même univers mais on en compare deux traitements différents. On aura alors un point de vue complémentaire sur le tirage, qui s'exprimera au moyen d'images qui utiliseront un système symbolique proche de celui de premier jeu, y compris en termes de façon de concevoir le Monde. En revanche, si l'on a opté pour un jeu (par exemple) à thématique mythologique, il sera très intéressant de changer le point de vue du tirage en le couvrant par un autre jeu à thématique mythologique, mais qui fera référence à un autre système mythologique. Le but n'est pas de trouver des équivalences strictes mais d'observer les différentes visions du Monde véhiculées par les jeux utilisés et de voir en quoi chacune vient enrichir la lecture.

Il est également tout à fait possible d'utiliser des jeux qui n'ont rien à voir en termes de thématique. Ils ne feront qu'amplifier les différents points de vue qui peuvent s'exprimer au sein d'une même tradition cartomantique.

Bien sûr, cette technique est applicable a priori à tous les supports du moment qu'ils bénéficient de plusieurs versions. Par exemple, on peut comparer les versions du Petit Lenormand, celles de l'Oracle Belline ou du Rider-Waite Smith tarot, car chacune présente des particularités qui lui sont propres. Ce type de procédé sera plus ardu avec le tarot de Marseille, qui apparaît comme étant un support plus « fixe » dont les réécritures et les réinterprétations sont plus rares. Elles existent, mais en nombre plus réduit que pour le Waite. Il faut donc se montrer attentif si l'on souhaite utiliser cette technique avec cette tradition.

 

Les astuces présentées ici sont d'une efficacité redoutable et permettent de venir à bout de n'importe quel blocage. Pour se faire une idée de celle(s) qui fonctionne(nt) le mieux pour soi-même, rien de mieux que de les tester. Avec la pratique, on se rendra compte que certaines nous conviennent mieux que d'autres, ou encore que certaines sont plus ou moins appropriées selon le support que l'on utilise.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 30 septembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

La Prison de Mabon

La Prison de Mabon

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Tirage spécial Mabon mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
C'est assez récemment que le dieu Mabon, fils de Modron dans la mythologie galloise, a donné son nom au sabbat qui célèbre l'équinoxe d'automne. Présenté comme étant l'homme le plus ancien que le monde porte, il est notamment le dieu de l'éternelle jeunesse et associé aux dieux solaires des autres traditions celtiques.

Selon la légende relatée dans le Mabinogion, il est enlevé à sa mère Modron (elle-même une incarnation de la Déesse Mère) alors qu'il n'est âgé que de trois nuits. Emmené dans un lieu dont nul n'a connaissance, personne ne sait rien sur sa disparition, pas même s'il est mort ou vif. Dans le conte narrant la quête de Culhwch pour conquérir sa bien-aimée Olwen, Culhwch se soumet à une série d'épreuves dont chacune lui permet d'accomplir la suivante. L'une de ces épreuves consiste à retrouver Mabon et à le libérer de l'endroit où il est supposément retenu prisonnier. Aidé par le roi Arthur et ses chevaliers, Culhwch interroge successivement plusieurs animaux. Chacun avoue ignorer où Mabon est emprisonné, et ne pas même savoir s'il est vivant ou non et renvoie Culhwch et ses compagnons vers un animal plus ancien que lui qui serait susceptible de les renseigner. Mabon est en effet l'homme le plus ancien que porte le monde car il était là avant tous les autres, et seul l'animal le plus ancien peut avoir connaissance de ce qui s'est passé. La troupe arrive enfin face au Saumon de Llyn Llyw, qui les mène à la prison où est retenu Mabon, en un lieu identifié comme étant Gloucester. En arrivant au pied de la prison, Culhwch et ses compagnons entendent des lamentations. Lorsqu'ils demandent qui se lamente, Mabon s'identifie. Les compagnons engagent la bataille et le libèrent.

Symboliquement, Mabon est né deux fois : la première fois de sa mère Modron, et la deuxième lors de sa libération par Culhwch. Bien qu'il soit un dieu, il aide les humains avec qui il entretient des relations paisibles. En cela, il se situe à cheval sur les deux Mondes (divin et humain), à l'image de ce qui se passe lors de l'équinoxe d'automne dont il est tardivement devenu un symbole. En effet, lui qui représente la lumière est enlevé pour être retenu dans une prison souterraine, et donc dans l'obscurité. Ici comme lors de l'équinoxe, les ténèbres l'emportent sur la lumière car elles l'atténuent.

Durant sa longue captivité, Mabon est emprisonné dans une prison souterraine et donc dans l'obscurité, qu'il est contraint à côtoyer et à accepter. Ce tirage introspectif spécialement créé pour l'équinoxe d'automne propose à chacun d'explorer sa propre part d'obscurité et de se libérer de la prison que constitue la peur qu'il suscite.

 

Le tirage
Après avoir mélangé puis coupé le jeu, on tire onze cartes que l'on dispose comme suit :

La Prison de Mabon

 

Lecture et interprétation
La lame 1 représente le consultant au sein de sa prison et la façon dont il appréhende ses propres ténèbres. Cette carte évoque Mabon enfermé dans sa prison de Gloucester et l'obscurité dans laquelle il a été plongé pendant sa très longue captivité.

Les lames 2, 3 et 4 sont le toit de la tour crénelée où est retenu Mabon. Elles montrent ce qui empêche le consultant d'harmoniser lumière et obscurité et les raisons pour lesquelles il a peur de son côté obscur.

Les lames 5 et 6 sont le premier mur de la prison. Elles mettent en évidence les difficultés que rencontrera le consultant au cours de son introspection.

Les lames 7 et 8 sont le deuxième mur de la prison. Elles illustrent les aides que recevra le consultant dans son introspection, les ressources personnelles dans lesquelles il ira puiser en vue de se « réconcilier » et d'accepter sa part d'obscurité.

Les lames 9, 10 et 11 forment le sol de la prison. Elles sont la manière dont le consultant peut apprivoiser ses propres ténèbres et harmoniser ombre et lumière au sein même de son être. Elles représentent ce qu'il tirera de son introspection. La lame 9 est ce qu'il est conseillé au consultant de mettre en œuvre pour y parvenir. La lame 10 est le point d'ancrage qui le lie à la fois à sa part de lumière et à sa part d'obscurité, ce à quoi il peut se rattacher pour conserver le subtil équilibre. La lame 11 prolonge la lame 10 en dépeignant ce que le consultant en tirera et en mettant en valeur les forces qui se développeront en lui grâce à cela. Elle est l'ouverture et constitue une forme de synthèse.

 

Remarques
Ce tirage en forme de tour crénelée fait référence à la prison dans laquelle Mabon est retenu captif. Au niveau de la structure, on remarque que le consultant est placé au centre et donc à l'intérieur des murs de la tour pour évoquer de quelle manière il se sent prisonnier de son côté obscur qu'il n'a pas encore réussi à « apprivoiser ». Le toit est ce qui l'empêche de voir la lumière, mais aussi ce qui provoque l'introspection puisque privé de lumière, il n'a pas d'autre choix que de s'y confronter. Les deux murs sont d'une part ce qui le retient et d'autre part ce qui le libère. Le sol représente quant à lui de manière plutôt logique ce qui permet au consultant de trouver un équilibre en trouvant un solide point d'ancrage.

On reprend donc la trame de la légende et sa portée symbolique en mettant en valeur le parfait équilibre entre lumière et obscurité que le consultant peut établir en lui-même de la même façon que le jour et la nuit sont équivalents lors de l'équinoxe d'automne. En cherchant à se réconcilier avec son côté sombre à ce moment de l'année, le consultant réactualise un mythe à titre personnel, en accord avec les cycles naturels du Monde.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec n'importe quel tarot ou oracle. Cependant, compte tenu de la thématique du tirage et de la légende dont il s'inspire, les jeux qui mettent à l'honneur les traditions celtiques sont particulièrement préconisés. Si l'on veut rester au plus près de l'univers gallois et du Mabinogion, on se tournera volontiers vers le « Llewellyn Tarot » de Anna-Marie Ferguson qui, comme son nom l'indique explore la mythologie galloise, et ce de façon admirable. La légende arthurienne, dont fait largement partie le Mabinogion, est également remarquablement mise à l'honneur toujours par Anna-Marie Ferguson dans « Legend: the Arthurian Tarot ».

Ces recommandations ne sont bien sûr en rien limitatives. Elles permettent seulement de profiter pleinement du tirage et du sabbat avec des outils qui leur sont particulièrement adaptés. Ce tirage peut tout à fait être effectué avec n'importe quel jeu du moment qu'il plaît au consultant. On essaiera toutefois autant que faire se peut de privilégier des jeux qui favorisent l'introspection et la connaissance de soi.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 21 septembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Le Séjour Souterrain de Perséphone

Le Séjour Souterrain de Perséphone

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Tirage spécial Mabon mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Mabon est une fête souvent méconnue malgré ses multiples richesses. À travers ce tirage, j'ai voulu mettre à l'honneur un aspect souvent délaissé bien qu'il soit parmi les plus intéressants de ce sabbat. Mabon est l'équinoxe d'automne et marque l'entrée dans la période sombre de l'année, qui perdure jusqu'à Ostara. Lors de l'équinoxe, le jour et la nuit sont équilibrés car équivalents en termes de durée et l'on se prépare à la domination de l'obscurité sur la lumière puisqu'à partir de ce point les nuits seront plus longues que les jours. La période est donc propice à la méditation et à l'introspection : on rend hommage à l'obscurité en explorant notamment les aspects cachés de sa personnalité, ce qui inclut le fait de se pencher sur la part de ténèbres que chacun porte en soi. Voilà qui peut effrayer, car se confronter à ce que l'on a en soi de plus sombre n'est jamais facile. Pourtant, c'est un exercice très enrichissant qui permet d'apprendre à mieux se connaître.

Cette tradition est largement illustrée dans diverses mythologies, et notamment dans la mythologie grecque où Perséphone, fille de la déesse de la terre Déméter, est enlevée par Hadès qui l'emmène avec lui dans son royaume souterrain pour en faire la reine des Enfers à ses côtés. Jeune fille d'une grande beauté, Perséphone est convoitée par Hadès, qui règne sur les Enfers. Alors qu'elle est occupée à cueillir des narcisses, celui-ci en profite pour l'enlever et l'emmener de force avec lui dans son royaume souterrain où il compte en faire son épouse. Dévastée par le chagrin, Déméter refuse désormais de rendre la terre fertile, provoquant ainsi une pénurie de fruits. Inquiet pour l'avenir et pour les récoltes, Zeus décide d'envoyer Hermès voir Hadès pour lui proposer un marché consistant à libérer Perséphone. Cependant, la jeune fille ayant ingéré des grains de grenades au cours de son séjour dans les Enfers, elle appartient désormais au monde souterrain. Hadès consent néanmoins à un arrangement et autorise sa bien-aimée à retourner à la surface (et donc à la lumière) pendant six mois. Au terme de cette période, elle doit redescendre et le retrouver. Le marché est conclu et Perséphone accepte son rôle de reine des Enfers. C'est ainsi qu'à chaque équinoxe d'automne, elle retourne auprès de son époux et remonte des Enfers à chaque équinoxe de printemps. C'est de cette façon que les deux grandes saisons de l'année se mettent en place : de l'équinoxe de printemps à l'équinoxe d'automne, les jours sont plus longs que les nuits, tandis que de l'équinoxe d'automne à l'équinoxe de printemps, ce sont les nuits qui sont plus longues que les jours.

Le tirage présenté ici reprend la trame de la descente de Perséphone aux Enfers afin d'aider le consultant à « se réconcilier » avec ses propres ténèbres. Les principaux éléments de la légende sont repris et leur symbolique nourrit les différentes positions des lames dans le tirage.

 

Le tirage
Après avoir mélangé puis coupé le jeu, on tire treize lames que l'on dispose comme suit :

Le Séjour Souterrain de Perséphone

 

Lecture et interprétation
Les lames 1, 2 et 3 dépeignent Perséphone et les narcisses qu'elle cueille innocemment juste avant de se faire enlever par Hadès. Elles sont ce que le consultant refuse de voir, ce par rapport à quoi il est insouciant. La lame 1 représente le consultant tel qu'il est au moment du tirage, avec la part de lui-même qu'il refoule, consciemment ou non. À sa gauche, la lame 2 indique pourquoi il craint de regarder en face cet aspect de sa personnalité. À sa droite, la lame 3 révèle le type de difficultés qu'il rencontre à gérer sa propre part d'obscurité. 

Les lames 4 et 5 représentent la descente de Perséphone dans le monde souterrain. Elles reflètent ce qui pousse le consultant à faire son introspection, ce qui l'attire vers ses ténèbres. La lame 4 est la raison pour laquelle il décide de plonger dans son obscurité et la lame 5 est ce qu'il pense trouver au cours de ce voyage. Cette carte peut tout à fait exprimer son appréhension, sa motivation ou ce qu'il espère y découvrir.

Les lames 6 et 7 illustrent le séjour souterrain de Perséphone. Elles sont l'introspection à proprement parler et évoquent ce que le consultant va trouver au plus profond de lui-même. Ces deux cartes sont à lire ensemble car elles montrent l'aspect le plus proéminent de la partie obscure du consultant, ce qui prédomine au moment où il fait le tirage. Ainsi, la lame 6 révèle ce que le consultant trouve au cœur de son côté obscur et la lame 7 lui ouvre les yeux sur ce qu'il encourt s'il n'apprend pas à l'apprivoiser et à l'intégrer ou s'il continue de refuser de l'accepter comme faisant pleinement partie de lui-même.

Les lames 8 et 9 sont l'ascension, le retour de Perséphone vers la surface. Elles représentent donc les solutions trouvées par le consultant et celles qui s'offrent à lui pour l'aider à gérer son obscurité et se réconcilier avec cet aspect-là de lui-même. Chacune des deux cartes présentent un conseil au consultant et lui montrent le chemin à suivre.

Les lames 10, 11 et 12 sont la sortie du monde souterrain et marquent le retour à la surface de celle qui est désormais la reine des Enfers. Elles mettent en lumière ce que le consultant a « gagné » à travers son introspection, mais aussi la manière dont il réussira à apprivoiser son obscurité grâce aux conseils prodigués par les cartes qui composent l'ensemble du tirage. Ces trois lames sont le retour à la lumière qui se fait à la sortie de l'hiver, c'est-à-dire à Ostara. Si les lames 1, 2 et 3 montraient le consultant à Mabon, celles-ci le dépeignent tel qu'il sera à la fin de son introspection, à Ostara. Elles dressent le bilan de ce que la période sombre aura apporté au consultant. Ainsi, la lame 10 représente le consultant tel qu'il sera à la sortie de son introspection. La lame 11, à sa gauche, lève le voile sur ce qu'il aura acquis, sur la manière dont il aura réussi à « apprivoiser » les aspects de son côté obscur qui auront été mis en avant au cours du tirage. À sa droite, la lame 12 est quant à elle une ouverture sur un élément sur lequel le consultant devra continuer à travailler pour trouver le bon équilibre entre son côté lumineux et son côté obscur. Elle peut tout à fait faire office d'une mise en garde qu'il faudra continuer à garder à l'esprit.

La lame 13 représente les grains de grenades ingérés par Perséphone durant son séjour aux Enfers. Elle évoque donc ce que le consultant garde avec lui de son voyage intérieur. Elle montre de quelle manière la part d'ombre du consultant est nécessairement liée à son identité et en est indissociable. Cette carte est la façon dont il est perpétuellement connecté à son côté sombre. Elle est la voie à suivre et constitue une synthèse.

 

Remarques
Ce tirage est à effectuer à Mabon ou, si l'on veut rester au plus près de la légende de Perséphone, lors de la pleine lune la plus proche de l'équinoxe d'automne. C'est en effet à ce moment-là qu'Hadès enlève la fille de Déméter.

La forme du tirage évoque visuellement la descente et le séjour souterrain. Les lames 1, 2 et 3, de même que les lames 10, 11 et 12 sont situées à la surface et montrent respectivement le consultant avant et après son introspection. Les cartes 4, 5, 6, 7, 8 et 9 sont le parcours du consultant dans sa propre obscurité et reflètent son introspection. La lame 13, située à cheval sur les deux mondes, est une forme de synthèse et montre de quelle manière le consultant réussit à trouver son équilibre et à concilier l'aspect lumineux et l'aspect sombre de lui-même.

Compte tenu de la durée du séjour de Perséphone aux Enfers, le tirage a une portée de six mois (d'un équinoxe à l'autre). Il permet de voir le parcours du consultant durant la période sombre de l'année et d'avoir un aperçu de son évolution par rapport à l'acceptation de son côté obscur tout au long de la domination de la nuit.

 

Supports à privilégier
Ce tirage peut être effectué avec un tarot comme avec un oracle. Si les « classiques » conviennent tout à fait, privilégier les jeux propices à l'exploration de soi et aux introspections apportera un point de vue particulièrement adapté. Par exemple : « Madame Endora's Fortune Cards », « Chrysalis Tarot », « Oracle of the Shapeshifters », « Oracle of Shadows and Light », « The Fairy Tale Tarot » (Lisa Hunt), les « Psycards », et bien d'autres !

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 septembre 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

Rencontre avec un nouveau jeu

Rencontre avec un nouveau jeu

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Tirage mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Objet
Faire connaissance avec un nouveau jeu et évaluer la nature de la relation que l'on aura avec celui-ci.

 

Le tirage
Mélanger les cartes, couper, puis étaler le jeu en éventail devant soi. Tirer huit cartes que l'on dispose comme suit : 

Rencontre avec un nouveau jeu

 

Interprétation
Carte 1 : Qui es-tu ? Présente-toi. La carte tirée illustre la principale caractéristique du jeu. Il s'agit d'une caractéristique qui lui a été attribuée par son(/ses) créateur(/s).

Carte 2 : Quelle va être la nature de notre collaboration ? Cette carte résume la nature du travail, le type d'explorations que l'on fera avec le jeu. Il est donc important de déchiffrer cette carte en regardant quel type de sentiment (apaisement, enthousiasme, inquiétude, etc.) ou de dynamique elle exprime. Y discerne-t-on un sentiment d'apaisement, d'enthousiasme, d'inquiétude, etc., ou y voit-on une relation de confiance, harmonieuse, ou autre ?

Carte 3 : Quelles sont mes attentes envers toi ? Il s'agit de ce que le cartomancien-consultant espère du jeu, ce qu'il souhaite en faire, les espoirs qu'il y place.

Carte 4 : De quelle façon vas-tu m'aider à appréhender mes peurs ? Cette carte évoque la manière dont le jeu va confronter le cartomancien-consultant à ses peurs, ses craintes et ses doutes. Cela se fera-t-il en douceur, ou bien au contraire la confrontation sera-t-elle frontale ? Le cartomancien sera-t-il mis directement en face de ses peurs ou lui seront-elles suggérées ? À travers le jeu, trouvera-t-il des solutions pour les minimiser, les dominer, voire les anéantir ?

Carte 5 : De quelle façon vas-tu m'aider à gérer mes peines ? Les douleurs, qu'elles appartiennent au passé ou au présent, font partie de la vie de tout un chacun et ne peuvent qu'y laisser des traces. Cette carte aide le cartomancien-consultant à voir de quelle manière le jeu qu'il interroge l'aidera à intégrer ses souffrances et à les transformer pour que leurs effets ne perturbent plus son existence et pour qu'il puisse rebondir.

Carte 6 : De quelle façon vas-tu me guider vers l'accomplissement de mes rêves, de mes espoirs et de mes désirs ? Cette carte évoque de quelle manière le jeu aidera le cartomancien-consultant à aller vers la réalisation de ses rêves, ses espoirs et ses désirs. On y voit de quelle façon il pourra aller vers d'importants accomplissements personnels et se réaliser.

Carte 7 : De quelle façon pouvons-nous collaborer pour aider les autres ? La carte tirée ici illustre de quelle manière le cartomancien-consultant pourra se servir de son jeu dans le but d'aider autrui, mais renseigne aussi sur la nature de l'aide qu'il pourra apporter autour de lui grâce à son support.

Carte 8 : Quel aspect de moi-même vas-tu m'aider à approfondir ? L'une des principales utilités d'un jeu de cartes est d'aider la personne qui s'en sert à mieux se connaître et à découvrir des aspects de sa personnalité qu'elle ignore ou qu'elle ne veut pas voir. Dans tous les cas, le jeu permet une meilleure connaissance de soi, et c'est justement la nature de celle-ci que reflète cette carte.

 

Remarques
En forme de point d'interrogation, ce tirage vise à aider le cartomancien – qui pour l'occasion est également le consultant – à faire connaissance avec un nouveau jeu. Par conséquent, les différentes positions sont définies par des questions qui s'adressent directement au jeu. Ainsi, on observe divers aspects de ce que l'on peut explorer et apprendre avec un jeu de cartes, ce qui permet selon les réponses obtenues de déterminer quels types d'utilisations du jeu en question on privilégiera. En effet, certains jeux sont plus appropriés pour tel ou tel type de questionnement, et il est souvent bon de choisir le support à utiliser selon les sujets à traiter. Je recommande donc de noter ce tirage dans un cahier, interprétations comprises, et d'y revenir régulièrement afin d'affiner la compréhension de la relation que l'on entretient avec ses différents supports.

 

Supports recommandés
J'ai mis au point ce tirage après avoir reçu le très beau « Chrysalis Tarot » (Toney Brooks et Holly Sierra) afin de faire connaissance avec ce jeu qui me paraît particulièrement intéressant et innovant car j'étais curieuse d'avoir un aperçu de ce qu'il pourrait m'apporter et du type de travail que j'allais pouvoir faire avec.

Bien sûr, ce tirage n'est absolument pas limité au « Chrysalis Tarot » et il peut être effectué avec n'importe quel jeu que l'on acquiert, qu'il s'agisse d'un tarot ou d'un oracle. Il saura mettre en valeur les particularités de chaque support, qu'elles soient liées à sa structure ou à l'approche culturelle adoptée par le jeu que l'on interroge.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 05 juin 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)

L'Éclosion d'Ostara

L'Éclosion d'Ostara

Tirage spécial Ostara mis au point par mes soins. Reproduction interdite.

 

Introduction
Ostara, qui correspond à l'équinoxe de printemps, célèbre la sortie de l'hiver et de la longue période sombre et froide qui s'est installée durant les derniers mois. Dédiée à la déesse de la terre Eostre, cette fête met à l'honneur le réveil de la Nature après le long sommeil qui l'a mise au repos durant l'hiver. Ainsi, elle voit les premières pousses apparaître, les animaux sortir de leur hibernation et la vie reprendre peu à peu son cours. Par conséquent, les symboles et attributs de ce sabbat vont être des éléments en relation avec la notion de réveil, de renaissance, mais aussi d'éclosion et de fertilité. Ainsi, l'œuf est une image notoire d'Ostara car il réunit toutes ces idées : fertilité, vie en sommeil qui attend le bon moment pour éclore, mais aussi gestation et transformation. C'est pourquoi j'ai choisi cette forme pour illustrer le tirage que j'ai élaboré spécialement pour ce jour.

« L'Éclosion d'Ostara » se présente donc sous la forme d'un œuf, avec sa coquille qui se fait l'écrin du trésor qui se trouve à l'intérieur. Ainsi, les cartes représentant la coquille incarnent ce qui est déjà visible de l'extérieur au moment d'Ostara, c'est-à-dire ce qui s'est installé dans la vie du consultant au cours de l'hiver dans tous les grands domaines de sa vie. L'élément contenu dans l'œuf est une dynamique, un trait de caractère, un état d'esprit qui est en gestation en le Consultant et qui est prêt à éclore et à se révéler. Cette éclosion est, bien sûr, prévue pour l'équinoxe de printemps ! Le trait évoqué par ce trésor est destiné à se développer jusqu'au prochain Ostara.

 

Le tirage
Après avoir mélangé et coupé le jeu, on tire sept cartes que l'on dispose comme suit :

L'Éclosion d'Ostara

 

Lecture et interprétation
Les cartes 1 à 6 représentent la coquille. Elles informent le consultant sur ce que lui a apporté l'hiver et sur les choses auxquelles cette saison a permis de s'installer dans sa vie. Chacune des cartes qui composent la coquille dépeint l'un des grands domaines de l'existence. Ainsi, on a : le domaine sentimental (carte 1), le domaine spirituel (carte 2), le travail (carte 3), la famille (carte 4), l'argent (carte 5) et l'amitié (carte 6).

La carte 7 est le trésor contenu dans l'œuf, c'est-à-dire une partie du consultant qui se trouve encore à l'état dormant mais qui sera révélée au grand jour à Ostara.

 

Remarque
Ce tirage, a priori « simple » dans sa structure, présente néanmoins une difficulté d'interprétation non négligeable. En effet, il faut toujours faire en sorte d'interpréter la carte qui se trouve en septième position de façon positive pour le consultant car elle symbolise une sorte de cadeau, de bienfait qui est offert au consultant pas la Nature au moment du sabbat.

 

Outils à privilégier
Le tarot reste évidemment un excellent outil en toute circonstance car il permet des lectures fouillées et très riches en révélations. Les oracles tournés vers une vision spirituelle du monde conviennent également très bien, comme notamment « Madame Endora's Fortune Cards ». Les jeux à thématiques féeriques sont aussi particulièrement bien indiqués, de même que ceux à connotations néo-païennes. Enfin, les « grands classiques », type Belline et Triade, donneront aussi de bons résultats.

 

 

(© Morrigann Moonshadow, le 20 mars 2014. Reproduction partielle ou totale strictement interdite.)